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Mounir Ghazali : Le consommateur tunisien donne plus d'importance à la soutenabilité du produit
26/10/2021 | 09:07
5 min
Mounir Ghazali : Le consommateur tunisien donne plus d'importance à la soutenabilité du produit

 

Mounir Ghazali, associé à EY Consulting spécialisé en politiques et réformes publiques, a rappelé que le Baromètre des entreprises en Tunisie du cabinet EY de l’année 2021 indiquait que la Tunisie avait atteint des niveaux inégalés en termes d’anticipations négatives par rapport à l’évolution de la situation économique, sociale et politique. « Nous n’avions jamais atteint de tels niveaux », a-t-il déploré.

Invité le 26 octobre 2021 par la radio Express FM, Mounir Ghazali a considéré que ces chiffres indiquaient des sentiments de blocage, de dysfonctionnement et de réticence à l’investissement de la part des chefs d’entreprises.

« Le baromètre, réalisé annuellement depuis 2011, montre que près d’un tiers de l'échantillon d’entreprises étudiées avaient maintenu une dynamique d’investissement et de développement d’activité malgré un environnement hostile. Ils ont réussi à faire évoluer leurs entreprises. Ils peuvent jouer le rôle de locomotive de l’économie tunisienne et être un exemple à suivre pour le reste des entreprises », a-t-il ajouté.

 

Mahdi Ghazali a, également, précisé que le baromètre relatif à l’année 2021 s’était penché sur les opportunités économiques dans le monde post-Covid. La réponse des chefs d’entreprises, selon lui, a porté sur le changement de comportement du consommateur, notamment une appétence pour le digital.

« Le consommateur tunisien ou à l’échelle internationale commence à donner plus d’importance à la soutenabilité du produit. Est-il conforme aux normes écologiques ? Ce critère est de plus en plus important. Ceci à pousser les entreprises à revoir leurs politiques en termes de responsabilité sociale afin de pouvoir s’adapter à cette nouvelle situation », a-t-il expliqué.

« Nous avons constaté que le résultat du baromètre relatif à l’évaluation des opportunités post-Covid réalisé auprès des entreprises tunisiennes n’était pas très différent de celui réalisé en Europe », a précisé Mounir Ghazali.

 

Pour ce qui est des réformes publiques, Mounir Ghazali a souligné la réinstauration de la confiance entre l’Etat et les chefs d’entreprises. « Nous ne pouvons pas leur demander de prendre plus de risques. Réinstaurer la confiance est facile et difficile à faire en même temps », a-t-il dit.

La priorité, selon Mounir Ghazali, est le retour vers l’équilibre budgétaire et macroéconomique afin de limiter le déficit budgétaire, l’endettement et le taux d’inflation monétaire. Pour parler de croissance et de relance économique, la Tunisie doit s’appuyer sur deux moteurs : les investissements et les exportations.

 

 

Au sujet des investissements, Mounir Ghazali a rappelé que celles-ci représentaient 16% du PIB en 2020 contre 24% en 2010. Ce taux doit être aux alentours de 30% pour les économies en voie de développement ou émergentes. Ceci facilitera la mise en place de l’infrastructure permettant de construire la croissance économique de la Tunisie.

« Ce taux de 16% n’est pas suffisant. Pour remédier à cela, nous devons passer à l’investissement public et privé national et étranger. L’Etat tunisien doit donner l’exemple afin d’encourager l’investissement… Le partenariat public-privé (PPP) est la meilleure des solutions », a-t-il affirmé.

Mounir Gahzali a considéré que le PPP représentait un dilemme en Tunisie puisqu’il existe une loi à ce sujet depuis 2015 mais aucun projet de ce type, à l’exception de celui de l’Aéroport International Enfidha-Hammamet, n’a vu le jour.

« Il y a eu des dizaines d’études et de propositions. Néanmoins, il y a un blocage résultant de l’absence de volonté d’aller vers des PPP… Nous avons dépassé l’étape des concessions. La nouvelle loi a élargi le champ de la collaboration entre les secteurs privés et publics. En Tunisie, nous avons une loi et une commission pour les PPP mais toujours pas de projets ! En situation de restriction budgétaire, ne pas opter pour les PPP n’est pas une approche rationnelle… Pourquoi a-t-on vu des dizaines de projets PPP au Maroc mais pas en Tunisie » a-t-il conclu.

 

Quant aux investissements privés, Mounir Ghazali a rappelé que le parlement avait voté une loi de relance économique. « Pourquoi ne pas l’appliquer ? Elle est perfectible mais c’est mieux que rien », a-t-il ajouté.

« Attirer les investissements directs étrangers (IDE) est devenu de plus en plus difficile en raison de la hausse des risques souverains en Tunisie. Ce dernier représente un critère important dans la sélection de destination par les investisseurs. Nous devons mettre en place une communication de crise permettant d’opter pour le bon discours », a-t-il déclaré.

« Le taux des IDE par rapport aux PIB est de 2%. C’est peu ! Ce chiffre est de 3% et 4% au sein des économies similaires en Afrique », a-t-il précisé.

Mounir Ghazali a considéré que l’application de l’article 80 de la Constitution avait provoqué une vague d’espoir en Tunisie. « Un discours fort peut, aussi, avoir le même effet auprès des chefs d’entreprises. D’ailleurs, c’est ce qu’avait montré le baromètre de 2021 », a-t-il dit.

 

 Par la suite, Mounir Ghazali a rappelé que le taux de croissance en Tunisie était de -9% en 2021 et que les estimations indiquaient un taux de 2,5% en 2021. « On aurait dû atteindre un taux de 5% ou 6%. Ceci indique que la Tunisie traversait une situation de blocage… Il y a un fort retour de la demande qui a conduit à une hausse de l’inflation en Amérique et en Europe. Nous devons interagir avec la hausse des prix dans les marchés internationaux à travers le secteur orienté à l’export », a-t-il conclu.

Par ailleurs, Mounir Ghazali a appelé le gouvernement à élaborer un plan quinquennal optant pour l’investissement dans l’infrastructure et priorisant l’exportation.

 

 

 

S.G

26/10/2021 | 09:07
5 min
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Commentaires
Karin Ottiger
Mounir Ghazali :
a posté le 26-10-2021 à 22:23
Comment avez vous analyser
Que en Tunisie il y a plus de 60%
De comerse noir.
Sans TVA, sans Banque, sans
Impôt, sans CNSS
LES MICRO cretit so t souvant le
Départ de cette sitoition.
jilani
De quelle digitalisation
a posté le 26-10-2021 à 09:55
La digitalisation est supposée diminuer les coûts des services de l'administration et réduire les déplacements. or dans les services programmés comme la visite technique, on ajoute 6 dt pour le servie en ligne. Je viens de créer une entreprise non résidente, cela fait plus de 2 mois que j'attends la création définitive de l'entreprise. Quand vous avez une société totalement exportatrice, vous ne disposez pas de votre argent et vos bénéfices sont récupérées en DT ( à quoi ça sert), vous ne pouvez pas vous déplacer avec votre argent (compte AVA, dossier à remplir, justifications) et c'est votre argent. Qui va investir dans ce pays. Je comprends pourquoi les tunisiens mettent leur argent à l'étranger. Un pays géré à la soviet.