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Youssef Chahed : c’est moi qui décide !

Youssef Chahed : c’est moi qui décide !

 

L’intervention télévisée de Youssef Chahed a clairement été un non-événement. Excepté peut-être la partie où il a dit – et insisté – que c’était lui qui avait mené et fait réussir les tractations avec le syndicat et à débloquer la crise. Lui et non Rached Ghannouchi, comme on a tenté de le faire croire…

 

« Je suis personnellement intervenu afin de débloquer les négociations et j’ai tenu plusieurs rencontres avec le secrétaire général du syndicat. Nous nous sommes mis d’accord qu’une année blanche était exclue et ces réunions ont permis de trouver un terrain d’entente et de désamorcer la crise » a déclaré Youssef Chahed lors de sa très brève apparition télévisée diffusée sur la Wataniya hier soir. Si elle n’a duré que 7 minutes et 21 secondes, l’intervention du chef du gouvernement a été cependant attendue avec impatience par les Tunisiens. Très attendue même puisque diffusée avec près de deux heures de retard. En effet, annoncée sur la page officielle de la Kasbah juste après le bulletin infos de 20h, il a fallu attendre 22h pour écouter Youssef Chahed, à cause d’un problème technique rencontré par la chaîne nationale.

 

Ponctuée de « je » et de « nous », l’allocution n’a rien apporté de palpitant comme information. Elle a cependant servi à souligner que le fait que c’est le gouvernement – et Chahed lui-même, qui ont fait réussir les négociations avec le syndicat. Visiblement l’objet-même de l’allocution. S’adressant à l’opinion publique mais aussi à l’UGTT avec lequel le gouvernement n’a pas intérêt à entretenir des relations tendues ou même ambigües, Youssef Chahed semble réagir aux propos de Rached Ghannouchi qui a été le premier à annoncer le déblocage de la crise gouvernement-UGTT qui s’éternise depuis des mois.

 

Dans une déclaration rapportée par Mosaïque Fm, à l’issue d’une rencontre avec Chahed, Ghannouchi a annoncé que « le pays est sur la bonne voie » entre autre, « grâce à l’annulation de la grève générale dans la fonction publique et la conclusion d’un accord entre le syndicat de l’enseignement secondaire et le gouvernement ». Des propos tenus à l’issue d’une rencontre entre Rached Ghannouchi et Youssef Chahed, juste avant la réunion du conseil de la Choura d’Ennahdha, tenue à Hammamet les samedi 9 et dimanche 10 février courant.

Cette annonce, qui précède celles des parties membres de cet accord, fait donc de Ghannouchi la première personne à annoncer la bonne nouvelle. Une tentative de s’approprier une « réussite » que le gouvernement a mis des semaines à construire. Ces déclarations ont été très mal accueillies par la centrale syndicale. Face aux propos de Ghannouchi, jugés « surprenants », l’UGTT a exprimé via une publication sur sa page officielle son étonnement de voir le chef du parti islamiste s’immiscer dans des négociations qui ne le concernent pas et auxquelles il n’a pas officiellement participé. Les propos de Ghannouchi seraient selon l’UGTT, « une tentative malheureuse d’instrumentaliser l’événement et de créer des initiatives erronées ». Si la participation de Ghannouchi n’a pas été officielle, ce dernier affirme avoir œuvré à faire réussir les tractations même sans y avoir réellement participé « de par sa position de parti membre de la coalition au pouvoir et donc partenaire du gouvernement ».

« Nous sommes un membre important de la coalition gouvernementale. Tout ce que le gouvernement décide, nous y tenons une part de responsabilité. Ils n’ont pas négocié dans le ciel mais bien sur terre », ajoute Ghannouchi dans une déclaration ultérieure.

Des rumeurs avaient même circulé quant à un supposé financement qatari des augmentations salariales. « Un honneur qui n’a pas eu lieu », selon Ghannouchi. « Ceci n’est pas vrai et si tel était le cas, nous en aurions été honorés », a –t-il répondu, interrogé par les médias en marge de la réunion du conseil de la Choura d’Ennahdha.

 

L’intervention télévisée du chef du gouvernement a été diffusée avec près de deux heures de retard. S’il a été très attendu, le discours a été qualifié de « non-événement » par la grande majorité des observateurs de la scène politique. En effet, aucun événement d’ampleur ne justifiait l’apparition de Youssef Chahed dont les interventions sont devenues beaucoup trop nombreuses pour s’attendre à une réelle annonce.

En gros, toute l’intervention du chef du gouvernement semble avoir été faite dans le but de mettre les points sur les i et de dire qui commande. Mais le chef du gouvernement communique un peu trop souvent et il communique mal. De l’autre côté, Ennahdha - et plus précisément Rached Ghannouchi - a encore réussi à jeter un pavé dans la marre et à déstabiliser la scène politique avec une simple déclaration qui a suscité plus d’effet que l’apparition officielle du chef du gouvernement. Par la même occasion, Ennahdha annonce, via son conseil de la Choura, que le parti est concerné par le scrutin présidentiel et qu’il compte présenter un candidat. Et ça, c’est une information - glissée toujours aussi subtilement – qui, elle, mérite que l’on s’y intéresse vraiment…

 

Synda TAJINE

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Commentaires (15)

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HichemBEHIRI
| 15-02-2019 21:14
Dans un régime parlementaire c'est le premier ministre qui décide de une de deux c'est tout comme les premiers six mois allongé de BCE après le 14/01/2011 de trois il a su faire l'équilibre entre l'USA,Ennahdha et le peuple,il a joué le jeu et ça a marché , je fais pas parti de son parti ou de quiconque d'autre , je constate c'est tout.

