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Jacques Séguéla : la Tunisie demeure un pays mal aimé et méconnu parce qu?EUR(TM)il est « mal communiqué »

Jacques Séguéla : la Tunisie demeure un pays mal aimé et méconnu parce qu?EUR(TM)il est « mal communiqué »
« Un café nommé désir », « La force tranquille », « Demain, j’enlève le bas ». Tous ces slogans et ces petites phrases, qui ont façonné le marketing publicitaire et politique en France, voire en Europe, on les doit à un seul homme : Jacques Séguéla, vice-président du Groupe Havas.
Une des plus grandes sommités mondiales de la publicité et de la communication, Jacques Séguéla est parmi nous. Il a été l’hôte d’honneur, mercredi 6 octobre 2010, d’un déjeuner offert par l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE) qui l’a, également, invité pour les prochaines Journées de l’Entreprises en décembre 2010.

Vieux routier du secteur de la pub avec près d’un demi-siècle de carrière, Jaques Séguéla a exposé, devant un parterre composé d’un bon nombre d’hommes d’affaires, sa conception des dernières mutations en matière de communication.
Pour lui, il est impératif de suivre l’évolution et d’épouser son temps. Après le 19ème siècle et sa révolution marchande, le 20ème siècle et sa révolution industrielle, le 21ème siècle démarre avec l’avènement de l’immatériel.

Après deux siècles « lourds » marqués par le béton, le 21ème siècle est marqué par l’émergence du Net, « la plus belle des inventions et la pire des saloperies », dit-il.
Après deux siècles marqués par le machisme et la prédominance masculine, les temps sont, désormais, à la mise en relief des valeurs féminines qui se distinguent par les caractéristiques de l’écoute, de la ténacité, de la tendresse et du « don » de donner la vie.
Après l’ère de la communication imposée et du consommateur passif, place à la communication partagée, à la communication-conversation, qu’on peut assimiler à la démocratie participative et à la naissance du consommateur acteur et « proprio ».

Concernant l’évolution de la pub, sur le plan de la forme, M. Séguéla indique qu’il faut tenir compte de nombreux concepts dont, en premier lieu, la création et la créativité, deux conditions sine qua non pour le succès de tout spot et de toute campagne.
C’est dire, donc, l’importance du design, des couleurs et du choix des thématiques. Ainsi, avec une créativité décisionnelle, on crée une relation permanente avec le consommateur.
Et d’après le patron de Havas, les temps sont aux ondes circulaires entraînant des vibrations. Tout est, donc, dans les idées qui créent l’argent, car ce n’est pas l’argent qui crée les idées. D’où l’obligation de verser dans l’innovation concernant la publicité et le produit.

D’ailleurs, le spot conçu pour Tunisie Telecom, premier client de Havas dans le pays, a été réalisé en conformité avec cette tendance. Un concept qui a entraîné des buzz au départ, mais qui a été, sans conteste, une grande réussite sachant que ces « 30 secondes » ont fait l’objet de pas moins de 120 millions de téléchargements, selon M .Séguéla, un record du genre.
Et la collaboration continue pour de nouvelles étapes en matière de pub. Et de communication entre les deux parties. Ceci, côté technique, professionnel et conceptions.

Mais Séguéla a parlé aussi, et surtout, de la Tunisie en tant que pays qui réussit, un pays du futur, un pays qui allie l’avenir et la modernité à l’authenticité et aux valeurs ancestrales.
L’orateur a parlé de la Tunisie avec passion et émotion en évoquant ce qu’il appelle de véritables performances notamment en matière d’éducation, de diplômés universitaires, d’infrastructures gigantesques, d’émancipation de la femme, d’élargissement de la classe moyenne et d’amélioration spectaculaire du pouvoir d’achat (4 fois celui du Maroc et 10 fois celui de l’Egypte).
Toutefois, la Tunisie demeure un pays mal aimé et méconnu parce qu’il est « mal communiqué ». C’est le mot clé lancé par Séguéla. « Qui parle de la Tunisie en France et en Europe ? », s’interroge t-il. Ce sont les médias parisiens, plus précisément ceux de gauche qui sont influencés par des parties bien déterminées.
Or ceux qui aiment la Tunisie et qui y viennent par millions de tous les pays d’Europe, se taisent. Et il y a ceux qui n’en parlent pas parce qu’ils ne connaissent pas le pays. Le résultat est donc là : on ne parle pas de la Tunisie comme elle le mérite vraiment.

Interrogé par Business News sur les projets d’Havas aussi bien avec les entreprises tunisiennes qu’avec les autorités officielles, Jacques Séguéla a tenu à assurer que son agence est animée de bonne et grande volonté d’investissements. « Ma visite en Tunisie, dit-il, m’a permis d’établir plusieurs contacts avec les hommes d’affaires et les chefs d’entreprises et de faire le tour des ministres. Forts de notre envergure et notre rayonnement à travers le monde entier avec 300 agences réparties dans 75 pays, nous avons proposé d’aider la Tunisie à repartir en puissance.
Et je peux dire, a-t-il conclu, que nous sommes arrivés à un moment-clé pour donner la dernière poussée qu’il faut pour changer positivement l’image du pays ».

