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Les chantiers qui attendent Béji Caïd Essebsi
28/12/2014 | 15:59
4 min
Les chantiers qui attendent Béji Caïd Essebsi

Le prestigieux New York Times a gratifié la Tunisie d’un édito élogieux sur ses colonnes le 25 décembre 2014. « Le pays offre plus d’espoir que n’importe quel autre pays musulman […] il mérite tout le soutien politique et économique que peuvent offrir les Etats-Unis et l’Europe ». Le journal pointe également les défis qui attendent la Tunisie. Et c’est là où la responsabilité de Béji Caïd Essebsi est engagée dans le cadre de ses prérogatives.

Le nouveau président de la Tunisie, Béji Caïd Essebsi, sera intronisé le mardi 30 décembre 2014 et ce ne sont pas les dossiers qui manqueront sur son bureau. Il est vrai que les prérogatives présidentielles ont été réduites par la nouvelle Constitution par rapport à celles mentionnées dans la version de 1959. Toutefois, le président de la République garde une marge de manœuvre assez importante dans des domaines sensibles tels que la sûreté nationale, la défense et les relations extérieures. Il a aussi la main sur les nominations aux hautes fonctions militaires et diplomatiques en plus de la possibilité de dissoudre l’assemblée et de proposer des projets de loi.
Il serait difficile de classer les dossiers par ordre d’urgence mais il parait évident que le dossier sécuritaire sera une composante essentielle du prochain mandat présidentiel. La lutte et l’éradication du terrorisme seront une nécessité lors du prochain mandat après avoir été une promesse de campagne redondante. La sûreté nationale faisant partie des prérogatives présidentielles, Béji Caïd Essebsi devra mettre en place une stratégie nationale de lutte contre le terrorisme. Par ailleurs, la conception et la mise en place d’une telle stratégie ne pourra se faire que grâce à l’aide de certaines compétences. Par conséquent, on peut s’attendre à ce que Béji Caïd Essebsi opère des changements au niveau de l’Etat-major des armées.

La lutte contre le terrorisme devra également se faire avec une complète synergie avec le gouvernement. En effet, cette lutte revêt au moins trois aspects : le premier volet, purement sécuritaire, qui concerne la lutte armée et le travail de renseignement en collaboration avec les ministères de la Défense et de l’Intérieur. Le deuxième est en rapport avec le développement régional et la lutte contre les inégalités sociales, vivier du terrorisme. Le troisième est relatif à l’assèchement des sources de financement du terrorisme, et là il s’agit de relations extérieures.

Un autre dossier va requérir toute l’attention du prochain président de la République, celui des relations extérieures. En effet, sous la présidence de Moncef Marzouki, les relations de la Tunisie se sont détériorées avec un certain nombre de pays et ont frôlé l’allégeance avec d’autres. On se rappellera notamment des relations tendues avec l’Algérie, avec les Emirats-Arabes-Unis, la rupture avec la Syrie et l’organisation du sommet des amis de ce pays en Tunisie. Béji Caïd Essebsi devra donner plus d’équilibre et de sobriété à la diplomatie tunisienne. Il devra également s’attacher à restaurer les relations avec l’Algérie et c’est dans cette optique que s’inscrit son annonce selon laquelle l’Algérie sera sa première destination en tant que président de la République.

Par ailleurs, la diplomatie tunisienne devra enrichir son panel en intégrant la composante économique. Béji Caïd Essebsi avait raconté plusieurs fois son anecdote au G8 quand il était chef du gouvernement avant les élections de 2011. Il avait réussi, à ce moment là, à attirer des aides économiques et certains investissements en Tunisie. En devenant président de la République, Béji Caïd Essebsi devra se transformer en VRP de la Tunisie et placer la composante économique au cœur de sa stratégie diplomatique. Son prédécesseur, Moncef Marzouki, n’avait pas réussi à capitaliser sur la révolution tunisienne et en faire un atout pour la Tunisie vis-à-vis des pays étrangers. Sous sa présidence, l’ambassade américaine a été saccagée, par exemple. De son côté, Béji Caïd Essebsi devra capitaliser sur la transition démocratique pacifique, comme argument, devant les instances financières internationales et les pays frères et amis de la Tunisie.

