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Face au Covid-19, ce que les PME ont fait et ce qu’elles comptent faire
27/09/2020 | 15:59
5 min
Face au Covid-19, ce que les PME ont fait et ce qu’elles comptent faire

 

Les PME et TPE tunisiennes étaient déjà bien en difficulté avant la crise Covid-19, avec un accès limité aux financements et une pression fiscale de plus en plus importante. La pandémie a envenimé les choses, beaucoup d'entreprises ayant été obligées d’interrompre leurs activités. D’ailleurs, nombreuses sont celles qui n’ont pas pu reprendre leur activité et une large proportion appréhende la deuxième poussée épidémiologique. C’est ce que révèle le Baromètre Miqyes.

 

La 4éme édition du sondage réalisé par la Conect en partenariat avec le Pnud et le cabinet HLB GSAudit&Advisory a été présenté cette semaine, avec édition spéciale post Covid-19.

L’enquête a été réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 500 PME, employant de 6 à 199 salariés. Elle s’est déroulée entre le 3 août et le 4 septembre 2020. La méthode utilisée est quantitative basée sur l’administration d’un questionnaire structuré par téléphone. Des quotas par secteur, taille de l’entreprise et gouvernorats ont été établis en se basant sur les données les plus récentes du répertoire national des entreprises.

 

Ainsi, on apprend que 89,8% des PME sondées ont subi un impact négatif suite au confinement et à la pandémie : 34% ont pâti d’un arrêt de l’activité, 18,3% de tensions de trésorerie, 17,9% de baisse ou annulation de commandes de clients, 16,8% de ralentissement de l’activité, 14% de baisse de la fréquentation des clients et 11,9% de fermeture de l’entreprise. Pire, la moitié des entreprises ne disposent pas de plans de préparation aux crises et ne comptent pas en mettre un en place.

 

En ce qui concerne le télétravail, il peut être comparé à un service minimum, n’étant pas adapté à l’environnement professionnel. 63% des entreprises n’ont pas eu recours au télétravail et seulement 8,2% ont opté pour le télétravail. Par secteur d’activité, l’usage du télétravail a été massif dans le secteur des services avec un basculement total pour 22% des PME et un usage partiel pour 33% des PME. Le télétravail n’a pas dépassé les 30% chez les PME dirigées par de jeunes entrepreneurs, toutes activités confondues. Seulement 0,4% des PME industrielles ont totalement opté pour le télétravail. 76% des PME industrielles n’ont pas opté, même partiellement, pour le travail à distance.

Autre fait important, les femmes (pour 20% des entreprises) ont été plus affectées que les hommes (pour 10% des entreprises) par la fermeture des jardins d’enfants/écoles. Pour le reste, l’impact était le même, ou n'a même pas été ressenti.

 

Concernant la réaction face à la pandémie et au confinement, 50% des entreprises ont adopté un comportement attentiste. 15,4% ont eu recours aux services de livraison pour s’adapter et seulement 10% des entreprises ont aménagé ou reconverti leur activité pour répondre aux besoins liés à la pandémie Covid-19.

 

S’agissant des mesures d’assistance gouvernementale, 15,8% des responsables de PME n’étaient pas informés et 38,6% n’ont pas déposé de demandes d’assistance. Seulement 18,4% des PME sondées ont bénéficié des mesures de soutien gouvernementales. Dans le Sud, aucune PME n’a bénéficié effectivement de l’assistance du gouvernement

 

En ce qui concerne l’activité économique post-Covid, 17,6% des PME interrogées déclarent être encore en situation de blocage total, sans reprise d’activité économique et 50,4% évoquent une reprise lente et préjudiciable. Autre résultat important, 4,2% des PME projettent de fermer dans les 6 prochains mois.

Les entreprises bloquées invoquent pour la non-repris, le statu quo au niveau des pouvoirs publics et la situation générale du pays, outre une forte baisse attendue du chiffre d’affaires.

S’agissant la reprise lente, elle serait due, selon les entreprises interrogées, à une forte baisse de la demande et du pouvoir d’achat.

 

En réponse à une question sur les mesures supplémentaires que le gouvernement devrait prendre pour atténuer l’impact sur les entreprises, 47,8% d’entre elles réclament de la trésorerie, 24,8% réclament une baisse d’impôts alors que 24% veulent un meilleur climat des affaires et une meilleure application de la loi.

Au volet financier, seulement 17% des entreprises sondées déclarent avoir bénéficié d’une augmentation de leur autorisation de découvert bancaire suite à la conjoncture liée au Covid.

