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Sfax, l’équation insoluble
Par Synda Tajine
26/10/2021 | 18:00 , mis à jour à 15:32
4 min
Sfax, l’équation insoluble

 

Sfax a tout d’une grande. Et pourtant, elle ne l’est pas. Capitale du Sud, deuxième plus grande ville du pays. Pôle économique, la ville a tout pour elle, du moins sur le papier. A y vivre, l’on se rend rapidement compte de la profondeur du fossé qui sépare la brochure de l’image réelle. Une infrastructure désuète, des travaux qui s’éternisent, des routes non aménagées pour accueillir un trafic très dense, une vie culturelle des plus désertiques et une catastrophe environnementale à l’horizon.

Mais cette ville a longtemps représenté un véritable challenge pour les politiques qui se sont succédé au pouvoir ces dernières années. Ville aux nombreux paradoxes, au mode de vie insulaire et à la complexité évidente, la capitale du Sud intrigue et pose de nombreuses interrogations. Si tout se fait à Tunis, Sfax a aussi son mot à dire et elle l’exprime généralement de manière plutôt tumultueuse, ses habitants étant connus pour ne pas avoir leur langue dans leur poche.

 

Le chef de l’Etat Kaïs Saïed avait exprimé sa colère, la semaine dernière, en voyant l’ampleur de la catastrophe sanitaire qui se profile dans la ville. Ou qui s’est déjà installée, tout dépend si l’on a envie de voir le verre à moitié vide, à moitié plein, ou jeté par terre rempli d’ordures.

Quatre jours après, rien n’a changé et les ordures continuent de s’amonceler dans les rues et sur les trottoirs, offrant un spectacle des plus désolants. Mais ne soyons pas trop optimistes, ce spectacle a mis des semaines à se construire, ce n’est pas en quelques jours qu’il aura disparu. Sfax ne s’est pas faite en un jour.

 

En effet, la ville à la riche histoire, au long passé politique et syndical est celle par laquelle tout passe. Décisive d’un point de vue électoral, elle est aussi dotée d’une assise syndicale des plus riches. C’est notamment à Sfax que l’UGTT réussit le plus à mobiliser les foules et à créer l'étincelle des plus grands mouvements. Ce sera aussi à Sfax, le 28 octobre, que la grande centrale syndicale tiendra sa première grève générale dans le secteur du privé. Première d’une longue liste. Si les slogans brandis dans le préavis de grève sont passe-partout et pourraient dire tout et n’importe quoi, ils cachent en réalité un bras de fer avec le chef de l’Etat, auquel la puissante centrale syndicale refuse clairement de « signer un chèque en blanc ».

 

Certains préfèrent parler d’un complot ourdi contre la ville datant de l’époque Bourguiba et perpétué par Ben Ali et le pouvoir tunisois et sahélien qui a suivi. Si cette idée trouve un soupçon d’écho dans l’histoire même du pays et la perpétuelle lutte des clans régionalistes, il serait cependant simpliste de la rendre seule responsable du retard de développement d'une ville désertée par ses hommes d'affaires et nombre de ses plus grosses fortunes.

La vérité est que cette ville donne du fil à retordre depuis des années aux différents dirigeants. Des batteries de mesures sont annoncées par chaque nouveau gouvernement qui consacre un conseil ministériel spécialement dédié à la ville. Effet d’annonce garanti mais promesses pas toujours tenues. Youssef Chahed, ancien locataire de la Kasbah et candidat malheureux à la présidence, avait eu beaucoup de mal avec le dossier de la Siape, longtemps source de suffocation pour la ville. Il aura fallu deux ans entre le moment où il a annoncé un arrêt « immédiat » et le démantèlement effectif de cette unité polluante. Hichem Mechichi avait, lui, annoncé, le démarrage des travaux de réalisation du métro de Sfax et la fermeture progressive de la décharge de Agareb. Rien n’a réellement bougé pour le premier, dont l’appel d’offres était prévu pour cette année, et il aura fallu la pression de la société civile et des citoyens pour que la décharge de Agareb ferme enfin…sans aucune solution de rechange. Ce qui explique la crise environnementale vécue par la ville ces dernières semaines. Un véritable cercle vicieux. D’autres projets, très attendus, sont également suspendus, dont le très attendu Taparura, pour ne citer que celui-là.

 

Forte d’une jeunesse impliquée mais aussi d’une société civile active, Sfax a du potentiel et des moyens, mais aucune stratégie politique à la hauteur de ses ambitions. Elle mise aujourd’hui beaucoup sur son pouvoir syndical qui a prouvé qu’il était capable d’apporter un réel changement. Mais, le prix à payer peut parfois être beaucoup trop lourd à porter…

