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Covid, instabilité politique... ce sont les entreprises qui raquent !
14/10/2021 | 14:17
5 min
Covid, instabilité politique... ce sont les entreprises qui raquent !

 

Le secteur privé a fait face à plusieurs obstacles durant la dernière décennie. L’instabilité s'est emparée du pays depuis la Révolution de 2011. L’absence de réforme ou encore de stratégie économique a régné sur le pays, selon plusieurs avis. L’activité économique a, également, dû faire face à l’impact de la crise du Coronavirus. La pandémie a paralysé l’économie à l’échelle nationale mais aussi mondiale.

La nomination du nouveau gouvernement vient relancer le débat sur la situation économique. « L’économie prime sur la politique ! », « Le gouvernement doit nous présenter sa vision économique ! », « Par quelle réforme économique commencer ? », « Le gouvernement en est-il capable ? »… Toutes ses exclamations et interrogations ont refait surface. La situation économique est de plus en plus préoccupante. Or, un débat sur la relance économique doit impérativement passer par un débat sur la situation des entreprises en Tunisie.

Pour rappel, l’Institut National de la Statistique a indiqué que le tissu économique tunisien comptait plus de 780.000 entreprises. Ce chiffre englobe 612.235 personnes physiques.

De son côté, le secrétaire général de l'Association nationale des PME, Sofiane Gabsi, avait affirmé, à la date du 2 septembre 2021, que 770.000 PME se trouvaient dans une situation périlleuse. 88.000 d’entre elles ont déclaré faillite et 54.000 le seront prochainement.

Le bulletin de conjoncture mensuelle de l’Agence de Promotion de l’Industrie et de l’Innovation (Apii) a précisé que 4.176 sociétés, œuvrant dans le domaine de l’industrie, ont été juridiquement constituées durant les huit premiers mois de 2021. Ce chiffre était de l’ordre de 3.749 pour la même période de 2020, soit une augmentation de 11,4%.

 

En ce qui concerne le secteur des services, et durant les huit premiers mois 2021, l’investissement déclaré a atteint 634,6 MD contre 615,9 MD pour la même période de 2020, soit une augmentation de 3%. Ainsi, 5.715 projets relatifs à ce secteur ont vu le jour depuis le début de l’année. Ce chiffre était de 18.903 pour la même période de 2020.

D’un autre côté, la Tunisian Investment Authority (TIA) a révélé que les intentions d’investissement pour les projets de plus de 15 MDT ont connu une baisse de 21% durant les neuf premiers mois de 2021 par rapport à la même période de 2020 passant de 1784,4 MDT à 1410,3 MDT. Ces investissements englobent 11 projets de création, 8 projets d’extension et 1 projet de renouvellement.

Une autre étude, réalisée par l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE) du 4 au 18 septembre auprès de 100 entreprises, s’est penchée sur l’opinion des chefs d’entreprises quant à la situation actuelle et au futur de la Tunisie.

L’étude montre que les avis étaient partagés au niveau de l’état d'esprit des chefs d’entreprises concernant la situation politique en Tunisie.

Dans l’ensemble 48% ont exprimé un sentiment positif contre 52% négatif. L’étude rapporte que 13% des chefs d’entreprises étaient méfiants, 33% étaient inquiets, 4% angoissés, 2% se sentaient sereins, 9% avaient confiance en la Tunisie et 36% disaient avoir de l’espoir.

Par la suite, les participants à l’étude ont été interrogés sur l’impact de la situation politique sur leurs sociétés. 51% ont considéré qu’il n’y avait pas d’impact sur le chiffre d’affaires et 39% ont considéré qu’il n’y avait pas d’impact sur l’investissement.

Par contre, 36% ont considéré que la situation impactait leur chiffre d’affaires et 44% ont considéré que cette situation impactait négativement l’investissement.

Par ailleurs, et au sujet de l’investissement, l’Agence de Promotion de l’Investissement Extérieur a précisé, dans son bilan relatif au 1er semestre de l’année 2021, que les investissements internationaux avaient reculé de 7,4% par rapport à 2020. Seulement 10% des investissements sont relatifs à des projets de création.

Les chefs d’entreprises ont, aussi, été questionnés sur les interdictions de voyage. 47% désapprouvaient cette mesure, 35% la comprenaient et 18% y était favorables.

Pour ce qui est des perspectives et attentes, 39% des chefs d’entreprises ont estimé que la situation économique globale de la Tunisie au cours des six prochains mois sera moins bonne, 38% ont estimé qu’elle sera meilleure et 24% ont considéré qu’il n’y aura pas de changement.

49% des participants à l’étude ont, également, considéré que le niveau d’activité de leurs sociétés au cours des six prochains mois sera le même. 16% ont affirmé qu’il sera inférieur contre 35% estimant qu’il sera supérieur. 

Un autre sondage a été réalisé par la Chambre Tuniso-française de Commerce et d’Industrie (CTFC) au courant de la première quinzaine du mois de septembre 2021 sur un échantillon de 134 entreprises adhérentes.

Selon l’étude, 66,9% des entreprises ont été fortement impactées par la troisième vague du Coronavirus contre un petit groupe de 6% ayant réussi à engranger un certain bénéfice.

80% des participants au sondage ont critiqué les mesures d’appui aux entreprises impactées par la pandémie et les ont qualifiées d’insatisfaisantes.

Au sujet des perspectives 2022, 78,4% des participants à l’étude se sont dits optimistes contre 12,7% affichant un pessimisme et s’attendant à une détérioration de leur situation.

