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Béji Caïd Essebsi : si cela se reproduit, l’Etat s’effondrera

Béji Caïd Essebsi : si cela se reproduit, l’Etat s’effondrera

Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, s’est adressé ce samedi 4 juillet 2015 aux Tunisiens dans une allocution télévisée diffusée vers 17h30 sur la chaîne publique Wataniya 1. Le chef de l’Etat a expliqué dans son discours les raisons pour lesquelles il avait décrété l’Etat d’urgence dans le pays. « La Tunisie connait des circonstances particulières ce qui impose de prendre des mesures particulières », a souligné le président de la République au début de son allocution.

D’une part, il y a la conjoncture économique et sociale difficile marquée par le chômage, les grèves et les revendications incessantes, mais aussi certains comportements qui relèvent plutôt de l’ordre de « la désobéissance civile » tels que le blocage des routes et l’arrêt forcé de la production comme c’est le cas dans nombreuses entreprises publiques.

 

D’autre part, il y a des enjeux sécuritaires importants, notamment en matière de lutte contre le terrorisme. Le chef de l’Etat a précisé que sans climat social serein, il ne peut y avoir d’investissements. Ainsi, fait-il part d'un entretien qu'il a eu avec un homme d’affaires étranger. Celui-ci avait l’intention de s’installer en Tunisie, mais il a renoncé à son projet et il était parti ailleurs, « chez un pays frère ». « Il s’agit d’un projet estimé à 557 millions d’euros, capable de créer de 5 à 50 mille postes d’emploi », indique Béji Caïd Essebsi. Et de marteler « Il n’est plus possible de continuer ainsi ».

 

Par ailleurs, le chef de l’Etat considère que l’institution sécuritaire a fait montre d’une « certaine efficacité ». Toutefois, le problème des frontières et l’insuffisance des moyens financiers handicapent lourdement ses efforts. « Nos frontières avec la Libye s’étendent sur 500 km. Il est difficile de les contrôler sans disposer de certains moyens qui, d’un point de vue financier, sont hors de notre portée », a-t-il déclaré. Et d’ajouter que nos forces armées étaient habituées à affronter les terroristes dans les montagnes. « Mais ceux-ci sont descendus dans les villes ».

 

Le chef de l’Etat a déclaré qu’il faudrait agir par tous les moyens pour stopper ces attaques. « Si cela se reproduit encore une fois, l’Etat s’effondrera », a-t-il alerté. Béji Caïd Essebsi a tenté de rassurer les Tunisiens quant à leurs libertés. « Nous devons respecter la liberté d’expression et la liberté de presse », a-t-il dit, demandant, toutefois, à ceux qui exercent cette liberté de prendre en considération les circonstances actuelles du pays. A la fin de son discours, le président de la République précise qu’il avait pris cette décision après consultation avec le chef du gouvernement et le président de l’ARP et que l’état d’urgence sera effectif à partir d’aujourd’hui et ce pour une période de 30 jours.


E.Z.

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Commentaires (69)

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Alkalim
| 07-07-2015 11:03
En tant qu'Algérien, je ne viens pas ici en donneur de leçon auprès de mes frères Tunisiens.Notre expérience du terrorisme en Algérie me laisse néanmoins les mettre en garde contre une certaine candeur dont nous-mêmes avons été atteint au début dans les années 90.Aussi faudra-t-il se préparer à une longue lutte où seule la solidarité du peuple viendra à bout de l'hydre islamo-terroriste.Il ne faut pas être grand clerc pour être amené à penser que les actes terroristes, malheureusement n'en sont qu'à leur début et suivent pas à pas ou presque le même cheminement qu'en Algérie: attentat contre l'autorité (armée, police, gendarmerie), attentat contre des personnalités politiques anti-intégristes, attentats contre les étrangers...etc.La prochaine étape étant le tekfirisme (anathème) de tout le peuple Tunisien avec des attentats dans les lieux publics.Je ne dis pas cela pour faire peur mais pour appeler à la vigilance et à la préparation à une lutte de longue haleine.Le peuple Tunisien est justement reconnu pour être le plus apte à la démocratie en raison de son élite cultivée, de la place occupée par la femme et enfin pour avoir eu comme premier Président un homme comme Bourguiba (paix à son âme).Malheureusement, l'Islamisme n'a pour sa part aucune différence de niveau et véhicule la même haine et le même obscurantisme quel que soit le pays où il s'est implanté.Un islamiste Tunisien peut faire preuve d'autant d'animosité et de perdition spirituelle qu'un islamiste Algérien ou Irakien.La contagion est planétaire car il s'agit bel et bien d'une maladie contagieuse, et transmissible à distance (internet et autres moyens de com).Sachez que le peuple Algérien dans sa majorité , celle qui a combattu le terrorisme et continue à résister encore aujourd'hui, se tient à vos côtés et compatit sincèrement à la tragédie que vous vivez, mais avec la conviction que vous en sortirez plus forts à l'instar des nations qui ont traversé des crises analogues.Le sacrifice et l'abnégation du peuple Tunisien n'en n'auront que davantage de rayonnement au Maghreb ainsi que dans le monde entier.

