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Nos instagrameuses pèsent nettement plus lourd que nos politiques

Nos instagrameuses pèsent nettement plus lourd que nos politiques

 

En attendant la décision de Béji Caïd Essebsi s’il va promulguer ou pas la réforme du code électoral (décision entre aujourd’hui et demain) et en attendant les résultats officiels de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) pour les municipales partielles qui se sont déroulées hier au Bardo (prévus demain), une rapide petite lecture de ces résultats s’impose. Elle ne s’impose pas par les résultats eux-mêmes, car nous avons presque envie de bâcler cette lecture, tant les résultats sont honteux et le sujet inintéressant pour nos lecteurs. L’analyse des résultats de ces élections s’impose parce que c’est un devoir de le faire.

Le Bardo est une des grandes municipalités du Grand-Tunis avec une assez forte densité d’habitants. D’après les résultats provisoires, non encore officiels, de cette partielle, il n’y a eu 5301 citoyens qui se sont déplacés hier aux urnes pour élire leurs représentants municipaux, soit un taux de participation de 11,66 %.

Ce taux à lui seul mériterait, de la part des médias et des partis politiques, que l’on organise des dizaines de débats et de tables rondes. Il symbolise à lui seul l’échec de la classe politique, et à degré moindre des médias et de l’Isie, à mobiliser et à intéresser les citoyens à s’occuper de la chose publique.

Les raisons de ce désintérêt sont nombreuses dont la plus simple (à la limite farfelue et primaire) est celle de l’été et de la volonté des citoyens d’aller à la plage plutôt que de se diriger vers un bureau de vote. Une raison que l’on balaierait d’un revers si on avait sensibilisé suffisamment les citoyens sur la nécessité d’aller voter.

On peut dire que les médias n’ont pas bien fait leur boulot, ce à quoi nous pourrions répondre que le sujet n’intéresse pas nos lecteurs et que nous n’avons pas à le faire. Surtout quand on sait que l’Isie préfère insérer ses bannières publicitaires en affichage urbain et en sites apolitiques plutôt que les journaux spécialisés et sérieux.

On peut aussi dire qu’il n’y a plus vraiment  de raisons valables d’élire un conseil municipal puisque ce dernier se trouve dépourvu de tout pouvoir réel quand il s’agit d’exécuter ses décisions sur terrain. On constate, tous, les déboires et les cris d’alarme de la municipalité de l’Ariana qui ne réussit quasiment jamais à mobiliser la force publique pour l’assister dans l’exécution de la démolition de constructions anarchiques, par exemple.

 

Des dizaines de raisons et justifications peuvent être présentées pour excuser le désintérêt des citoyens, mais aucune n’est vraiment recevable aux yeux d’un observateur exigeant, puisque le résultat est le même. Les responsables peuvent être aussi nombreux que les raisons, mais le coupable est un et unique : les hommes politiques. Quand on a 11,66 % de taux de participation, il est inutile et irresponsable pour un homme politique qui se respecte d’aller chercher un autre coupable que lui-même, car c’est lui-même qui a échoué !

Quand un parti comme Ennahdha ne réussit à obtenir que 1429 voix, c’est juste grotesque de présenter des arguments. Un parti rempli de fidèles soldats disciplinés qui chute de 3457 voix à 1429 ne peut que refléter l’échec. 

Quand un parti comme Tahya Tounes, dont le président est le chef du gouvernement, ne ramène que 591 voix, il y a de quoi s’arracher les cheveux. Un pareil chiffre est à la portée du plus petit Facebooker tunisien. Une belle photo ou un joli texte d’un facebooker ordinaire peuvent ramener plus de likes que l’ensemble des voix de Tahya Tounes au Bardo. L’année dernière, Nidaa (qu’on a présenté comme ayant totalement échouée à ces élections) a ramené 2534 voix.

Quand un parti en pleine croissance comme Attayar passe de 1836 voix au Bardo en 2018 à 423 voix en 2019, c’est affligeant.

