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L’IPv6, un moteur de croissance pour une économie au point mort
10/05/2022 | 11:40
4 min
L’IPv6, un moteur de croissance pour une économie au point mort


L’Organisation arabe des technologies de l'information et de la communication (Aicto) a donné, lundi 9 mai 2022, le coup d’envoi du tout premier sommet interrégional sur l’IPv6. Cet évènement organisé – sous l’égide du ministère tunisien des Technologies de la communication en partenariat avec l’Union africaine des télécommunications et les opérateurs téléphoniques Tunisie Telecom et Ooredoo Tunisie – vise à fédérer les acteurs du secteur des télécommunications pour engager, incessamment, la migration vers la version 6 du protocole internet à la veille du lancement commercial de la 5e génération des réseaux mobiles et le boom de l’internet des objets qui s’en suivra. 
 
« L’internet associé à l’intelligence stimule et soutient la croissance accélérée de l’économie dans son ensemble et conduit à l’économie numérique. Cependant, l’utilisation accrue d’internet dans tous les domaines a commencé dans les années 90 et se poursuit encore aujourd’hui atteignant plus que cinq milliards d’utilisateurs dans le monde et la prolifération des terminaux intelligents exerce une énorme pression sur les réseaux existants et accélère la chute dans le nombre d’adresses disponibles. Ce qui signifie que nous sommes au bord de l’épuisement imminent des adresses IP dans leur version IPv4 et qu’il est urgent, vraiment urgent, de passer au réseau de nouvelle génération IPv6 », a déclaré le secrétaire général de l’Aicto, Mohamed Ben Amor, dans son mot d’ouverture. 
 
 
 
La fin du stock IPv4 étant imminente, il est aujourd’hui impératif de puiser dans la suite de 128 bits qu’offre l’IPv6. Mais au-delà de corriger les défaillances de l’IPv4 et pallier la pénurie d’adresses, ce passage obligatoire garantit la possibilité, pour les entreprises entre autres, de connecter un nombre infini d’objets intelligents – avec ou sans fil –, de doubler ses moyens de communication, de créer de nouveaux produits et services innovants à la hauteur des attentes des utilisateurs, de s’assurer de nouveaux revenus et par conséquent de devenir un véritable moteur de croissance dans un tissu économique agonisant. Il s’agit là de garantir la pérennité d’un internet ouvert et mondial dans un contexte où l’économie numérique est considérée comme un levier de croissance non seulement pour les pays développés mais surtout pour ceux en développement. 
 
 
 
Notant les limites de l’IPv4, le Vice-président exécutif de Huawei Northern Africa, Philippe Wang, a, de son côté, réaffirmé l’indispensabilité de l’IPv6 pour toutes les applications intelligentes, la télémédecine à titre d’exemple. Il a fait savoir, dans ce sens, que l’équipementier chinois proposait tout un concept : l’IPv6 Enhanced, un système technologique innovant et sécurisé, garantie d’une meilleure performance et d’une meilleure expérience utilisateur. Car « le futur internet a besoin de plus que des adresses », selon ses dires. 
 
 
 
Autre argument en faveur de l’IPv6 : l’augmentation du prix des adresses IPv4 encore disponibles. Selon Dr. Xipeng Xiao (Datacom Standard & Industry Development Huawei Europe) le prix d’une adresse IPv4 a doublé en 2021 pour atteindre 50 dollars. Ce qui représente un coût considérable en comparaison avec celui de l’acquisition d’un stock d’adresses IPv6. Le Registre internet régional pour l’Afrique (Afrinic) a, rappelons-le, décidé d’octroyer ces ressources gratuitement. Un atout majeur qui ne peut que favoriser l’accélération de la migration vers la nouvelle version du protocole internet en dépit des challenges. Ceux-ci sont répartis sur quatre catégories : la motivation, le savoir, l’écosystème et la technologie. Se référant à une enquête réalisée par l’Afrinic en 2017, le responsable chinois a expliqué que le management, le savoir et les compétences venaient en haut de l’échelle des défis à surmonter pour réussir la transition vers l’IPv6 en Afrique. 
 
