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Plafonnement des marges bénéficiaires, la nouvelle idiotie du gouvernement
06/07/2022 | 21:59
5 min
Plafonnement des marges bénéficiaires, la nouvelle idiotie du gouvernement


En Tunisie, les opérateurs économiques ne savent plus sur quel pied danser. Les règles changent tout le temps et les opérateurs n’ont aucune visibilité, ce qui explique la chute des investissements nationaux et étrangers depuis la révolution. Alors que la crise bat son plein, que la conjoncture est difficile avec une inflation importée à cause de la hausse des prix à l’international, le ministère du Commerce assène un nouveau coup aux opérateurs, en fixant un plafond à leur marge bénéficiaire.

 

L’information peut paraître anodine voire excellente, mais ce n’est pas le cas car dans les faits c’est une décision anti-productive. Explications.

 

Le ministère du Commerce et du Développement des exportations a annoncé, dans un communiqué publié lundi 4 juillet 2022, un plafonnement des marges bénéficiaires de certains produits de consommation à 8% au niveau de la vente de gros et de 14% au niveau de la vente de détails, avec des différences selon les produits, suite à des concertations avec les professionnels.

Le plafonnement a concerné les eaux minérales, les boissons, les jus, les huiles végétales, les conserves, les produits ménagers et les produits d’hygiènes.

 

Or, selon le site du ministère du Commerce, la politique des prix, en Tunisie est régie par la loi 64-91 sur la concurrence et les prix. Cette loi consacre la liberté des prix comme principe général, les prix sont fixés par le jeu de la concurrence sur le marché. Toutefois la réglementation tunisienne, compte tenu de l'état de la concurrence et de la sensibilité des produits vis à vis du consommateur, prévoit deux régimes des prix : l’homologation et l’auto-homologation.

Le régime de l'homologation des prix est la fixation préalable par l'administration du niveau des prix ou de leur variation à partir des coûts et des documents comptables de l'entreprise. Le régime de l'autohomologation des prix est la fixation, au stade de la distribution, des prix de vente par l'entreprise elle-même par application, à prix de revient, d'un taux de marge fixé par décision du ministre chargé du Commerce.

Pour sa part, l’article 1 du chapitre 1 de la Loi n° 2009-69 du 12 août 2009, relative au commerce de distribution, dispose : « La présente loi fixe les règles régissant l’exercice des activités du commerce de distribution en vertu desquelles la liberté constitue le principe et l’autorisation constitue l'exception. Elle vise notamment la modernisation, la mise à niveau du secteur commercial et la garantie de l’équilibre entre les différents intervenants du secteur ». Ainsi, il est clair que la fixation de prix reste une exception.

L’Organisation mondiale du commerce plaide, pour sa part, pour l’instauration et la promotion d'une concurrence commerciale loyale.

 

La fixation de marges est-elle une bonne chose ? Dans une certaine mesure non, car elle favorise des opérateurs sur d’autres : n’ayant pas la même taille, certains pourront couvrir leurs charges (coût de revient, impôts, investissements, salaires, etc.) mais d’autres pas.

On pourra citer dans ce cadre l’Avis-CC-FR-A-1-19 du Conseil marocain de la concurrence déconseillant au gouvernement marocain son projet de décision de plafonnement des marges bénéficiaires des carburants liquides. « Inapproprié, inefficace, pas suffisant, pas judicieux, aux effets limités, ne garantissant aucunement la préservation du pouvoir d’achat des citoyens et de la justice sociale, discriminatoire même », avait estimé le président du conseil, Driss Guerraoui, lors d’une conférence de presse a rapporté le journal marocain Hespress le 15 février 2019.

Cependant, le conseil avait promis de se prononcer sur d’éventuelles pratiques anticoncurrentielles.

