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Ben Hammouda : L’Etat fera face à des engagements qui dépassent sa capacité, d’où la nécessité de bouger !
08/06/2021 | 10:30
3 min
Ben Hammouda : L’Etat fera face à des engagements qui dépassent sa capacité, d’où la nécessité de bouger !
L'économiste et ancien ministre des Finances Hakim Ben Hammouda est intervenu ce mardi 8 juin 2021 pour expliquer comment éviter le pire scénario qui pourrait arriver à l’économie nationale si rien n’est fait très rapidement pour y remédier, le scénario à la libanaise qu’il a déjà mentionné à maintes reprises ou ce qu’a appelé le gouverneur de la Banque centrale Marouane Abassi, la semaine dernière "Latkha" (qu’on peut traduire par coup de massue, ndlr).
 
 
 
Au micro de Wassim Ben Larbi dans l'émission Expresso sur Express Fm, M. Ben Hammouda a soutenu qu’il n’aime pas utiliser ce mot même s'il l'a employé dans un article publié le weekend dernier, car ne reflétant pas la situation politique et financière actuelle. Ceci dit, il a affirmé qu'il y a une grave crise qui se profile.
 
Et d’expliquer que le pays fait face aux engagements courants mais aussi à d’autres échéances importantes, notamment le paiement de 500 millions de dollars en principal de la dette outre les intérêts qui doivent être payés le 21 juillet prochain. En plus, le 21 août 2021, le pays doit payer 500 millions de dollars pour un crédit garanti par les Etats-Unis. En septembre, on doit payer aussi 250 millions de dollars aux banques locales.
 
Des engagements importants, qui interviennent dans une situation difficile.

 

 

L’économiste a également précisé que d’un autre côté, le gouvernement a entrepris des négociations sur plusieurs niveaux avec le Fonds monétaire international (FMI) mais aussi au niveau bilatéral avec trois pays (Libye, Qatar et France). Mais selon lui, les négociations avec le FMI nécessiteraient plus de temps. Idem pour les annonces et promesses faites au niveau bilatéral où une certaine lenteur de réalisation est constatée.

Ainsi, on se retrouve dans une situation délicate, une des plus difficiles qu’a connu la Tunisie moderne depuis 1986, a-t-il indiqué, en martelant « Ce qui me dérange, c’est l’absence du sens de l’urgence ».

Et de rappeler qu’il a présenté certaines propositions pour une sortie de la crise.

 

Hakim Ben Hammouda a ajouté : « Il y a des engagements qui dépassent la capacité de l’Etat et une grande peur d’un effondrement financier, exprimée par le gouverneur via le terme "Latkha" et moi j’ai parlé depuis deux mois du scénario libanais avec un défaut de payement, ce qui représente un fait très grave, pour trois raisons essentielles : ses répercussions politiques et sociales qui mettront en doute les institutions de l’Etat et aggraveront davantage la crise en cours ; ses répercussions sur la crédibilité de l’Etat tunisien au niveau international ; ses répercussions sur les politiques économiques, monétaires, financières et publiques qui perdront leur efficacité.

J’ai proposé une batterie de solutions, la solution idéale étant d’activer l’initiative de l’UGTT de mettre en place un dialogue national qui englobe les côtés politiques et économiques, mais c’est devenu un rêve lointain. J’ai proposé quatre points essentiels : création d’une commission d’experts qui aidera le gouvernement at la BCT à imaginer des solutions de sortie de crise ; la mise en place d’une Loi de finances rectificative pour que le peuple et les élus aient conscience de la réalité des indicateurs et de la situation financière outre le fait que ça soit une occasion pour débattre des politiques de sortie de crise ; œuvrer entre les structures de l’Etat (BCT, ministère des Finances, banques) pour assurer les finances publiques jusqu’à la fin de l’année ; et dépasser les querelles. L’objectif étant de protéger l’Etat tunisien et les finances publiques de l’effondrement "Quoi qu’il en coûte" ».

 

I.N

08/06/2021 | 10:30
3 min
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Commentaires
Realisator
La première grande erreur que ce CdG a commise
a posté le 08-06-2021 à 11:18
C'est l'augmentation accordée aux gouverneurs. Et d'autres non moins graves s'en suivirent. On dirait un ado. Immature qui agit en toute inconscience.
Ce prétendu "homme des réalisations" va se rendre compte incessamment, que sa maudite ceinture est volatile. Qu'il n'est là que pour servir des desseins destructeurs.