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Tribunes
Etablissements publics de santé : la grande hécatombe
15/06/2021 | 18:03
9 min
Etablissements publics de santé : la grande hécatombe

 

Par Docteur Fathi El Younsi *

 

La santé en Tunisie continue à errer dans les méandres d’une corruption institutionnalisée, sous les bons auspices des autorités concernées pourtant bien informées sur la piètre gouvernance qui règne au sein des institutions publiques de santé, minées par des réseaux très élaborés de malversation impliquant des hauts cadres médicaux, paramédicaux et administratifs.                                                                                                                                           

 

         

 

Partant du chef de service imposteur et ingrat, délibérément promu à l’âge de 70 ans et vraisemblablement jusqu’à la fin de ses jours au poste de Directeur d’une importante institution publique, comme pour le remercier de sa gestion calamiteuse d’un prestigieux service hospitalier réduit en quelques années à l’état de ruine ( « les copains d’abord » dirait Georges Brassens, l’intérêt national attendra !), en passant par une activité privée complémentaire (APC) symbole de corruption sous toutes ses formes et de dilapidation des deniers publics ( n’est ce pas,  Monsieur l’ancien chef de cabinet du Ministre de la santé en 2017 et actuel chef du gouvernement !), volontairement occultée voire même encouragée par toutes les parties concernées pourtant parfaitement conscientes de l’ampleur du désastre, arrivant jusqu’à la complicité de hauts cadres administratifs aussi bien locaux, cumulant sans aucune vergogne plusieurs postes aussi importants les uns que les autres comme pour décupler leur incompétence déjà prouvée et faire régner le chaos au sein de ces institutions, que gouvernementaux , guidés par des décisions partisanes d’une ineptie inégalable, sacrifiant impitoyablement l’intérêt national sur l’autel d’un aveugle égocentrisme et confiant l’avenir de la santé du citoyen tunisien entre les mains de ploucs dont la carrière n’a rien de glorieux et dont l’incompétence est criante.                                                                    

 

La nomination immonde, même en temps qu’intérimaire, à la tête d’un des plus prestigieux service de médecine que le pays ait connu d’un accro invétéré à l’APC, passant le reste de son temps dans des réunions d’un conseil municipal dont il est membre depuis plusieurs années, le décès tragique d’un jeune résident en chirurgie au fond d’une cage d’ascenseur, le bal des chiens errants qui ont élu domicile depuis quelques années dans un grand nombre d’établissements publics de santé et non des moindres (EPS Charles Nicolle en tête) avec tout le danger et le climat d’insécurité qu’ils font régner en leur sein, la circulation automobile incessante et incontrôlée à l’intérieur de ces structures étrangement apparentée à celle observée en plein centre-ville aux heures de pointe avec toute la pollution sonore et environnementale engendrée, les ordures amassées ça et là avec tout le cortège de moustiques, d’odeurs nauséabondes et de dangers de contamination (Covid 19 compris) qui les accompagnent notamment durant les jours de canicule, enfin les repas d’une qualité exécrable, souvent refusés par les malades qui préfèrent rester sur leur faim, acheminés aux différents services dans des récipients le plus souvent non couverts, les mêmes depuis plusieurs années, sont des exemples non exhaustifs de l’extrême médiocrité de la gouvernance de ces institutions (par la nomination scandaleuse de directeurs et directrices… incompétents et corrompus), des conditions de séjour et de la qualité des prestations au sein de ces structures publiques de santé, qui portent profondément atteinte à la dignité même du citoyen  tunisien.

                                                                                                                                

Les établissements publics de santé, mis entre les mains de personnes profondément nuisibles qui détiennent le pouvoir de décision, sont transformés en véritables comptoirs de négoce et de profit où la science a tiré sa révérence et la médecine a perdu ses lettres de noblesse pour ouvrir la voie à une médiocrité désolante, au péculat et à la cupidité de certains malfrats organisés en véritables réseaux pour imposer leur hégémonie  malgré leur profonde incompétence et faire valoir leur impact extrêmement dévastateur sur le secteur. Où allons-nous former nos futurs médecins et comment maintenir le haut niveau de la formation médicale qui a toujours été une des plus grandes fiertés de ce pays ? Dans ces conditions déplorables, comment retenir nos jeunes médecins et notre élite médicale qui n’hésitent pas à quitter leur terre natale pour aller exercer sous d’autres cieux  la vraie médecine, celle dont ils ont toujours rêvé ?                                                                                                                                 

