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Une semaine trop bête pour parler d'Al Karama

Temps de lecture : 7 min
Une semaine trop bête pour parler d'Al Karama

 

La fin de l’année 2020 s’avère être aussi mouvementée que son début et beaucoup auraient aimé pouvoir la biffer sur leur agenda pour passer directement à 2021. Pourtant, il reste quelques sujets à traiter.

 

En France, l’horreur a frappé. Un professeur d’histoire qui avait montré en classe les caricatures du prophète Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression, en proposant, semble-t-il, à ses élèves musulmans de sortir pour ne pas être éventuellement heurtés, s’est tout simplement fait décapiter ce vendredi 16 octobre, à Conflans-Sainte-Honorine dans les Yvelines. C’est un acte terroriste, et même s’il n’est pas encore jugé ainsi, il serait hasardeux de ne pas le nommer ainsi, car mal nommer les choses contribue aux malheurs de notre monde.  L’auteur de cette ignominie, un homme de 18 ans, d’origine tchétchène, né à Moscou, a succombé aux balles de la police, après une tentative d’interpellation à laquelle il n’a pas obtempéré, si tant est que ce genre d’individus puisse obtempérer à quoi que ce soit d’autre que la folie. Nos pensées et notre solidarité vont à la famille de la victime, à ses proches et au peuple de France. #horreur

Difficile de continuer devant tant d’horreurs, si tragiquement répétées, qui deviennent le quotidien de tant de nations, sans distinction ni de race ni d’origine, parce que la folie meurtrière qui anime les terroristes ne relève ni de la race, ni de l’origine.

 

En France encore, l’ancien président Sarkozy a été, ce vendredi, mis en examen une quatrième fois dans le dossier de financement libyen de sa campagne électorale de 2007. Rappelons qu’en mars 2011, le président Sarkozy rencontre l’opposition libyenne et que, quelques jours après, Saif el Islam, fils de Kadhafi déclare a Euronews : « Il faut que Sarkozy rende l’argent qu’il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale. C’est nous qui avons financé sa campagne, et nous en avons la preuve. Nous sommes prêts à tout révéler... ».

Le 19 mars 2011, la France intervenait en Libye pour renverser le pouvoir despotique de Kadhafi et libérer un peuple qui vivait sous le joug d’un dictateur. Le peuple libyen n’est pas plus libre, la situation n’a jamais été aussi incertaine, et on ne sait plus très bien qui gouverne, ni où, en Libye.

Et le 16 octobre 2020, le parquet national financier en France a décidé, après 44 heures d’audition, de mettre en examen, avant on disait inculper, Nicolas Sarkozy pour association de malfaiteurs. Rien que ça. Nous ne reviendrons pas sur les différents volets des enquêtes, sur tous les témoignages recueillis, ni sur le fait qu’il n’existe pas de preuve matérielle de financements occultes, les comptes de campagne de 2007 ayant été épluchés, cette quatrième accusation vient compléter celle de corruption passive, de recel de détournement de fonds publics et de financement illégal de campagne. Mais avant d’affronter les juges sur ces affaires, Nicolas Sarkozy comparaitra, cette fois-ci pour sa campagne de 2012, du 17 mars au 15 avril 2021, pour financement illégal de campagne, dans l’affaire qu’on a appelé « l’affaire Bygmalion ». Mais avant d’affronter également les juges dans cette affaire, il devra affronter d’autres juges, du 23 novembre au 10 décembre 2020 pour corruption, cette fois-ci dans l’affaire qu’on a appelé l’affaire Bismuth, du nom du pseudonyme pris par l’ancien président quand il a appris qu’il était sur écoute, et alors qu’il aurait essayé d’obtenir auprès d’un magistrat, Gilbert Azibert, des informations sur ses instructions contre une nomination à Monaco. #agendachargé

 