 
 
Outre ces défis, la migration vers l’IPv6 nécessite des efforts conjoints de tous les acteurs. Qu’il s’agisse de gouvernements, d’entreprises ou acteurs du secteur des technologies de la communication. Fédérer cet écosystème semble une priorité. C’est ce qu’a laissé entendre le secrétaire général de l’Union africaine des télécommunications, John Omo. « L’Afrique a encore de longs pas à parcourir à ce niveau », a-t-il affirmé appelant à s’interroger sur les raisons des retards accusés dans le déploiement de l’IPv6 par les pays africains. Les disparités enregistrées à ce niveau sont, en effet, grandes. Selon l'Afrinic, seuls 51 pays du continent disposent d’adresses IPv6. Les cinq premiers pays ayant des ressources importantes sont, selon les chiffres de l’Afrinic, l’Afrique du Sud (314 préfixes), le Nigéria (78), le Kénya (58), Tanzanie (50), le Ghana (35). Le stock de la Tunisie est, lui, à zéro.  
 
 
 
Cet évènement a, notons-le, été marqué par la publication d’un livre blanc axé autour des moyens susceptibles de préparer convenablement la migration vers l’IPv6. Dans l’ensemble, il recommande de mettre en place de construire des campagnes de sensibilisation et d’inclure la formation à l’IPv6 dans les cursus universitaires, la création d’une stratégie nationale de haut niveau et la définition des conformités pour les fournisseurs de services et les réseaux gouvernementaux. 
 
 

N.J. 

10/05/2022 | 11:40
4 min
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Commentaires
Impatient
c'est un peu mélanger dans leur tête
a posté le 10-05-2022 à 14:05
Oui il y a une pénurie d'adresse Internet IPV4 dans le monde, avec la généralisation du DHCP , du NAT/PAT, du subnetting on arrive a tenir le choc.
Par contre je ne vois pas en quoi la Tunisie aura une meilleur économie? aucun échange monétaire (mise a part peut etre swift), le gens n'achetent pas par Internet, ne vendent pas par Internet, pas de téléphonie IP, pas de système d'autorisation, même les courriels sont proscrit on est encore à l'age du moyen age avec une administration qui tous les jours nous imprimes des milliers de rames de papiers pour nous expliquer leur stratégie du zéro papier, nous expose des centaines de rapports signés manuellement par de haut responsable pour nous expliquer que la signature électronique c'est le futur.
C'est dure a dire, mais la Tunisie a raté des centaines de tournant pour aller vers une modernisation numérique mais elle n'en a rien fait, regardez juste nos institutions gouvernementale, aprés le ministère de l'intérieur qui suite à la révolution a ouvert le bal en se rapprochant des citoyens via la premiere page Facebook d'une institution gouvernementale tunisienne, c'est devenue le seule canal d'échange et d'accès, les chargés de com ne s'occupe que de ca, mais ou sont les sites de services aux citoyens? ou sont les applications basés sur des données ouvertes? il n'y a rien, Nada! Niente!.
Donc je vois mal en quoi avoir des adresses IP V6 boosterait notre économie, on est même pas foutu d'utiliser la version 4.
Et le pire c'est que ceux qui vente l'IP V6 ne serait même pas capable de données l'IP V6 représentant l'adresse de localhost.
C'est pathétique, c'est comme la banque centrale qui parle d'évolution et qui n'a aucun système PCI/DSS (vu que les institutions de crédit ne savent même pas que la Tunisie existe vu leur reéprésentation médiocre), ou encore que la BCT prennent peur face à la cryptomonnaie et nous font il y a quelques annèe une rencontre "historique" pour aller vers cela (montrant qu'ils n'ont rien compris au blockchain), aujourd'hui certains pays on adopté le bitcoin (gagnant ou pas ca sera toujours une source de revenu), mais la Tunisie qu'est ce qu'elle fait ? rien, les seuls échanges permis sont pour acheter des fleurs sur le site de la Poste et ne parlons pas du montant autorisé pour les expatriés qui avec le taux de change se retrouve à l'étranger sans rien pour pouvoir vivre et si tu veux plus il faut faire une demande spéciale pour que la BCT t'asutorise a ajouter quelques miettes.