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Khalil Laâbidi : il n’y a plus de discipline au sein du gouvernement
13/05/2022 | 16:07
5 min
Khalil Laâbidi : il n’y a plus de discipline au sein du gouvernement

 

L’ex-président de l'Instance tunisienne pour l'investissement (TIA), Khalil Laâbidi, a expliqué que la hausse considérable des investissements selon les derniers chiffres rendus publics résultait d’une comparaison avec une année de blocage et de suspension des activités économiques à savoir 2021.

Invité le 13 mai 2022 par Khouloud Mabrouk sur les ondes de la radio IFM, Khalil Laâbidi est revenu sur le secteur ayant enregistré le plus d’investissement. Il a précisé qu’il s’agissait d’un investissement sous la forme d’une augmentation du capital d’une banque, soit un investissement en portefeuille et ne conduit pas à la création d’emplois. « Il n’y a pas de véritable investissement... Il s’agit d’un investissement sous la forme d’une augmentation du capital d’une banque, soit un investissement en portefeuille et ne conduit pas à la création d’emplois », a-t-il dit.


Khalil Laâbidi a souligné l’impact de la reprise de l’activité économique sur l’employabilité et le quotidien du citoyen. Il a évoqué l’organisation du Tunisia Investment Forum et des promesses qu’il avait apportées avec lui. Il a expliqué le manque de réalisation et de concrétisation de ces promesses par l’instabilité politique. « Il y a eu, par la suite, un nouveau gouvernement qui a considéré le forum comme un échec… Il a choisi de ne pas concrétiser les promesses. Il a détruit ce qui a été fait au lieu de l’exploiter comme base et de faire avancer les choses… Or, nous avions eu comme invités des rois et des hommes d’affaires qui voulaient investir… Prenons l’exemple de l’hôpital de Kairouan, il s’agit d’un projet créé grâce à ce forum et dont les fonds ont été mobilisés. Il est, jusqu’à maintenant, en blocage. Nous n’avons pas la capacité d’exécution nécessaire… Il n’y a plus de discipline ou de travail d’équipe au sein du gouvernement garantissant un minimum de visibilité », a-t-il poursuivi.




Il a affirmé que le blocage et l’inexécution des projets résultaient de la complexité des procédures administratives et des accusations lancées à tort et à travers. Il a évoqué les difficultés rencontrées lors de l’expropriation de terrain. Il a, également, parlé de la réalisation du projet et du déblocage des fonds par étapes et des problèmes relatifs à la bonne gouvernance. « Nous ne sommes pas conscients de notre véritable capacité d’absorption. Nous avons accès à plusieurs fonds, néanmoins, nous n’avons ni l’expérience ni la capacité gouvernementale nécessaires pour réaliser les projets… Nous n’avons pas de véritables obstacles juridiques, il s’agit d’un problème d’application de la loi et du manque de volonté et de courage du pouvoir en place… On se prépare à changer la loi d’investissement réalisée en 2017 alors que les décrets d’application relatifs à ce texte n’ont toujours pas été promulgués. Ceci ne va rien changer ! Les administrations et les cadres ont peur… On les accuse ouvertement de corruption ! », a-t-il déploré.


Concernant un accord entre la Tunisie et le Fonds monétaire international (FMI), Khalil Laâbidi a expliqué que les autorités nationales étaient dans l’obligation de rendre des comptes à une institution auprès de laquelle elles empruntaient de l’argent. Il a souligné la situation économique critique du pays. Il a affirmé que les réformes attendues étaient connues de tout le monde. « Le FMI s’attend à une réduction de l’enveloppe consacrée aux compensations, notamment celle applicable pour les hydrocarbures et à un contrôle de la masse salariale. Le FMI précise qu'il existe des pays trois fois plus grands que nous avec la moitié de notre masse salariale. Il y a une incohérence entre celle-ci et la création de richesse en Tunisie… Le FMI s’attend à plus de rigueur quant à la masse salariale… Concernant les entreprises publiques, je dirais que tout Etat est un mauvais gestionnaire de projet privé… L’Etat ne peut pas concurrencer les entreprises privées et doit se limiter aux secteurs monopolistiques tels que l’armement, la santé, l’électricité et l’eau », a-t-il ajouté.


