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Le marketing d’influence, quand Instagram rapporte des sous !

Le marketing d’influence, quand Instagram rapporte des sous !

 

 

Ils sont suivis, épiés, enviés et admirés. Grâce à leurs photos de mode, à leur style de vie ultra chic ou plutôt bobo, à leurs photos hyper esthétisées, ils deviennent pour certains les égéries des marques les plus prisées. Depuis quelques années, nombreux sont ceux qui se sont jetés à corps perdu dans le commerce juteux du marketing d’influence sur Instagram devenant ainsi les « célébrités » des réseaux sociaux….

 

Depuis quelques années, les réseaux sociaux ont commencé à devenir un vivier d’ambassadeurs pour des marques avides de nouveaux concepts de communication. Un nouveau mode de communication « intermédiaire » a ainsi vu le jour. Il place une personne entre la marque et ses clients. Cette personne, qui, l’air de rien, teste et recommande ou pas le produit en donnant son avis en le décortiquant devant des milliers de « followers » (abonnés), engage une campagne d’influence très importante sur les réseaux sociaux, une mine d’or pour les marques qui intègrent désormais les « influenceurs » à leur stratégie de com' digitale.

Rassemblant sur un même compte des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes qui partagent « des principes », « un style de vie » et des « passions », ces Instagrammeurs sont les nouveaux gourous des réseaux sociaux, ils sont très actifs et en plus de maitriser tous les codes du digital ils ont ce que les marques n’ont pas toujours : une légitimité. C’est que leur arme à eux ce sont ces milliers de followers, qu’il ne faudrait décevoir sous aucun prétexte.

La Tunisie n’échappe évidemment pas au phénomène et le business du marketing d’influence a fait naître des stars des social medias chez nous aussi. Parfois anonymes, parfois stars aussi dans la vraie vie, ces personnalités monnaient désormais leur association avec des marques, auxquelles elles donnent un coup de pouce loin d’être négligeable.

 

Ils s’appellent Yousr, Manel, Raya, Fatma ou encore Bilel, Fares, Seyf ou Issam, les influenceurs tunisiens font partie d’une communauté hétéroclite tant dans la mixité que dans les domaines de prédilection de ces influenceurs 2.0.

Si les femmes semblent être plus présentes sur les secteurs « fashion-lifestyle and makeup » blogging, les hommes ne sont pas en reste. Eux aussi font dans la mode et la photo et nous comptons également parmi nos compatriotes des stars du « food-porn ». C’est que ce nouveau mode de communication n’a pas de limites et que la « sincérité » de ces chefs de file est tout ce qui fait la force de frappe et l’impact de leurs messages. C’est donc tout naturellement que de nombreux jeunes se sont tourné vers cette activité du « tout benef ».

Des sourires, des photos qui respirent la beauté et le bonheur, des poses lascives, naturelles, sympa, belles, des plats agencés au millimètre près, des hashtags, des coups de cœur, des coups de gueule, des émotions, des vacances, du shopping en live, des conférences, des soirées privées et des likes ! Voilà en somme de quoi est faite la vie des instagrammeurs pour qui le circuit s’intensifie à mesure que grimpe le nombre de leurs abonnés.

Car il ne suffit pas de publier de jolies photos sur les réseaux sociaux pour être sacré détenteur d’influence, il faut surtout qu’elle soient vues par le plus grand nombre et que ces abonnés soient réactifs et fidèles pour qu’enfin les marques puissent y voir un potentiel et une opportunité et signer les contrats de la consécration.

 

Souvent les influenceurs n’ont pas commencé leur « carrière » en tant que tels. Ils n’ont fait que partager sur les réseaux sociaux des photos de produits qui leur ont plu et de leurs looks fétiches ou encore de leur lieu de vacances préféré ou les restaurants qu’ils préférèrent. Petit à petit, ces moments de vie attirent de plus en plus d’abonnés, qui partagent les mêmes goûts, les mêmes passions et qui ont envie des mêmes choses. Ainsi, on propose aux abonnés une immersion dans une vie désirée en la rendant au mieux accessible et surtout possible.

Le nombre de followers peut alors exploser. On peut chiffrer par millions pour les plus grandes stars et par centaines de milliers pour les nouvelles. Une manne de visibilité avec en prime le témoignage d’un ambassadeur légitime et crédible, un must-have pour les marques qui partent désormais à la chasse aux instagrammeurs.

Parfois c’est par contact direct que les choses se font, mais dans le cas de grandes marques avec des contrats plus élaborés c’est surtout les agences de communication qui jouent le rôle d’intermédiaires. Avec les agences, les marques ont la certitude d’avoir la personne qu’il faut pour leur produit et l’impact maximum pour leur campagne. Car les agences trient sur le volet l’ambassadeur idéal dans une multitude de profils. Ils écument les réseaux sociaux et ne laissent rien au hasard. Les profils sont scrutés, les interactions, l’engagement des abonnés, tout est passé à la loupe. Etre payé 1500dt pour une photo ça a aussi son prix.

 

Nous avons contacté des agences de communication pour avoir une idée sur le business de l’influence et avons saisi les raisons d’un tel engouement. Les instagrammeurs sont rondement rémunérés. Il faut compter en moyenne un minimum de 500dt pour une photo et le chiffre peut grimper très vite à hauteur de la notoriété de l’influenceur. On parle parfois de 2000dt pour une publication. En plus des cadeaux qu’offrent les marques et des produits gratuits qui leur sont attribués, les instagrammeurs sont de toutes les fêtes et prennent leur activité très au sérieux. Certains en ont même fait un métier.

Compte tenu de leur activité sur les réseaux et de la nécessité pour eux d’alimenter constamment leur fil d’actualité, le revenu mensuel d’un influenceur solide peut se chiffrer à des milliers de dinars surtout s’il arrive à se dégoter plusieurs contrats. Alors, comment sont payés les ambassadeurs digitaux ? rien de plus simple : par chèque pour la plupart nous dit-on. Certains ont toutefois un commerce en règle et traitent par bons de commande et une certaine traçabilité, mais pour la plupart, nous confient les agences c’est au coup par coup. Les choses sont toutefois plus encadrées quand on parle de contrats annuels avec les grandes enseignes, là on ne rigole pas.

 

Si le business d’Instagram est lucratif, il reste néanmoins fragile et en un sens éphémère. Dans un monde en perpétuelle évolution, se frayer sa place est difficile, mais la garder l’est encore plus. Les technologies qui changent, les nouvelles applis qui émergent, et la versatilité des gens font qu’il serait peu judicieux de tout parier pour une telle carrière. Les instagrammeurs ont aussi dû essuyer le revers de leur notoriété, désormais ouvertement sponsorisés et associés à des marques, leur crédibilité acquise au fil des publications spontanées en a pris un coup, mais l’image glamour et tendance reste, elle pour l’heure, intacte…

 

Myriam Ben Zineb  

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