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Tunisie : Hélé Béji privilégie la cohabitation entre islamistes et gauchistes
01/05/2011 | 1
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Religion et politique, deux termes qui départagent actuellement la population tunisienne. Certains pensent qu’on doit islamiser la politique dans la nouvelle Tunisie, d’autres s’accordent à dire que la laïcité est la seule issue pour une Tunisie moderne et évolutive. Une situation assez floue et incompréhensible pour la plupart des Tunisiens qui se trouvent confrontés à deux pôles totalement opposés, réclamant de part et d’autre des libertés qui seraient, peut-être, contre une démocratie tant espérée.

Expliquant la genèse et spécificités de la révolution tunisienne, Hélé Béji, professeur et écrivaine tunisienne, s’est accordée une jolie valse entre la défense des islamistes et la motivation des progressistes, sous une casquette de tolérance qui, avouons-le, lui va assez bien.
Selon la fondatrice et présidente du Collège international de Tunis, qui a participé au forum international Réalités, le peuple tunisien est sujet à une inversion brusque de l’ancienne paranoïa du pouvoir en paranoïa de la liberté, contre toute forme de pouvoir. En effet, « la disparition du pouvoir a créé un vide sur le plan politique, ce qui a causé le changement radical des comportements des citoyens. Et la brusquerie de ce passage plonge le Tunisien dans un vertige où il n’a pas encore trouvé son équilibre. On assiste à une vraie mutation du concept de la citoyenneté qui devient sacrée. » Ajoute-t-elle.

En effet, « la tempérance n’est pas encore entrée dans nos meurs », et cela se remarque davantage au niveau des médias. Selon Hélé Béji, les médias, notamment télévisés, qui ont un impact important dans l’influence sur la conception des faits par le public, font des « mises en scène télévisuelles qui poussent à un flou et une incompréhension généraux». Une accusation qui pèse lourd surtout si on se fie aux récents sondages élaborés notamment par Sigma Conseil et qui démontrent qu’après la révolution, l’audience pour les chaînes tunisiennes a connu une importante croissance.

D’autre part, traitant de la problématique la plus actuelle, à savoir la confrontation entre la politique et la religion, opposant l’extrême droite à l’extrême gauche tunisiennes, Mme Béji dénonce la « grande dose d’intolérance, parfois violente, des progressistes tunisiens par rapport aux religieux », se demandant si ces contres-pratiques religieuses font réellement partie de la démocratie ?
En effet, si on appelle à un Etat démocrate et libre, on doit apprendre à accepter les idées qui s’opposent aux nôtres. « On va devoir vivre avec les islamistes très longtemps, on doit donc les accepter, respecter leurs idées afin de pouvoir discuter et échanger avec eux de la manière la plus civilisée ».

L’écrivaine, qui critique et s’oppose au voile, se déclare en contre partie comme l’avocate des femmes voilées, se basant sur le principe de libre arbitre. « A chacun son choix !» insiste-t-elle. « Et même si je suis contre le port de la Burqa, je suis aussi contre l’exclusion de la culture musulmane, notamment à travers la loi française contre le voile intégral », considérant cela comme une atteinte à la liberté de la femme.
01/05/2011 | 1
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