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Inflation - Les non-explications du gouvernement
24/08/2022 | 12:42 , mis à jour à 09:10
3 min
Inflation - Les non-explications du gouvernement

 

Le ministère du Commerce et du Développement des exportations vient de publier un long communiqué sur l’inflation pour les sept mois de 2022, où il ne dit rien de nouveau.

 

Tout d’abord, le ministère indique qu’il s’agit d’une conjoncture internationale causée par la pandémie, la guerre en Ukraine et leurs répercussions sur l’approvisionnement en matières premières, en produits alimentaires, industriels et énergétiques. Et de rappeler que de par le monde des records d’inflations ont été enregistrés et que notre pays n’a pas été épargné.

Il évoque une hausse conjoncturelle des produits agricoles de 3,1% en un mois, à cause de la baisse de productivité et de la hausse de la demande notamment en pointant la hausse du tourisme et les festivités de Aïd El Idha. Deux choses pour lesquelles le ministère devait se préparer, mais vu la perturbation de l’approvisionnement de plusieurs denrées, qui impacte directement la hausse les prix et donc l’inflation, il s’avère qu'il n'en est rien.

 

Le ministère reprend les chiffres publiés par l’Institut national des Statistiques début du mois d'août 2022. Bien sûr, il indique que les prix des produits libres (non administrés) ont augmenté de 1,2% au mois de juillet et les prix des produits encadrés de seulement 0,3%. Ainsi, les produits non-alimentaires libres ont connu une hausse de 0,8% contre 0,4% pour produits non-alimentaires administrés alors que les produits alimentaires libres ont connu une augmentation de 2,2% contre 0,1% pour les produits alimentaires administrés.

Ce qu’omet de dire le ministère, c’est que si l’inflation n’est qu’à 8,2%, c’est justement à cause de la maîtrise des prix des produits administrés, qui représentent une bonne partie du panier de l’INS. Un panier d’ailleurs qui n’est plus représentatif de la consommation des Tunisiens et qui aurait dû être changé depuis belle lurette.

 

D’ailleurs, interrogé à ce sujet, le docteur en sciences économiques, enseignant-chercheur à l'Université de Carthage et expert-consultant, Aram Belhadj, avait indiqué à Business News que « le choix du panier et des pondérations est déterminant pour le calcul de l’inflation, et il explique la différence entre le taux d’inflation officiel, à un seul chiffre, et le taux perçu et ressenti, qui est plutôt à deux chiffres ».

Pour sa part, l’universitaire spécialiste en économie, consultant et chef d'entreprise, Wajdi Ben Rejeb, a affirmé que « le taux d’inflation en Tunisie n’a jamais reflété l’inflation réelle, à cause du panier de la méthodologie de calcul et des pondérations ». Et de faire remarquer que « certains prix ont doublé et triplé alors qu’on nous parle d’une inflation de 8% et le plus logique c’est d’avoir un taux à deux chiffres ».

 

Le ministère évoque ses opérations de contrôle et ses fameux exploits contre le monopole et la spéculation. Dans les faits, le ministère doit œuvrer en amont et non en aval car aucun professionnel n’acceptera de vendre à perte ses produits. A titre d’exemple le bras de fer des autorités avec les producteurs d’œufs. Aujourd’hui, la filière laitière du pays risque de disparaître sous le silence des parties prenantes et malheureusement ce n’est pas le seul secteur en péril.

Plusieurs secteurs, tributaires de la compensation, sont en difficulté, la compensation perçue n’étant pas suffisante pour couvrir leurs frais de production outre le retard du gouvernement dans le versement des dus des professionnels.

Les finances du pays n’ont fait qu’empirer la situation : le gouvernement ne pouvant plus faire face à ses dépenses, temporise le payement de ses fournisseurs et s’endettant avec des taux d’intérêt exorbitants à court terme pour le payement des salaires. Donc, il favorise la consommation à la production, portant atteinte à ses fournisseurs qui se trouvent dans des situations difficiles. Pour leur part, les étrangers refusent carrément de servir le pays à moins d’être payés avant. C’est le cas des médicaments mais aussi récemment du carburant, des pétroliers restant à quai pendant plusieurs jours jusqu’au payement des fournisseurs malgré la pénurie.

 

Face à la situation difficile des finances publiques, le gouvernement doit arrêter la langue de bois et dire la vérité à la population.

 

Imen NOUIRA

24/08/2022 | 12:42 , mis à jour à 09:10
3 min
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Commentaires
Loozap
Corriger
a posté le 25-08-2022 à 12:18
Le gouvernement doit toujours être à l'écoute de la population car c'est elle qui fait le gouvernement
Nephentes
Explications essentielles
a posté le 24-08-2022 à 17:33
Pour tout esprit raisonnable les seuls faits exposés dans cet article devrait créer une dépression nerveuse

mais non chez nous tant qu'on a pas compris on n'a pas a s'en faire
Scorpio
dinar monnaie de singe, surévalué ..................
a posté le 24-08-2022 à 13:32
le dinar est gonflé. il faut dévaluer de 50 %: çà rend le whisky plus cher à importer.
passez aux centimes au lieu de millimes. 2 zéros au lieu de 3.
votre économie est comparable à Cuba. là bas, les salaires moins élevés.