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Chroniques
Le populisme appelle le populisme
Par Marouen Achouri
28/09/2022 | 16:59
4 min
Le populisme appelle le populisme

 

Les fidèles lecteurs de Business News auront certainement remarqué que leur journal n’a pas écrit un mot sur la polémique qui a agité la toile à propos des quantités de viandes rouges acquises par la présidence de la République. C’était un choix éditorial dicté par le fait qu’il n’y avait pas matière à polémiquer car il s’agit d’un achat d’approvisionnement normal et que le populisme suscité par cette histoire dans la plupart des commentaires n’avait pas besoin d’être alimenté.

 

Car il faut dire que la présidence de la République a été vilipendée et attaquée sur les réseaux sociaux à coup de grandes doses de populisme et de mauvaise foi. Il s’agit désormais de la scène sur laquelle va avoir lieu le jeu politique tunisien. Le populisme a été instauré par le président de la République, Kaïs Saïed, comme la règle première du discours politique. Lui et ses fanatisés ne doivent pas s’étonner aujourd’hui que leurs adversaires et leurs opposants répondent en usant des mêmes armes. La Tunisie, qui traverse l’une des pires crises économiques et sociales qu’elle n’ait jamais connues, se paye en plus le luxe de ne pas dialoguer autour de ces problématiques. Ceux qui parlent aujourd’hui de réforme économique, de projets d’avenir pour le pays, d’amélioration de la situation sociale sont devenus complément inaudibles à cause du vacarme que fait le palais de Carthage.

 

Dernier exemple en date, le chef de l’Etat évoque la problématique du déficit commercial avec sa cheffe du gouvernement, Najla Bouden, en préconisant de réduire les importations de produits dits de luxe comme la nourriture pour animaux et les parfums. Le populisme, élevé au rang de politique d’Etat par Kaïs Saïed, conduit le président à évoquer les plus pertinentes des problématiques en y apportant les plus mauvaises réponses possibles. Il y a un vrai problème de déficit commercial en Tunisie cela est indéniable. Mais au lieu d’évoquer le glissement du dinar, la crise mondiale autour de l’approvisionnement ou encore les moyens à mettre en œuvre pour augmenter les exportations, le président parle de nourriture pour animaux et de maquillage. Kaïs Saïed aura réussi à instaurer un populisme confondant que l’on trouve dans les déclarations politiques et sur les plateaux médiatiques. Le ridicule devient tout à fait admis et l’hérésie devient théorie.

Ce que l’on doit se rappeler est que les pires dictatures du monde se sont basées, avant tout, sur le socle d’un discours ultra-populiste. Les éléments de ce discours deviennent par la suite des principes inébranlables dont la remise en doute peut conduire en prison, ou pire. Kaïs Saïed et ses disciples sont critiques envers la marche du monde et condamnent avec vigueur la situation internationale, mais cela ne les empêche pas d’adopter et d’utiliser les mêmes mécanismes pour s’emparer totalement du pouvoir. Ils ont besoin d’alimenter le mythe selon lequel ils auraient une approche nouvelle des choses, et pour alimenter ce mythe il faut beaucoup de populisme. A ce populisme il faut aussi des cibles désignées. Alors tour à tour, ce seront les opposants politiques accusés de tous les maux du pays, ce seront aussi les hommes d’affaires qui sont des corrompus notoires et qui monopolisent les richesses du pays, ce sera également l’élite du pays qui n’est pas en phase avec le « tournant historique » initié par le président de la République et qui ose dire qu’il se trompe. A chaque phase, à chaque épisode de ce mauvais feuilleton ses cibles désignées. Faute de réel contenu, le discours sonne souvent creux et l’on est obligé de taper sur cet ennemi invisible et insaisissable que sont les « parties », les « autres » ou les « traitres ».

 

Kaïs Saïed aura réussi à mettre une majorité de ses opposants politiques au diapason de son discours populiste et creux. Il a fait en sorte que ce soit le seul langage audible sur la scène tunisienne pour le plus grand malheur de ce pays. Le traitement de la dangereuse problématique du déficit commercial se transforme en échange de blagues plus ou moins marrantes autour de la nourriture des animaux et du maquillage. De l’autre côté, nous avons des disciples et des « explicateurs » incapables de répondre à la moindre interrogation concernant la compensation, les déficits de la Tunisie ou encore la gestion de sa dette extérieure. Mais sans aucune vergogne, ils nous promettent monts et merveilles. Ahmed Chaftar, plus grand fan du professeur président, dit, sur les colonnes d’Acharaa Al Magharibi qu’il va se porter candidat pour « être à la hauteur de la responsabilité » et que « nous verrons des merveilles après les élections ». Dans n’importe quelle démocratie respectable, de tels propos seraient la risée de tous. En Tunisie, ce sont des propos tout à fait acceptables, admis et même portés par d’autres relais. Quand Kaïs Saïed parle de « milliards de milliards » à récupérer on ne sait où car on ne sait qui les a volés, il voit son discours adopté par une population crédule et désemparée. Le pire c’est que Kaïs Saïed et ses aficionados croient vraiment que la Tunisie décollera grâce à ses entreprises citoyennes et sa réconciliation pénale.

 

Michel Onfray a écrit : « Le populisme est le plus dangereux des narcotiques, le plus puissant des opiums pour endormir et anéantir l’intelligence, la culture, la patience et l’effort conceptuel ». Nous pouvons dire qu’en Tunisie, nous sommes en plein trip, et la descente va faire très mal.

