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Chroniques
La rentrée de la discorde
29/08/2018 | 15:59
3 min

Par Marouen Achouri

 

La rentrée politique et sociale de ce septembre 2018 s’annonce chaude et compliquée. Sur le plan politique d’abord, les forces se redessinent au sein de l’ARP ce qui annonce des batailles rangées à propos des principaux projets de lois à venir. Ce type de batailles augure du fait que les projets de loi en question seront entravés et auront du mal à être adoptés. Conséquence immédiate : ralentissement de l’activité parlementaire. Par ailleurs, il est certain que l’examen de la proposition présidentielle, issue du rapport de la Colibe concernant l’égalité dans l’héritage n’aidera pas à accélérer les choses.

Cette rentrée politique voit également le come back d’un revenant : Slim Riahi. Ce dernier, dans sa grande générosité, a bien voulu reprendre les commandes de l’UPL, parti dont il est le fondateur. Redevenu chef de l’UPL aujourd’hui, il est reçu le lendemain matin par le président de la République, Béji Caïd Essebsi. Etrange coïncidence sachant, en plus, que la constitution d’un nouveau bloc à l’ARP était annoncée le même jour. Visiblement, les rangs se serrent pour abattre le gouvernement de Youssef Chahed et chacun y va de son propre intérêt. Les frères ennemis, Mohsen Marzouk et Hafedh Caïd Essebsi deviennent alliés à l’Assemblée, Slim Riahi et sa quinzaine de députés reviennent sur la scène et Ennahdha offre un soutien conditionné au chef du gouvernement. Un soutien qui tient plus du piège que d’une réelle aide.

 

Au niveau social, la situation n’est guère meilleure. LassâadYaâcoubi, encore, promet une rentrée scolaire des plus compliquées puisque les revendications des enseignants ne sont pas satisfaites. Le secrétaire général de la fédération de l’enseignement secondaire commence déjà à s’échauffer pour une énième guerre d’usure avec le ministre de l’Education, Hatem Ben Salem. Ce dernier avait fait montre d’une grande inflexibilité lors de la crise vécue l’année dernière dans l’enseignement secondaire. L’UGTT adopte le même ton que LassâadYaâcoubi et annonce déjà des difficultés par la voix de son secrétaire général, Noureddine Taboubi. Ce dernier, dans une interview donnée à nos confrères de Acharaa Al Magharibi, annonce une « année sociale difficile ». Il déclare également que les négociations sociales n’ont pas avancé d’un pouce et le ton commence à monter entre les différents intervenants (gouvernement et Utica) puisqu’on évoque un manque de sérieux. Il est vrai que les augmentations de salaires aussi bien dans le privé que dans le public ont toujours été un motif de discorde entre les différents protagonistes. Dans une conjoncture économique aussi difficile que celle d’aujourd’hui, il est fort à parier que les négociations n’en seront pas facilitées, loin de là.

Plus généralement, la situation sociale des Tunisiens est en déliquescence. Plusieurs fléaux continuent à ronger la société à l’instar de l’émigration clandestine, la consommation de drogues, la violence endémique ou encore le problème des morts sur la route. Malheureusement, il n’existe pas de prémices de début de règlement de ces problèmes tant la situation politique est instable. Personne n’ose, personne ne décide et tout le monde espère garder sa place.

 

Il est évident que l’instabilité politique a également des conséquences sur la situation économique du pays. Dans ce sens, le projet de Loi de finances 2019 est très attendu. Il est certain qu’il provoquera des frictions sociales comme chaque année et alimentera les débats les plus enflammés. Ce débat permettra également de revenir sur la situation économique compliquée de la Tunisie, de nos engagements envers le FMI et les autres institutions, la tant attendue réforme fiscale, l’encouragement de l’investissement, le retour de la croissance, les conséquences du glissement du dinar…

 

2019 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Il s’agit en plus d’une année électorale qui verra le début des campagnes et une avalanche de discours politiques de tous genres. Pour l’instant, les priorités sont économiques et sociales, mais le temps politique semble se diriger plutôt vers les échéances électorales.

29/08/2018 | 15:59
3 min
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Commentaires (1)

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DHEJ
| 29-08-2018 18:21
Quand la santé va mal c'est le mental qui est touché pour foutre en l'air le social...


La grogne des l'hiver!