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Les progressistes face au dilemme Karoui-Saïed

Temps de lecture : 4 min
Les progressistes face au dilemme Karoui-Saïed

 

Le choc du deuxième tour de l’élection présidentielle opposant Kaïs Saïed à Nabil Karoui est dans quelques semaines. Certains électeurs ont déjà fait leur choix. Idem pour quelques partis politiques, notamment Ennahdha et le Courant démocratique. Or, les partis progressistes ne se sont toujours pas prononcés sur la question.

 

Les candidats des partis progressistes ayant été balayés lors du premier tour de cette présidentielle n’ont toujours pas affiché leur soutien à l’un des deux candidats. Pour ce qui est du camp conservateur, l’affaire est déjà classée. C’est Kaïs Saïed qui bénéficiera de son soutien. Des candidats écartés au premier tour (Hachemi Hamdi, Hamadi Jebali, Lotfi Mraihi, Safi Said, Mohamed Abbou) soutiennent eux aussi leur ancien adversaire.

 

Du côté des progressistes, aucun des candidats à cette échéance électorale ne se sont, jusqu’à cette heure, prononcés sur la question. La gauche aussi d’ailleurs.

Il faut dire que le choix est ardu. D’un côté, nous avons un candidat conservateur ayant réussi à provoquer un séisme voir un tsunami sur la scène politique tunisienne et d’un autre côté nous avons un candidat, accusé de corruption et de blanchiment d’argent, privé de son droit de présenter son programme électoral et de faire campagne.

 

D’habitude, avant chaque élection, les partis politiques ayant les mêmes visions s’unissent autour d’un seul candidat ou d’un seul projet. Ce qui n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui. Ni le Front populaire, ni Nidaa Tounes, ni Afek Tounes ni même le Parti destourien libre (PDL) n’ont clairement exprimé leur soutien à Nabil Karoui ou à Kaïs Saïed.

Jusqu’à ce jour, seul Tahya Tounes a rendu public un communiqué sur ce sujet. En effet, le comité politique de ce parti a appelé, ce mercredi 18 septembre 2019, son conseil national à organiser au plus vite une réunion afin de déterminer sa position et de soutenir l’un des deux candidats au second tour de l’élection présidentielle.

Pour ce qui est des autres partis politiques, ayant pris part ou non à la course à la présidentielle, c’est le silence total.

 

Les dirigeants dits progressistes ont pris l’habitude durant ses dernières années de s’entretuer et de se lancer par-ci et par-là des critiques et des accusations. C’est devenu presque une habitude ! La gauche, de son côté, se déchire de plus en plus…

A titre d’exemple, le président de Afek Tounes, Yassine Brahim, a estimé, samedi 21 septembre, que la claque infligée à Tahya Tounes lors de l’élection présidentielle sera suivie d’une autre encore plus forte lors des élections législatives vu la performance défaillante de ceux au pouvoir. Il fait ici allusion à la prestation du chef du gouvernement, Youssef Chahed, candidat de Tahya Tounes à cette échéance électorale. Selon les résultats préliminaires de l’Instance supérieure indépendante des élections (Isie), Youssef Chahed est arrivé 5e et n’a récolté que 249049 voix soit 7,38% des votes.

Abdelaziz Belkhodja, dirigeant du parti « Au cœur de la Tunisie », s’est quant à lui attaqué, ce dimanche 22 septembre, au chef du gouvernement en estimant que ce dernier a fabriqué un dossier judiciaire contre Nabil Karoui comme il l’avait fait avec Fadhel Abdelkafi, Lotfi Brahem, Moncef Kartas et Saber Laâjili. « Au final, il n’y a aucune preuve affirmant que Nabil Karoui est réellement accusé de blanchiment d’argent ou d’évasion fiscale », a-t-il aussi lancé.

Il ne faut pas oublier les candidats à la présidentielle ayant été autrefois des dirigeants phares de Nidaa Tounes, un parti qui est devenu aujourd’hui une coquille presque vide. Nous citons ici Néji Jalloul, Mohsen Marzouk, Saïd Aïdi et Salma Elloumi-Rekik, arrivés en bas du classement selon les résultats préliminaires de l’Isie. Eux aussi ne se sont pas encore exprimés qui des deux candidats soutiendront-ils au second tour de la présidentielle.