Nous ne terminerons pas sans mentionner que la rencontre s’est achevée par un geste, devenu rare ces derniers temps. Le créateur publicitaire a offert à ses convives du déjeuner son dernier « bébé » intitulé : « Autobiographie non autorisée ». Cerise sur le gâteau, il y apposera un autographe personnalisé.

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Commentaires

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BH. Hichem
| 09-10-2010 00:16
Le bruit et lâ??odeur : Jacques Séguéla , publicitaire.Propos prononcés dans Beau Magazine , en février 2009 :« Lâ??Africain a su préserver une part de rêve qui reste intacte malgré nos sociétés phagocytées par lâ??argent. Il est très créatif et garde un culte de la langue que nous nâ??avons plus. Il garde une pureté, une innocence, une naïveté, qui est la forme que doit prendre la publicité. Lâ??Africain est heureux malgré les drames quâ??il côtoie. La publicité doit réveiller lâ??enfant qui sommeille en nous. La force de lâ??Africain, câ??est de savoir garder cette part enfantine que les autres adultes effacent. »

Hichem
| 08-10-2010 23:36
C'est vrai que l'image de la Tunisie est jusque là très peu communiquée...Communiquer, faut-il aimer, faut-il tirer profit ou laisser tirer profit !C'est ni l'un ni l'autre, je pense qu'il faut l'avoir dans le sang sans pour autant être au four et au moulin, à chacun son style à chacun sa spécialité La Phrase de Mr Jaques est bien placée et bien en son temps, mais qui ne sait pas que l'image de la Tunisie est mal communiquée ; Ne serait-ce que sur l'image culturelle du tourisme et celui encore plus du tourisme saharien (secteurs promoteurs).Très souvent même dans des compagnes publicitaires tunisiennes il y'a compensation entre lâ??annonceur et celui qui se charge de cette annonceur...! malheureusement pour les investisseurs, dans certains cas bien sûr, ne réalisent pas leurs objectifs sur vente puisque l'accroche sujet de communication n'a pas été bien crée voir même pas crée du tout.Mixer la Pub tunisienne est une très bonne idée pour une issue vers le savoir du monde socio-artistique même si celle ci est au détriment de certaines catégories socio-culturelles tunisiennes.

wahid ibrahim
| 08-10-2010 10:11
Pourquoi s'acharner à regarder les choses à travers le seul prisme de la France et des français?Il est grand temps que notre vision embrasse le reste du monde,avec ses attentes et ses spécificités.Et dans ce contexte ,l'efficacité du "brillantissime" J. Séguéla reste à démontrer.

L'auteur
| 07-10-2010 18:39
Il est vrai que la campagne « Demain, jâ??enlève le bas » a été menée par le publicitaire Philippe Michel et lâ??afficheur « Avenir », mais il nâ??en est pas moins vrai que la création et le concept du slogan « Demain, jâ??enlève le bas » sont bel et bien de Jaques Séguéla. Dans un article publié par la Dépêche.fr en date du 15/08/2009 à 08:39, il est écrit : «C'était il y a 28 ans, fin août 1981, les Français découvraient médusés sur les panneaux d'affichage en 4 par 3 une jolie fille bronzée en bikini proclamant « le 2 septembre, j'enlève le haut » ; et quelques jours plus tard la même, seins nus, déclarant « le 4 septembre, j'enlève le bas. » Ce qu'elle fit effectivementâ?¦ mais photographiée de dos. La campagne de pub pour l'afficheur Avenir, concoctée par Jacques Séguéla, est devenue l'un des symboles de ces années 80, années fric et frime » N.H

ena
| 07-10-2010 16:24
"Demain, j'enlève le bas" n'est pas une campagne de Jacques Séguéla mais d'un des très grands noms de la pub française, Philippe Michel. Le M de CLM/bbdo.Une campagne qui reste probablement le meilleur exemple de campagne teaser à ce jour. Pour le compte de l'afficheur Avenir.

One Tunisien
| 07-10-2010 11:21
Je rejoins bien sur Jacques Seguela sur son analyse. La Tunisie, souffre d'un déficit en terme d'image par rapport à la réussite sociale, et économique. Qui malgré finalement, le peu de ressources du pays sont , et malgré quelques "obstacles", sont étonnantes. J'en suis le premier étonné en tant que Tunisien. Tout cela va de toute facon dans le bon sens, et va aider la tunisie dans le tourisme, dans l'expert, les services. Il faut aussi que la masse des tunisiens, soient conscientes qu'il ne faut pas relacher les efforts, et qu'il faut bosser et perserver. Que ce soit le serveur dans un hotel, ou l'agent dans un call center ou l'ingénieur dans une SSII ... tout cela fait partie de l'image de la Tunisie.

chokri
| 07-10-2010 08:40
Belle intervention de J Séguéla qui voit juste.La Tunisie a besoin de grands, comme lui, pour l'aider à construire une belle image qu'elle mérite, mais qu'il faudrait construire patiemment, avec l'aide de pros comme Séguéla,pour aller vite. Toutefois,à terme,il faudrait être en mesure de nous prendre en charge en formant de vrais spécialistes en communication, formation, il faut le reconnaitre, que nous avons partiellement négligée en Tunisie qui compte de milliers d'ingénieurs,de médecins,d'économistes, juristes etc., mais peu de spécialistes en communication.

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