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Jour 2 : céder à la panique...

Temps de lecture : 2 min
Jour 2 : céder à la panique...

Confinement. Jour 2. Il est 20h. J’ai la tête qui tourne après avoir dansé sur Aram Zam Zam pour la 350ème fois. Les enfants tiennent le coup. Elles font, toutes les deux, preuve d’une résilience sans faille mais pour combien de temps ? Les jours à venir s’annoncent hasardeux.

A moins de 7 ans, on est sans doute capable d’une sagesse nettement supérieure à celle des trentenaires et autres quadragénaires en proie à la panique. Oui, car pour les parents, en revanche, cela s’annonce nettement plus compliqué.

Défi du jour : tenter de convaincre son mari que non, il ne peut pas aller travailler en tenue de camouflage. Que, oui, nous sommes bien en guerre, mais ce n’est pas de cette guerre-là qu’il s’agit. Que même si c’est la jungle dehors et qu’on a peur (chuut, faut pas le dire), le costard-cravate reste (malheureusement) encore de rigueur. Allez en costume soldat ! Les fantasmes d’Indiana Jones (et de Lara Croft) attendront des jours meilleurs…

 

Oui, nous avons peur. Mais avons-nous le droit de le dire ? Inconcevable pour une journaliste que de propager la terreur. Tout le monde va bien dans le meilleur des mondes. Restez juste bien gentiment confinés chez vous.

Impensable pour un banquier de ne pas aller fournir à tous ces honnêtes citoyens des pièces sonnantes et trébuchantes destinées à se ravitailler en pâtes et farine, entassées dans leurs bunkers de fortune.

 

Quid de tous ces emplois sensibles qui devront braver la peur et la maladie pour assurer un service minimum à des citoyens faisant face à l’inconnu ? Distance de sécurité minimale, lavage des mains à n’en plus finir, tout désinfecter : documents, argent, murs, poignées de porte et personnes en face. Il y a de quoi devenir complètement fou.

Si les grands héros d’aujourd’hui sont, en première marche du podium, les médecins, infirmiers, pharmaciens et l’ensemble du personnel soignant (mes hommages, braves soldats), tous ceux qui travaillent à l’extérieur en ces temps de crise sanitaire sont à saluer bien bas. Alors qu’ils retiennent leurs larmes et leurs peurs les plus tribales pour faire en sorte que la vie continue de tourner, tous les autres n’ont qu’à rester chez eux à ruminer…

 

Nos ancêtres devaient sortir faire la guerre. Quant à nous, notre plus grand défi est de ne pas quitter nos canapés, avachis devant Netflix. Il y a certainement pire dans la vie…avant que la psychose ne nous emporte.

Amis psychiatres, je vous salue bien bas. Quand tout ceci sera fini, ce sera sans aucun doute votre heure de gloire !

Quant à moi, je vous dis à demain…si j’arrive à survivre…

 

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Commentaires (9)

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Fehri
| 25-03-2020 14:33
Netflix. L'action qui survit le mieux. Pourquoi pas tout le monde est confiné y compris la Tunisie. L'autre nouvelle qui va changer tout c'est l'Inde. Oui, 1.3 milliard confiné dont 25% dans la rues. Avons-nous assez d'hôtels, de respirateurs. Oh il ne faut pas oublier les masques. Les journalistes en abusent à leur guise se montrant importants et oublient que leur microphones sont plus contaminés que leurs culottes.

Nazou de la chameliere
| 25-03-2020 13:25
Essayez de faire des masques maison !!!
Des masques des masques des masques !!
Le monde entier réclame des masques!!!
Et on nous dit ( du moins en France) m'infin !!! C'est juste utile pour les malades les maaaassques !!!
Alors comme on est bête, et que l'on regarde les tivi et les asiatiques!!!
On est comme ces gamins voyant d'autres gamins avec des bonbonsmasques et pas nous !!!
Bouh bouh snif snif ,eux ils ont des masques et pas nous!!!! C'est pas juste !!
Demain ou un autre jour si dieu me prête vie ,je raconterai comment j'ai fais des masques maison !!

A4
| 25-03-2020 12:08
A L'ITALIE
Ecrit par A4 - Tunis, le 24 Mars 2020

Et c'était un petit navire
Qui n'avait jamais navigué ...
C'est le ministre qui délire
qui ne finit pas de blaguer ...

