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Tunisie : L'Algérie, mon amour
13/02/2014 | 1
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Tunisie : L'Algérie, mon amour
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Entre la Tunisie et l’Algérie, c’est une histoire d’amour compliquée, un peu à la « je t’aime, moi non plus ». Ils sont voisins, ils ont un patrimoine religieux et culturel commun et ils ont un passé de guerre commun, contre un ennemi commun: la France.
Au fil des ans, il y a eu une diachronie avérée entre les deux pays, ceci est indéniable. Néanmoins, nombre de chiendents ont été disséminés dans des champs économique et politique, pourtant facteur d’un salutaire potentiel aussi bien pour la Tunisie que pour l’Algérie. Après tant d’années de tergiversations et de guerre lasse, il ne fait aucun doute que la question demeure purement politique : le renforcement de la coopération bilatérale entre les deux pays voisins est, foncièrement, tributaire d’une volonté politique des gouvernants.


Le chef du gouvernement tunisien, Mehdi Jomâa, au lendemain de son investiture, a choisi comme première destination étrangère, l’Algérie. Judicieux choix. La visite a été bien fructueuse sur un court terme : le samedi 8 février, la Haute commission mixte tuniso-algérienne a tenu sa réunion sous la présidence du secrétaire d’Etat tunisien auprès du ministre des Affaires étrangères, Fayçal Gouiâ, et du ministre algérien chargé des affaires maghrébines et africaines, Majid Bouguerra. Il a été décidé, lors de ces travaux, que l’entrée en vigueur de l’accord préférentiel entre les deux pays se fera à compter du 1er mars 2014. Mais ce n’est pas tout. Au cours du second semestre de l’année, se tiendra le séminaire des hommes d’affaires et on assistera au renforcement de la coopération entre les institutions financières et bancaires de la Tunisie et l’Algérie. Sous la chape de la lutte contre le fibrome de la contrebande gangrénant de plus belle le tissu économique, la commission tuniso-algérienne garantit désormais la circulation des personnes et des marchandises de manière fluide.

La Haute commission embrasse bien plus qu’un domaine d’affaires : il a été, en effet, décidé la poursuite de la coopération afférente aux activités de l’exploration pétrolière et de l’approvisionnement de la Tunisie en produits pétroliers, en gaz, en énergie et en électricité. Un orchestre d’instruments logistiques tels que la liaison ferroviaire Tunis-Annaba et les technopoles sera, également consolidé. A Tunis, le gouvernement a signé une ribambelle d’accords avec son homologue algérien portant sur des programmes exécutifs dans plusieurs domaines, dont notamment, ceux de la culture, du tourisme et de l’éducation. Il faut avouer que d’aucuns étaient aux aguets de pareils accords aux fières allures de concret, bien loin des discours barbants et parachevés par une collaboration bilatérale à pâle mine.

L’histoire de la Tunisie et de l’Algérie est passionnée. Habib Bourguiba épancha autour de lui que «l’Algérie, c’est un gros morceau, avec son Sahara, sa population, son potentiel et son gros ventre, nous risquons d’être engloutis.» Dans les années soixante, un conflit frontalier a, donc, poussé l’Algérie à bêcher face à la Tunisie, c’était une dispute pour le tracé frontalier des territoires sahariens situés entre la borne 220 et 233. Les deux pays voisins se sont fait la tête pendant quelques années jusqu’à ce que Bourguiba comprenne qu’il devient impératif d’enterrer la hache de guerre au regard de la pression qui a pris racine avec le coup d’Etat libyen poussant Kadhafi au trône. Plus tard, Zine El Abidine Ben Ali avait obtenu « le feu vert » d’Alger pour procéder à son coup d’Etat médical contre Bourguiba.
Au fil des ans, la Tunisie et l’Algérie ont appris à normaliser leurs relations. Cependant, une saine jalousie a été gardée assez vive entre les deux pays. Il sied là de mettre un point d’éclairage : l’Algérie est dotée de ressources naturelles généreuses qui ont permis sa propulsion dans la sphère économique et bien qu’exploitées à moindre régime que ne le permettent leurs dispositions. La Tunisie  n’a pas eu cette chance, ses terres sont plutôt congrues en richesses naturelles en comparaison avec l’Algérie. Voilà pourquoi d’ailleurs, il fallait miser sur la coopération entre les deux pays au travers d’un échange rationnel qui contribuerait, à forte dose, à l’équilibrage des deux tissus économiques. Mais c’était sans compter sur un manque effroyable de volonté politique qui pouvait, tout du moins, faire lieu de poutres de base pour la construction d’une relation coopérative bénéfique à double sens.

Et à défaut d’ériger une véritable union maghrébine réunissant les quatre pays voisins : Tunisie, Algérie, Libye et Maroc, les coopérations bilatérales se doivent d’être développées. Si l’on prend l’exemple de la Tunisie et l’Algérie, les champs de collaboration binaire sont étendus et vastes, ils regorgent d’opportunités, notamment, pour les jeunes diplômés des deux côtés. Il est on ne peut plus clair, que si la Tunisie et l’Algérie dépassaient, à deux, la pierre d’achoppement politique, ils seraient en passe d’acquérir une part d’indépendance vis-à-vis des pourvoyeurs de fonds européens et américains qui leurs conférera, par ricochet, une indépendance économique et politique fort désirable.

L’Algérie est un allié stratégique pour la Tunisie. Stratégique, et ce, à plus d’un égard. Et c’est cette stratégie qui, à juste titre, nourrit pleinement les convenances de chacun des deux pays. Les accords signés récemment appuieront cette stratégie certes, mais il n’en demeure pas moins, que les efforts conjugués jusqu’ici manquent encore d’un certain élan. Il faudra s’appliquer au niveau d’une frange de niches économiques dont le rendement pourra être constaté sur le court terme. C’est autour d’un système de programmes d’échange qu’il sera possible d’huiler les rouages du mécanisme d’une coopération efficiente dont l’étendue jonchera le pôle du Maghreb.

L’histoire de la Tunisie et de l’Algérie pourrait être une succes story pilote dans la région maghrébine mais aussi arabe et africaine. La volonté politique étant le fer de lance de cette bataille qui s’annonce sans conteste rude et qui semble néanmoins, gagnée d’avance eu égard à l’ensemble des dénominateurs communs qui allient, de manière suffisante, les deux pays voisins.

Nadya B’CHIR
13/02/2014 | 1
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