Une compétition électorale, pour contrer l’immobilisme

Businessnews.com.tn | publié le 29/03/2017 13:53
 Par Hassen Zargouni
 
Le pays est à l’arrêt, nul besoin d’être oracle pour le constater. La construction institutionnelle est en panne, la cour constitutionnelle, le conseil supérieur de la magistrature, le code régissant les collectivités locales et bien d’autres éléments censés fonder notre jeune démocratie peinent à voir le jour.
 
 
L’investissement productif est à l’arrêt, les opérateurs économiques, les consommateurs comme les entreprises, ne se sentent pas en confiance. Le gouvernement est privé d’une loi d’urgence économique censée permettre le déblocage de la situation. Le déficit des caisses sociales, le déficit commercial et le déficit courant se creusent de jour en jour. Les indicateurs macroéconomiques tels que le taux de chômage, le taux d’inflation, la parité du dinar vis-à-vis de l’euro et du dollar ne s’améliorent pas.
 
 
Des réformes de fond, qui concernent l’administration, les entreprises publiques et le financement de l’économie sont proposées par le gouvernement et s’empilent au bureau de l’assemblée des représentants du peuple, elles peinent à en dépasser le seuil. Une ARP qui manque de moyens, souvent de volonté voire d’ambition pour légiférer vite et bien.
 
 
On assiste en somme à un Etat affaibli après janvier 2011 avec une constitution consensuelle, tantôt archaïque, tantôt moderne, diluant de manière certaine le pouvoir et rendant par la même le pays difficilement gouvernable, certainement en réaction aux pouvoirs dirigistes anciens. 
Un Etat que des prédateurs de tout bord ont fini par mettre quasiment à genoux. Mais qui sont ces prédateurs ? Des rentiers de l’économie, des membres de syndicats, certaines corporations, des mafias de la contrebande, des populistes poujadistes, quelques  chancelleries étrangères... Chacun y a sa part !
 
 
Un Etat qui, pourtant, résiste bien au terrorisme daechien et arrive cahin-caha à assurer la sécurité un peu partout dans le pays et qui malgré les tensions politiques, connait un calme relatif de la rue. Ce sont là, les deux plus grands actifs gagnés ces deux dernières années.
 
 
Les élections municipales prévues fin 2017 arrivent à point nommé pour espérer briser cet état de léthargie généralisée. Le consensus a été certainement utile pour un moment de notre histoire récente, mais aujourd’hui, il est temps de le dépasser. Avec l’avènement d’une démocratie locale, les citoyens pourront enfin s’emparer de leur destin dans leur espace commun le plus proche. Il faut qu’ils fassent preuve, avec leurs représentants, d’un sens aigu de la responsabilité et du don de soi pour le bien de leur collectivité et de leur pays, en somme pour leur propre bien. 
Ces échéances ne doivent pas être l’occasion de déchirements régionalistes voire tribaux avec l’émergence de velléités autonomistes ou sécessionnistes. En l’absence de tradition de la pratique démocratique au niveau local et en présence de forces extérieures occultes, dotées d’incroyables moyens financiers et médiatiques, qui ne visent qu’à semer le chaos, la vigilance est de mise !
Les municipales doivent être l’occasion pour les citoyens tunisiens de s’approprier le processus de démocratisation du pays en exploitant l’opportunité qu’offre davantage de décentralisation, tout en limitant les risques et possibles travers.
 
 
Oui pour des villes enfin propres, oui pour des cités où il fait bon vivre, oui pour des services communaux de qualité, oui pour des municipalités avec une bonne gouvernance, de la redevabilité et de la transparence dans la gestion. Oui pour construire une démocratie tunisienne partant du bas et allant vers le centre, oui à la concurrence saine entre les formations politiques, projets contre projets, dans l’intérêt exclusif du citoyen et de la Tunisie.
Non à l’immobilisme et l’apathie de la vie politique et socioéconomique du pays. 
 
 
Oui ! Nous avons grand besoin de cette compétition pour contrer l’immobilisme. 
En campagne et aux urnes citoyens !

Une compétition électorale, pour contrer l’immobilisme

publié le 29/03/2017 13:53
 Par Hassen Zargouni
 
Le pays est à l’arrêt, nul besoin d’être oracle pour le constater. La construction institutionnelle est en panne, la cour constitutionnelle, le conseil supérieur de la magistrature, le code régissant les collectivités locales et bien d’autres éléments censés fonder notre jeune démocratie peinent à voir le jour.
 
 
L’investissement productif est à l’arrêt, les opérateurs économiques, les consommateurs comme les entreprises, ne se sentent pas en confiance. Le gouvernement est privé d’une loi d’urgence économique censée permettre le déblocage de la situation. Le déficit des caisses sociales, le déficit commercial et le déficit courant se creusent de jour en jour. Les indicateurs macroéconomiques tels que le taux de chômage, le taux d’inflation, la parité du dinar vis-à-vis de l’euro et du dollar ne s’améliorent pas.
 