Le président de la République a également d’autres prérogatives qui sont la dissolution de l’Assemblée selon des conditions fixées par la Constitution, la proposition de lois en conseil des ministres et la proposition d’un gouverneur de la Banque centrale de Tunisie avec l’accord du chef du gouvernement et le vote de l’Assemblée. La possibilité de soumettre des projets de loi à l’Assemblée, sachant que ces projets sont examinés en priorité, peut devenir un atout maître.
En effet, l’utilisation de cette prérogative peut permettre au président de la République d’imprimer un certain rythme à la vie du pays. En cela, le président de la République, Béji Caïd Essebsi, peut tenter de concrétiser ses promesses concernant la situation socio-économique du pays. En effet, BCE a longuement évoqué, durant sa campagne, les problèmes relatifs au chômage, à la cherté de la vie ou aux préoccupations des jeunes. Pourtant, tous ces thèmes rentrent dans la compétence du gouvernement et de son chef qui devront gérer le pays. C’est en cela que la collaboration entre le président de la République et le chef du gouvernement prend une autre dimension. En effet, une certaine cohérence devra être maintenue entre la politique présidentielle et la politique gouvernementale sans qu’il n’y ait de conflit de compétences. Ce sera un autre des défis qui se poseront.

Béji Caïd Essebsi a fait plusieurs promesses électorales durant sa campagne. Maintenant qu’il a accédé à la magistrature suprême, il devra mettre de l’ordre dans les priorités du pays et s’échiner à tenir ses promesses. Sécurité, terrorisme, relations extérieures, propositions de lois… le bureau du nouveau président sera rempli de dossiers.
 

28/12/2014 | 15:59
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Commentaires (20) Commenter
BCE et le legs de la gouvernance des Islamistes..
drmohamedsellam
| 29-12-2014 17:53
BCE et le legs de la gouvernance des Islamistes..
Il faudrait avoir de l'énergie, du punch,de l'intelligence et de l'esprit de persévérance pour pouvoir démêler l'écheveau de ces problèmes cruciaux, héritage de la Troika et de quatre ans de troubles et de misères..de marasme économique et de perte de confiance ..de conflits idéologiques et d'horreurs du terrorisme..Comment allait-on procéder,alors qu'on est submergé par une avalanche de questions prioritaires ?Tout doit se refaire et tout doit être mis en question,pour échafauder enfin un plan global de reconstruction'BCE s'attellera à la tâche pour embellir l'image de la
Tunisie,pour lui redonner ses charmes et ses prestiges de l'ère bourguibienne
UNE NOUVELLE POLITIQUE ETRANGERE S'IMPOSE
Bourguibiste nationaliste
| 29-12-2014 14:48
Après les errements de Marzouki et les désastreux subis par la Tunisie sur le plan extérieur, il est urgent d'initier une nouvelle politique étrangère qui doit se ressourcer dans le Bourguibisme. Habib Bourguiba avait une conception des rapports de notre pays avec le monde qui nous a permis de sauvegarder une image positive de notre pays sur le plan extérieur. Il est temps de renouer avec cette conception.

un grand
fennec
| 29-12-2014 14:29
On voit déjà l'homme de la situation, avec stratégie politique à l'échelle internationale. Contrairement ...suivez mon regard. !je vous souhaite la plus grande réussite monsieur le président. Ps :si dans les vieux pots qu'ont mange la bonne soupe .
Les 3 priorités de BCE: "3 goals as Tunisia's president"
Hayy Ibn Yagdhan
| 29-12-2014 14:27
BCE a publie un article dans le Washington Post , intitule " My three goals as Tunisia's President".

Dans cet article BCE donne les trois priorités de son mandat:

"We must solve the daunting economic and social problems that began in the Ben Ali era and were aggravated by three years of incompetent Islamist administration. We must establish security in a country surrounded by insecurity. And we must strengthen our young democracy at a time when hopes for democracy elsewhere in the region are failing to take root."

