alexametrics
Tribunes

Covid-19 : Crash annoncé du transport aérien, une aubaine pour notre gazelle ?

Temps de lecture : 5 min
Covid-19 :  Crash annoncé du transport aérien, une aubaine pour notre gazelle ?

 

Avant de parler stratégie, on ne peut s’empêcher de faire part de notre respect  et féliciter nos transporteurs locaux (Tunisair, Nouvelair et Jasmin airways) ainsi que  notre armée de l’air pour la mise en place des programmes de vols de rapatriements qui ont permis à des milliers de Tunisiens de rejoindre leurs familles.

Voici quelques données à prendre en considération afin de mesurer l’impact de la pandémie sur le transport aérien.

Suite à la décision de la fermeture des espaces aériens, à partir du mois de mars, la plupart des compagnies aériennes sont quasiment à l’arrêt. Le secteur aérien, très impacté par la pandémie, ne retrouvera pas ses ailes avant 3 ans. Il est sans doute le secteur économique le plus affecté par la pandémie.

Les compagnies aériennes pourraient afficher 39 milliards d’euros de pertes nettes rien qu’au deuxième trimestre, selon l’Association du transport aérien international (IATA). La dernière crise de cette envergure remonte à 1940.

 

Certains experts estiment que dans le cas d’une baisse de revenus de 25% sur l’année, avec une chute du trafic de 60% à un moment donné et une crise durant 9 mois, les compagnies aériennes américaines et européennes ne seraient pas en situation de détresse. Mais si le retour à la normale ne devait intervenir qu’au bout de 12 mois, soit au début de l’année 2021, toutes les compagnies aériennes auraient besoin d’être sauvées.

 

Mais voilà que nous ne sommes qu’au début de la crise alors que les premières faillites sont déjà annoncées :

-South African Airways

-Air Mauritius,

-Virgin Australia,

-Fly Be

-Germanwings

-Norwegian (dépôt de bilan de 5 de ses filiales.)

-Avianca

 

Il faut ajouter à cela, la montée spectaculaire des licenciements qui fait des employés la variable d’ajustement :

 

-Lufthansa 3000

-Air Canada 5000

-West Jet 6000

-Easyjet 4000 (à revoir à la hausse)

-British Airways 12 000(sur 4 ans)

-SAS 5000

 

Et la liste ne cesse d’augmenter de jour en jour ...

 

Avec toutes ces données, une chose est sure : l’aviation post Covid-19 vient de voir le jour.

Dans le contexte actuel, c’est la flotte mondiale de gros porteurs qui sera la plus affectée. Il faut s’attendre à ce qu’au moins 50% des long-courriers se retrouvent à l’arrêt au plus fort de la crise. Évidemment, les très gros porteurs comme l’A380, le B747-800, le B777-300 et l’A350-100 seront les premiers à être retirés. Ces gros avions seront également les derniers à reprendre du service. 

 

Le transport aérien « de masse » tel que nous le connaissons est de l’histoire ancienne, du moins pour une période de 3 ans. Les chiffres, ainsi que les faits, sont là pour le prouver. La majorité des compagnies aériennes ont décidé de réduire leur capacité de 20 à 60 %, et comme déjà annoncé, certaines compagnies telles que Air France, Emirates, Austrian ont pris la décision de retirer les A380 de leur flotte quant à Delta retire les 777 …

Depuis le début de la crise, les experts ainsi que professionnels travaillent sans relâche sur une stratégie de relance

Qui va s’en sortir ? D’abord les transporteurs soutenus pas leurs Etats, à la condition que ces derniers en aient la capacité. En Europe, on peut facilement imaginer que les gouvernements ne laisseront pas tomber leurs grands groupes nationaux.

Les aides prendront des formes différentes : emprunts garantis, comme c’est le cas pour Air France/KLM, ou participation directe des Etats comme pour Lufthansa, même si le groupe allemand reste sceptique sur cette solution.

Tunisie : Tunisair renaitra-t-elle de ses cendres grâce au Covid-19?

En effet, nous savons tous que notre gazelle traverse déjà une grande zone de turbulences depuis quelques années. Le Covid-19 n’est qu’une énième variable.