 

S’inscrivant directement dans la ligne du fameux adage « le malheur des uns fait le bonheur des autres », la crise de la Covid 19 n’aura finalement servi que pour renforcer un populisme effréné et un opportunisme sans limite, utilisant encore une fois ce qui reste des institutions publiques de santé comme un rempart de circonstance et un tremplin pour satisfaire des ambitions politiques peu valorisantes. La recirculation galopante du virus dans le pays à l’origine d’un automne, d’un hiver et d’un printemps funestes est la preuve irréfutable et sans surprise de la gestion catastrophique de la crise sanitaire actuelle.   Des contaminations à la pelle au sein du personnel médical et paramédical, la présence de patients Covid + dans la quasi-totalité des services sans aucun circuit Covid bien individualisé, contribuant dans une large mesure à disséminer la maladie, une prise en charge catastrophique des patients Covid + aux urgences et dans les différents services hospitaliers à l’origine d’un grand nombre de décès dont la survenue est regrettablement banalisée, des lits de réanimation fonctionnels nettement en deçà des chiffres officiels annoncés, des dépouilles abandonnées durant des heures avant de rejoindre la morgue…, telle est la situation sanitaire déplorable voire même apocalyptique observée sur l’ensemble du territoire national, mettant à nu toutes les défaillances et toute la misère qui règne au sein des structures publiques de santé depuis des années.                                                                                                                                                       

 

Tant que la situation politique pourrie perdurera, tant que des larbins sans CV notoire et excellant dans le verbiage stérile sont hissés au rang de personnalité nationale, d’autres nominations  aussi destructrices les unes que les autres verront certainement le jour pour plonger davantage le pays dans les eaux sombres de la décadence pansectorielle.                     

 

En définitive, soyez incompétent, malhonnête, effectuant une activité privée complémentaire sans aucune limite, participant passivement à tous les congrès nationaux et internationaux pour nouer des relations utiles et profiter au maximum de la manne providentielle des laboratoires qui bénéficieront en contrepartie d’une prescription préférentielle et parfois exclusive de leurs produits, n’assurer aucune activité d’encadrement et abandonner vos consultations et vos malades hospitalisés à de jeunes médecins en formation livrés à eux-mêmes, rangez vous toujours du côté des mouchards, des corrompus, de ceux qui arrivent toujours en retard et qui s’absentent à leur guise pourvu qu’ils soient influents sur la scène politique, quittez délibérément l’institution et le pays pour des raisons personnelles purement matérielles et y revenir comme un messie tant attendu qu’on assoit sur le trône, et vous aurez toutes les chances du monde de bénéficier du soutien inconditionnel de toutes les parties pour accéder un jour à des hauts postes, chef de service notamment, et recevoir tous les honneurs au nom d’une « démocratie naissante » dit-on dans ce pays mais qui correspond en fait à une voyoucratie à tous les points de vue.                                                                   

 

Et on ose encore nous parler de transparence, de grilles de sélection sorties de nulle part, de critères de choix objectifs… et de je ne sais quel autre simulacre pour noyer le poisson et trouver un quelconque justificatif à l’absurdité de ces décisions.                                                               

 

De grâce messieurs les pseudo-décideurs et pseudo-responsables dans les hautes sphères de l’autorité, arrêtez cette horrible mascarade ! Apprenez à respecter vos maitres et à ne prendre exclusivement en considération que l’avenir de votre pays et son rayonnement parmi les nations !

 

 Ainsi va la santé en Tunisie, plus de 10 ans après une ravageuse révolution qui a tout détruit sur son passage et vidé le pays de toute son essence, recyclant la médiocrité et le malheur à travers tous les gouvernements qui se sont succédés.                                                                                                 

Y a-t-il encore une place à l’optimisme et à la fierté dans ce pays? Avis aux amateurs….. d’illusions perdues.

