alexametrics
mercredi 01 décembre 2021
Heure de Tunis : 11:10
Chroniques
Béji Caïd Essebsi ne retiendra de Bourguiba que sa fin de règne
18/07/2018 | 15:59
3 min

Par Marouen Achouri

 

 

Ces journées caniculaires de juillet nous apportent quand même de bonnes nouvelles. Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, va (enfin) consacrer tout son temps, ses efforts, ses capacités intellectuelles et même son réseau de connaissances au bien de la Tunisie. Reste à savoir comment lui, voit le bien de la Tunisie, car depuis son élection en 2014, nous n’avons vu qu’un ballet de ministres et de chefs du gouvernement.

 

Certainement harcelé, probablement éreinté, le chef de l’Etat a fini par se ranger du côté de son rejeton qui n’est pas content de ce chef du gouvernement (Youssef Chahed) et qui n’était pas non plus content du précédent (Habib Essid). Béji Caïd Essebsi obéit aux caprices de son fils et de sa famille et veut désormais faire virer cet impertinent chef de gouvernement. Lui qui a tout fait pour rappeler Habib Bourguiba par son image ou par ses manières, il aura atteint son but aujourd’hui, il lui ressemble plus que jamais. Il ressemble au Bourguiba désarçonné, manipulé qui nommait des ministres dans la matinée pour les virer dans l’après-midi. Il ressemble au Bourguiba de fin de règne qui était devenu une menace pour la stabilité du pays qu’il a libéré.

Quand le président de la République a réuni les protagonistes de la crise, il les a invités à « prendre leurs responsabilités », mais il a omis d’évoquer la sienne de responsabilité. Si nos souvenirs sont bons c’est bien lui qui a sorti de son chapeau Habib Essid, qui a refusé d’être le pion des Caïd Essebsi. Ensuite, c’est bien le président de la République qui a inventé cette histoire de document de Carthage pour virer Essid et mettre Chahed à sa place, et aujourd’hui il veut faire virer Chahed en nous fourguant la même rengaine du consensus. Alors qui est le plus « responsable » des responsables ? Serait-ce injuste de penser que le plus grand des responsables soit le seul qui est élu au suffrage universel direct ?

 

Comme le dit si bien le journaliste ZyedKrichen, à force de se déchirer pour contrôler le pays, il ne restera plus de pays. Pénurie de médicaments, coupures récurrentes d’eau et d’électricité, soubresauts terroristes…les problèmes ne manquent pas et le peuple en a marre de vivre dans cette précarité qu’il n’a ni mérité, ni provoqué. Quand Béji Caïd Essebsi faisait sa campagne, l’un des arguments phares était le fait qu’il est expérimenté et que c’est un « renard de la politique ». Il est vrai qu’il a assisté, plus ou moins directement, à deux fins de règne, celle de Bourguiba et celle de Ben Ali. Toutefois, il ne semble pas en avoir retenu une quelconque leçon puisqu’il prend, résolument le même chemin.

Ce qui est parfaitement sidérant avec ces gens-là, c’est leur rapport avec la dimension temps. Ils se battent pour 2019, pour savoir qui présidera, avec qui, avec le soutien de qui, qui faut-il neutraliser pour y arriver, avec qui faut-il s’acoquiner pour y être. Mais comment font-ils pour ne pas se demander comment l’Histoire se souviendra d’eux ? Quand un historien viendra écrire l’Histoire de la Tunisie depuis la révolution jusqu’à aujourd’hui, quels adjectifs utilisera-t-il après les noms de Béji Caïd Essebsi, Hafedh Caïd Essebsi, Rached Ghannouchi et les autres ? Sont-ils à ce point aveuglés par le pouvoir ? Et si oui, n’est-il pas temps d’en finir ?