C'est le ministre qui divague
qui ne trouve pas son assiette
Est-il emporté par les vagues ?
Est-ce l'alcool qui monte à la tête ?

C'est un ministre qui radote
Qui n'arrête pas de gaffer
Qui nous sort de ses vieilles notes
Des sornettes de fond de café

Moi quand je vois ces gens souffrir
De Rome jusqu'en Lombardie
J'ai envie de donner, d'offrir
Plus qu'un navire pour l'Italie

eshmoun
| 25-03-2020 11:55
sauf votre respect votre remarque ne serait-elle pas vaguement con in fine? d'autant que si je ne m'abuse la chroniqueuse fait pratiquement ce que vous attendez d'elle: "de l'humour pour décrire nos peurs" .... cru ? je dirais plutôt et au contraire roboratif.....en tous cas la question reste posée ...et le con fini c'est peut être votre serviteur

fethia
| 25-03-2020 09:40
n'est pas rassurant du tout, je ne vais plus vous lire si c'est ce ton que vous allez continuer à utiliser. Autant votre 1er jour de confiné m'a fait rire surtout l'histoire de " faut-il se laver les mains avant ou après avoir nettoyé le robinet?" autant ce 2eme jour m'a tressé. Vous avez le sens de l'humour utilisez le pour décrire nos peurs, ne soyez plus crue. Merci Sinda Tajine.

TH
| 25-03-2020 09:37
Merci Zohra pour ce journal tres amusant

Zohra
| 24-03-2020 23:17
Voici Le journal d'un confiné, vu sur le web et à mourir de rire... '

JOUR 1

Mercredi 18 mars. Premier jour à quatre à la maison. Journée ensoleillée, les enfants ont pu profiter du jardin. Pas encore de nouvelles de la maîtresse, j'imagine qu'il faut le temps de s'organiser. Ce midi, apéritif en famille, jeux l'après-midi ; Mathilde avait fait un gâteau au chocolat pour le goûter. Petit air de vacances !

JOUR 2

Jeudi 19 mars. Première tonte de l'année ! J'adore l'odeur de l'herbe coupée. Les arbres sont en bourgeons, les tulipes sortent de terre, les premiers jours de printemps sont toujours agréables !
Foot avec les enfants qui ont fini par se disputer, comme toujours. La vie s'organise tranquillement.

JOUR 3

Vendredi 20 mars. Les premiers devoirs sont tombés pour Mathis : révisions sur les divisions. Surtout rester calme...
Léa fait des dessins pour papa et maman. Trop mignon.

JOUR 5

Dimanche 22 mars. Le jardin est au carré, on dirait Versailles ! Comme quoi il y a toujours du bon à prendre ! Mathilde a les mains dans la farine la moitié du temps : gare aux kilos en trop !
Léa a épuisé la moitié du stock de pages blanches, c'est moche pour la planète.
Côté divisions, on rame...

JOUR 7

Mercredi 25 mars. Si Mathis me demande encore une fois ce qu'est un dividende, je lui fais manger son cahier !
Léa a enfoncé toutes les pointes de feutres et chouine à longueur de journée.
Mathilde s'est lancée dans la confection d'un gâteau roumain à la purée de marrons et aux pruneaux. Est-ce vraiment une bonne idée ? Le temps commence à sembler long.

JOUR 10

Samedi 28 mars. Je crois que mon fils est con, j'ai abandonné la division. On a une semaine de retard sur le travail envoyé par la maîtresse. J'ai vomi le gâteau aux marrons.

JOUR 11

Dimanche 29 mars. La caisse à outil est nickel, j'ai rangé mes clefs plates par ordre de grandeur, les marteaux par ordre croissant de poids. J'ai trié tout ce qui pouvait se trier dans la maison : clous, vis, boutons, punaises (par couleurs), slips.. Je commence à voir flou.

JOUR 14

Mercredi 1er avril. On continue sur le passé simple. La décence m'oblige à me taire. ..

JOUR 15
Je rédige une lettre à l'attention du pape pour faire canoniser la maîtresse de mon fils. J'ai envie d'écouter Céline Dion en passant l'aspirateur dans le garage. Je crois que ça va pas le faire.