Par Marouen Achouri
28/09/2022 | 16:59
4 min
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Commentaires
Rationnel
La politique des etapes
a posté le 29-09-2022 à 13:20
KS a identifie le problème mais prendra du temps pour parvenir a la solution.
'?a fait des années qu'on dit que les énergies renouvelables, les voitures électriques ... sont la seule solution pour une grande majorité des problèmes non seulement économiques mais aussi pour limiter les dégâts du changement climatique en Tunisie et le reste du monde.
La majorité des dirigeants du monde (non seulement la Tunisie) refusaient cette thèse.
La situation en Europe est pire que celle en Tunisie, en grande Bretagne, le pays a évité une catastrophe de justesse, plusieurs fonds de pension était menace de faillite il y a deux jours, et il fallu l'intervention de la banque centrale pour éviter le pire. En Allemagne l'agence qui gère les réseaux de distribution de gaz vient de lancer une alerte et demande aux citoyens et industriels de reliure leur consommation d'énergie de 20% pour économiser le gaz, l'hiver s'annonce froid.
L'Europe doit dépenser plus de 500 milliards d'euros cet hiver pour que les citoyens puissent chauffer leur maisons et payer les factures d'électricité, plusieurs usines énergivore ont ferme et ont relocalise vers d'autres pays comme les USA ou l'énergie est moins chère. L'Europe aurait pu commencer sa transition énergétique plutôt et éviter de dépendre autant de la Russie.
C'est la même situation en Tunisie, l'énergie représente 38% du déficit commercial, pour avoir des devises pour acheter la nourriture il faut réduire les dépenses sur les importations d'énergie (gaz: électricité et chauffage, processus industriels), pétrole (transport). C'est la famine ou la transition vers les énergies renouvelables.
Le Président et ses supporters le réalisent, le seul projet propose par Chafter, 'l'éminence grise' du régime est un projet a Zarzis qui promet la création de 4000 emplois, propose par un ancien ministre de Ben Ali depuis au moins une décennie. C'est le village ecolo-solaire de Djerba-Zarzis, ce projet est bloque comme le reste des projets d'énergies renouvelable. L'obstacle c'est la bureaucratie ou les syndicats de la STEG et dans les deux cas ce sont des gens qui préfèrent garder leurs petits morceaux du gâteau pour eux et leur progéniture que d'augmenter la taille du gâteau pour tous (les emplois sont hérites par les descendants).
Carthage Libre
Meskine. Rêve mon mec, rêve....
a posté le à 13:32
Le rêve c'est gratuit.

Mais mon ami on n'attendra pas "des années" ; Kaies Saied, le 7mar qui veut devenir 7sane, sera dégagé vite, très vite.
Rationnel
Les choses progressent
a posté le à 16:08
Les médias se concentrent sur le négatif, mais tout n'est pas noir, la haine et la rage sont les émotions qui attirent plus et garantissent plus de rétention et d'interactivité des lecteurs. C'est une stratégie inventée par Facebook.
"La Tunisie a relevé son objectif de part d'énergie renouvelable dans la production d'électricité de 30 % à 35 % d'ici 2030. Le pays prévoit d'investir 900 millions de TND/an (294 millions de dollars US/an) pour stimuler les projets d'énergie renouvelable et atteindre cet objectif. Le pays prévoit de développer plus de 4 GW de capacités renouvelables supplémentaires d'ici 2030, soit une capacité annuelle d'au moins 500 MW/an sur une période de 8 ans.
La Tunisie lancera 3 appels d'offres internationaux pour construire 2 GW de capacité d'énergie renouvelable, pour un investissement de 5 milliards de TND (1,6 milliard de dollars). Les appels d'offres porteront sur plusieurs projets solaires photovoltaïques de 100 MW, deux projets éoliens de 75 MW et 600 MW d'autres projets non spécifiés. En mars 2022, le pays a déjà accordé des licences à trois entreprises internationales pour développer 500 MW d'électricité à partir d'énergies renouvelables."

Fares
Manifestation conjointe de l'ACT et de l'AFT ce samedi
a posté le 28-09-2022 à 21:52
L'ACT (association des canins de Tunisie) et l'AFT (association des félins de Tunisie) organisent ce samedi 1er Octobre une manifestation pacifique devant le théâtre municipal de Tunis afin de protester contre les mesures discriminatoires prises par Kaisollah récemment.

Venez nombreux, des croquettes et du pâtée seront généreusement offerts à tous les manifestants. Miaou miou, hab hab.

Sérieusement, je crois qu'il ne nous reste plus qu' espérer que nos boules de poiles chéries réussissent à dégager le fuhrer de Carthage. Quand au grand peuple il continue à se faire ... avec le sourire.
Abir
@Monsieur Achouri
a posté le 28-09-2022 à 18:10
On dit klemek ma3a eli mè yfehmekch yna9es men el3mor ! Rien ne corrige un têtu et ses complices, le peuple doit faire savoir son mécontentement haut et fort en manifestant , c'est un droit légale et nécessaire pour stopper ce cinéma ! ks fait tout le contraire de ce qu'il dit
Carthage Libre
Mon ami journaliste, j'avais déjà évoqué cette histoire "d'approvisonnement" au Qsar Carthage quand Saied avait fait sa "tournée" à Bizerte.
a posté le 28-09-2022 à 16:18
Et je vous avez dit qu'il est allé fermer son compte épargne à la BNA...

Et je vous avez dit qu'il est allé faire la "3oula" de l'hiver dans les marchés de Bizerte.

Pour le "ndhif" Saied, l'hiver sera chaud au Palais, et on bouffera très bien...mais dehors, le peuple n'a que se démerder ; si tu proteste, il te dira "Maw tu as voter le "Destour" pour moi? Maw je suis "ndhif"? Maw tu as voté en 2019 pour moi? Maw tu vas voter pour moi le 17 décembre? Alors FERME ta gueule et bouffe les pierres si tu veux" hhhh

Mala BGARS dans ce pays. Un TAS de BGARS, isadqou "khorrafet ommi sissi"...