18/07/2018 | 15:59
3 min
Suivez-nous

Commentaires (16)

Commenter

Spectateur
| 04-08-2018 07:32
Nuance, nuance, Ghannouchi a une vision d un projet societal qu il veut realiser a long terme qu on aime ce projet ou pas. Pour cela il doit survivre ses eradicteurs en s imposant comme acteur qu on ne peut ni eradiquer ni deboulonner et a terme democratiquement prendre le pouvoir, grace entre autres a l incompetence, la voracite et la rapacite des oligarchies de Ben Ali , alors que le projet du Fourbe de Carthage, a la mentalite d un autre age n aspire qu a la perennite au pouvoir de sa progeniture et de sa tribu . La fourberie, le machiavelisme de bas etage, la magouille et la demagogie unissent Ghannouchi et Essebssi mais leur projets differents....pertinente et rigoureuse analyse sinon !

aloui1953
| 24-07-2018 00:29
J'avais soutenu et voté pour Mr El B'?JI, mais depuis que le parti Nidaatouness est presque inexistant, la cause principale c'est son fils, j'ai beaucoup de regret, il avait chassé Mr Haib Essid, et ces jours-ci ,cour pour chasser l'atuel premier Ministre (Mr Echchehed), et pour le prochain s'il ne va pas avec lui on devra le chasser, le pays va mal , Ce CAID ESSEBSSI génieur qu'est ce qu'il avait fait pour le pays que pour placer ses amis dans des postes d'administrations, est-ce qu'il nous a fait un jour un discourr planifiant des projets pour le pays, le pays n'est pas sa propriété privé, à mon avis durant 07 ans , presque 14 gouvernements, comment pourrons faire des projets et sauver le pays, que son père ne l'écoute plus si non la crise va grandir et ce sont les pauvres qui sont victimes, il ne voit que le pays se vide de sa jeunesse,,,,,,,,,

LARIO
| 20-07-2018 17:02
-Vu que notre pauvre bajbouj est devenu désarçonné, manipulé par un armada de faux jetons et de nullards conseillers et d'experts qui s'engraissent depuis des années sur le dos du peuple anéanti - Vu qu'il est apparu, sans faute, le RESPONSABLE
des responsables de tous les marasmes, les crises, et les calamités que notre chére TUNISIE EST EN TRAIN DE SUBIR , et l'unanimité des TUNISIENS et surtout des TUNISIENNES confirment cette réalité . Notre chére TUNISIE ne mérite pas un tel fiasco, un tel malheureux sort, un tel avenir flou et douteux . Le moment est venu pour trouver dans les meilleurs délais une solution pacifique et légale pour remplacer un président SOIT DISANT libérateur transformé à un fauteur de troubles d'instabilité ET DE MAGOUILLES. Actuellement , notre devoir est de chercher l'oiseau rare et de bien choisir nos gouvernants aprés ,l'échec total de cette premiére expérience et de ne pas se tromper une deuxiéme fois et avoir le remords, car c'est une question de vie ou de mort pour nos futures générations

BOUGLAGEM
| 19-07-2018 17:50
Le peuple Tunisien attendait de vous un sursaut de patriotisme et surtout un appui
de circonstance envers votre premier ministre qui malgré la cabale honteuse
envers lui par qui vous savez fait du bon travail vous avez déçu les millions de personnes qui ont
voté pour vous sur une chaine de tv suspecte..
Personne ne peut croire que vous n'étiez pas au courant du limogeage de mr BRAHAM
est-ce un oubli de votre part ou bien autre chose?
Les tunisiens attendaient de vous un sursaut de responsabilité et ce fût un désastre historique
Ressaisissez _vous svp mettez la patrie avant tout le peuple Tunisien vous sera reconnaissant et vous rentrez glorieusement dans l'histoire de notre pays
Cet acharnement contre VOTRE premier ministre est improductif ecoutez la vox populi
svp