Tounsi 7or
| 07-07-2015 09:16
D'une part, vous voulez nous faire croire que nous n'avons pas compris le sens caché de la phrase, de l'autre, vous ne faites que nous rabâcher le sens que tout le monde a compris.
NON Monsieur, l'Etat ne s'effondrera pas et ce n'est pas la peine de mettre sur les épaules du citoyen le poids de l'incompétence des dirigeants actuels qui semblent ne rien avoir tiré comme enseignement des attentats de Bardo et de l'incursion dans un hôtel de sousse avant ça.
Ce que BCE a voulu nous dire c'est que ce qui se passe et pourrait se passer n'est que de la faute de nous autres citoyen et la presse et qu'il fallait se préparer à ce que les flics nous retombent dessus comme les chiens enragés et inutiles qu'ils sont.
Monsieur, arrêtez de gaver les gens de discours défaitistes et irresponsables et qui invitent les terroristes à nous porter, ce que vous leur avez présenté, comme l'estocade à cette Nation.
Prenez vous en charge, refondez une police républicaine et responsable qui s'attaque aux vrai maux de ce pays et qui ne s'achète pas pour 10 dinars, refondez la douane qui ferme les yeux sur les trafics à la frontière moyennant une solde mensuel payée par des personnages bien connus de vous et de nos gouvernants et qu'on n'ose pas mettre derrière les barreaux.
La Tunisie ne mourra jamais, ne s'effondrera jamais car elle a des hommes sur lesquels elle peut compter et vous n'en faites pas partie.

Navigateur
| 06-07-2015 22:16
Il faut y croire à la notion d'effondrement évoquée par le président, car il possède les données nécessaires qui lui permettent d'annoncer cette éventualité afin de chercher les solutions adéquates et éviter le risque de ce scenario catastrophe. La résistance à l'effondrement d'un état est tributaire de ses capacités économiques et militaires, donc il faut évaluer nos capacités dans ces domaines pour connaitre notre résistance à l'effondrement total et brutal ou partiel. Si on ajoute à toutes les contraintes subites par le gouvernement des actions terroristes graves l'effondrement n'est pas inévitable ; à titre d'exemple la mise hors fonctionnement des centrales thermiques entrainera l'effondrement de l'état.
L'instauration de l'état d'urgence n'est pas un choix c'est une obligation pour faire régner l'ordre et protéger les institutions névralgiques du pays. Les circonstances exceptionnelles actuelles dureront jusqu'à la fin des hostilités en Libye ce qui permet de dire qu'il faut s'attendre à des prolongations de cet état d'urgence et il y aura peut être des couvre- feux dans certaines régions.

Sémir
| 06-07-2015 10:26
Il est impossible de lutter contre les daéchiens au milieu d'une population intégriste ! Il faut lutter contre la pensée intégriste !

Il faut récupérer les mosquées qui sont devenues des lieux de propagande islamistes et de mort certaine pour les jeunes Tunisiens en Syrie, sur les plages de Sousse ou au Bardo !

Je ne comprends pas pourquoi personne n'ose dire que les HAUTS PARLEURS des mosquées (par exemple) sont trop, trop fort sans respect des personnes âgées et malades ! Le volume est mis exprès à plus de 100 décibels !!!

C'est pas normal d'avoir des mosquées aussi bruyantes et TOUT LE MONDE LE SAIT ET SE TAIT ! Tout le monde se plaint de ces hauts-parleurs vociférants que les islamistes ont installés encore plus puissants !

C'est du matraquage et non de la religion.

Comment voulez-vous lutter contre le terrorisme islamiste si les juges, la police (dont la lâcheté est sans borne en Tunisie) perpétue la pensée islamiste ??!

Croyez-moi, tant que la pensée islamiste, les tartuffes de l'Islam sont là, la Tunisie ne s'en sortira pas.