 

Une question se pose ici : Ces dirigeants politiques estiment-ils que Nabil Karoui n’est pas le meilleur choix pouvant réussir à unir et à rassembler la famille démocrate-progressiste ? A priori non puisqu’aucun des partis n’a encore donné sa réponse sur la question.

Et il faut dire que l’éparpillement de la famille démocrate-progressiste a été en faveur du parti islamiste Ennahdha qui compte bien être une nouvelle fois la première force parlementaire après avoir remporté les élections législatives, prévues dans les prochaines semaines. Et ce danger peut s’agrandir si certains candidats à cette échéance connus pour leur extrémisme (Imed Dghij et Seif Eddine Makhlouf) remportent eux aussi un siège au parlement. Et les partis progressistes risquent de ne pas être assez nombreux pour contrer ce danger.

D’ailleurs, le chef du gouvernement avait appelé le ministre de la Défense, Abdelkarim Zbidi, à unir cette famille et à instaurer un équilibre au sein du parlement. Or, cet appel n’a pas eu bonne presse. En effet, l’ancien ministre de l’Emploi et la Formation professionnelle qui a également été le directeur de campagne de Abdelkarim Zbidi, Faouzi Abderrahamne, a indiqué, hier, sur son compte Facebook que ceux au pouvoir « sont inconscients, qu’ils font partie du problème, sont incapables de se rendre compte de leurs défauts et qu’ils ne pourront pas présenter une solution ».

 

Il est clair que certains dirigeants et partis politiques n’ont toujours pas réussi à enterrer la hache de guerre en vue de s’unir et d’essayer ensemble de sortir la Tunisie de la crise socio-politique et économique. Le dilemme pour choisir l’un des deux candidats à soutenir lors du second tour de la présidentielle n’est en réalité qu’un test pour cette famille. La famille progressiste n’est toujours pas prête à s’unir.

 

Emna Ben Abdallah

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Commentaires (22)

Commenter

rz
| 23-09-2019 17:24
Je ne sais pas ce que ces Partis attendent ? Pourtant les choses sont claires:ou bien le salafiste KS ou bien Karoui l'ancien NT il n'y a pas longtemps. Traînez encore et vous allez tout perdre et le pays avec.

Abdo
| 23-09-2019 16:52
Ils continuent à nous parler des progressistes dispersés dans la nature.

rayma
| 23-09-2019 15:56
il faut donc trancher aux législatives et voter pour l'un des partis progressistes PDL Tahya Tounes Nidaa Badil pt barre car se sont eux qui ont fait un minimum de voix. Le vote sera en fonction de la valeur intrinsèque du candidat et de son aura. Pas question de voter pour des illustres inconnus comme 3ich tounsi ou à des ramassis de reste à 9alb tounes. On assure les législatives car l'aventure on va la subir aux présidentielles

Nephentes
| 23-09-2019 15:00
C'est une question fondamentale un désarroi presque existentiel pour certains

Peu de place pour la rationalité; on est dans un mauvais film

Quel que soit l'élu il y a un risque énorme bien qu'eventuellement contrebalance par les élections legislatives

Un juriste la tête dans les étoiles et les pieds dans la fange salafiste LPR et autres fumistes de tout bords

Un affairiste la tête dans la fange et les pieds solidement enracinés dans le système oligarchique en place depuis 50 ans,et des alliés de circonstances habitués à i'strumentamiser la responsabilité publique au profit de leurs intérêts


Le professeur a la tronche d'inquisiteur espagnol semble être un halluciné des arriéres mondes prenant des fantasmes pour des réalités

Et est déterminé à se faire une vengeance personnelle sur le dos du peuple quitte à lui promettre une Utopie en carton-pate à la Disney

Un aventurier cynique confondant vocation charismatique avec retour sur investissement post-traumatique et pour qui la dignité et les citoyens s'achètent, la féodalité étant le mode de gouvernance le plus efficace

Tous les deux dotés d'un sur-ego et un ressentiment terrifiants soigneusement dissimulés en protecteur de la veuve et de l'orphelin

Tous les deux des paranoïaques

Chaque option est nuisible

Mais se condamner à l'inaction est tout aussi nuisible

SAMSON
| 23-09-2019 12:12
Qu'est ce que vous attendez pour sauver votre peau.
Attention !!
Il faut s'unir autour KALB TOUNESS pour les élections présidentielles.
De même ,Sachez une bonne partie de votre base votera pour KAROUI et KALB TOUNESS
Si non c'est la fin des parties progressistes.

