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Chroniques
Le dialogue national : un artifice de plus
Par Houcine Ben Achour
02/04/2021 | 08:48
3 min
Le dialogue national : un artifice de plus

Franchement, que faut-il attendre d’un dialogue national sinon qu’il ne ferait que retarder les échéances des mesures douloureuses que le pays devra consentir pour lui éviter de sombrer corps et biens. Car enfin, des initiatives du même type ont bien eu lieu auparavant. Aurait-on oublié Carthage I et Carthage II et leurs fameuses feuilles de route respectives ? A quoi cela a-t-il servi ? A pas grand-chose sinon presque rien. Ou plutôt à dévoiler que, chez nous, ce genre de démarche s’apparente plus à un marché de dupes qu’à une réelle volonté de redresser le pays et de redonner espoir à sa population. Et il n’est nul besoin de faire étalage de faits et d’indicateurs statistiques pour l’attester. La Tunisie ressemble à un corps meurtri, gangréné par la corruption sur lequel sont penchés des apprentis-sorciers dits « technocrates », inspirés par des lobbies et des mafias en tout genre.

Le dialogue national que prône l’UGTT est de la même veine : bercer d’illusions le même peuple comme l’a fait Ennahdha avec sa fumeuse politique de consensus. Car, quand bien même ce dialogue aboutirait à un « pacte », celui-ci, comme ses précédents, risque d’être rapidement jeté aux oubliettes, dévoilant un engagement de façade qui masque des raisons inavouées où l’intérêt de l’organisation prime sur l’intérêt de la nation.

L’accord signé, ce mercredi 31 mars 2021, entre le gouvernement et l’UGTT sur « un plan de réforme du système de compensation, de la fiscalité et des établissements publics » ne serait-il pas en fait qu’un subterfuge dilatoire dans la mesure où des projets de réforme de la politique de compensation, comme de la fiscalité, de la fonction publique et des entreprises nationales existent mais dorment dans les tiroirs du gouvernement ou de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) ? Depuis 2014, tous ces domaines de réforme ont fait l’objet d’une multitude d’études, de débats d’experts de tout bord et même de plan de réforme. Tunisair en est d’ailleurs l’exemple emblématique. Tout le tralala fait autour de cet accord ne serait-il pas qu’artifice pour satisfaire une exigence du Fonds monétaire international (FMI) formulée à la suite de ses récentes consultations au titre de l’article IV de ses statuts ? Exigence qui n’est d’ailleurs satisfaite qu’à moitié puisque l’institution financière multilatérale exige aussi que tout programme de réforme devra être accompagné d’un cadre budgétaire à moyen terme. Autrement dit, pour le FMI,  les intentions importent peu si elles ne sont pas soutenues par un schéma de financement de moyen terme clair et précis. « Le programme de réforme et le cadre budgétaire à moyen terme associé devraient être soutenus par un pacte social, les principales parties prenantes s'engageant à soutenir les réformes qui relèvent de leur compétence », stipule le Fonds précisant même que ce « pacte social devrait couvrir une gamme de domaines de réforme, y compris les négociations salariales dans le secteur public, la réforme des subventions et des entreprises publiques, l'informalité, la politique fiscale (y compris l'équité), la lutte contre la corruption et l'environnement des affaires ».

Certes, on aurait pu se convaincre que cet accord constitue en soi un pas vers la bonne direction et nullement un faux-semblant. Cela n’écarte pas plus le doute quant à la sincérité de l’engagement des parties prenantes, dès lors que le lendemain même de la signature de cet accord, la direction centrale de l’UGTT soutient une grève générale décrétée par l’Union régionale de Sfax prévue le 8 avril 2021 sur tout le gouvernorat. En tout cas, il faudra bien plus pour convaincre le FMI et, par voie de conséquence, les autres bailleurs de fonds et les investisseurs qui constatent que le pays produit annuellement à peine ce qui lui est nécessaire, n’arrivant presque plus à pouvoir honorer ses échéances de dette.

Durant la décennie 2000, le PIB réel par habitant a évolué à un rythme annuel moyen de 3,5%. Ce rythme a chuté à 0,5% sur la période 2010-2019. Pour cette année 2021, on prévoit un PIB réel par habitant de l’ordre de 5930 dinars. C’est, à très peu de chose près le même montant enregistré en 2010. Sauf que, entre temps, l’endettement du pays a plus que doublé. L’encours de la dette publique est passé de 41 milliards de dinars à 90 milliards de dinars environ entre 2010 et 2020. Autrement dit, pendant toute une décennie, le pays a vécu au-delà de ses moyens sans garantir son futur. Il faudra en payer aujourd’hui le prix fort. Celui que dictera le FMI, n’en déplaise à Noureddine Taboubi.