La population doit avoir les bons réflexes et se plaindre quand il faut se plaindre :
- quand un touriste est tué, c'est un Tunisien qui est tué aussi
- quand la culture est attaquée, c'est l'Histoire de la Tunisie qui est attaquée
- quand un citoyen (un jeune homme en plus) est emprisonné pour 2 canettes de bières dans un coffre de voiture, c'est nous tous qui sommes menacés du même sort pour je ne sais quelle autre raison
- quand un célibataire est refusé à l'hotel, c'est nous tous qui sommes menacés et exclu de la même manière
- quand une femme est harcelée dans la rue, ce sont nous tous qui le seront pour non port de barbe, de chemise longue ou port de bermuda !!

Je n'ai pas vu la population réagir comme elle a réagi lors des assassinats de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi !

OUVREZ LES YEUX ET LUTTER CONTRE LA PENSÉE INTÉGRISTE QUI A GANGRENÉE ET COLONISÉE LE PAYS.

Si ces salafistes résistent alors il faut résister plus encore ! Si les islamistes cassent et menacent, alors la police doit les mettre en prison ! La police et la justice ne fonctionne pas contre les intégristes islamistes et persécutent au contraire ceux qui boive 1 ou 2 canettes de bière !

C'est un pays de fous. Un jour vous aurez la guerre.

Méditez la phrase de Churchill (vous Tunisiens qui vous taisez) quand les Français et les Anglais ont cédé face à Hitler : "ils ont cru qu'en fermant les yeux et en se taisant ils auraient la paix et l'honneur, ils ont eu la guerre et le déshonneur".

TunObserver
| 06-07-2015 03:19
Mr. Boujemaa Remili vous avez raison , oui mais voilà les gars d'en face agissent eux au premier degré et il ne serait nullement étonnant qu'ils veuillent donner raison à BCE en concoctant une nouvelle catastrophe qui donnerait le coup de grâce définitif à notre tourisme . Par ailleurs , ce n'est nullement en déclarant l'état d'urgence que l'on arrivera à réduire le terrorisme mais en appliquant le programme électoral ( si ambitieux ) qui a permis à Nidaa et BCE de gagner les élections , ce qui n'a pas été le cas depuis la mise sur pied du gouvernement actuel , ce qui est entrain de dégrader la situation du pays faisant le lit des tordus de tous bords et entraînera sûrement un vote sanction lors des prochaines échéances électorales du fait que vous avez arnaqué vos électeurs .Nidaa n'est plus de facto le premier parti du pays et vous le savez très bien , vous ne méritez pas la confiance qui vous a été accordée par notre peuple , vous nous avez largement déçu .

Falsoo
| 06-07-2015 01:49
BCE s'étant exprimé en arabe, il ne peut avoir dit que l'état s'effondrera.
En bon français, le titre aurait du être:
Si cela se reproduit, l'état s'effondrerait.
La nuance de temps est très importante dans ce cas.

Kairouan
| 06-07-2015 00:18

Merci pour votre reponse et pour la proposition de lecture, ma foi, tres lucide et enrichissante.
c'est toujours "thought-provoking" d'echanger avec vous, Abdelkader...
Cordialement - Imen

Forza
| 05-07-2015 18:50
C'est bien d'avoir des politiciens comme Mr. Remili venir discuter sur le site. J'espère en tout cas que c'et le vrai Mr. Remili pour une discussion interactive.

Abdelkader
| 05-07-2015 18:39
Je crois que chaque partie du discours a un destinataire et la partie qui nous intéresse s'adresse à la fois à l'opinion publique la plus crédule et à l'opposition .
Je ne vous apprend rien en vous disant que le discours n'est en rien improvisé et que le choix des mots n'est pas fortuit , chaque mot est pesé .
Vous rappelez fort bien que nous sommes en guerre et BCE l'a répété maintes fois , fallait-il pour autant avoir recours à ces abus de langage pour servir sa rhétorique , je ne le pense pas , mais c'est malheureusement un travers que partagent beaucoup d'hommes politiques .
Bien cordialement .
PS: ( hors sujet ) je vous recommande de lire un article du blog de Frédéric Lordon intitulé : l'Euro , ou la haine de la démocratie paru dans le monde diplomatique , un bijou !

salahtataouine
| 05-07-2015 18:20
Grandeurs et decadences de ces 2 villes aussi vielles que l histoire elle meme..
Meme si l un et l autre ne roule que pour l oncle outre atlantique ...le peuple grec a eté "bien briefé" sur les mefaits de la dette et la volonté destructrice du fmi et de la "troika" !!
Ils ont dit non au diktata de l europe à une large majorité
Au moins à athenes ..il n auront pas de deficit en dehors de service de la dette
La tunisie fait saliver pour son "emplacement" et la grece pour son "large plein de gaz qui va de la grece aux abords de gazza ..
GUEUX DITES NON A LA DETTE ..vous y gagnerz car avec la dette vous aurez l instabilité , le terrorisme et la pauvreté

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