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Le nombre de journaux imprimés en Tunisie a régressé de 228 à 45 titres !

Temps de lecture : 3 min
Le nombre de journaux imprimés en Tunisie a régressé de 228 à 45 titres !

 

Une étude réalisée par le journaliste Mongi Khadraoui, ancien SG du Syndicat national des journalistes tunisiens, a été présentée hier, jeudi 15 octobre 2015, à un panel de représentants d’organisations professionnelles et civiles réuni sur la révision du décret-loi 115 relatif à la presse et la liberté d’expression (voir notre article à ce sujet).

 

L’étude élaborée par M. Khadhraoui a planché sur le nombre de journaux (tous types confondus) qui existaient en Tunisie en 2011 et leur nombre actuel. On découvre ainsi que le nombre de titres a régressé de 229 journaux et magazines à une cinquantaine de journaux seulement. Mongi Khadhraoui dénombre les titres comme suit : En 2011, on avait 17 quotidiens, 5 bi-hebdomadaires, 103 hebdos, 11 bimensuels, 69 mensuels, 9 bimestriels, 12 trimestriels, 2 biannuels et un annuel. Parmi les titres, il y avait en 2011, quinze journaux de partis. En 2015, on a 11 quotidiens, 22 hebdos, 1 bimensuel, 8 mensuels, 2 bimestriels et un trimestriel. Quant aux journaux de partis, il n’en reste que quatre. M. Khadhraoui note qu’il n’a pris en considération que les journaux qui sont régulièrement vendus dans les kiosques. D’après les demandes des cartes de presse déposées, M. Khadhraoui conclut que 75% des journalistes exerçant dans ces 45 médias travaillent dans quatre maisons d’édition seulement, à savoir Dar Assabah (4 titres), Snipe La Presse (2 titres), Dar El Anwar (4 titres) et Le Maghreb (1 titre). Quant aux journaux électroniques, il en dénombre une vingtaine seulement en 2015 contre un nombre indéterminé, parce que trop élevé et non déclaré, en 2011. Par journal électronique, il entend un média disposant d’une équipe journalistique identifiée publiquement (par sa rubrique Qui sommes-nous), des articles propres à lui, un directeur, une entreprise éditrice en bonne et due forme et une adresse géographique mentionnée publiquement permettant aux lecteurs de s’adresser à l’équipe du journal en cas de réclamation.

 

La raison essentielle de cette régression est liée à l’exigüité du marché que ce soit en termes de lectorat ou d’annonceurs. Depuis un bon bout de temps, la Fédération tunisienne des directeurs de journaux essaie de sensibiliser, sans succès, les autorités publiques sur le danger de la disparition des journaux imprimés en Tunisie. La publicité demeure la principale, voire l’unique, source de revenus des médias en Tunisie (radios, télévisions et journaux). La part de l’investissement publicitaire pour la presse écrite (imprimée et électronique) est en baisse constante et atteint des proportions inquiétantes. D’après les chiffres de Sigma Conseil, l’investissement publicitaire pour la presse imprimée a chuté de 0,8% pour 20,3 MDT, alors que celui alloué pour l’internet (Presse électronique, sites web et FB), a connu la plus forte régression du secteur avec une chute de 8,9%. La part de marché de l’internet n’est que de 2,7% en Tunisie (alors qu’elle est supérieure à 25% dans certains pays développés) pour un CA global théorique de 5,2 MDT. Pour la presse imprimée, la part de marché est de 10,4% pour un CA de 20,3 MDT.

 

La Tunisie, en matière d’investissements publicitaires, demeure très éloignée des standards des pays développés. Alors que l’investissement sur internet est partout en hausse (il dépasse carrément la télévision dans certains pays), on voit qu’il est en baisse en Tunisie. Toujours selon les chiffres de Sigma, la part allouée par chaque citoyen à l’investissement publicitaire est de l’équivalent de 9 dollars en Tunisie, contre 20 dollars au Maroc, 42 dollars en Turquie, 197 dollars en France, 529 dollars aux USA et 734 dollars en Suisse. La conséquence de ce manque d’investissement publicitaire se reflète tout de suite et directement sur le chiffre d’affaires des entreprises tunisiennes inconscientes de cet apport prouvé scientifiquement et utilisé dans tous les pays développés et, par ricochet, sur l’ensemble des médias tunisiens. L’autre conséquence est encore plus grave, puisque cela empêche l’essor de médias libres et indépendants en Tunisie qui se trouvent acculés soit à mettre la clé sous la porte, soit d’aller se faire financer auprès d’organismes étrangers ou/et de l’argent sale.