 

                                              *Professeur Hospitalo-universitaire, Hôpital Charles Nicolle

15/06/2021 | 18:03
9 min
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Commentaires
Saadia ben Salem
Ne généralisez pas s'il vous plait
a posté le 22-07-2021 à 11:50
Docteur Fathi El Younsi, je ne conteste pas ce que vous dites. Les exemples existent de plus en plus fréquents, c'est vrai. Ce que vous affirmez est parfois en deçà d'une réalité encore plus cruelle. Je n'irais pas plus loin pour ne pas en rajouter. Je déplore du fond du c'?ur que nos jeunes étudiants et médecins découvrent parfois leur métier dans une atmosphère louche et malsaine de course au profit qui risque de les contaminer et leur faire oublier le serment prononcé à l'aube de leur carrière.
Mais votre article est profondément injuste pour les éléments qui font face, envers et contre tous, à des conditions de travail inconfortables et inhumaines, qui sacrifient leur vie de famille et ne ménagent ni leur temps, ni leur santé pour faire face aux grands maux qu'une corruption connue mais couverte par les autorités a introduite dans ce noble métier (c'est bon de le dire clairement). Les femmes et les hommes vaillants, dans les services médicaux et l'administration hospitalière, JE NE CONNAIS QUE '?A AUTOUR DE MOI. Dans un service de réanimation par exemple, où les gardes de 24 heures alternées avec un service d'astreinte se succèdent à un rythme infernal et ceci depuis 20 mois, sans interruption, sans congés, sans aller jusqu'au bout de la récupération physique, sans prime et sans encouragement en dehors du reproche qui vient de leur être fait de bénéficier d'un congé annuel qu'on décide de supprimer, sans vivre leur jeunesse comme tous les autres du même âge. Refus de pratiquer une activité APC malgré une notoriété certaine. Temps de présence à l'hôpital bien supérieur à celui prescrit par la loi. etc, etc, '?'
C'est grâce à cette armée, vaillante, propre, qui malheureusement s'épuise et s'appauvrit en nombre, que nos hôpitaux tiennent encore debout
Pour ceux-là, et ils sont nombreux, votre article est douloureux à lire, car profondément injuste et injustifié. Pour ceux-là, il mérite une mise au point de votre part !
DOC
APC et COVID
a posté le 06-07-2021 à 09:01
Les professeurs et l'APC....
AB
@Mohamed Ali Chaieb: Merci pour votre intervention.
a posté le 02-07-2021 à 16:06
La fin du système mafieux de l'APC des dictateurs qui date d´environ CINQ decennies, doit etre aboli !!!

Das Ende des APC-Mafia-Systems der Diktatoren, das auf etwa F'?NF Jahrzehnte zurückgeht, muss abgeschafft werden !!!

The end of the APC mafia system of dictators which dates back about FIVE decades, must be abolished !!

