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Chroniques
Kaïs Saïed est en guerre contre qui ?
Par Synda Tajine
06/12/2022 | 15:59
4 min
Kaïs Saïed est en guerre contre qui ?


« Nous sommes en guerre » avait déclaré le chef de l’Etat hier en visitant la centrale laitière de Délice. En guerre contre quoi ? Contre qui au juste ?

 

Kaïs Saïed a sa petite idée sur la réponse et il refuse qu’on lui en propose une autre. Non ce ne sont pas les vaches qui sont en cause, « celles dont certaines donnent du lait écrémé alors que, d’autres produisent du demi-écrémé ». Ce ne sont pas non plus les compensations de l’État non payées, les problèmes de stockage et de distribution, les mauvaises conditions météorologiques, les pénuries de fourrage… Rien de tout cela. Kaïs Saïed n’en a que faire des explications techniques que les professionnels du secteur laitier lui donnent. La réponse est manichéenne selon lui. Seuls les saboteurs sont à blâmer. « Ceux qui cherchent à provoquer des crises afin de porter atteinte au peuple tunisien ! […] ceux que le peuple a rejetés et dont il veut se débarrasser. Ceux qui ont commis des crimes contre le peuple ! »

 

Peu importent les explications, concrètes et étayées, données par les professionnels sur les conditions de travail exécrables dans lesquelles ils travaillent. Des conditions qui peuvent – et doivent – être améliorées. Peu importent aussi les décisions prises par le gouvernement, en totale contradiction avec l’essence même des discours présidentiels. Que Kaïs Saïed refuse d’entendre parler de pénurie de fourrage hier et que la ministre du Commerce évoque cette problématique pour expliquer la crise du lait n’est pas une chose dont il faut désormais s’étonner. Le président n’est pas là pour énoncer des vérités, mais uniquement pour alimenter les fantasmes populaires. Ou plutôt les siens.

 

Kaïs Saïed doit absolument dire ce qu’il a à dire et il est évidemment plus chevaleresque et palpitant de parler de forces de l’ombre, d’ennemis de la nation et de taper sur les complotistes que de délimiter des responsabilités et des responsables et de trouver de vraies solutions.

Des explications simplistes qui expliqueraient tout selon Kaïs Saïed. Il avait expliqué de la même manière la hausse des prix des fruits et légumes. Rappelez-vous qu’il avait appelé les agriculteurs, tout simplement, à « vendre leurs produits à des prix couvrant les frais de production », pour éviter la hausse des prix et les pénuries observées ces dernières semaines.

Saïed avait indiqué, après une visite au marché de la ville de Aousja, que « les fruits et légumes peuvent être vendus à des prix couvrant les frais de production des agriculteurs » et que « ceci est la preuve que la pénurie n'est pas expliquée par un manque de produits mais qu'elle résulte du comportement des spéculateurs et des réseaux de distribution ».

On aura beau lui expliquer, le président de la République ne veut rien savoir. C’est plus facile et confortable pour lui d’accuser des fantômes et de prononcer des discours pompeux que de réellement se retrousser les manches.

Plus encore, le « roi nu » n’est alerté par personne. Ni cheffe de gouvernement pour lui faire remonter des dossiers, ni conseillers pour lui expliquer les choses, ni conseil des ministres pour s’entretenir avec lui. Personne n’est là pour dire au chef de l’Etat qu’il est nu face à la crise et que les ennemis sur lesquels il dépense son énergie – et la nôtre – à taper, ne sont pas là où il pense.

 

Au final, il faudra expliquer aux citoyens l’utilité pratique, réelle et opérationnelle d’une visite présidentielle de terrain. Visite lors de laquelle le chef de l’État prononce des discours déjà préparés d’avance sans se soucier des explications qu’on lui donne et où il lance ses mises en garde en tant qu’ « ultime avertissement » sans les accompagner de la moindre action visant à y mettre fin….

L’explication derrière cela serait beaucoup plus simple que ce qu’il parait. Le chef de l’Etat ne cherche pas à trouver des solutions, tout ce qu’il lui importe c’est de taper sur ses adversaires politiques et de maintenir sa popularité auprès des citoyens en leur disant exactement ce qu’ils veulent entendre…mais sans jamais avoir l’intention de faire quoi que ce soit pour y parvenir….