Par Houcine Ben Achour
02/04/2021 | 08:48
3 min
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Commentaires
Kol
We freaking doomed
a posté le 06-04-2021 à 20:17
Le tableau est noir, très noir et franchement à ce stade je veux juste qu'on plonge, comme ça c'est fait!
The wait for doomsday is excruciating!!! Let's just burst the freaking pimple now, get all the dirt out and deal with it...
It's gonna hurt thought, big time
Achille
achilleleros@gmail.com
a posté le 04-04-2021 à 14:54
Mon cher compatriote,
Pour quoi vous ne dites pas que la Tunisie n'a pas besoin du FMI ? Vous pouvez le dire, c'est votre droit ! et votre devoir !

Ensuite 90 milliards de dinars de dettes, laissez moi rire, je pense que même la banque centrale ne prend pas ça au sérieux.
Car ce n'est pas une dette.
On ne peut pas parler de la «dette» tunisienne, car elle n'existe pas !

Ceux qui veulent faire exister ce montant ridicule sous le titre de «dette» sont enfait ceux qui travaille a ligoter la Tunisie par tous les uses et moyens possibles, le mensonge et l'illusion en font partie.



La Tunisie a de l'argent. Mais elle a aussi des alliées où elle peut aller chercher des prêts, même tout un plan de financement, chez la Chine, première puissance économique mondiale.

Son problème a la Tunisie n'est que d'ordre gestionnaire.
Il faut quelqu'un, il faut un ETAT qui GERE le pays ! est ce qu'on l'a ?
Kais Said, Abir Moussi (et certains autres de moindres envergures) essayent justement de reconstruire l'ETAT, de reprendre la République en main, de la remettre aux tunisiens.


On doit reprendre le pays, car la Tunisie a été confisqué, et elle est aux mains de tiers, elle N'EST PLUS aux mains de l'ETAT ni des tunisiens.

Les tunisiens doivent engager une GUERRE pour REPRENDRE la TUNISIE.
C'est l'unique problème et sa solution, les deux a la fois.
Soussi
Pere noel
a posté le 02-04-2021 à 18:23
Dialogue national c est le Pere Noel en personne
La Tunisie vit d un mirage a un autre
Mais il faut etre toujours optimise on sait jamais
Nephentes
Clowns depasses par les evenements
a posté le 02-04-2021 à 10:17
Comme a l'accoutumee un vrai article de fond

le comportement des uns et des autres semble avoir quelques dénominateurs communs

infantilisme et inconscience
absence de capacité d'analyse et de jugement pertinent
absence de courage et de lucidité
absence du sens de l'interet general et de celui des generations futures - elles vont sacrement morfler

au total incompetence et irresponsabilité a presque tous les niveaux de la fonction publique et des acteurs du systeme de financement

Tous les acteurs socio-économiques de ce pays gouvernants au premier chef ne veulent pas voir la REALITE EN FACE

ils sont terrorises les pov chous comme de sales morveux ayant casse le service en porcelaine et le cachant sous la table

ils ne mesurent pas, administration publique en tète, les consequences de leurs actes depuis 20 annees au moins

ils ne sont pas conscients des exigences d'un écosystème performant et credible comme me l'a dit un directeur d'usine allemand

c'est la consequence de 40 années d'abrutissement et de nivellement de toute la société

concrètement comme l'a souligne en partie Si Houcine voici les 8 priorities auxquelles il est impossible de se soustraire

Mechichi et co font ils semblant de regarder ailleurs ou bien mentent ils effrontément a ce pauvre peuple de zaoualas inconscient

Augmenter les prix de l'énergie domestique (électricité, du gaz, du carburant'?'), l'objectif étant de supprimer les subventions sur les énergies et l'indexer sur l'évolution des prix internationaux du pétrole.

Pas d'augmentation salariale dans la fonction publique pendant 5 a 10 ans, à moins d'une reprise de la croissance,

Augmenter l'âge de départ à la retraite,

Augmenter la part actuelle de cotisations sociales en plus d'autres réformes supplémentaires du système de sécurité sociale,

PRIVATISER 43 établissements publics identifiés comme insolvables - STEG TRANSTU OTD TUNIS AIR STIR SONEDE ONAS ANGED SNCFT .........

Poursuivre l'augmentation des taux d'intérêts directeurs, pour lutter contre l'inflation

Réduire l'effectif de la fonction publique de 25% en 3 ans

Poursuivre l'ajustement du taux de change du dinar tunisien,

Digitaliser l'administration

Lutte effective contre la corruption

Diminution de la part de l'economie informelle de 60 a 35%

A mon très modeste avis je suis certain que la plupart des décideurs au niveau de l'UGTT et de l'Etat n'ont pas conscience des enjeux et des consequences

DHEJ
Le dialogue national ça s'appelle CAMPAGNE ELECTOTALE!
a posté le 02-04-2021 à 09:47
.
jilani
Un dialogue avec les mafieux et les gourous
a posté le 02-04-2021 à 09:19
Un gourou qui possède une fortune colossale dont l'origine est douteuse trafic d'arme et peut être de la drogue et le parquet ne bouge pas. Des syndicalistes pourris qui s'offrent des avantages pour eux et leurs proches et qui pompent les entreprises publiques par les cotisations et divers avantages. Des ministres qui importent des déchets pour leur pays et des tunisiens imbéciles qui continuent à voter pour ces malfrats.