La fine del sistema di dittatori mafiosi APC che risale a circa CINQUE decenni, deve essere abolita!!
Ben Abdallah
Réalité alarmante
a posté le 26-06-2021 à 17:42
C'est une réalité alarmante que chacun d'entre-nous qui a même une simple relation avec l'hôpital en connaît une bonne partie de ce que vous venez d'annoncer .
On peut dire de ce qui se passe un peu partout c'est la fuite en avant avec plutôt l'incompétence qui règne dans tous les domaines surtout avec le départ massif non seulement des nouveaux diplômés jeunes en médecine, ingénierie et autres mais aussi des seniors et des compétences de renommées. C'est la crise généralisée et espérons qu'un jour nous trouverons nos équilibres financiers ,sociaux , économiques.....
Aurore boréale
a posté le 22-06-2021 à 15:11
Congratulations
You are the best Doctor I have ever seen because you are honest .
Go ahead you will certainly succeed.
Well done
B. Nourhène
Merci
a posté le 21-06-2021 à 13:37
Merci beaucoup Dr Younsi pour votre courage, votre engagement, votre fidélité, contre vents et marais, aux nobles valeurs des enseignements de nos maitres, aux valeurs humanistes dont tout un chacun doit être porteur que dire pour ceux qui sont censés être " les élites" de la Nation. Je suis loin mais je pleure la Tunisie, mais mes larmes cessent et mon espoir revient quand je vois des soldats comme vous, debout encore pour donner à la Tunisie, debout encore parcequ'integres, debout encore car fidèles à leurs maitres à leurs valeurs. Rabbi y kather men amthelek w Rabbi yahfdhek. NB une de vos anciens élèves. Marci
Didon
Et les menaces et agressions envers le personnel de santé ?
a posté le 20-06-2021 à 11:06
Vous avez oublié de parler des agressions et menaces envers les médecins des hôpitaux plusieurs cas et l impunité totale. L '?tat n assure même pas un minimum de sécurité à ces cadres médicaux qui sont menaces et agressés au quotidien et qui sont obligés de se défendre par leur propre moyen puisque les autorités ne répondent même pas à leurs appels de détresse parlez en aussi !!
Raja
Commentaire
a posté le 19-06-2021 à 20:57
Bravo Professeur Fathi El Younsi
A l'accoutumée, vous dénoncez
La corruption au sein d'un service influent de la santé publique à savoir l'unité d'hémodialyse alors que d'autres font l'autruche pour prémunir leurs postes.
Aujourd'hui,vous militez seul dans un service (que j'ai connu depuis 1997) qui a crée pour la première fois en Tunisie l'hémodialyse, la greffe et la biopsie rénale grâce à une équipe de médecins renommés par leur conscience et leur grandeur dont vous faites partie.
On vous soutiendra toujours car vous étiez parmi les grands néphrologues tant convoités par la France qui ont refusé de quitter leur patrie pour le bien des citoyens.
Vous avez voué votre vie à vos patients qui vous aiment infiniment et qui parlent souvent de vous avec beaucoup de vénération à la salle d'attente de votre service parce que vous êtes magnanime et laborieux.
Espérons Professeur que cette critique impartiale et les images pertinentes figurant dans votre article secoueront la conscience en léthargie des responsables.
Bonne continuation
Professeur Fathi El Younsi.
Raja
Guermech
a posté le 19-06-2021 à 20:24
Bravo Professeur Fathi El Younsi
A l'accoutumée,vous dénoncez la corruption au sein d'un service influent de la santé publique à savoir l'unité d'hémodialyse alors d'autres font l'autruche pour prémunir leurs postes.
Aujourd'hui, vous militez seul dans un service (que j'ai connu depuis 1997) qui a créé pour la première fois l'hémodialyse, la greffe et la biopsie rénale grâce à une équipe de médecins renommés par leur conscience et leur grandeur dont vous faites partie.
On vous soutiendra toujours car vous étiez parmi les grands néphrologues tant convoités par la France qui ont refusé de quitté leur patrie pour le bien des citoyens.
Vous avez voué votre vie à vos patients qui vous aiment infiniment et qui parlent souvent de vous avec beaucoup de vénération à la salle d'attente de votre service parce que vous êtes magnanime et laborieux.
Espérons Professeur que cette critique impartiale et les images pertinentes figurant dans votre article secoueront la conscience en léthargie des responsables.
Bonne continuation Professeur Fathi El Younsi.
Sihem
Tout est scandaleux
a posté le 18-06-2021 à 14:07
Quelle tristesse lorsque je lis cet article. Cela me rappelle un précédent article de bn où des médecins avaient filmé une salle d'operation ou il y avait des cafards, souris..

Nous sommes en 2021 dans un pays au portes de l'europe et c'est un retour au moyen âge dramatique !

Tout est scandaleux : la gestion des hôpitaux, la saleté environnante,
Kairouan, beja zones sinistrées du covid

La Tunisie est un pays qui vit du tourisme : pendant un an et demi d'epidemie il y avait le temps d'organiser la propreté sur les plages, des poubelles partout etc.,

Y a t'il eu des spots télévisés pour expliquer en pleine pandémie les risques occasionnés par tous ces détritus ?

Ou est l'investissement pour faire venir des touristes qui permettent à de nombreuses familles de vivre ?

Ou est la sécurité sanitaire et sécuritaire pour les touristes qui lisent en juin la presse tunisienne qui parle de régions sinistrées covid, des poubelles non ramassées, peu de port du masque, aucun geste barrière, agressions sordides..

