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Chroniques

Première semaine de la campagne présidentielle : Tout va très bien madame la marquise

Première semaine de la campagne présidentielle : Tout va très bien madame la marquise

La campagne électorale pour l’élection présidentielle entame sa deuxième semaine. Au cours de la première semaine de cette campagne, beaucoup de choses se sont passées. Certains leurs attribuerons l’adjectif grave. En fait, mise à part l’absence très remarquée et de très mauvais goût, du chef du gouvernement Youssef Chahed et de plusieurs de ses ministres lors de la cérémonie du 40ème jour du décès du président Béji Caïd Essebsi , les événements de la première semaine de la campagne présidentielle ont été très intéressants.

La première partie du débat électoral qui a réuni, la soirée du samedi, huit candidats à la présidentielle, est l’un de ces événements intéressants qui ont émaillé cette semaine. Bien entendu, on peut critiquer le déroulement de ce débat sur plusieurs points à commencer par le fait que ce n’était pas un débat au sens classique du terme mais plutôt un exercice de « grand oral » imposé aux huit candidats, le jury en moins. On aurait aimé aussi trouver sur le plateau, par souci d’équité, un neuvième pupitre vide dédié au candidat Nabil Karoui qui n’a pu participer à ce débat à cause de son incarcération. Sur le fond, chacun selon son appréciation et ses préférences, pourra critiquer les candidats, leurs discours, leurs positions, mais aussi leurs attitudes et leurs choix vestimentaires. Seulement, s’il fallait retenir une chose de cet événement, le premier du genre dans notre pays, c’est l’intérêt qu’il a suscité chez l’ensemble des Tunisiens. L’image des cafés bondés de Tunisiennes et de Tunisiens pour suivre, en liesse, le débat électoral, est enivrante. Non seulement les Tunisiens veulent choisir leurs gouvernants mais ils veulent aussi collecter les éléments qui faciliteront leurs choix.

L’autre événement marquant du début de cette campagne électorale, c’est les attaques, les piques, et même les accusations franches des candidats les uns contre les autres. Certains, parmi nos intellectuels surtout, ont estimé que la campagne a dévié par la faute de ce glissement délétère et qu’elle aurait gagné à se focaliser sur les programmes et les idées des différents candidats. En réalité, le déroulement de la campagne électorale présidentielle chez nous ne diffère en rien avec ce qui se passe ailleurs en pareilles circonstances. En France, lors de leur dernière campagne présidentielle, le candidat favori des sondages, François Fillion, avait été éliminé de la course après la divulgation de l’affaire des salaires fictifs qui ont profité à sa femme et à ses enfants ainsi que l’affaire des cadeaux reçus sous forme de costumes de luxe.

Chez nous, sans ce climat électoral favorable à une plus grande transparence, beaucoup de dossiers seraient restés dans les tiroirs ou réglés dans les cercles politiques restreints. L’affaire de la tentative de la prise du pouvoir le 27 juin dernier serait restée une simple rumeur si n’étaient les affirmations du candidat Abdelkarim Zbidi. L’instrumentalisation de la justice par le chef du gouvernement Youssef Chahed serait de simples soupçons si n’était le témoignage du candidat Slim Riahi.

Quant aux petites phrases assassines, les jeux de mots et les allusions à peine voilées qu’utilisent les candidats dans leurs discours pour tacler leurs concurrents, ce n’est qu’une dose de piment pour relever le goût de cette campagne. Quand Mehdi Jomâa insiste qu’il ne sera pas témoin « chahed en arabe » des multiples problèmes sociaux du pays, il épingle le chef du gouvernement. Quand Youssef Chahed a appelé, en annonçant qu’il se désistait de sa nationalité française, les autres candidats à faire de même, c’était Mehdi Jomâa qui était dans le viseur. Quand des candidats s’attardent sur le troisième objet que Abdelkarim Zbidi n’arrive pas à trouver pour l’emmener avec lui à Carthage, c’était pour charrier Zbidi. Mais dans tout cela, il n’y a rien de vraiment grave si ce n’est le silence assourdissant de l’appareil judiciaire.     

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Commentaires (9)

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Zohra
| 09-09-2019 10:21
La crise politique en Tunisie conduirait à invoquer la question des journalistes et de leurs responsabilités dans celle-ci.
Trop proches des politiques et si loin de la société, ils travaillent toujours ensemble, s'influençant mutuellement.
Question :
Que cacheraient les relations réelles entre les journalistes et ceux qu'ils défendent ?

Nephentes
| 09-09-2019 00:57
Thé show must go on

Pourtant la Justice à cramé ; un problème de sur-tension paraît il ; la STEG enquete

Mais l'essentiel , le décor, a été rafistolé. Ce ne sont pas quelques aigris de la procure qui vont nous gâcher la fête

En Tunisie un Juge ca suit les directives ca ou devient avocaillon

Et pas un mot sur l'affaire de la BFT s'il vous plaît :pas coupables , car pas de responsables

C'est pas le genre de la Maison; on est des gens bien

welles
| 08-09-2019 20:37
Est-ce que tu peux arrêter de vendre ta salade!!
Tout le monde maintenant de quoi Joseph Chahed est-il le nom.

Sandra
| 08-09-2019 20:11
Nabil, Slim, Youssef, Mohamed, lotfi, Mbarka, Massouda, la liste est longue l'essentiel rabi maa Tounes dieu la protège de tel Médias.

HatemC
| 08-09-2019 20:10
Va falloir déjà que la TV Tunisienne passe au 4K, à l'UHD.
Un pays encore sous développé ...

Le seul capable de sortir du lot reste à mon avis Youssef Chahed, tous les autres candidats y compris Abir qui à déçu, étaient dans leur pâle figure d'idéologue militant.

Chahed sera le seul des candidats à disposer d'une expérience approfondie de l'Etat, de plus il est jeune, drôle plein de répartie, tous les autres étaient crispés et ne dégageaient aucune aisance, cherchant à rester dans les clous, tous figés, le costume de PRESIDENT est trop large pour eux tous.

Aucun charisme.

Le spectacle consiste à vendre une image, une apparence, un produit politique.
Aucun ne s'est démarqué.
Aucun moment constructif.

Tous ont donné cette impression de jouer à un jeu télévisé, manquait que Laurence Boccolini dans son " Le Maillon Faible ".

Le candidat qui se démarquera sera celui qui contournera les questions par " JE SERAI" , "JE VEUX ETRE LE PRESIDENT, en développant ses propres arguments puis revenir à la question posé, être percutant, sans langue de bois.
Celui qui captera la caméra, captera le spectateur, celui qui parlera à la caméra et non en récitant un texte monotone technique avec un regard vide.

Marzouki s'est disqualifié par ses "j'ai fais" j'ai réalisé" alors que les Tunisiens sont comptables de son passage à Carthage, il s'est vautré comme un âne.
Même Jomaa m'a déçu ...

A vos marques les 16 prochains, DEMARQUEZ VOUS, les 8 d'hier sont déjà OUT, des maillons faibles, et SVP parlez nous dans notre langue, je me fais comprendre ... HC

welles
| 08-09-2019 20:08
Je préfère un corrompu qu'à un apprenti dictateur

welles
| 08-09-2019 20:03
Comme d'habitude M. Ben Hamida appuie là où sa fait mal.

Belha
| 08-09-2019 19:07
ne soyez pas inquiet Si B Hamida , YC ne passera pas c'est N Karoui qui sera président et S Riahi chef du gouvernement .
tout va très bien , pourtant il faut qu'on vous le dise.

DHEJ
| 08-09-2019 18:18
Jn appareil esquinté !

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