MKH
| 19-07-2018 14:39
La comparaison est tirée par les cheveux pour trois raisons : D'abord Bourguiba n'était pas en pleine possession de ses capacités mentales . Son état alternait entre lucidité et démence et c'est quand il est envahi par cette dernière qu'il commet les faits et actes aux répercussions les plus fâcheuses . En revanche , Beji Caied Essebsi ne présente aucun signe d'altération psychique . Le raisonnement est fluide , la mémoire est intacte et le langage est normal . Ensuite , le premier se comportait en potentat eu égard au régime autoritaire qu'il a instauré ce qui avait pour conséquence qu'aucune de ses décisions qu'elles soient prises lors des moments de démence ou des intervalles de lucidité ne souffrait contestation . A contrario , le second est élu au suffrage universel et évolue dans un environnement démocratique auquel s'ajoutent des prérogatives précises et limitées ce qui réduit fortement son pouvoir de décision et donc de
" nuisance " . Enfin , le fondateur de la république était entouré d'une camarilla réduite en nombre et dont les personnes qui la composaient étaient connues nominativement et qui s'est employée à l'isoler du monde extérieur et même des membres de son gouvernement qui avaient du mal à arracher une audience avant de préparer le terrain à dessein ou inconsciemment à qui vous savez pour s'emparer du pouvoir , alors que l'actuel locataire de Carthage est tiraillé entre la famille , les conseillers et les différents courants de son parti ce qui paradoxalement peut limiter leur influence sur les décisions à prendre au final .
Pour conclure , la fin de règne sera forcément différente . Bourguiba s'est incliné violemment suite à un putsh , Béji lui partira le plus tranquillement du monde grâce à la magie des urnes .

Ahmed
| 19-07-2018 07:34
BCE n'est pas le fruit de la révolution mais le fruit du vide créer par la révolution .
Idem pour si cheikh, et les deux gèrent des sectes.
Comme vous dites si Achouri que retiendra l'Historien ?

Marc Aurèle
| 18-07-2018 23:35
Terrible gâchis!! pour la Tunisie et pour BCE. Il avait une opportunité de rentrer dans l'histoire en préparant sa retraite (car sa présidence était déjà limite). Là il a perdu tout discernement à cause de son fils

kameleon78
| 18-07-2018 22:12
Bravo pour votre article, il est clair,condensé et synthétique. En quelques lignes vous avez expliqué la situation : BCE ne profite pas de son expérience de deux fins de règne, celle de Bourguiba et celle de Ben Ali.

Plus il avance en âge, plus il perd en lucidité, notre BCE est aveuglé par son amour paternel, il ne voit plus les défauts du fils qui devient de plus en plus insupportable. Toute cette pagaille ne peut profiter qu'à un seul Parti : la Nahda. Celui-ci n'a pas pour souci de faire réussir le gouvernement car par un tour de passe-passe magique, le rusé Ghannouchi nous fait croire (et une bonne partie de la population le croit) que la Nahda est dans l'opposition. La réussite du gouvernement est celle de la Nahda mais les échecs ne sont pas mis au passif des islamistes, voilà le génie de Ghannouchi, il s'allie à ses ennemis politiques pour les affaiblir, ils sort toujours son épingle du jeu.

Le "petit" Sebsi naïf pense être protégé par le père et soutenu par le Gourou mais ce dernier manipule le fils afin de diviser le parti ennemi Nidaa Tounès, il exploite les ambitions du"fiston" en lui disant qu'il est le plus beau, le plus intelligent de tous, le "petit" Sebsi à l'intelligence médiocre le croit. Et voilà, le Gourou a presque atteint tous ses objectifs grâce à la famille Sebsi, rendez vous en 2019.

le berbère
| 18-07-2018 21:42
certainement tout le monde se souvient de nous puisque nous sommes tous stupides ,sans cervelle sinon qu'attendez vous pour une grande manifestation avec un grand dégage à BCE ET FILS .
R'?VEILLEZ VOUS ,ENCORE R'?VEILLEZ VOUS .

sassi
| 18-07-2018 20:10
oui et malheureusement notre président vit une fin sombre tumultueuse avec des mains qui tremblent et une perte de lucidité