Nous avons, également, tous entendu parler du « fameux » plan de restructuration qui n’a jamais vu le jour, mais s’il n’est pas accompagné d’un plan stratégique de relance post Covid-19, il restera caduc !

Ce n’est plus qu’un secret de polichinelle, Tunisair devra réduire sa masse salariale afin de survivre. Contrairement au plan annoncé, qui stipule le licenciement de 1146 agents en 2020, Avec le Covid-19, notre compagnie nationale devra se séparer d’au moins 2500 salariés sur une période de 3 ans afin de retrouver un équilibre financier. Le licenciement de 2500 employés aura effectivement un coût qui s’élèvera à environ 350 millions de TND. Nous y reviendrons pour le financement.

Contrairement à tout ce qui se dit, cette pandémie pourrait être une aubaine pour notre gazelle. Tunisair devrait profiter de cette crise pour se restructurer.

 

Premièrement : plus d’Open sky !

La réouverture de l’espace aérien se fera graduellement par accord bilatéral avec les pays dit « covid safe » dont la Tunisie fait partie. L’Open sky devra être repoussé jusqu’à la fin de la pandémie.

Deuxièmement : baisse des capacités des compagnies concurrentes

La réduction des flottes et la baisse des capacités passagers des compagnies étrangères augmentera la taille du marché pour Tunisair.

Troisièmement : la taille réduite de la flotte

La taille de la flotte actuelle suffit amplement pour les 3 années à venir. Tunisair pourra même se séparer de 2 voir 3 appareils (vente ou location, selon la demande). Il faudra aussi annuler toutes les commandes des nouveaux appareils sur les 3 ans à venir.

Quatrièmement : Garantie d’Etat

Tunisair devra faire appel à un pool de créanciers (banques locales ou banque mondiale), avec une garantie d’Etat avec un taux préférentiel, pour la levée des fonds. Le montant devra couvrir sa restructuration ainsi que son fonds de roulement pour la période de crise.

Pour conclure, nous savons tous que la Tunisie fait partie des rares pays qui ont réussi à faire face à la pandémie. Nous devrions jouer cette carte afin de reprendre les devant de la scène en optant pour une réouverture de l’espace aérien par palier après avoir mis en place un système sanitaire en collaboration avec lOMS, IATA et OACI. Désormais, en plus des procédures policières et douanières il va falloir s’adapter aux mesures sanitaires.

Il va falloir noter que toutes ces mesures auront un impact significatif sur le prix du billet.

Le gouvernement devra agir vite afin d’anticiper la reprise en sachant que la Tunisie fait partie des pays « covid safe » !

 

Aziz Ben Ammar

Consultant & Expert international en transport aérien

 

Votre commentaire

(*) champs obligatoires

Conditions d'utilisation

Les commentaires sont envoyés par les lecteurs de Business News et ne reflètent pas l'opinion de la rédaction. La publication des commentaires se fait 7j/7 entre 8h et 22h. Les commentaires postés après 22h sont publiés le lendemain.

Aucun commentaire jugé contraire aux lois tunisiennes ou contraire aux règles de modération de Business News ne sera publié.

Business News se réserve le droit de retirer tout commentaire après publication, sans aviser le rédacteur dudit commentaire

Commentaires (11)

Commenter

Pseudo
| 04-06-2020 16:46
Bonjour,

Merci pour ces éclaircissements.

Ceci dit, votre proposition est intéressante si nous souhaitons sauver cette compagnie.

A mon sens, cette entreprise doit cesser son activité. Sa mauvaise gestion perdure, les problèmes de politique interne et les réseaux "mafieux" sont un frein au redressement et la piètre qualité de ses services a eu pour conséquence de perdre la confiance des consommateurs Tunisiens. Il n'y a plus grand chose à défendre.

D'après certaines analyses, le projet Open Sky sera bénéfique à la nation : plus de visibilité pour la Tunisie et création d'emplois. Tant pis si cela se fait au détriment de Tunisair.