La Grèce, l'espagne feront le plein de touristes au détriment de la Tunisie,

Tout mon coeur avec les médecins face à toutes ces situations.
Mohamed Ali Chaieb
A c'?ur vaillant rien d'impossible
a posté le 17-06-2021 à 12:48
Encore une fois, Dr Fathi El Younsi dresse un constat accablant de l'état catastrophique du secteur de la santé publique dans notre pays. Depuis des années déjà, il a engagé, seul, un combat sans merci contre les corrompus qui se sucrent sur le dos des pauvres tunisiens. L'Hôpital pour les pauvres n'est plus qu'un bon et vieux souvenir légué par le père fondateur de la Tunisie, Bourguiba qui a fait des secteurs de la santé publique et de l'éducation nationale les deux prunelles de ses yeux. Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Pas grand-chose, diront tous les Tunisiens saignés à blanc par l'opportunisme et la cupidité de personnes que le système a promu et continue de protéger. Tous les ministres de la santé qui se sont succédé depuis la révolution sont, tous et toutes et sans exception, complices dans cette '?uvre de destruction massive et méthodique de l'hôpital public. Aucun, d'entre eux et elles, n'a osé ouvrir la boite de pandore, ni mis fin au système mafieux de l'APC ou encore confié la responsabilité des services hospitaliers à ceux qui le méritent vraiment. Au contraire, médecins qu'ils et qu'elles étaient, ces ministres ont préféré servir le système qui les a ramenés. Mais, tel Sisyphe, Dr El Younsi continue de porter avec fierté et détermination ses fardeaux refusant de plier sous la dictature de ce système corrompu qui continue de dérouler le tapis rouge sous les pieds des incompétents au détriment des vraies valeurs sures de notre médecine. Ces militants qui ont voué leur vie à la santé publique. Sinon comment expliquer qu'un médecin, qui a choisi d'exercer pendant de très longues années dans l'un des pays du Golfe et de ne consentir aucun sacrifice ici, soit immédiatement nommé chef de service dans un prestigieux EPS dès son retour en Tunisie ? Et ceux qui sont restés trimer, ici, nuit et jour, et pour quelques sous ? Ceux qui assurent les jeunes médecins ? on s'en balance. Ils ne sont pas des nôtres. Ils ne servent pas nos agendas et ils sont cette épine au pied qu'il faut lever coûte que coûte. Heureusement, que les consciences vives existent toujours dans notre pays. Et tant que des personnes et médecins de la trempe du Dr El Younsi existeront toujours, la mafia et les corrompus ne dormiront pas sous leurs deux oreilles.
Mohamed Ali Chaieb
A c'?ur vaillant rien d'impossible
a posté le 17-06-2021 à 12:27
Encore une fois, Dr Fathi El Younsi dresse un constat accablant de l'état catastrophique du secteur de la santé publique dans notre pays. Depuis des années déjà, il a engagé, seul, un combat sans merci contre les corrompus qui se sucrent sur le dos des pauvres tunisiens. L'Hôpital pour les pauvres n'est plus qu'un bon et vieux souvenir légué par le père fondateur de la Tunisie, Bourguiba qui a fait des secteurs de la santé publique et de l'éducation nationale les deux prunelles de ses yeux. Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Pas grand-chose, diront tous les Tunisiens saignés à blanc par l'opportunisme et la cupidité de personnes que le système a promu et continue de protéger. Tous les ministres de la santé qui se sont succédé depuis la révolution sont, tous et toutes et sans exception, complices dans cette '?uvre de destruction massive et méthodique de l'hôpital public. Aucun, d'entre eux et elles, n'a osé ouvrir la boite de pandore, ni mis fin au système mafieux de l'APC ou encore confié la responsabilité des services hospitaliers à ceux qui le méritent vraiment. Au contraire, médecins qu'ils et qu'elles étaient, ces ministres ont préféré servir le système qui les a ramenés. Mais, tel Sisyphe, Dr El Younsi continue de porter avec fierté et détermination ses fardeaux refusant de plier sous la dictature de ce système corrompu qui continue de dérouler le tapis rouge sous les pieds des incompétents au détriment des vraies valeurs sures de notre médecine. Ces