 
Des réformes de fond, qui concernent l’administration, les entreprises publiques et le financement de l’économie sont proposées par le gouvernement et s’empilent au bureau de l’assemblée des représentants du peuple, elles peinent à en dépasser le seuil. Une ARP qui manque de moyens, souvent de volonté voire d’ambition pour légiférer vite et bien.
 
 
On assiste en somme à un Etat affaibli après janvier 2011 avec une constitution consensuelle, tantôt archaïque, tantôt moderne, diluant de manière certaine le pouvoir et rendant par la même le pays difficilement gouvernable, certainement en réaction aux pouvoirs dirigistes anciens. 
Un Etat que des prédateurs de tout bord ont fini par mettre quasiment à genoux. Mais qui sont ces prédateurs ? Des rentiers de l’économie, des membres de syndicats, certaines corporations, des mafias de la contrebande, des populistes poujadistes, quelques  chancelleries étrangères... Chacun y a sa part !
 
 
Un Etat qui, pourtant, résiste bien au terrorisme daechien et arrive cahin-caha à assurer la sécurité un peu partout dans le pays et qui malgré les tensions politiques, connait un calme relatif de la rue. Ce sont là, les deux plus grands actifs gagnés ces deux dernières années.
 
 
Les élections municipales prévues fin 2017 arrivent à point nommé pour espérer briser cet état de léthargie généralisée. Le consensus a été certainement utile pour un moment de notre histoire récente, mais aujourd’hui, il est temps de le dépasser. Avec l’avènement d’une démocratie locale, les citoyens pourront enfin s’emparer de leur destin dans leur espace commun le plus proche. Il faut qu’ils fassent preuve, avec leurs représentants, d’un sens aigu de la responsabilité et du don de soi pour le bien de leur collectivité et de leur pays, en somme pour leur propre bien. 
Ces échéances ne doivent pas être l’occasion de déchirements régionalistes voire tribaux avec l’émergence de velléités autonomistes ou sécessionnistes. En l’absence de tradition de la pratique démocratique au niveau local et en présence de forces extérieures occultes, dotées d’incroyables moyens financiers et médiatiques, qui ne visent qu’à semer le chaos, la vigilance est de mise !
Les municipales doivent être l’occasion pour les citoyens tunisiens de s’approprier le processus de démocratisation du pays en exploitant l’opportunité qu’offre davantage de décentralisation, tout en limitant les risques et possibles travers.
 
 
Oui pour des villes enfin propres, oui pour des cités où il fait bon vivre, oui pour des services communaux de qualité, oui pour des municipalités avec une bonne gouvernance, de la redevabilité et de la transparence dans la gestion. Oui pour construire une démocratie tunisienne partant du bas et allant vers le centre, oui à la concurrence saine entre les formations politiques, projets contre projets, dans l’intérêt exclusif du citoyen et de la Tunisie.
Non à l’immobilisme et l’apathie de la vie politique et socioéconomique du pays. 
 
 
Oui ! Nous avons grand besoin de cette compétition pour contrer l’immobilisme. 
En campagne et aux urnes citoyens !
Hassen Zargouni
Commentaires (3) Commenter
Fiscalité régionale!
Dr. Jamel Tazarki
| 29-03-2017 16:29
Depuis des décennies, on prend aux régions pauvres au niveau social et on donne aux régions riches, ce qui est totalement injuste. Il faut revoir de fond en comble cette fiscalité régionale. Il faut ouvrir ce débat de façon très honnête. Il est temps que l'argent des gouvernorats/ Communes pauvres au niveau social reste bien en ces régions malgré la concurrence fiscale entre les gouvernorats.

Il nous manque en Tunisie une vraie décentralisation et transfert des compétences de l'Etat vers les collectivités locales. Les impôts locaux doivent augmenter et être investis dans la région même afin que celle-ci puisse financer ses projets locaux. Gafsa, Gabes, Nabeul, Kef, et tous les autres départements ne manquent pas de ressources.

Les impôts locaux (Communes, groupements intercommunaux, gouvernorats, régions) représentent une partie considérable du total des impôts payés par les ménages: La taxe d'habitation, les taxes foncières (La taxe foncière est un impôt local dû tous les ans par le propriétaire d'un bien immobilier) et la taxe professionnelle (elle est due chaque année par les personnes physiques ou morales qui exercent une activité professionnelle non salariée). Ces impôts sont des impôts directs et non progressifs. Ils devraient servir et renforcer le budget des collectivités locales, ce qui n'est pas du tout le cas. Gafsa est normalement le gouvernorat où il y a le plus de ressource, mais par contre à Gafsa on fait face à la pauvreté la plus flagrante de la Tunisie


Il est temps que l'Etat tunisien transfert des compétences qui étaient jusqu'à présent les siennes au bénéfice des communes, des départements et des régions ===> d'où l'urgence des élections municipales,.


Puis, il faut que des mécanismes de compensation prennent placent quand l'Etat décide de baisser les impôts locaux au plan national. L'Etat devrait verser de son propre budget, la différence manquante qui résulte de sa décision à l'échelle nationale.