Sadok Kenani
| 13-02-2019 09:21
Si comme il se plaît à le rappeler qu'il était le Patron et que c'est bien lui qui décide,alors il aura sur la conscience d'avoir priver d'école bon nombre de nos Enfants pendant de si longs mois,alors qu'il pouvait anticiper cette perte de temps et d'argent et le gâchis occasionné per un ego surdimensionné..il pourra toujours raconter á qui voudrait bien l'écouter qu'il a sauvé l'année scolaire,personne ne le croira,les haricots sont bel et bien cuits..

GO JO
| 12-02-2019 19:38
Oh ! Oh ! Faites très attention, la quelle autoroute ? Celle de Monag ha ha ha. Attention il y a beaucoup de contre façon.

houda
| 12-02-2019 16:51
vous allez voir elle est ent train de construire sa propre autoroute qui va amener le peuple tunisien a bon port cette dame de fer sait se qu elle fait

Rationnel
| 12-02-2019 16:19
Le discours a été qualifié de « non-événement », c'est une bonne nouvelle. Si le discoure devient un non-évènement c'est un signe que le pays commence a sortir de la crise.
L'autre bonne nouvelle est la déclaration de Ghannouchi qu'il était le principal acteur dans la résolution de la crise et le déni formel de l'UGTT. Le fait que Ghannouchi cherche a s'approprier un exploit en mentant prouve une certaine crise chez Ennahdha. Ennahdha veut donner l'image que c'est un mouvement uni et essentiel pour la paix social mais cet épisode prouve encore une foi que c'est juste un mensonge. Ennahdha est bâti sur une pyramide de mensonges en commençant par le nom Ennahdha (Renaissance) en fait le mouvement est anti-renaissance. La renaissance en Europe qui a commence au 17eme siècle avec les idées et l'oeuvre de Descartes et Spinoza a cherche a libérer la pensée de la prison théologique. Le mouvement Ennahdha cherche a emprisonner la pensée dans une nouvelle prison théologique. En Tunisie et dans la majorité des pays musulmans sont encore au moyen age et l'age de la superstition, un penseur Tunisien qui reprend le idées de Spinoza souffrira du même sort, sera menace d'exécution comme Spinoza au 17eme siècle. On a un retard d'au moins 4 siècles, Ennahdha veut que en faire un retard de 10 siècles.

Une autre bonne "nouvelle" est la découverte et exposition des écoles coraniques. Une grande partie de la population ne peut plus denier le lien entre l'exploitation sexuelle des enfants et l'éducation religieuse. Ce n'est pas un phénomène unique a l'Islam, l'église catholique souffre du même fléau et l'église protestante aux USA vient de condamner plus d'une centaine de prêtres pour des abus sexuels dans la même semaine, les hindous souffre du phénomène mais comme nous ils sont dans le dénis.

L'UGTT a raison d'exiger de meilleurs salaires, les salaires en Tunisie sont trop bas. Ceci n'est pas la faute de l'UGTT mais des échecs et de mauvais choix politiques (les dix années de Ben Salah dans les années 1960), le choix économique des 40 dernières années avec Nouira et la loi 1972 qui a oriente le pays vers une économie basée sur la main d'oeuvres bon marche. Une recette pour une misère sans fin. Si l'UGTT veut un système économique différent elle doit s'engager dans l'arène politique et présenter une politique économique alternative qui peut sortir le pays du piège de la main d'oeuvres bon marche tout en évitant les erreurs du passe (Ben Salah était issu de l'UGTT).

Ahmed
| 12-02-2019 14:19
Sans parler de le position.

Le marseillais
| 12-02-2019 13:36
Les arrivistes vous êtes foutu , vous avez coupez la branche ou vous êtes assis hihihihahahahahouhokhou

HatemC
| 12-02-2019 13:20
Nous en sommes arrivé à se demander si le marionnettiste khriji, n'est pas le décideur et le faiseur de pluie et de beaux temps et que les différend 1er ministre ne décident en fin de compte que de l'heure à laquelle ils mangent, dorment ... le reste n'est pas de leur compétence mais bien du Majliss Echourra qui dirige en sous main ... HC

hor
| 12-02-2019 11:00
Y. Chahed a procédé à une implantation des cheveux qui ne lui va pas...

DHEJ
| 12-02-2019 09:24
Ah non il n'y peut rien.


La personnalité il faut l'avoir mais pas pour un ancien de l'ambassade US!!!

Jour pour jour et sous la gouvernance de ce GAMIN, le dinar a perdu 26,03% face au Dollar US et 16,71 face à l'Euro.


Par ailleurs, le PIB est passé de 47,59 milliards US en 2014 à 40,26 milliards US en 2017 et c'est lui avec le gourou que la Tunisie est commandée, quoi deux outsiders!!!


Ce GAMIN est un missionnaire...

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