Aux États-Unis, on ne pourra pas finir cette année 2020 sans être passé par les urnes pour remplacer ou proroger l’inénarrable Président Trump, qui accuse désormais, en moyenne sur tous les sondages, pas moins de 9 points de retard sur son concurrent Joe Biden. Et sa contamination par le Coronavirus n’y a rien changé, même si sa charge virale fut très faible. Pire que ça, son Covid-19 pour lequel il a reçu un traitement expérimental donne lieu à mille polémiques. La plus virulente est celle de savoir s’il se savait infecté lors de son débat face à Joe Biden. Interviewé sur NBC où il a été bousculé par la journaliste, à la question de savoir s’il se savait infecté lors du débat, il a d’abord répondu qu’il « ne se souvenait pas », puis a dit « oui probablement » pour se raviser avec un « peut-être que oui, peut-être que non ».

Les deux candidats qui devaient s’affronter lors d’un débat décidé virtuel par la commission électorale du fait du Covid Trumpien, ont finalement, et chacun de son côté donné une interview télévisée en répondant aux questions des téléspectateurs ce 15 octobre. Donald Trump ne voulait pas, citons-le « perdre son temps » avec un débat virtuel. Il restera donc un ultime affrontement entre eux, le 22 octobre à Nashville dans le Tennessee, sachant que le dernier débat a fait chuter Trump dans les sondages, le faisant passer de 6 à 10 points derrière Biden.

Enfin pour ceux qui restent dubitatifs, échaudés par la victoire surprise de Trump sur Hilary Clinton malgré des sondages la donnant gagnante, précisons que l’écart en faveur de Biden, cette fois-ci, est deux fois et demie supérieure à celui d’Hilary en 2016.

Finissons sur une règle immuable en politique comme dans le sport, tant que le match n’est pas fini, la victoire n’est pas acquise. Et un trop fort écart peut créer une démobilisation de l’électorat de Biden qui peut être fatale à son élection. #soufflernestpasjouer

 

En France, le Président Macron nous a posé un de ses thèmes de campagnes pour l’élection présidentielle qui doit se tenir en mai 2022. Nous débattrons du bilan de la lutte contre le Covid. Mais sur ce point, les perquisitions menées ce jeudi 15 octobre, chez l’ancien et l’actuel ministre de la Santé, à domicile et au bureau, chez l’ancien Premier ministre, à son domicile au Havre, et chez la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, viennent jeter un trouble sur la qualité de la gestion de cette urgence sanitaire. Suite à plusieurs plaintes, notamment de la part de collectifs médicaux, la Cour de Justice de la République a en effet ouvert une enquête pour « des faits d’abstentions volontaires » contre les mis en cause, les soupçonnant de n’avoir pas pris toutes les mesures nécessaires en mars et avril, tout en sachant qu’ils ne prenaient pas toutes les mesures nécessaires. Trois faits sont particulièrement sous la focale des enquêteurs : la problématique des masques, les choix stratégiques faits en matière de tests et la décision de ne pas reporter le premier tour des élections municipales.

Jérôme Salomon, directeur général de la santé et Geneviève Chêne de Santé Publique France, poursuivis pour les mêmes faits, ont également été perquisitionnés, mais eux par le parquet de Paris puisqu’ils ne sont pas ministres. #catchmeifyoucan

 

Et pendant ce temps, le coronavirus continue sa seconde promenade, emportant avec lui trop de victimes, même si certains font des comparaisons hasardeuses avec d’autres pathologies autant sinon plus meurtrières. La question qui reste à trancher pour ceux-là, est de savoir pourquoi on ne pourrait pas lutter contre ce virus tueur, quand bien même nous pourrions mourir d’autre chose.