Concrètement, l’institution a considéré que le contrôle public des marges « ne va pas changer la réalité des prix » et, corrélativement, « ne conduira pas à protéger le consommateur et à préserver son pouvoir d’achat ». Elle a jugé le plafonnement « discriminatoire » car il y a un risque de pénaliser les opérateurs de petite et moyenne taille qui verraient leur vulnérabilité accroître et donnerait « un mauvais signal » au marché et perturberait la visibilité des opérateurs.

 

Il faut dire que la première chose que recherche un investisseur est la stabilité politique et une visibilité. Or, en Tunisie ces deux facteurs ne sont pas assurés. Les règles changent souvent et les opérateurs ne savent plus sur quel pied danser.

Les investisseurs ont besoin de savoir leur marge bénéficiaire, pour connaitre comment se développer : ce qui permet de créer de l’emploi et de la richesse, pour la société mais aussi pour l’Etat (taxe et impôt).

Lundi 6 juin 2022, l’Institut arabe des chefs d'entreprises (IACE) a souligné qu’aucun texte applicatif n’a été publié sur les douze prévus pour l’activation des mesures de la Loi de finances 2022. Idem, et après soixante jours de l’annonce du plan de relance économique le 1er avril dernier, seul un décret présidentiel relatif à une mesure sur les 42 annoncés a été publié, note l’institut.

Concrètement et on se référant aux chiffres des institutions officielles, les investissements déclarés ont baissé de près de 22,95% en deux ans et l’investissement étranger a diminué de 2% par rapport à 2019 (année de référence avant la pandémie). Ce qui ne peut qu’impacter négativement l’emploi, la collecte d’impôts et bien sûr la création de valeur (le PIB).

 

Fixer des marges bénéficiaires est anti-productif et promeut des pratiques anticoncurrentielles et contre les lois du marché, en particulier lorsque l’inflation est importée et que les prix des matières premières, des denrées alimentaires et des hydrocarbures connaissent des pressions importantes sur le marché international et qu’en parallèle la demande sur le marché national est limité. Ce modèle économique ayant montré ces limites, le ministère du Commerce devrait s’atteler à trouver de nouveaux modèles qui permettent aux opérateurs d’évoluer librement mais tout en garantissant au consommateur un bon rapport qualité prix, le tout grâce à la promotion d’une concurrence loyale.

 

