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2020, l’année résolument marquée par le Covid-19 pour l’UIB
16/04/2021 | 19:59
6 min
2020, l’année résolument marquée par le Covid-19 pour l’UIB

2020 a été une année compliquée pour le secteur bancaire et notamment pour l’Union Internationale de Banques (UIB). C’est ce qui ressort globalement de l’Assemblée générale ordinaire pour l’exercice 2020, tenue ce vendredi 16 avril 2021, sous la présidence de Mohamed Ali Ayed et en présence du directeur général de la banque Raoul Labbé de la Genardière.

 

L’UIB a clôturé l’année 2020 avec un résultat net en baisse de 47,35%, passant de 117,06 millions de dinars (MD) fin 2019 à 61,62 MD fin 2020, malgré une contribution au Fonds de garantie des Dépôts bancaires de 13,88 MD, 50,62 MD d’impôt et une contribution exceptionnelle de 6,14 MD (taxe 2% art 10 décret-loi du chef du gouvernement n°2020-30 du 10 juin 2020). S’agissant de dividendes, la banque a décidé de distribuer 24,19 MD, soit 700 millimes par action, pour une mise en paiement prévu à partir du 3 mai 2021.

Pour sa part, le Produit net bancaire (PNB) a atteint 402,2 MD en baisse de 4,1% par rapport à une année auparavant.

L’encours des dépôts de la clientèle a augmenté de 3,2%, situé à 5.132,86 MD et des créances sur la clientèle en hausse de 6,1%, atteignant les 5.832,98 MD. Le coefficient d’exploitation a atteint 50,3%.

 

Côté ratios de gestion et de rentabilité, la banque termine son exercice 2019 avec un ROE (rentabilité des fonds propres) de 9,4%, un taux de créances classées de 8,1% et un taux de couverture des actifs classés de 74,3%. Le ratio de solvabilité est de 12,61% pour un TIER1 de 10,47%. Le ratio crédits/dépôts a atteint 115,01% alors qu’il était de 116,72% en 2019.

 

Le groupe UIB a terminé 2020 avec un résultat consolidé de 65,17 MD, en diminution de 43,96%. Le PNB consolidé réalisé a baissé de 3,96% passant de 362,6 MD à 403,02 MD.

 

Il faut dire que le président du Conseil d’administration Kamel Néji avait prévenu, lors de l’AGO de l'année dernière, que « la performance 2019 sera difficile à maintenir en 2020 et l’UIB devrait voir ses résultats nets baisser fortement sous l’effet de la crise qui s’annonce très profonde». Il a avait souligné que «le coût de la suspension des intérêts au titre des crédits aux particuliers valait autant que neuf mois de résultat net de l’UIB».

 

S’agissant de l’impact négatif du Covid-19 sur l’exercice 2020, il a été recensé dans ses états financiers individuels. On estime donc l’impact en lien avec la baisse du TMM à -6,9 MD, avec le retard au niveau de l’activité à -43,8 MD, avec le niveau de l’activité des crédits -11,9 MD, avec la baisse de l’activité sur les commissions autres que les crédits -9,6 MD, avec le ralentissement de l’activité change de la salle des marchés -13,4 MD et avec la suspension des opérations de change manuel jusqu’à fin mai à -1,2 MD.

En outre, l’impact des mesures prises par la BCT concernant le report des échéances des crédits accordés aux particuliers est de -2,1 MD alors que celui de la suspension de certaines commissions, notamment le retrait DAB interbancaire, la gratuité des paiements TPE inférieures à 100 dinars et la gratuité de délivrance de cartes pour les clients qui en demandent est de -3,8 MD.

Par ailleurs, la banque a dû faire un effort additionnel de provisionnement pour les provisions collectives de 27,51 MD, la pandémie ayant eu pour effet une aggravation anticipée des impayées et des entrées en défaut.

 

 

Interrogé par un actionnaire sur les actions de la banque, outre celles décidées par la BCT, pour soutenir l’économie, Raoul Labbé de la Genardière a indiqué que les équipes de l’UIB ont travaillé sur deux axes : « Le premier axe est de soutenir la consommation, nous continuerons à faire notre métier de banquiers auprès de notre clientèle retail de les soutenir et accompagner leurs projets. L’autre axe est l’investissement ».

Parmi les points évoqués dans la stratégie de la banque en ce qui concerne l’investissement, le DG a affirmé que l’établissement veut contribuer à aider l’économie tunisienne à tirer avantage de la relocalisation des chaines de valeurs, le nearshoring, pour le secteur des multinationales et des sous-traitants de l’industrie européenne.

« En la matière nous accompagnons les grands donneurs d’ordre notamment par le biais de la synergie avec le groupe Société Générale –c’est tout l’intérêt d’appartenir à un groupe international– et avec la mise en place d’outil dédié en matière de cash management qui sont plus sécurisé et qui rassure nos donneurs d’ordre situés dans d’autres pays. Nous avons entamé des travaux d’animation avec les équipes commerciales de Société Générale en France, en Italie, en Allemagne de manière à rapprocher et faire le lien entre les grands donneurs d’ordre européens et les industriels tunisiens.

Dans les rendez-vous clients qu’on a eu ces dernières semaines, moi j’observe un véritable avancement dans les réflexions dans grands donneurs d’ordre sur ce nearshoring.

La succession de vague pandémique freine peut être certaines prises de décision mais je suis très confiant sur le fait qu’à partir du deuxième semestre 2021, l’économie tunisienne bénéficiera de cette relocalisation des chaines de valeurs des grands industriels européens », a-t-il assuré.

 

Questionné sur la promesse de la banque d’un payout de 34% à partir de 2018 par un actionnaire et sur la faiblesse du dividende distribué par un autre, Raoul Labbé de la Genardière a souligné en réponse à la première question qu’il faut remettre dans un contexte d’évolution réglementaire.

« Le secteur bancaire sous l’impulsion de la banque centrale migre en norme IFRS en fin d’année. Pour les banques, dans un contexte de crise économique, nous avons tous un enjeu de poursuite de la consolidation de nos fonds propres prudentiels en cohérence avec les évolutions que je mentionnais et de la même façon nous devons respecter la nouvelle exigence de la banque centrale du 19 mars 2021 de conditionner la distribution de dividende pour les exercice 2019 et 2020, à un ratio de solvabilité minimum de 12,5% et le ratio de solvabilité de l’UIB est de 12,6% pour 2020 et avec pour deuxième condition de ne pas dépasser les 35% des bénéfices », a-t-il expliqué.

Pour la deuxième question, il a précisé qu’il s’agit pratiquement des mêmes éléments de réponse : « problème de ratio de solvabilité, nécessité de consolider les fonds propre dans cette période marquée par une crise économique d’un côté et par des évolution réglementaire majeur de l’autre, notamment la convergence vers les normes IFRS qui vont obliger l’ensemble des banques à provisionner un risque potentiel et pas seulement un risque avéré et puis la nécessité de respecter les consignes fixées par la BCT du 19 mars dernier ».

 

Malgré la conjoncture, l’UIB poursuit son soutien à l’économie tunisienne. Mais, 2020 restera une année particulière dans l’histoire de la banque depuis sa transformation en 2007.

 

I.N

16/04/2021 | 19:59
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