Traduit en Français :
"Nous devons résoudre les problèmes économiques et sociaux profonds qui ont commencé à l'ère Ben Ali et ont été aggravés par trois années de l'administration islamiste incompétente. Nous devons établir la sécurité dans un pays entouré par l'insécurité. Et nous devons renforcer notre jeune démocratie à un moment où l'espoir pour la démocratie ailleurs dans la région ne parviennent pas à prendre racine."

Le dossier économique va être prioritaire et BCE precise:
"Nous devons investir dans l'emploi des jeunes, notamment par la formation de nouveaux emplois dans le secteur de l'économie numérique et le service. Nous devons également intégrer les régions de l'intérieur en améliorant leurs systèmes de transport, l'amélioration des soins de santé et la création d'emplois dans l'énergie solaire et des industries agricoles adaptées pour ces terres arides."

Les recommendations de Mr. Achouri ont le gout du sécuritaire, un retour a la stratégie de ZABA qui nous a conduit dans ce gouffre.
Le premier défi est que BCE tienne sa parole!!
Al Farouk
| 29-12-2014 14:15
"Notre" futur président nous a déclaré au début de la semaine dernière qu'il allez démissionné du poste de président du Nidaa dans deux jours.Une semaine écoulée,et rien de nouveau à ce sujet.Etre président de la république et en même temps président de son propre parti est clairement contre-constitutionnel.C'est l'article 76 qui le stipule de la façon la plus claire.
Un peu de répit pour ce pays martyrisé
rzouga
| 29-12-2014 12:29
Une colossale pile de dossiers qui attend BCE et son gouvernement: je pense qu'il est capable d'établir un classement par priorité de ces dossiers, pourvu que ses détracteurs égoïstes et tenaces qu'ils sont ( on les a vu à l'oeuvre) , se calment un peu pour laisser un peu de répit pour ce pays martyrisé, le temps de respirer et de pouvoir se relever.
La Tunisie
sss
| 29-12-2014 12:22
Relèvera tous les défis elle en est capable avec ses enfants ! les tunisiens sont capables nous arriverons à avancer et la tunisie sera la suisse africaine arabe avec ses propres empreintes ! l'empreinte de ses enfants !tahya tounes !
Développement régional et décentralisation, suprême enjeu
Sidi Teta
| 29-12-2014 10:52
Ce pays sera profondément malade tant que les déséquilibres régionaux , socio-économiques mais aussi en termes de bien-être et d'accès à la culture, persisteront.

Vu le retour aux affaires de la bourgoeisie huppée des régions de l'est, on n'est pas sorti de l'auberge.

CE doit donner priorité absolue au développement régional car s'il échoue la prochaine révolte conduira à la guerre civile et à la fin iiréversible de la unisie telle que configurée depuis trois siècles.
@Yael Stein : MERCI POUR LE SHALOM MAIS LA TUNISIE OUBLIE PAS LA PALESTINE
Sémir
| 29-12-2014 08:54
Tous les juifs sont les bienvenus en Tunisie sauf les extrémistes notamment de la LDJ qui crient "mort aux Arabes".

N'oublions pas cependant et SURTOUT les 2000 morts civils palestiniens dont 500 enfants.

N'oublions pas que des israéliens dansaient en regardant les Palestiniens de Gaza se faire bombarder.

N'oublions pas aussi ce jeune Palestinien (Mohammad Abou Khdeir, 16 ans) assassiné en étant brulé vif après avoir été forcé de boire du carburant.

Oui, SHALOM ALIIK Yael Stein et espérons que cette année, les élections israéliennes verront la défaite de Netanyahou tout comme Marzouki et les islamistes ont perdu en Tunisie !
Shalom akhim BCE
YAEL STEIN
| 29-12-2014 03:09
Shalom à tous le monde,

Mazel tov TUNISIE et mazel tov BCE,
à coeur vaillant, rien d'impossible.
Lehi traout