Dans un premier temps, le monde dans sa grande majorité avait mis sa vie sociale et sa vie économique sur stop en déclarant un confinement général. Mais le monde n’a plus les moyens de ses luttes, et c’est désormais la vie sociale qui est mise entre parenthèse, pour essayer de trouver un compromis entre vies humaines et économie. Parce que nous vivons dans des sociétés où les vies humaines dépendent aussi de l’économie. C’est peut-être malheureux, on peut le regretter, mais c’est un état de fait dont il faut tenir compte. Et comme rien n’est jamais totalement tranché, en mettant entre parenthèses la dimension sociale de notre existence, c’est tout le pan de l’économie assise sur la vie sociale qui est en péril. Les restaurants, les bars, la culture, et tout ce qui est synonyme de sorties et d’échanges, tous ces métiers qui créent ou vivent de ce lien sont menacés. #menudesrejouissances

 

Et parce que cette semaine a eu son lot de bêtise, nous ne parlerons pas d’Al Karama en Tunisie. Nous sortirons les poubelles de la démocratie tunisienne une prochaine fois.

 

C’est la fin de la semaine, c’est la fin de ce trip, vous pouvez éteindre vos smartphones. 

 

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Commentaires (6)

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Gg
| 18-10-2020 09:37
Petit, je suis allé à l'école, puis au lycée, puis re-école... Nous ignorions nos religions respectives. Mon meilleur ami, mon pote, était juif. Je l'ai appris fortuitement alors que nous nous connaissions depuis cinq ans! Et alors?!
La laïcité? Nous n'en parlions jamais, c'était un vieux truc appartenant à l'histoire. Peu importait notre religion, notre sexe, nous étions ensemble, tout simplement.
Et aujourd'hui qu'on la blesse, elle nous saute au coeur et nous étreint, la Laïcité.
Et aujourd'hui, mon épouse est musulmane, et notre amour nique les contempteurs de la laïcité.
Laïcité, mon amour, on n'a pas fini de mourir pour toi.

Kol
| 17-10-2020 20:52
Et je ne vois tjs pas le bout du tunnel...

Al kaka n'est pas la poubelle de la politique tunisienne mais leurs égouts nauséabonds un soir de canicule du mois d'août!

PS: pour la premiere les autorités françaises utilisent le terme 'terrorisme islamiste'?'; pour une fois, tout est dit, c'est à cette communauté musulmane de prendre sa responsabilité pour tous ses crimes commis par ses fils. On a trop laissé passer les crimes contre les femmes (Arabie saoudite), enfants (écoles coraniques), hommes (jeunes envoyés au djihad en Syrie) dans nos pays: akhta rassi wathrib! Maintenant ça nous revient dans la gueule: il n'y a pas d'islam politique ou modéré, il n'y a que des islamistes terroristes (ghannouchi, nahdha, Erdogan, sarraj...) qui plus est sont des tartuffes en réalité.
Tant que n'aurons pas fait notre psychanalyse de l'islam, nous serons a juste titre jugé terroristes latents!
A bon entendeur!

Givago
| 17-10-2020 17:48
Et je n'aime BIDEN non plus parceque plus islamiste qu'eux ça n'existe pas,c'est comme même eux les Klintones,les sarkosis et j'en passe qui ont éssemés les islamistes du printemps arabe par tous, de toute manière ça n'a jamais était un printemps c'est plutôt la misère et l'anarchie,la corruption,le vol.en plus de la médiocrité.

mansour
| 17-10-2020 12:46
Arrêter Monsieur Macron avec vos belles phrases bidons sans aucunes décisions et actes pour stopper l'occupation islamiste de la France et dis nous où sont les tranchées? Où sont les mitrailleuses? Où est l'artillerie du symbole de la devise "ils ne passeront pas" de Verdun, ville symbole des français patriotes

aldo
| 17-10-2020 12:45
une poubelle ne suffit point , optant pour un enterrement définitif .

mansour
| 17-10-2020 12:42
Twitter, Facebook,CNN,New York Times et autres verrouillent le compte de Trump qui révèle la corruption du bobo mondialiste collabo et soutien des islamistes Joe Biden et ses complices démocrates

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