Le budget des collectivités locales ne peut pas être alimenté seulement par l'Etat mais plutôt et en particulier par les impôts locaux. En contrepartie, les collectivités prennent en charge de grande responsabilité d'activités publiques.


Puis, il ne faut pas oublier l'impôt de solidarité. La contribution de solidarité doit être créée en Tunisie afin de financer les régions les plus pauvres de notre pays. Toute personne résidant en Tunisie et ayant un capital supérieur à une limite minimale doit payer un impôt direct sur la base d'une déclaration estimant la richesse détenu portant sur l'ensemble des biens sous soustraction des dettes. Cet impôt est dû par les personnes dont le domicile est en Tunisie sur tous leurs biens, qu'ils soient sur le territoire national tunisien ou en dehors de ce dernier. Je considère ces contributions comme légitimes et nécessaires à l'unité de notre pays. Les différences que le marché crée peuvent être nuisibles pour la démocratie si l'écart qui sépare les niveaux de vie des pauvres et des riches ne cesse d'accroître. Je crois même que la pauvreté de notre société tunisienne est la conséquence en particulier du développement d'une mauvaise richesse. Aveuglé par le désir d'une richesse illimitée, le mauvais riche ne peut voir le malheur des nécessiteux ni éprouver de pitié devant leurs peines.


Je rappelle que l'Allemagne a introduit l'impôt de solidarité pour l'ex-RDA. Il était/est destiné à soutenir la reconstruction de l'Est, le Soli a été prélevé juste après la réunification et représente 5,5% des impôts sur le revenu et sur les sociétés.

Jamel Tazarki


C'est dans l'intensité, la régularité et le renouvellement du débat socio-politique que se forge le gouvernement du peuple. La bonne santé de notre jeune démocratie tunisienne se mesure à ses contre-pouvoirs. Voilà pourquoi l'indépendance des médias, de la justice, l'activité syndicale et la qualité du débat parlementaire concernent tous les Tunisiens.
Pourquoi notre bourgeoisie et notre oligarchie ont le devoir d'aider l'Etat tunisien durant ces moments très difficiles?
Dr. Jamel Tazarki
| 29-03-2017 16:22
Dans l'article ci-dessus on peut lire: "Le déficit des caisses sociales, le déficit commercial et le déficit courant se creusent de jour en jour. Les indicateurs macroéconomiques tels que le taux de chômage, le taux d'inflation, la parité du dinar vis-à-vis de l'euro et du dollar ne s'améliorent pas."

==>
Pourquoi notre bourgeoisie et notre oligarchie ont le devoir d'aider l'Etat tunisien durant ces moments très difficiles?

La réponse est évidente et Mr. Sofiene Ben Hamida nous l'a donnée dans son fameux article sur le lien suivant:
http://www.businessnews.com.tn/L'investissement-étranger--attention-aux-mirages-!,523,66951,3

"Au cours de sa récente rencontre avec les acteurs économiques tunisiens, le chef du gouvernement Youcef Chahed a appelé les hommes d'affaires et les entrepreneurs tunisiens à prendre plus de risques. Cet appel, lancé en faisant bien attention aux formes diplomatiques d'usage, est un véritable réquisitoire contre une certaine catégorie d'entrepreneurs égoïstes qui ont toujours parasité l'Etat pour leurs propres profits.

L'heure est à la transparence et au franc-parler nous dit-on. Avouons donc que parmi les acteurs économiques actuels, certains ne doivent leurs fortunes et leurs positions financières qu'aux largesses et au favoritisme d'un Etat-providence qui, par clientélisme politique, les a toujours choyés. Avouons aussi que parmi ces acteurs politiques, certains s'empressaient, et s'empressent encore, de verser des milliards au parti politique au pouvoir, puis aux partis dominants, alors qu'ils rechignent à s'acquitter de leurs impôts envers l'Etat.
Cela a profité aux acteurs économiques, aux partis et aux carrières des politiques mais n'a nullement profité au pays. Avouons enfin, que des centaines d'hommes d'affaires, trop près de leurs sous, ont décidé depuis 2011 de réduire leurs activités, ou tout simplement de les délocaliser, au Maroc ou ailleurs, sans penser un seul instant à leur responsabilité envers un pays, qui passe par une période difficile certes, mais qui leur a tant donné.
Les acteurs économiques tunisiens doivent montrer aujourd'hui qu'ils s'inscrivent tous dans une dynamique nationale qui vise de sortir le pays au plus vite du marasme économique et social actuel."


Dans l'article de Mr. Sofiene Ben Hamida, tout est dit et très bien dit!

Jamel Tazarki

Jean-Jacques Goldman - Tournent les violons
https://www.youtube.com/watch?v=-eR6v2zcy4c
Ce qui manque...
DHEJ
| 29-03-2017 14:25
C'est le Tunisien démocrate... quoi le citoyen et civil en plus!!!
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