Par Synda Tajine
26/10/2021 | 18:00 , mis à jour à 15:32
4 min
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Commentaires
Flying Ftira
Les sfaxiens ont d'autres atouts
a posté le 28-10-2021 à 22:42
Sfax s'est développée avec Mansour Moallah, le brillant ministre des finances de l'époque de Bourguiba et grâce à des industriels audacieux qui ont pu compter sur une population sérieuse, sobre et travailleuse de nature.
Aujourd'hui, Sfax, est en quête d'un nouveau modèle de réussite et cette même réussite passe obligatoirement par les contraintes écologiques, technologiques, informatiques et digitales du temps présent, ce que seuls une partie de ces industriels ont compris.
Le mouvement social "fomenté" par un soudain "greffon politico-syndical" ne traduit pas réellement la frustration de la nature laborieuse de Sfax et des Sfaxiens qui, en ayant horreur en général de perdre leurs temps, ont certainement des objectifs plus ambitieux que des protestations stériles ne menant nulle part.
Rationnel
Manque d'esprit civique
a posté le 28-10-2021 à 13:28
Les plus riches Tunisiens sont sfaxiens. dans d'autre cieux et avec autant de milliardaires que Sfax ont trouverait des fondations caritatives, des hôpitaux crées par ces fondations, des organisations qui aident les pauvres. A sfax, rien de cela, les gens se disent victimes et n'agissent jamais pour leur cite. Ils se disent musulmans et oublient que l'une des cinq conditions fondamentales de l'Islam est la zakat, une taxe sur le capital de 2 a 5%. Donc si on prend une seule famille sfaxienne, cette taxe sur le capital devrait rapporter 200 millions de dinars par an de quoi acheter plusieurs incinérateurs d'ordures.
La Zakat n'est pas seulement pour aider les pauvres mais comme son nom l'indique s'est pour purifier le capital dans son sens le plus large. La terre et l'environnement sont notre capital le plus précieux et irremplaçable.
Un ami qui vous veut du bien
@Madame Synda Tajine chroniqueuse et..
a posté le 27-10-2021 à 16:37
...Journaliste à BN.COM.TN
Bonjour
Même si nous ne pouvons pas être,toujours,d'accord,il faut reconnaitre que vous vous bonifiez avec le temps!!
Chère S.T,Je n'ai pas changé d'avis!Quitte à déplaire et au grand Dam de ce brave Mpp,je vous trouve magnifique!!
Et dans ce contexte(expression chère à B.N),la seule exclamation qui me vient à l'esprit est:Machallah,Machallah et Machallah!!!
C'est tout pour aujourd'hui.
l'idiot du bled
Je dirais plutôt
a posté le 27-10-2021 à 15:50
Sfax "l'aqua "tion" où tout est soluble.
Bechir
cherche inspiration au lieu du pessimisme insoluble
a posté le 27-10-2021 à 12:43
On n'est pas en mathématiques pour parler d'équation insoluble. Même en mathématiques, nous avons d'éminents mathématiciens qui peuvent fournir des solutions.

Si la journaliste vise l'équation de développement, je me rappelle d'un sketch télévisé en 2016, où l'un des acteurs conclut qu'ou bien la voie du développement est longue ou nous nous sommes trompé de chemin.

A Mon avis, Il est clair que la deuxième proposition est beaucoup plus pertinente.

Si la journaliste vise la paix sociale, alors un début de solution résiderait à forger une large entente sur des objectifs précis de développement et la manière de progresser vers ses objectifs. Il est aussi nécessaire de ne pas détruire l'espoir des Tunisiens.

Dans tous les cas, les problèmes sont d'ordre national. Que dire des régions défavorisées qui ont déclenché le changement de janvier 2011?.

Je pense que la Tunisie est capable par ses ressources, compétences et la volonté de son peuple ( dixit Aboulkacem Chebbi) de relever le défi.

Le temps est aux urgences financières et environnementales certes, mais la stabilité politique est également primordiale pour le retour de l'investissement, la création d'emplois et la croissance économique.

Le peuple qui est "un cylindre" oublié du développement cherche inspiration comme après l'élection de Kais Saied.

Il appartiendrait aux politiciens, journalistes, hommes de culture ... de raviver cette flamme au lieu de la laisser s'éteindre par le pessimisme, la négativité, le défaitisme, la destruction, la haine et enfin l'absence de projet global concernant le développement souhaité.

DIEHK
Je vous prends au mot et je ravive la ....
a posté le à 15:05
Je vous prends au mot et je ravive la flamme pour la faire exploser démocratiquement, mathématiquement et surtout socialement.
Pour raviver la flamme dans 1 cylindre, il faut savoir et connaître les bons produits qui produiront une belle flemme..
Il faut connaitre les dimensions suivantes, à savoir:
Le diamètre du cylindre ou le rayon
La hauteur du cylindre, tout ça pour obtenir son volume!
Après, tout dépends de la nature de la flamme que vous voulez obtenir ?
Flamme d'1 bougie
Flamme de la Saint-Jean
Flamme explosive
Et pour chaque nature de flamme et du résultat à obtenir, là je vous conseille de vous adresser aux barbus qui sont spécialistes dans la chose parce qu'ils ne se gênent par des calculs savants, ils veulent tuer et le font !
Je fais confiance à la sagacité de nos amis du site pour vous concocter un cocktail explosif qui vous enverra directement dans le Paradis des vierges à défaut d'auberges que j'aime fréquenter parce que je ne trouve de Lablabi ou des pieds de cochon pardon (Boeuf)...
Bon appétit et surtout ne forcez pas sue l'eau car elle est mauvaise con seillère!!!




