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Tunisie – Quand Lotfi Zitoun trompe l'opinion publique
14/06/2012 | 1
min
Tunisie – Quand Lotfi Zitoun trompe l'opinion publique
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Les bévues des membres du gouvernement Jebali concernant l’exposition du Palais Abdellia se poursuivent. Et Lotfi Zitoun ne sera pas en reste. À chaque jour son œuvre et aujourd’hui M. Zitoun, invité sur le plateau de « Hadith Essaâ » sur la Télévision nationale, évoque l’œuvre qui a été brûlée en pleine rue par un groupe de « salafistes » et autres délinquants, celle du « Ring ».
Dans l’interprétation du conseiller politique de Hamadi Jebali, récemment promu critique d’art, ce Ring représente des femmes voilées sur des punching ball, laquelle représentation serait, selon M. Zitoun, un appel à la haine et à la violence contre les femmes voilées, en plus du fait que le voile en soi doit être considéré comme sacré (sic) !

Dans les faits, « The Ring » de l’artiste Faten Gaddes, représente quatre illustrations de l’artiste elle-même sur ces punching ball. Ce que Lotfi Zitoun considère comme un voile constitue les cheveux de l’artiste, dont la forme peut s’apparenter à un voile. Sur ces punching ball est inscrit, dans l’œil de la femme représentée, le symbole d’une religion avec pour inscription : « Je suis juive », « Je suis chrétienne », correspondant à chacun des symboles. Pour la dernière illustration, il est inscrit : « Je suis Tunisienne ».

Un texte (en français), que Lotfi Zitoun a certainement omis de lire, donne des informations complémentaires sur la signification de ce « Ring », représentant la diversité et les libertés de culte, lesquelles diversités et libertés sont mises en danger, d’où la représentation sur les punching ball.

Interrogée par notre consœur, Lilia Blaise, pour le site slateafrique.com, Faten Gaddes explique que cette œuvre est inspirée d’une expérience personnelle. En effet, alors qu’elle participait à une manifestation sur la laïcité, l’artiste a été choquée qu’une personne lui demande si elle était tunisienne ou musulmane. « C’est la première fois dans mon pays que j’entendais une chose pareille », a-t-elle déclaré. Une œuvre donc qui, contrairement à ce qu’affirme Lotfi Zitoun, prône la tolérance et condamne les dérives extrémistes et sectaires, visant à diviser la société entre musulmans et mécréants.

Ironie de l’histoire, c’est ce même « Ring » qui s’est retrouvé brûlé en pleine rue, à La Marsa, après la clôture de l’exposition, réalisant ainsi ce que l’artiste avait condamné, sans que cet acte de vandalisme ne soit condamné par M. Zitoun.

14/06/2012 | 1
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