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Chroniques
Confinement : Trop peu..Trop tard
Par Sofiene Ben Hamida
09/05/2021 | 14:01
3 min
Confinement : Trop peu..Trop tard

Par Sofiene Ben Hamida


Quoi qu’il fasse, le chef du gouvernement n’aura plus la cote  auprès des Tunisiens. Il semblerait même que le contrat de confiance qui doit lier un dirigeant de premier plan à ses gouvernés est définitivement rompu entre Mechichi et le peuple tunisien. L’annonce des dernières mesures pour lutter contre la pandémie n’a rien arrangé, au contraire. Certains diront : trop peu et trop tard.

 

Trop tard parce que de l’avis des scientifiques en charge du suivi de la pandémie, ces mesures auraient dû être prises depuis quelques semaines, au début du mois d’avril, quand la courbe des victimes a recommencé à grimper. Le chef du gouvernement affirmait alors, à qui veut l’entendre, que le confinement général est totalement écarté. Revenir quelques semaines après, alors que la courbe commence, par elle-même, à baisser de nouveau, pour annoncer lui-même, en retard, dans l’espoir de récolter des dividendes politiques, des décisions qui auraient dû être prises plus tôt, n’est pas de nature à embellir l’image du chef du gouvernement et le faire monter dans les sondages.

 

En fait, c’est sous la contrainte que ces décisions ont été annoncées. Il aurait fallu à Mechichi et à son gouvernement attendre la grave crise du manque d’oxygène qui a éclaté à Sfax, et qu’on a tenté de camoufler, allant même jusqu'à diffamer les jeunes médecins de terrain. Il aurait fallu aussi que les services de réanimation deviennent totalement saturés et que des malades passent des heures à sillonner la ville dans leurs ambulances à chercher un lit de réanimation dans un hôpital public, ou même dans une clinique privée, pourtant hors de prix . Il aurait fallu que la moyenne quotidienne des victimes du virus avoisine les cent morts. Il aurait fallu enfin se rendre à l’évidence que la campagne de vaccination a été jusque-là un échec avec uniquement un demi million de personnes vaccinées en deux mois alors qu’on nous promettait la vaccination de 250 mille personnes par jour et trois millions de personnes d’ici le mois de juin. Ceci sans compter les dizaines de milliers de personnes prioritaires éjectées de la liste Evax et les dizaines de milliers de doses distribuées sous le manteau. Certains diront que seuls les imbéciles ne changent pas d’idées. Peut-être. Mais un homme politique doit avoir la capacité d’anticipation.

 

Trop peu aussi parce que d’abord, les mesures annoncées semblent viser essentiellement les plus démunis parmi la population. Elles n’ont pas résisté face aux pressions des grandes enseignes commerciales qui ont amené le ministère du Commerce à rectifier le tir deux heures seulement après l’annonce des décisions.

Ensuite, ces mesures sont dérisoires parce qu’elles n’ont pas été associées à des mesures d’accompagnement en faveur des franges sociales les plus fragiles pour les aider à résister durant la période de confinement. Le ministre des Affaires sociales Mohamed Trabelsi, qui joue d’habitude le rôle de pompier de service, a été contraint cette fois-ci d’avouer cette triste vérité.  

 

Les réactions ont été immédiates. Des attroupements monstres devant les bureaux de poste dans tout le pays. Des bousculades dans les stations de transport public dans la capitale. Des fédérations syndicales au Sahel ont appelé les artisans à ignorer les consignes gouvernementales et à poursuivre normalement leurs activités. Des chauffeurs de taxis et de louages au Kef et à Tunis sont sortis manifester dans la rue. Des commerçants à Bab Jebli à Sfax ont forcé la grille et ont investi leurs étals.

 

Pour qu’un gouvernement puisse faire passer ses plans ou ses décisions, des conditions doivent être réunies : Des liens forts de confiance entre les gouvernants et les gouvernés, des décisions qui prennent en considération les intérêts de tous et une force de frappe dure mais juste pour faire face aux indisciplinés. Le chef du gouvernement ne semble malheureusement pas réunir toutes ces conditions. Fermer par la force le marché central de Tunis est un trompe-l’œil tant que les centaines de marchés dans les quartiers de toutes les villes du pays ne sont pas sous contrôle. Trouver une solution à une maman et son bébé est une opération de communication réussie mais ne résout pas le problème de transport de centaines de milliers de tunisiens.     

 

Par Sofiene Ben Hamida
09/05/2021 | 14:01
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Commentaires
Abir
Hahaha des gouverneurs menteurs
a posté le 16-05-2021 à 14:31
Confinement qui a réduit le nombre de morts de 119 à 51 en deux jours seulement de confinement! Simplement,pour vous dire: combien vos gouverneurs sont des menteurs!
salahtataouine
journaliste et confineur
a posté le 10-05-2021 à 07:51
quand on a rien compris on se tait monsieur le journaliste relais de la guerre contre le peuple avec le virus de la peur ,ce corona circus n est que une offensive liberticide pour nous faire taire à jamais ....
c est une honte pour la conscience de ceux qui disent qu ils nous informent ....des sots ignards qui ont envahi le pays sur une brouette un maudit 14
Bhar
Plus de mal que de bien
a posté le 09-05-2021 à 21:16
Attendons de voir les conséquences de ces décisions mal étudiées et à la hâte. Préparons nous à une nouvelle hausse de la courbe de contamination et de mortalité et pourquoi pas à de nouveaux variants !
On en a marre de ces politiciens de hasard aussi bien au Bardo qu'à la Kasbah.
Skafar
nombre de vaccinations par jour
a posté le 09-05-2021 à 19:52
L'article est correct et reflète la réalité . Cependant les autorités sanitaires n'ont jamais promis de vacciner 250 mille personnes par jour. ça représente 1 million dans quatre jours et un mois et demi pour toute notre population .Ou est ce que la Tunisie va trouver toutes ces vaccins ?
Le maximum de capacité de vaccination est de 25 mille par jour.
Alya
Et le tunisien
a posté le 09-05-2021 à 18:00
Votre analyse serait juste, si vous n aviez pas occultec le profil du tunisien. Qu a t il fait pour éviter ce désastre socio-economique on lui a simplement demandé de mettre une bavette. d arrêter de coller aux autres de ne pas clopper en face de l autre, de ne pas enlacer etc....... QU a fait le tunisien?,,