Khalil Laâbidi a expliqué que l’Etat ne cherchait pas la rentabilité. La Tunisie doit trouver une solution. Ceci ne signifie pas forcément recourir à la privatisation. « L’UGTT n’a jamais affirmé son opposition à la privatisation. Il a appelé à un dialogue et à l’étude des entreprises au cas par cas. L’union est prête à étudier des plans de sauvetage », a-t-il dit.

Il a souligné l’importance de trouver un accord avec le FMI permettant une relance économique en introduisant des réformes structurelles et profondes. Ceci, selon lui, aboutira à un grand projet ambitieux. Il a considéré qu’une telle chose était peu probable puisque le gouvernement cherche la stabilité et la paix sociale. 


S.G

13/05/2022 | 16:07
5 min
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Commentaires
DHEJ
Le FMI est aussi bête que nos gouvernants
a posté le 13-05-2022 à 20:36
Incapable de R'?GULER la masse salariale et non la réduire!
SAHLI
M.Khalil Laâbidi : Merci pour votre avis !!!
a posté le 13-05-2022 à 17:58
Merci à Monsieur Khalil Laâbidi d'être aussi honnête et direct, car c'est exactement ce qu'il faut.
C'est vraiment dramatique à quel point les décideurs sont stupides !

Je suis tout à fait d'accord avec vous et merci pour ces mots clairs, des mots clairs avec conviction !
On ne peut pas faire mieux !!!

Notre déficit se creuse, tout a été calculé et ça va mal pour la Tunisie, les journalistes - surtout Essway7lia 9 - nous aident aident tout les jours.(Allah Là Yar7imlhoum Wald..)
Houcine
Remarques.
a posté le 13-05-2022 à 17:48
1/ sur la masse salariale qui pose question au FMI.
Les recrutements effectués par les islamistes, dont une des raisons consistait à placer leurs obligés et agents dans les divers rouages, y compris les entreprises publiques sont connus.
Lorsqu'on traite d'un sujet, il convient de le problématiser et d'en cerner les divers aspects.
Par conséquent, il serait utile et nécessaire de mettre sur la table cette question.
2/ déclarer comme allant de soi
" tout '?tat est mauvais gestionnaire" ressemble à un acte de foi dans une religion, au moins à une assertion qui reste à démontrer. Le contraire est aussi vrai, puisqu'existent des entreprises publiques bien gérées et stratégiques. Dans de nombreux pays.
Enfin, ce gouvernement n'est pas plus incohérent ou peu efficient que ceux qui l'ont précédé si l'on envisage l'état du pays depuis 2012.
Cela devient facile de critiquer sans argumenter avec sérieux.
On pourrait même porter au débit du secteur privé bien des causes de la faillite, si l'on dit que nombre d'entreprises ne s'acquittent pas de leurs impôts et sans doute il en est qui ne savent que tricher.
Pour parler de l'intérêt du pays, il faut être irréprochable et agir en citoyen.
On dénonce assez aisément le citoyen lambda, mais on semble oublieux des ruses, des combines de certains employeurs.
Chacun, de sa place, doit être vertueux.
Les moralistes, les experts, toujours parés de leurs savoir et
suffisance nous administrent des évidences sans se poser les mêmes règles pour eux.
BIEN
@Houcine: Mais pas en Allémagne !
a posté le à 19:18
"Le contraire est aussi vrai, puisqu'existent des entreprises publiques bien gérées et stratégiques. Dans de nombreux pays." (sic)

Il n'y a que quelques exceptions parmi les entreprises d'?tat qui font vraiment des bénéfices : Ce n'est que du gaspillage de l'argent des contribuables !
TRA
Oui Mr. Khalil Laâbidi..
a posté le 13-05-2022 à 17:25
"Il ne faut jamais sous-estimer la stupidité des gouvernements". - Helmut Schmidt