 

Ces chiffres ridicules sont à mettre face à face avec nos nouvelles vedettes qui font le bonheur des réseaux sociaux et des médias. Si on veut ramener de l’audience, obtenir de la publicité et gagner de l’argent, un média n’a aucun intérêt d’inviter des Samia Abbou et Mohsen Marzouk.

La nouvelle tendance pour nos jeunes est incontestablement le réseau social Instagram où l’on partage ses photos de tout et surtout de n’importe quoi.

Alors voilà, le n’importe quoi d’une belle gamine comme Raya Bouallègue (totale inconnue pour vous, je suppose) compte quelque 528 mille abonnés sur Instagram. Une vedette de cinéma comme Dorra Zarrouk compte 8,3 millions d’abonnés. Une lycéenne comme Belkis Ksouri (vous ne voyez pas qui c’est, je sais) compte 101 mille abonnés. Une vedette de la comédie comme Lotfi Abdelli compte 1,2 million d’abonnés ! N’importe qui de ces stars des réseaux sociaux, tous nouveaux nés, pèse plus lourd que le plus lourd de nos hommes politiques, ceux qui ont la charge de décider de notre présent et de notre avenir !

 

Vous allez le constater vous-mêmes, avec leur éternel déni et infini égo surdimensionné, nos hommes politiques ne vont pas faire d’autocritique et chercher à corriger leurs erreurs. Ils vont tous jouer la fuite en avant en étant sûrs d’eux. Le champion en la matière, c’est Moncef Marzouki (la semaine dernière sur Al Jazeera) qui continue toujours à accuser l’argent sale, les médias corrompus et l’ingérence émirato-saoudienne derrière la pourriture du paysage politique.

Ils ne regardent même pas les Raya Bouallègue et Belkis Ksouri et s’éclaffent de rire, non pas des sketchs de Lotfi Abdelli, mais de Lotfi Abdelli lui-même ! C’est qui ces gens là, vous répondrait n’importe quel politique. Quant aux médias et leaders d’opinion, leur réponse est tout aussi classique, tel chroniqueur est vendu à telle partie et tel journaliste a été acheté par telle personnalité.

Quand les politiques feront un véritable bilan de leurs résultats, auditeront leurs prestations, dénombreront leurs manquements et essayeront, sincèrement et non hypocritement, de rectifier le tir, on pourra peut-être espérer un changement vers le mieux de la situation politique désastreuse du pays. En attendant, les politiques opposent du mépris et un regard hautain à l’égard du citoyen et des médias et ces derniers le leur rendent très bien.

Rendez-vous en octobre, on va bien rigoler ! Le Bardo du dimanche 14 juillet n’était qu’un apéro !

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Commentaires (6)

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Battal
| 16-07-2019 12:39
Bravo pour votre analyse qui enlève les masques de ces pseudo politicards ingrats et sans principes.
Je m'en fous de leurs résultats, car même avec les zéros virgule quelques poussières ils vont continuer à nous gonfler les couilles.

fethia
| 16-07-2019 10:02
Le monde change et nos politiciens stagnent en vivant la même opposition faite à Bourguiba ensuite à Ben Ali.

HAtemC
| 15-07-2019 22:41
Tu te relis parfois, juste pour relire tes conneries, tes crottes de mots débiles, tu alignes des mots et tu es seul à en comprendre le sens ... pauvre type complètement retourné, tu es un cas unique pour la psychiatrie ... les laudateurs sous BenAli font pâles figure devant toi ...
Abdelwahab Abdallah est un amateur comparé à toi
Tu es un Gobbels, tu dépasses toutes les lignes rouge minable vendu ... tu es à vomir ... relis toi de temps à autres et tu verras dans le miroir une sale gueule, un HARKI ... Il ne suffit pas d'aligner des mots en employant du vieux Français que tu vas nous impressionner crétin ... HC