GDHAMI MOHAMED
On n'est jamais bien servi que par soi-même.
a posté le 27-10-2021 à 10:20
SFAX est comme toutes les grandes villes côtières, a été prise d'assaut par la " main d'?uvre"
avec l'industrialisation à outrance. La ville, jadis propre ,conservatrice a été polluée à un point que ses propres enfants l'ont désertée sans hésiter. Elle a pris des proportions impossibles à gérer.

Toutes les grandes villes sont touchées, définitivement défigurées. Personne n'est foutu avoir un peu de jugeote pour ralentir ou freiner ce fléau. Au contraire, on continue à aménager des espaces pour des les cites, pour les immeubles, on continue à attirer du monde.



DIEHK
Arrêtez votre "Racisme" à 1 millime ?
a posté le à 13:20
On n'est jamais bien servi que par soi-même.
Donc, mettez les dans des "Zodiacs" et direction la haute mer (Sardaigne" C + prêt !!
La ville qui compte le plus grand nombre de Polytechniciens en Tunisie ! C 1 hérésie Non?
Oui & Non si on rajoute le racisme en sourdine dans ce com qui démontre la ville d'hôte qu'était "Sfax" prise d'assaut par des hordes de mains d'oeuvre immigrée et surtout Africaine ?
Je ne savais qu'à Sfax : Il y avait des incultes aussi !!!

Lol
Communisme excessif
a posté le 27-10-2021 à 09:42
Je me demande parfois pourquoi les tunisiens n'ont jamais été dans l'URSS avec cette mentalité qui veut que l'état fasse tout. Et de plus on compte sur un petit état africain faible, endetté et qui a une administration incompétente et archaïque.
Continuez à croire au Père Noël au lieu d'agir sur votre propre misère parce que c'est le travail des méchants politiciens.
Soussi
Sfax
a posté le 26-10-2021 à 21:51
Sfax est entree dans une guerre politique avec qui et contre qui
Les solutions existent Mais la volonte non
A la fin c est toujours les Sfaxiens qui subissent
Ou est le gouverneur?
Ou est le maire?
Ou est le gouvernement?
Democratie du tier monde voir les municipalites sont pires que le parlement gele et il y a qu une seule solution la porte
DHEJ
Sfax, c'est le déclin du savoir
a posté le 26-10-2021 à 21:30
Rien à faire, elle est entre les mains des familles ignorantes.
nazou de la chameliere
Merci pour l'info Mme Tajine
a posté le 26-10-2021 à 21:05
Alors comme ça, une décharge à été fermée, sans décharge de rechange ?!
C'est probablement ça, l'instabilité politique.
Des projets entamé, ou les responsables n'ont pas le temps de les finaliser !!
Et l'autre débile parle de complot !!
Nephentes
Sfax l'un des symboles de la déchéance tunisienne
a posté le 26-10-2021 à 20:08
Je répète de manière obsessionnelle que la liquéfaction / putréfaction de notre patrimoine sociohistorique en général est associée a la déchéance cauchemardesque de nos centres urbains parfois vieux de plus de deux millenaires;

contrairement a ce que peuvent penser - ou ne pas penser- la plupart des tunisiens la liquéfaction de notre patrimoine urbain n'est pas anecdotique ; une ville comme Sfax fondee vers le 2d siecle de notre ere ce n'est pas un chapiteau de cirque ce n'est pas un gadget inutile

la place manque pour vous donner une idee de la richesse socioculturelle de Sfax a travers les ages ;mais sachez que cette ville a bel et bien constitue un véritable pole civilisationnel de l'époque Hafside a l'epoque ottomane

Je pense que la destruction de ces grands centres urbains historiques ( Kairouan, Bizerte, Nabeul, Gafsa, Tozeur, Tunis, Le Kef, Mahdia, Thala, Sousse, Gabes, ....... correspond a la destruction de la Tunisie tout court

A une phase de decadence avancee ui ne peut qu'avoir des conséquences cataclysmiques et durables sur notre niveau culturel notre memoire collective notre patrimoine historique

Et notre capacité a creer un avenir durable pour nos enfants

Regardez a quel point la Tunisie est devenue une cour des miracles un campement de zombies clownesques

Nous sommes et déjà en dehors du monde civilise du monde qui avance qui innove qui garantit un avenir viable a ses enfants

nous sommes devenus une insignifiance une bouse puante au soleil

Parce qu'essentiellement pour des raisons de régionalisme criminel pour des raisons d'ignorance et de débilité collective d'incapacité d'urbanite de civisme nous avons massacre notre avenir et détruit durablement notre dignité

Ce sont des choses qui ne s'achètent pas ne se remplacent pas

Le poète La tour du Pin disait a juste titre " Les nations qui n'ont plus de légendes sont condamnées a mourir de froid"

et de honte

Prenons l'exemple de Sfax

Kenza
Impasse
a posté le à 21:15
Vous avez raison. Il n'y a plus la moindre lueur!