Captain
| 22-05-2020 23:24
Belle synthese avec un scenario optimiste. il faut profiter de la crise pour retrouver son equilibre financier a une condition que le GVT bouge.
Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l'opportunité dans chaque difficulté

Momo
| 22-05-2020 21:07
Faire voler de vieux appareils coûte plus cher que de louer des nouveaux. Réduire la masse salariale est impératif pour la survie de Tunisair. Les concurrents ne sont pas moins intelligents. Vous avez confondu l'A350 et l'A380... Vous êtes sûr que vous travaillez dans le domaine de l'aérien ?

1/3i
| 22-05-2020 20:17
si on réduit les vols des compagnies étrangères en direction de la Tunisie, accepterons nous que vos avions viennent dans ces pays ?

tu veux 4 vols sur Paris, alors tu me donnes 4 vols aussi... sinon, tant puis.
Et quel sera le poids de Tunisair face aux Air-France et Alitalia ?

Allez, on retourne à sa copie, et on revoit tout !!

Insan
| 22-05-2020 20:00
Trop d'hypothèses dont la plupart sont farfelues (comme le disait l'un des commenateur).
En plus, l'auteur préconise de reporter l'implantation de l'Open Sky, quelle idée ? Et nous les clients, on ne compte pas, il faut qu'on continue de souffrir du service médiocre de TA à cause de ce monopole ?
On n'a pas le droit de choisir avec qui on veut voyager? Quelle idée ?

Frequent Flyer
| 22-05-2020 19:58
Bonsoir,
Mr l'expert international en transport aérien prétend que le B777-300 et A350-100 seront retirés des flottes des compagnies. Tout d'abord, le modèle A350-100 n'existe pas ... ensuite la gamme A350 est une très récente de nouvelle génération, c'est le nouveau flagship Airbus en performance et efficacité opérationnelle, il est censé concurrencer le B777-300 et B777X.
Quant au B777-300, il est certainement l'une des plus belle success stories de l'aviation moderne avec sa grande performance et fiabilité, ce bel avion va continuer à voler pendant plusieurs années. Quant à Delta qui va retirer ses B777-300, c'est tout simplement une question d'âge, ils ont à peu près entre 20 à 24 ans. Delta souhaite les remplacer par des A350-900 et A330 neo.

UBIK
| 22-05-2020 19:09
Trop d'approximations. Tunisair restera insolvable auprès des créanciers, à moins de dégraisser la gazelle...

TNN
| 22-05-2020 18:57
Un article farfelu, mal ficelé. Ne vaut pas les quelques minutes de lecture. Je m'attendais à mieux de la part d'un Expert et Consultant en Aviation internationale.

Ghazi
| 22-05-2020 18:40
Bien que votre exposé est tout à fait logique.
Il se trouve que Tunisair à travers le ministre des transports ont procédés à la signature en Janvier 2020, d'un contrat d'exploitation en leasing de 5 Airbus en 2021 (Avec un 1er acompte déjà versé en Janvier et le reste sera échelonné sur 12 ans), cette déclaration a été bien confirmé par Elyes Mnakkbi PDG de Tunisair.

https://lapresse.tn/38665/tunisair-exploitera-en-leasing-cinq-avions-de-type-a-320-neo-a-partir-de-2021-lead/

Tunisair est bourré d'emloyé(es), en plus sa gestion a été souillée (Exprès) en 2011 pour en faire (Méthodiquement) une entreprise à vendre. C'est le cas aussi de la STEG, SONED, CPG ....

Zohra
| 22-05-2020 18:22
Par la suppression de low cost, pour rattraper toute la perte, le billet va être hors de prix.

Pourquoi pas, tunisair pourra faire une nouvelle peaux en changeant de stratégie et se mettre à la concurrence

A lire aussi

Nous t'avons nommé Prince des

29/06/2020 09:10
10

Le développement économique et humain passe aussi par une réglementation juste et démocratique qui

18/06/2020 19:19
6

Au cours de mes trois années en Tunisie, j'ai connu un pays aux contrastes multiples.

18/06/2020 11:10
9

Payez pour des gouvernements de 40 personnages qui “se

17/06/2020 08:30
21