 

Parmi les résultats les plus importants du sondage, on note que 42% des PME interrogées appréhendent la deuxième vague du Covid-19, estimant qu’elle pourrait menacer leur activité dans les six mois à venir. Questionnées sur les changements envisagés pour faire face à la situation, 40% comptent adopter une attitude attentiste face à cette nouvelle situation. Le reste des PME optent pour des solutions variées d’ordre sanitaire, d’austérité, de changement, etc.

On notera cependant que les PME de plus de 50 salariés sont nettement moins attentistes que celles plus petites. Leurs solutions sont principalement d’ordre physique (surfaces, locaux, relocalisation, consignes sanitaires). 10% d’entre elles envisagent une diversification de leurs activités.

En outre, le tiers des répondants disent avoir l’intention de digitaliser durablement leur activité et 16,8% affirment avoir opté durablement pour le e-commerce.

 

Interrogés sur l’identification de nouvelles opportunités de Business, 26,6% des décideurs ont répondu en avoir principalement par l'exploration de nouveaux marchés et la diversification de leurs produits. Seulement 17,3% d’entre eux ont travaillé sur la digitalisation de leur activité.

 

La première vague du Covid-19 a ravagé les entreprises tunisiennes et particulièrement les PME. Plus de 50% tournent au ralenti alors que près de 18% n’ont pas encore repris leur activité. C’est donc normal que plus de 40% d’entre elles appréhendent une deuxième vague. Le pire, c’est que la situation épidémiologique est en train de se compliquer, les cas de contamination augmentant exponentiellement. Les blocages risquent de se multiplier et sans un soutien sérieux avec une application réelle des mesures d’aides aux entreprises, plusieurs PME vont dépérir.

 

Imen NOUIRA

27/09/2020 | 15:59
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Commentaires
Albatros
@ Dr Tazarki, le super mathematicien
a posté le 30-09-2020 à 17:59
il ne manque pas de mathematiciens ni de polytechniciens. on envoie mème des jumelles se former à polytechnique. c'est fou.
bref, trop, trop de diplomés, qui ne savent rien faire. donc inutiles.
à l'inverse, en Californie, on n'a pas le culte du diplome hérité de la France. c'est pourquoi çà marche mieux. eg. Apple Inc. fondé par un type sans diplome, vaut en bourse 100 fois le PIB de tout le pays .
la Californie, mème climat, mème topo, que tout l'afrique du nord, mais sans pétrole ni phosphates, est la 8 ème puissance économique.
expert
oui n importe quoi
a posté le 28-09-2020 à 05:37
en effet j étais questionné lors de cette enquête pour mon entreprise. l enquêteur voulait remplir sa fiche et mes reponses etaient vague et de l 'apeu près ( vu que je nn étais pas la bonne personne pour répondre a ses questions )
Dr. Jamel Tazarki
S'adresser plutôt à notre Institut National de la Statistique
a posté le 27-09-2020 à 21:47
dans l'article ci-dessus on pet lire "La méthode utilisée est quantitative basée sur l'administration d'un questionnaire structuré par téléphone" :)
--->
je suis désolé de le dire, mais on ne peut pas se permettre de tirer des conclusions à partir d'une Enquête lancée par téléphone sur un échantillon de 500 PME , non ce n'est pas sérieux...


Il faut comparer plutôt les revenus déclarés durant les années 2018, 2019 et 2020 de nos entreprises. ET ces statistiques on pourrait les exiger auprès de notre ministère des finances.


De même il y a aussi des statistiques des licenciements du personnel, il faut les exiger auprès des bureaux de travail.

Puis un échantillon de 500 PME n'est pas représentatif, il est plutôt probabiliste et par conséquent les résultats présentés dans l'article ci-dessus ne peuvent pas s'appliquer à l'ensemble de l'économie Tunisienne.

Il faudrait s'adresser plutôt à notre Institut National de la Statistique que de tirer des conclusions à partir d'une enquête pseudo-scientifique par téléphone.
--->
on ne peut plus se permettre de gérer la Tunisie de cette façon, pourtant les mathématiciens ne manquent pas en notre pays...

Certes, nos PME souffrent de la crise du coronavirus. par contre afin de trouver des solutions efficaces il faut tirer des conclusions à partir de données statistiques fiables.

Bonne soirée à tout le monde

Dr. jamel Tazarki, Mathématicien

Florent Pagny-N'importe quoi (une chanson pour les Tunisiens):
https://www.youtube.com/watch?v=Ceh51L6uegk