I.N

06/07/2022 | 21:59
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Commentaires
Houcine
La vache sacrée.
a posté le 15-07-2022 à 07:45
Le capitalisme se présente comme un miracle pour les hommes, énoncé des principes qui empirteraient l'adhésion des plus critiques, édicté des règles qu'il ne respecte presque jamais.
Premier exemple, la concurrence libre et non-faussée.
Il n'est pas utile d'écrire à ce propos un long article pour montrer su cela n'existe que dans les livres et que la réalité démontre la voracité des plus forts mangeant sans retenue les faibles.
Ce qui conduit souvent aux monopoles permettant de fixer les prix selon les besoins du capital qui ne cesse d'exiger une très haute rentabilité financière.
Les exemples ne manquent pas.
Réciproque, des qu'un '?tat soucieux du minimum d'équité énoncé des règles, une armée de serviteurs vient nous expliquer que cela freine, empêche tout, de la croissance jusqu'à la liberté.
Limiter les marges, cela devrait recueillir l'assentiment des amateurs de démocratie dont la justice (sociale, économique) est, en principe, l'ossature principale.
Par exemple, aussi, on nous expliquera avec force arguties que les bonnes affaires des banques, en Tunisie, en pleine crise, récession même si l'on en croit nos édiles, sont bonnes pour le pays.
Sans doute.
Bonnes, surtout, pour leurs actionnaires qui engrangent les plus-values, provenant pour l'essentiel des intérêts payés par les pauvres, ceux qui sollicitent découverts, crédits.
Le gouvernement est bête.
Mais, les suppôts du fric sont égoïstes, suffisants, et pleins d'assurance que notre sort en dépend.
Ce qui est la démonstration de leur idiotie, ou bêtise.
takilas
Nahdha agonise
a posté le 10-07-2022 à 15:47
Et dire qu'ils sont soudoyés par nahdha.
Voilà où en est la corruption des journalistes qui ne font que mettre les bâtons dans les roues, mais le peuple ne se laisserait pas faire aussi facilement car il est conscient de toutes les manigances de dernière minute d'une nahha agonisante. Wfa Wfa Wfa blàa
takilas
I N votre écrit n'est pas du tout clair. Et comme tous les écrits de ce journal électronique il n'y a aucune objectivité et aucun explication ?!
a posté le 08-07-2022 à 18:46
Est-ce qu'il s'agit de marge fixée et établie à l'avance ou d'une fourchette de marge bénéficiaire à appliquer pour concurrencer qui existait auparavant et rien n'est nouveau.
Par contre pour fixer un plafond ceci est nettement plus intéressant et empêcherait la spéculation et lavmonopolisation des produits.
Donc dans ce contexte les nouveaux riches de nahdha auront des contraintes pour pour poursuivre leurs arnaques et leur mainmise sur les produits alimentaires et autres.
Voilà pourquoi avec des gens sous-développés et dénués de tout nationalisme, le travail ou le commerce deviendrait une source d'enrichissement ultra-rapide, comme par construire (par ces spéculateurs par le biais de prêts offerts par les banques fantoches de connivence qui gagnent des dividendes astronomiques) par exemple un immeublevdans la capitale Tunis (les endroits sont connus) et de le destiner pour la location annuelle en contrepartie de centaines de milliards, pour que les pseudo propriétaires (amis et proches parents de nahdha) deviennent des archimilliardaires et se destinent à d'autres investissement qui ne profitent nullement à l'état Tunisie, mais pour le comptes personnels pour qu'ils vivent en nababs soit à Tunis ou à Paris.
Voilà pourquoi certains comploteurs font tout leur possible pour les systèmes archaïques connus depuis deux décennies au moins doivent persévérer et proroger leurs tactiques mafieuses.
D'ailleurs l'histoire des spéculations anciennes ont été basées et établies sur ce système dans plusieurs contrées.
C'est qui BN qui ne sait plus sur quel pied danser. N'est-ce pas ?avec nahdha ou contre nahdha.
Gardons un minimum d'honnêteté!
Il faudrait réfléchir au-delà des énoncés théoriques!
a posté le 07-07-2022 à 21:22
L'inflation est calculée sur le panier de consommateur moyen, Et ainsi nous ne sommes pas tous égaux face à l'inflation et aux augmentations des prix. En effet, ceux qui gagnent plus que 2000 dinars le mois ont un panier de consommation différent de ceux qui gagnent moins que 500 dinars le mois, ou rien.

Ceux qui gagnent beaucoup consomment plus de services et d'énergie (jusqu'à 5 voitures par famille, 3 salles de bains, deux salles de séjours, chauffage central, différentes assurances, etc.). Par contre ceux qui gagnent peu, trop peu ou même pas ont plutôt un soucis alimentaire et l'Etat devrait intervenir afin de leur garantir des prix abordables de certains produits alimentaires ou d'hygiène de base.
-->
L'etat devrait intervenir afin de fixer un "plafonnement" du gain net sur certains produits de première nécessité --> ce manque/perte provisoire de gain net pourrait être récupéré à travers l'augmentation des prix de certains produits/services secondaires /oligarques. Je donne l'exemple de Poulina qui est actif entre autre dans le domaine de l'agroalimentaire. --> Oui Poulina pourrait par exemple minimiser son gain net sur certains produits concernés par le "plafonnement" et l'augmenter sur d'autres qui ne touchent pas au panier de consommateur moyen de telle façon que le gain net commutatif de Poulina reste le même'?'