N.S.
| 23-09-2019 11:33
Entre la peste et le choléra, entre blanc bonnet et bonnet blanc, entre Moussa El Haj et Haj Moussa, que choisir? Le seul choix qui s'impose à ceux qui ne se reconnaissent ni dans l'un ni dans l'autre des deux candidats est le vote blanc. Hélas, il n'est pas décompté comme il faut par l'ISIE en Tunisie. Et il faudrait chercher également à limiter le pouvoir de nuisance du futur président en évitant une mosaïque ingouvernable pour les législatives. Hélas, également, le Code électoral actuel ne permet pas autre chose. Votons pour les indépendants qui s'engagent à changer ce Code (par voie référendaire s'il le faut), à faire respecter les lois par tout le monde, à remettre le pays au travail, à limiter les disparités régionales,... Et ceci est déjà un programme pour les législatives. L'essentiel est de barrer la route au populisme et aux pseudo-révolutionnaires qui veulent recueillir la part du gâteau que ceux qui travaillent et qui payent leurs impôts arrivent à faire sortir la tête de l'eau à ce pays qu'on voit toujours au bord du précipice mais qui n'est "jamais las de guetter la lueur de l'espérance" (dixit de Gaulle).
N.S.

Lecteur
| 23-09-2019 09:57
Bonjour,

De quelle famille progressiste parlez vous ? La majorité des loubards, arrivistes, soutenus mafiosistes.
Ils n'ont rien à serrer du pays et du peuple

'?coeurant

maryd
| 23-09-2019 09:35
Ghannouchi et Chahed savent que KAROUI et son partie sont haut dans les sondages .
C'est pour cela que je pense que N Karoui n'acceptera aucune négociation avec ceux qu'il considère a l'origine de la pauvreté et de l'exploitation des TUNISIENS et qui ont commandité son emprisonnement d'autant plus qu'il deviens de plus en plus au coeur de tous les TUNISIENS patriotes qui ont vu ce qu'il a fait et qui n'ont aucun doute de ce qu'il ferait car il leur semble serieux intelligent dynamique et travailleur ((et il a dit YES TUNISIEN CAN)) en dominant plusieurs secteurs de l'audio visuel au MAGHREB ce qui a fait rayonner notre image et a fait venir plusieurs de nos frères Algériens en Tunisie .Une réussite , qui a fait des ennemies parmi les incapables et ceux qui vendent des paroles aux TUNISIENS depuis 8ans . Derrière cet grand homme une femme brillante s'agissant de sa femme Salwa SMAOUI.
Ces commanditaires espèrent que le vote des TUNISIENS contre vents et marais fera monter un robot qu'ils peuvent encore commander ,mais ,,,,,, et
Je suis persuadé que NABIL KAROUI sortira de prison bon grès ou mal grès car ils savent que son peuple , entre autres , est derrière lui et n'accepte pas l'injustice

Professeur de droit
| 23-09-2019 01:32
Ces partis, quel que soit l'appelation (démocrate, progressistes...) ou les noms d'oiseaux (néo-mauves) qu'on invente pour les décourager, n'ont qu'un seul choix logique, celui du programme républicain, qui se rapproche de leur propre programme: Nabil Karoui.
Le reste n'est que manoeuvre de l'adversaire et des ses complices cachés, pour jeter le doute. J'espère que ces hommes politiques sont assez aguerris pour ne pas tomber dans le panneau.

Microbio
| 22-09-2019 22:56
C'est ce que mérite l'UGTT et nous n'oublions pas le role joué par ce syndicat et le joue encore, avec acharnement, pour la destruction du pays!

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