JOUR 16

Vendredi 3 avril. « Les enfants prenâmes le goûter sur la terrasse ». Bon c'est fois-ci c'est clair, Mathis n'aura pas non plus le prix Nobel de littérature... J'ai envie d'épouser sa maîtresse...je crois que je commence à délirer...
Léa regarde la télé H 24.
Mathilde a commencé une pièce montée à cinq étages. Je le sens pas trop. J'ai déjà pris cinq kilos...

JOUR 17

Samedi 4 avril. Je crois que j'ai chopé un Gilles de la Tourette avec ce putain de passé simple de merde !
La pièce montée s'est cassé la gueule.
J'ai des hallucinations, les dessins de ma fille me parlent !

JOUR 18

Dimanche 5 avril. Pour la première fois de ma vie, j'ai prié Dieu...

JOUR 19

J'ai bouffé la page du livre de conjugaison. Problème réglé...

JOUR 20

Passé la journée à chercher le chien, on l'a perdu !

JOUR 21

Merde, c'est vrai, on n'a pas de chien ! J'attaque ma cinquième bière de la journée.
Léa ressemble à un lapin qui aurait attrapé la Myxomatose.

JOUR 30

36 mars. Je suis sûr d'avoir vu passer la maîtresse de Mathis dans la pâture derrière chez nous : elle promenait son Bescherelle en laisse.
Je vais reprendre un ricard '?'

JOUR 31

J'ai les dents qui grattent, je transpire des yeux. Je me rends compte que mon slip est à l'envers. Comme je le porte au-dessus mon pyjama, j'ai l'air encore plus con.

JOUR 32

An 3020 après ma belle-mère. Plus de farine dans les magasins, Mathilde est prostrée sur une chaise dans la cuisine, elle fait la conversation au four.
Mathis essaye de diviser le passé simple. Léa bave devant la télévision. Les stocks de Ricard sont épuisés. Au secours...

JOUR 40

37 avril 2028. Oh putain on a remonté le temps ! Il se passe des trucs bizarres... Il y a une dame dans ma cuisine qui pleure en regardant le four, je ne sais pas du tout qui c'est. Et cette petite assise dans le coin qui regarde en ricanant, elle me file les jetons. De toute façon je ne sais plus comment je m'appelle. Je ne sais même plus pourquoi j'écris. C'est la fin...

JOUR 50

Il s'est passé quelque chose. Il y a des gens partout, on entend « c'est fini ! », « C'est fini ! », « Plus de confinement ! ». Je ne sais pas ce qu'il se passe. Je sors pour voir. Je m'y reprends à trois fois avant de savoir enfin passer la baie vitrée. Je respire à pleins poumons. Je tombe dans les pommes. Direction les urgences.

JOUR 60

Vendredi 15 mai. Reprise du travail depuis une semaine. Mathilde, Mathis et Léa vont bien. La vie a repris son cours normal, si ce n'est que j'ai du cholestérol, du diabète, des troubles de la personnalité (mon double ne parle qu'au passé simple et cherche à diviser tout ce qu'il peut, c'est un peu pénible...) Mais bon nous en sommes sortis vivants ! Rendez-vous demain chez la psy, 15h30...

Zohra
| 24-03-2020 21:48
Bon courage et coyez moi que vous alliez survivre.
nous sommes tous dans la même galère, que ce soit à Tunis, a Paris ou Londres ou ailleurs dans le monde
Qui aurait imaginé un jour jour vivre cette situation ?
Tout est fermé, on tourne en rond, il n'y a rien à faire,
On a fait tous les placards, lire, manger, prier, se laver les mains sans arrêt, (mes mains sont revenues rêches à force de les laver)..... il faut prendre son mal en patience
Il y a pire, il faudrait penser au gens qui sont en guerre, les bombes, les sirènes qui retentissent..... on se dit elhamdoullah c'est Byzance à côté.

Bon courage, et vous allez vivre des dizaines et dizaines d'années ichallah Madame vous inquiétez pas. Rabi maak et avec tous les tunisiens

takilas
| 24-03-2020 20:48
" La meilleur arme cest l'écriture "; citation ...

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