Abel Chater
| 15-07-2019 21:59
Le nombre de 1429 voix pour Ennahdha et le mini nombre de 591 voix pour le parti de Tahra Tounes, dont le président est l'actuel chef du gouvernement Youssef Chahed, ne témoignent que de la très bonne santé de notre démocratie tunisienne. Des résultats qui démentent et infirment toute la fausse propagande, comme quoi les électeurs d'Ennahdha étaient des (soldats), des (robots) ou même les (disciplinés) dont parlent ceux qui n'arrivent pas à concurrencer ce parti politique, qui travaille et qui innove au même moment où les autres s'entretuent politiquement. Une preuve aussi inéluctable de la neutralité et du sérieux de l'ISIE, qui ne se laisse influencer ni par le chef du gouvernement, ni par le président de la République. Mais aussi un gigantesque coup de chapeau pour le premier ministre Youssef Chahed, lui-même qui donne le bon exemple de la neutralité politique avec honnêteté et grand respect pour notre démocratie tunisienne.
Vive la Tunisie démocratique arabe et musulmane de régime parlementaire.

EL Ghoudi
| 15-07-2019 19:56
un député, comment faire un Instagrame d'ici le 14/

HatemC
| 15-07-2019 19:27
L'exemple même de la bêtise des électeurs qui s'abstiennent '?'
On entend ici et là et partout en Tunisie le Ras Le Bol presque généralisé de Nahdha '?' même dans les fiefs historiques du Sud, en 9 ans c'est uniquement ceux et celles qui gravitent autour de la secte qui profitent des retombées, autrement rien n'a changé pour les plus démunis qui adulent les islamistes et s'attendent à mont et merveilles '?' résultats ils sont encore plus mal loti que du temps de Ben Ali ...

Les élections du Bardo ne vous parlent pas ?
Le Tunisien n'a pas la culture démocratique et n'a pas encore ce reflexe CIVIQUE de voter '?'.

Il est vrai donc que Nahdha ne fantasme plus et même Tayyar sans parler du Harak l'ex CpR, takatol, .. TOUS sont honnies et ont perdu leurs électeurs dit historiques ...

Les islamistes votent comme un seul homme à l'appel du Gourou, c'est connu, on ne se trompe pas en affirmant qu'au Bardo 1 200 islamistes étaient inscrit sur la liste qui compte 44 626, pour l'élection seul 5 202 ont voté et répondu résent '?'.

Qu'elle est donc le poids réel de Nahdha au Bardo ?
Suivez le guide les borgnes, je m'adresse à ceux et celles qui s'abstiennent de voter, vous êtes l'erreur fatale de ce pays ...

- 1 200 / 5202 = 23%, c'est énorme vu sous cette angle

Imaginons maintenant 10 000 qui ont voté, on aura toujours les 1 200 islamistes
-1 200 / 10 000 = 12%
et on pousse plus loin
- 1 200 / 15 000 = 8%
- 1 200 / 20 000 = 6 %
- 1 200 / 30 000 = 4%

Et maintenant si la totalité des inscrits a voté et tj avec nos fameux 1200 islamistes inscrits

1 200 / 44 626 = 2 %

Voilà donc le poids réel de Nahdha au Bardo '?' 2%

Nahdha va agiter à qui veut l'entendre que son poids est de 23 % alors qu'il n'en est rien '?'.

Pour Tayyar qui s'est adjugé tout de même 2 sièges avec 400 voix est aussi une anomalie

- 423 / 5 202 = 8%, c'est respectable vue sous cette angle
- 423 / 10 000 = 4 %
- 423 / 30 000 = 0.1%
- 423 / 44 626 = 0.09%

voilà donc par le chiffre le poids de ces TRAITRES rien que pour le Bardo '?'

L'abstention est une aberration, faudrait peut être inventer un nouveau concept pour obliger les électeurs de voter '?' la SANCTION économique, tu es inscrit et tu ne votent, tu paies une amende LOURDE et le retrait de certains privilèges sociaux '?' ancrer le vote dans l'inconscient des Tunisiens, puis relâcher la pression quand le Tunisien comprendra qu'il a des DEVOIRS '?'
Inventer pourquoi pas le vote électronique de chez soi bien calé dans ton fauteuil '?' c'est possible avec l'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE '?' QUAND ON VEUT ON PEUT '?'.HC

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