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Facebook, sponsor "officiel" de la présidentielle !

Facebook, sponsor


L’élection présidentielle anticipée approche à grand pas. A peine un mois sépare les Tunisiens de la date du scrutin et les candidats ont déjà entamé leur campagne électorale. Une campagne qui s’annonce ardue, plaçant la barre très haut pour l’Isie qui tente tant bien que mal de faire face à une guerre acharnée entre les candidats.

 

Bien que la campagne électorale démarre officiellement, le 2 septembre selon le calendrier mis en place par l’Isie, les candidats retenus pour la présidentielle anticipée ont déjà sortis le grand jeu. La course vers Carthage semble enflammée et la magistrature suprême tente plus d’un.

 

Après les candidatures folkloriques, le tableau commence à s’éclaircir puisque l’Isie n’a retenu que quelques 26 candidats. Cela dit, les prétendants à la présidence de la République ne font pas dans les demi-mesures et ont déjà entamé leurs campagnes, notamment, sur les réseaux sociaux.

Les internautes sont confrontés chaque jour à des dizaines de pages Facebook sponsorisées par des candidats ou par leurs proches. Et si certaines pages font de la promotion et de la pure propagande, d’autres sont devenues expertes en matière de diffamation, de dénigrement et propagation de fake news.

 

Devant la prolifération de « ce phénomène », l’Isie a fini par réagir. Dans ce contexte, le membre de l’instance, Anis Jarboui a indiqué dans une déclaration aux médias que le sponsoring Facebook pourrait s’inscrire dans le cadre du financement étranger, strictement interdit par la loi. Il a ajouté que les sommes dépensées dans ce sens sont facilement chiffrables et qu’elles vont être incluses dans le calcul de plafond fixé pour la campagne électorale pour chaque candidat.

Anis Jarboui poursuit en assurant que l’instance ne sera pas tolérante face à ces pratiques et qu’elle a repéré tous les dépassements. Il affirme, donc, que toutes les mesures disciplinaires seront prises et que tous les candidats seront avertis dans un premier temps. « D’autres sanctions plus sévères pourront être prises à l’encontre de n’importe quel candidat, quel que soit nom », souligne-t-il sur un ton ferme.  D’ailleurs, Anis Jarboui n’a pas hésité à qualifier ce qui se passe sur les pages de « campagnes sales et de très bas niveau ».

 

Même propos tenus par le président de l’Isie, Nabil Bafoun qui a assuré que l’instance mettra en place tous les mécanismes de contrôle nécessaires pour superviser le financement de la campagne électorale, notamment, en ce qui concerne le financement étranger.

D’ailleurs, le candidat à la présidentielle, Hachemi Hamdi, patron d’une chaîne de télévision et résident à l’étranger, a assuré, dans ce cadre, qu’il a été averti par l’Isie et qu’il ne pourra pas financer sa campagne par son propre argent. Il est même allé jusqu’à demander l’aide de ses sympathisants pour le financement de sa campagne.

 

Or, la question qui se pose, le sponsoring Facebook sera-t-il considéré comme étant un financement étranger ou sera-t-il inclus dans le plafond fixé à la campagne ? Comment est-il possible de dénombrer toutes les pages créées ou achetées sur les réseaux sociaux ? Comment savoir si un candidat est réellement derrière cette page ? La réponse à toutes ces questions reste floue, et les membres de l’Isie ne sont pas en mesure d’y répondre actuellement. D’ailleurs, la réunion du Conseil de l’instance tenue, hier, devait se pencher sur deux guides concernant le financement des campagnes électorales et les moyens de contrôle. En attendant, la publication de ces documents, toutes ces interrogations restent d’actualité.

 

Face aux toutes ces problématiques et ces défis, l’Isie doit se préparer et rester au-dessus de la mêlée. Sauf que cela, n’a pas l’air d’être aussi évident. Les publications à caractère poltique de certains membres sur les réseaux sociaux en témoignent. C’est le cas du post de Anis Jaboui parlant « des mouches bleues » qui a suscité une vive polémique l’ayant poussé à la supprimer d’aussitôt. Toutefois, sa réponse à ce sujet n’a pas calmé les esprits. « Si mes posts Facebook gênent, j’arrêterai d’utiliser Facebook. Les journalistes et les médias seront privés d’informations sûres et confirmées, puisque je postais des informations en temps réel et ça prenait moins de temps qu’attendre les déclarations des porte-paroles », indique-t-il sur un plateau télé.

 

En tout état de cause, la campagne électorale ne s’annonce pas de tout repos. En commençant par le scandale des parrainages jusqu’au financement suspect, tout en passant par les campagnes de dénigrement, tous les moyens semblent bons pour décrocher sa place à Carthage. Il faut dire que la tâche de l’Isie sera lourde et le rôle de la justice semble indispensable afin de garantir des élections libres et transparentes qui seront à la hauteur des attentes et des aspirations des Tunisiens.

 

Sarra HLAOUI

 

 

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