 

Par Synda Tajine
06/12/2022 | 15:59
4 min
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Commentaires
Carthage Libre
Don Quichotte contre les Moulins à vents...MSIBBA ce type...Catastrophe pour l'avenir de ce pays.
a posté le 07-12-2022 à 11:06
Et quand le pays s'écroulera et ça commence, vous allez dire que c'est Ennahdha? Oui, Ennahdha a détruit ce pays pendant 10 ans...mais Kaies Saied est entrain de lui porter le COUP DE GRACE grâce à son incompétence et son populisme à deux sous.
Askri
'?claircissements
a posté le à 18:33
NAHDHA n'a pas gouverné pendant 10 ans.
'? moins que vous ne considériez NIDA TOUNES une frange supplétive du mouvement islamique.
Si le parti NAHDHA avaijit
détruit le pays pendant 10 ans, pourquoi les tunisiens continuent à voter pour lui.
Patriore
BN=AMAR404
a posté le 07-12-2022 à 07:38
La liberté d'expression est une arme à double tranchant
On doit respecter aux lecteurs ce qu'on exigé aux journalistes et aux médias
Comme toujours la censure des avis contraire à vos articles
Dommage et dommage
Djodjo
Le seul souci de kais c'est le bien-être de said
a posté le 06-12-2022 à 23:10
Le problème de Kais c'est de rester au pouvoir tous seul et le plus longtemps possible.

Le problème du peuple c'est la pénurie, le pouvoir d'achat, l'emploi, l'avenir morose etc'?'

On a pas les mêmes priorités.
Nephentes
Vers ou
a posté le 06-12-2022 à 21:30
Je salue la vraie volonté de Mr Saed de trouver des solutions

Mais sa manière de penser et d'agir est hors sujet; il est de toute évidence mal informé voire manipulé

Le résultat en termes de crédibilité est un désastre
Djodjo
Il sait très bien ce qu'il fait, c'est loin d'être un pauvre bougre manipulé
a posté le à 23:06
La seule solution qu'il cherche c'est : comment rester au pouvoir le plus longtemps possible.

C'est tout.
DHEJ
J'ai la réponse, elle est dans la constitution de 2022
a posté le 06-12-2022 à 21:29
Il est en guerre contre l'article 98 de sa Constitution!
Naim
Drôle de question.
a posté le 06-12-2022 à 18:35
Il vous faut vous réveiller ma grande avant que le train ne vous laisse en rade.
Tunisienne libre
Ma grande?
a posté le à 20:20
Quel misogyne et quelle bassesse. Pas étonnant d'un inconditionnel de ks. Le niveau est vraiment très bas.
Djodjo
Un mouton cretin est fiere de l'être
a posté le à 23:13
Je confirme, les pro-médiocrités sont des moutons cretins intellectuellement limités.

Suffit de les lires pour s'en rendre compte.
Hassine
Contre vous et vos demblabled
a posté le 06-12-2022 à 17:02
Ya iklass la letterature avec la quelle vos modules vos phrases n'est pas du tout de la politique ni de l'objectivité a l'égard des phénomènes socio-politiques mais toujours de la haine a l'égard de celui qui a sauvé la vie des tunisiens des mercenaires traîtres travaillant pour le compte des etrangers en gagnant beaucoup d'argent. '?tes vous mandatée par ces messieurs. Il est en guerre donc contre vous et vos mandataires
Le Révolté
Toujours la même rengaine, la même musique
a posté le à 21:24
Votre commentaire est hors sujet pour ne pas dire stupide. Vous ne faites que blablater, toujours rassasser le passé afin d'éluder le présent ! Les responsables, des catastrophes que les tunisiens sont entrain de subir actuellement, sont toujours les mêmes mais certainement pas votre souteneur, votre dieu. D'après votre torchon, Lui il n'est pour rien. Voyons !. Un conseil : allez vous coucher et laisser une fois pour toute les commentaires aux autres. Hassine , vous êtes une verrue
Dhbaa3
@Hassine
a posté le à 18:20
Et toi BOUHA, tu te trompes d'auteure. Morte de rire.
GZ
"Bouha" ou bouhali ?
a posté le à 06:16
Bonjour.
Preuve, s'il en faut, que les idolâtres ont les idées fixes, les préjugés bien ancrés, ne s'embarrassent pas de lecture, encore moins de recul. Trolls, automates, ils obéissent à des pulsions primaires.
Le fanatique qui, au Caire poignarda un Naguib Mahfouz âgé, diminué, malvoyant, n'avait jamais ouvert un seul de ses livres. On peut parier la même chose de celui qui faillit assassiner Salman Rushdie.
A défaut de lecture, notre "souteneur" du jour aurait pu regarder le portrait croqué figurant l'auteure. Ressasser les vieilles antiennes ne saurait attendre.
Bien à vous