militants qui ont voué leur vie à la santé publique. Sinon comment expliquer qu'un médecin, qui a choisi d'exercer pendant de très longues années dans l'un des pays du Golfe et de ne consentir aucun sacrifice ici, soit immédiatement nommé chef de service dans un prestigieux EPS dès son retour en Tunisie ? Et ceux qui sont restés trimer, ici, nuit et jour, et pour quelques sous ? Ceux qui assurent les jeunes médecins ? on s'en balance. Ils ne sont pas des nôtres. Ils ne servent pas nos agendas et ils sont cette épine au pied qu'il faut lever coûte que coûte. Heureusement, que les consciences vives existent toujours dans notre pays. Et tant que des personnes et médecins de la trempe du Dr El Younsi existeront toujours, la mafia et les corrompus ne dormiront pas sous leurs deux oreilles.
LotfiBC
Tout a été sali en Tunisie
a posté le 17-06-2021 à 09:40
Même le secteur de la santé a été sali en Tunisie; et ce n'est pas nouveau; COMME TOUT LE RESTE; le système APC est une sale image de la médecine; à un certain moment le gouvernement de ZABA a voulu corriger la demi fonction hospitalière pour encourager le plein temps hospitalier; mais devant le refus de ces profiteurs , il a crée le système APC. Et il n'est plus complémentaire que par le nom; malheureusement;
Younsi
Soin de santew
a posté le 17-06-2021 à 06:50
Bravo Cher cousin pour ton engagement. n abandonne pas
Belhadj modz
Article doc younsi
a posté le 17-06-2021 à 01:24
Une déclaration de guerre contre les anciens et les nouveaux corrompus de la Tunisie mais amplement méritée.Ces grands artisans du pays accroupi et paralysé persistent dans leur sadisme pour gêler à jamais toute chance à la prospérité. Le lexique volcanique employé reflète certes une brûlure interne mais il est aussi l'expression d'une population en quête du Sens et du Bonheur et qui attend une libération que seuls les esprits militants comme le professeur Younsi réaliseront. En l'absence de telles bravoures, la santé publique comme l'enseignement secondaire agoniseront pour céder le passage à des Dracula, à des loups affamés.
Titus
La dégringolade.
a posté le 16-06-2021 à 16:12
J'ai connu le service et l'hôpital Charles Nicolle en 1991 . Quelle hécatombe !
Nous sommes avec vous Docteur El Younsi. Plus encore, que serions-nous devenus sans des médecins tels que vous ?
MOULAHI
Une vérité retentissante
a posté le 16-06-2021 à 12:56
Bonjour Docteur,
Pourtant les solutions sont connues, mais nécessitent... ,
En définitive, je crains pour vous !!!
Aloulou Taoufik
Soutien à cet article
a posté le 16-06-2021 à 11:24
Un état des lieux des EPS, émis avec clarté et surtout courage par un Professeur en médecine exerçant dans un des plus grands et prestigieux établissements de santé de Tunisie. Ce diagnostic est connu et maintenus depuis la création des EPS. Quant au traitement, il va falloir attendre encore. Encore que la Santé s'effondre pour de bon. Bravo Professeur Fathi El Younsi
mouwaten
plus ou moins
a posté le 16-06-2021 à 09:21
vous avez plus ou moins raison: les apcistes corrompus et corrupteurs sont connus et ne dépassent pas une dizaine sur 400 faciles à cerner; les jeunes sont très bien formés par tous les enseignants la preuve ils sont demandés partout; ces jeunes quittent leur pays pour vivre dignement et ramasser un pactole et rentrer ensuite au bled et ce qui les chagrine c'est qu'ils ne peuvent rien acheter en restant ici ni voiture ni maison et c'est leur but principal après tant d'années de sacrifices; pour la chefferie de service elle doit être par roulement comme au canada et tout le monde y participe (spécialiste ahu et prof) à tour de rôle
DHEJ
Merci pour le rappel
a posté le 15-06-2021 à 20:33
...n'est ce pas,  Monsieur l'ancien chef de cabinet du Ministre de la santé en 2017 et actuel chef du gouvernement !)
Mouaten_X
bravo
a posté le 15-06-2021 à 19:45
Bravo pour ce constat au vitriol mais lucide. La révolution de "krimet'Allah" n'a rien réglé, et la Merdocratie pour laquelle nous avons eu le prix Nobel n'a servi à rien
DHEJ
Elle sert encore
a posté le à 20:33
Blanchir la corruption.