L'inflation se fait ressentir en fonction de sa situation socio-économique et en en fonction de ce que l'on consomme.
-->
Oui, j'approuve le "plafonnement" de certains produits comme "les eaux minérales, les boissons, les jus, huile végétale, [certains] conserves, [certains] produits ménagers et [certains] produits d'hygiènes."
-->
En effet, ce "plafonnement" ne signifie qu'une réduction minimale du gain net sur certains produits de première nécessité afin de minimiser l'inflation qui touche le panier de consommateur moyen --> (je me répète) par contre cette réduction de gains nets sur certains produits de première nécessité pourrait être récupérée simultanément sur les prix des produits secondaires de telle façon que le gain commutatif reste le même'?'

Puis, une réduction de gains nets pourrait signifier une augmentation des volumes vendus --> Et ainsi le gain net qui se perd d'un côté, se gagne de l'autre.

Bonne soirée
Gardons un minimum d'honnêteté!
Je réécris la dernière phrase de mon commentaire ci-dessus
a posté le à 08:18
Puis, une réduction de prix pourrait signifier une augmentation des volumes vendus --> Et ainsi le gain net qui se perd d'un côté, se gagne de l'autre.
DHEJ
Je crois que I.N à un problème de notion
a posté le 07-07-2022 à 16:28
Si le Ministère plafonne la marge bénéficiaire c'est que le prix de revient contient le prix de la matière et de l'énergie.


Pour dire que le bon rapport qualité prix se rapporte non seulement au prix de vente mais aussi le prix de revient.



Monbocactus
Un travail
a posté le 07-07-2022 à 16:01
Un travail qui ne paie pas son homme ne vaut pas un haricot.
EA
ne defendez pas l'indefendable
a posté le 07-07-2022 à 14:00
Nous vivons une crise aigue accentué par les repercusions de la guerre russe.Alors ce n'est pas la fin du monde si les operateurs economiques aident les autorités à attenuer l'inflation en courbe ascendante.POur une fois defender l'interet du bon peuple.
JEALOUS
Trick
a posté le 07-07-2022 à 12:40
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Huile de maïs NEJMA 4L
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Une différence de prix de : 11.270DT
C'est une fortune...
Meskine el mouaten
Could some one help me understand this trick or hassle of the big price difference.
May GOD save the country, the population...
Lol
Le beurre et l'argent du beurre
a posté le 07-07-2022 à 11:04
La fixation temporaire des marges est une pratique courante dans plusieurs pays. Tant que ça reste temporaire et avec un but précis....
La presse de chez nous adore nous servir un tas d'impressions sans chiffres, sans comparaison, sans efforts.
IBN KHALDOUN
Un article indécent
a posté le 07-07-2022 à 07:41
Selon les Nations Unis , le panier pour un dîner familial a augmenté de 30% en 2021. Le ministre de l'économie français Bruno Le Maire voudrait permettre des promotions sur les produits alimentaires de 50 % au lieu de 30%. Depuis une année dans les grandes surfaces, le café, l'huile de tournesol, et bien d'autres produits ont enregistré une augmentation de 25%... Certaines supérettes indépendantes - où je fais mes courses- sont moins chères que les grandes surfaces de 30 %.
Dr médecin.
Loi abrogée.
a posté le 07-07-2022 à 07:21
La loi 64-91 citée par l'auteur de cet article a été abrogée et remplacée par la loi n° 2015-36 du 15 septembre 2015, relative à la réorganisation de la concurrence et des prix
nazou de la chameliere
C'est...
a posté le 06-07-2022 à 22:11
La mondialisation sauvage à la sauce fasciste.
Les plus gros survivront.
Et les moyens et petits mourront.
Sans compter, qu'à la source de divers produits, ce sont les travailleurs qui verront leurs gagne-pain diminuer !
Ils seront les premiers impacté.

Des débiles aux commandes du pays !!!
Hichem
Ouiiii
a posté le à 22:49
Depuis 2011