 

R.B.H.

 

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Commentaires (13)

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takilas
| 17-10-2015 21:27
La question d'augmentation du prix du journal, est probablement méritée pour quelques journaux et non pour d'autres. De toute façon 800 millimes ce n'est pas grand-chose devant les prix imposés en Tunisie par certains commerçants (ou transporteurs et réparateurs) comme les anarchiques baraques de vendeurs de fruits secs, les dits « hammassas » propulsés dans la classe des riches au détriment des cultivés et instruits.

Gg
| 17-10-2015 16:48
En effet je n'avais pas compris!

Ton grand! :-D

tun2020
| 17-10-2015 14:10
Rattrapés par la réalité économique, beaucoup de journaux arrêtent de diffuser en cédant aux puissances financières mafieuses et sionistes qui finiront par mettre la main sur tous les médias en Tunisie et manipuler l'information et influencer et façonner uni-latéralement l'opinion. Ils ne lâchent pas une miette : télévision, radio cinéma, presse écrite, livre, affichage.web Bientôt ils finiront par donner des journaux gratuitement pour passer des annonces et des infos empoisonnés.

CHDOULA
| 17-10-2015 04:20
C'est sale un journal imprimé , je préfère les serviettes aux torchons !!!!!

Léon
| 16-10-2015 23:01
En 2011 veut dire au départ de Ben Ali. Ehhh oui mon grand! il y avait 228 journaux avant le départ de Ben Ali. Il n'y en a plus que quelques dizaines aujourd'hui.
Cela veut tout dire! Il devait même aider les journaux d'opposants. Cette révolution a dégouté tout le monde et même les lecteurs. C'est normal, quand il s'agit d'une trahison le bon peuple observe sans rien dire. Et il s'agit d'une trahison!
Peut-être que le jour où la Démocratie sera bien installée et définitive, nous n'aurons plus qu'un seul journal. Que l'on nommera le journal du peuple! Hahahaha!
Léon, Min Joundi Tounis Al Awfiya;
VERSET 112 de la SOURATE des ABEILLES.

apsbk77
| 16-10-2015 21:01
Peu imorte la taille du marché en réponse @lambda; le journalisme d'investigation ne nécessite que peu de moyens sauf une volonté farouche pour découvrir ou révéler la vérité ne suppose pas d'aller aux confins du monde....et une volonté du rédacteur en chef...Le reste suivra....Il faut savoir oser pour vaincre...en commençant par les affaires internes locales ou régionales. La qualité des analyses, des commentaires objectifs sur la base de données réelles ne nécessite pas de moyens énormes...simplement une volonté rféelle

Gg
| 16-10-2015 18:36
Ce serait intéressant de comparer avec les parutions de l'époque Ben Ali, en titres et quantité, pour voir ce que la révolution a changé.

lambda
| 16-10-2015 17:47
Le journalisme de qualité exige des moyens pour payer les journalistes d'investigation. Or cela est impossible avec un petit marché comme le nôtre et faute de journalistes bien formés et bien expérimentés par le passé

HAtemC
| 16-10-2015 16:33
Il faut peut être sortir du schéma des entreprises familiales et ouvrir les capitaux ....
Quand les entreprises comprendront que ...
"L'investissement publicitaire, tout comme l'investissement en recherche & développement, en formation, est un moyen à la disposition des entreprises, pour faire parler de soi, des ses produits et services. Ces dépenses publicitaires sont des recettes pour les médias et en représentent une part importante pour leur fonctionnement."
Les entreprises familiales sont en générales fermés ....
La communication est indissociable du succès d'une entreprise, d'un service ou d'un produit,ainsi les occidentaux l'on si bien compris qu'ils l'on intégré dans leur système de gestion de leur business....

Nous remarquons que beaucoup d'entreprises n'intègrent pas la politique de communication dans leur
gestion en Tunisie ... justifiant cela par manque de moyens ....et même quand elles accordent une place à la communication elle est marginale ...
Que ces entreprises familiales ouvrent leur capital ... et acceptent de partager la gestion de leur entreprise ... les entreprises familiales ne permettent pas l'éclosion de compétences ... HC

khNeji
| 16-10-2015 15:10
Si mongi merci pour vos efforts et je t'assure que le citoyens s'enfiche pas mal du nombre de journaux qui a régresse et ne s'inquiétera pas si les 45 autres titres disparaissent car tout simplement c'est la presse de la HONTE.

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