 

Afin de rassurer le tissu économique tunisien, le gouvernement Bouden doit prouver sa capacité à améliorer le climat des affaires. Les experts et chefs d’entreprises ont, à ce sujet, mis l’accent sur l’importance de rétablir la confiance entre l’entrepreneur et l’Etat.

La relance économique doit, aussi, étudier la complexité des procédures administratives et la bureaucratie héritée de la colonisation. L’assouplissement de la création de projets et de l’accès à l’administration tunisienne ne peut qu’encourager l’investisseur et le porteur d’idée de projet.

De telles mesures impliquent, bien évidemment, une lutte contre la corruption et un démentiellement du système d’économie de rente. Ceci reste tributaire de l’audace et du courage du gouvernement Bouden. Les Tunisiens s’attendent à voir une amélioration de l’économie et une application de la loi de façon égale. Un premier signe positif dans ce sens serait que l'Etat paye les entreprises qui lui ont fourni travaux et services.

 

 

Sofiene Ghoubantini

14/10/2021 | 14:17
5 min
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Commentaires
Dr. Jamel Tazarki
Propositions
a posté le 14-10-2021 à 21:14
Dans l'Article ci-dessus on peut lire: "Pour rappel, l'Institut National de la Statistique a indiqué que le tissu économique tunisien comptait plus de 780.000 entreprises. Ce chiffre englobe 612.235 personnes physiques. [...] De son côté, le secrétaire général de l'Association nationale des PME, Sofiane Gabsi, avait affirmé, à la date du 2 septembre 2021, que 770.000 PME se trouvaient dans une situation périlleuse. 88.000 d'entre elles ont déclaré faillite et 54.000 le seront prochainement"

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Franchement, ça me fait mal aux yeux de lire un pareil texte avec des données qui se contredisent. Je n'ai pas aussi l'intention de faire un dessin afin d'expliquer pourquoi ces données ne sont pas consistantes (non fondées, mal établies) .
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Dites moi s.v.p. comment pourrions nous améliorer notre situation socio-économique avec des donnés statistiques chaotiques.
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Il est temps que notre Institut National de la Statistique corrige enfin le secrétaire général de l'association nationale des PME.

En plus de la contradiction entre les données ci-dessus, le e secrétaire général de l'Association nationale des PME nous donne sans mauvaise intention de fausses données --> en effet même l'Allemagne n'a pas autant (770000) de PME --> le nombre des PME en Allemagne ne dépasse pas les 400000 --> mais enfin, on ne va pas compter les marchants ambulants en tant que PME



Passant au positif:

Dans l'Article ci-dessus on peut lire: "Le bulletin de conjoncture mensuelle de l'Agence de Promotion de l'Industrie et de l'Innovation (Apii) a précisé que 4.176 sociétés, '?uvrant dans le domaine de l'industrie, ont été juridiquement constituées durant les huit premiers mois de 2021. Ce chiffre était de l'ordre de 3.749 pour la même période de 2020, soit une augmentation de 11,4%"
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c'est très positif, oui c'est ça ce qu'il faut comprendre, sur les ruines des entreprises en faillite poussent de nouvelles entreprises avec un meilleur potentiel de tenir le coup. --> il faut arrêter d'injecter l'argent du contribuable dans des entreprises déjà en ruine à la Syphax Airline'?' --> il ne faut pas refaire les fautes de notre ex-troïka.


Dans l'Article ci-dessus on peut lire: "En ce qui concerne le secteur des services, et durant les huit premiers mois 2021, l'investissement déclaré a atteint 634,6 MD contre 615,9 MD pour la même période de 2020, soit une augmentation de 3%. Ainsi, 5.715 projets relatifs à ce secteur ont vu le jour depuis le début de l'année. Ce chiffre était de 18.903 pour la même période de 2020."
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c'est très positif, oui ce n'est pas la quantité des projets qui compte mais plutôt la qualité.
--> 5.715 projets en 2021 engendrent un investissement cumulatif supérieur à celui de 18.903 projet en 2020 --> il s'agit de projets a plus grand volume d'investissement en 2021 --> oui la Tunisie a besoin de projets d'investissement de petite et en particulier de grande dimension afin de pouvoir concurrencer sur le marché international.



Dans l'Article ci-dessus on peut lire: "D'un autre côté, la Tunisian Investment Authority (TIA) a révélé que les intentions d'investissement pour les projets de plus de 15 MDT ont connu une baisse de 21% durant les neuf premiers mois de 2021 par rapport à la même période de 2020 passant de 1784,4 MDT à 1410,3 MDT. Ces investissements englobent 11 projets de création, 8 projets d'extension et 1 projet de renouvellement"
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Franchement, je ne sais pas si on devrait prendre très au sérieux les intentions d'investissement(?)


Dans l'Article ci-dessus on peut lire: "80% des participants au sondage ont critiqué les mesures d'appui aux entreprises impactées par la pandémie et les ont qualifiées d'insatisfaisantes."
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on ne va pas refaire la politique de notre ex-troïka de la distribution gratuite de l'Argent du contribuable sur nos entreprises'?' Oui à l'aide mais en fonction des impôts payés durant les 5 dernières années et il faut s'assurer aussi que l'entreprise qui sollicite une aide n'était pas déjà en faillite / difficulté avant la pandémie'?' --> si l'état injecte de l'Argent il devrait s'assurer qu'il pourrait le retirer après la pandémie. Puis celui qui n'a jamais payé d'impôt et qui a toujours prétendu avoir fait un gain négatif n'a pas droit à une aide financière...

Dr. Jamel Tazarki, Mathématicien
Dr. Jamel Tazarki
Errata
a posté le à 07:22
Je corrige la faute qui me dérange le plus:
"passons au positif"