Un rêve qui vole en éclats ? Peut-être pas !

Businessnews.com.tn | publié le 11/02/2017 10:43

Le rêve maghrébin est-il mort et enterré ? Ce doux rêve des générations qui ont lutté contre les forces coloniales est-il mort ? Ce rêve d'intégration maghrébine post indépendance, tant loué par les économistes, s'avère-t-il une chimère, une lubie, un songe d'une nuit d'été à Tunis, à Alger ou à Rabat ?

 

On a pourtant tant de choses en commun...

 

D'abord cette désignation de l'ensemble géographique constitué par la Tunisie, l'Algérie et le Maroc par le terme "Maghreb" est-elle pertinente ? Ce terme fait référence en effet à un "Machrek", par opposition, une désignation dont l'ancrage se situe dans un orient prolifique littérairement mais qui a, au final, peu de liens culturels, à la base, avec notre "Maghreb". Le terme "Afrique du nord" aurait été bien plus neutre probablement car il s'agit d'une réalité voire une fatalité géographique immuable.


Au-delà de ces considérations sémantiques ou lexicales, force est de constater que les trois pays du Maghreb central avaient plus de points en commun avant les indépendances que maintenant, berbères à l'origine, ayant subi des invasions qu'ils ont tous assimilées, ces mêmes invasions ont façonné leur destinée commune, phénicienne, juive, romaine, byzantine, arabe, subsaharienne, andalouse, ottomane (sauf pour le Maroc), française, espagnole, italienne...
Après les indépendances, malgré l'entretien institutionnel d'un rêve d'union, à l'école, à travers  certaines productions audiovisuelles communes (la fameuse série J'ha des années 70...), chaque pays a pris une trajectoire propre et s'en est fini du rêve d'un Maghreb uni. Celui-là n'existe de fait qu'à Paris tant les différences en Marocains, Algériens et Tunisiens en tant qu'immigrés, sont balayées par des conditions de vie communes et des amalgames communs.

 

 

Un conflit et un immense gâchis...

 

Le conflit du Sahara a achevé les plans d'une quelconque destinée commune, du moins sur le moyen terme. On trouve les séquelles de ce conflit jusqu'aux élites, cela a dépassé les masses algériennes ou marocaines, rendant le problème inextricable à court terme. L'un accuse l'autre de ne pas lui permettre d'accéder à l'océan Atlantique. L'autre l'accuse de vouloir l'enclaver et le couper de sa profondeur stratégique africaine par l'émergence d'une entité autonome voire indépendante sur son flanc sud. L'un l'accuse de velléités expansionnistes dues à une histoire impériales historiques. L'autre l'accuse de le priver des gisements d'énergie essentiels pour son développement... On ne s'en sort pas !

C'en est fini alors d'un rêve de complémentarité, c'en est fini d'un rêve de mise en commun du potentiel et des richesses de chacun des trois pays à l'instar de la CECA, acier et charbon, embryon de ce qui fonde aujourd'hui l'Europe unie. C'en est fini de ce rêve où le Maroc offrirait des produits agricoles et son phosphate à cet ensemble chimérique, et où l'Algérie offrirait son énergie, son gaz et son pétrole et où la Tunisie offrirait son savoir-faire éprouvé en matière d'industrie de transformation, notamment en agro-industrie. C'en est fini enfin d'un Maghreb central intégré et où les Tunisiens Algériens et Marocains se sentiraient tous chez eux dans les trois pays. La menace terroriste avec son lot de méfiances, de part et d'autre, a sifflé la fin de cette chimère qui berçait les pères fondateurs de ces trois pays à l'aube de leurs indépendances.

 

Colonisés, ils étaient unis. Indépendants ils sont devenus désunis 


Le paradoxe est que dans leur lutte contre le colonisateur, ils ont su mutualiser leur force contre un ennemi commun, mais qu'à leur décolonisation, les trois pays se sont "nombrilisés" pensant s'en sortir seuls.   
La Tunisie en choisissant la voie de la démocratie ouverte, le chemin le plus difficile, mais aussi celui qui rend, en théorie, le plus de dignité aux citoyens, va peiner. Elle avancera lentement et sûrement car elle a en son sein les trois piliers de sa résilience : l'éducation de masse, la promotion de la femme et une classe moyenne qui résiste grâce au planning familial et à certaines politiques publiques ciblées telles les subventions des produits de base et un système de couverture sociale qui pèse sur les finances publiques. Ces actifs constituent des acquis à protéger d'une manière prioritaire. La Tunisie aura une croissance molle due aux difficultés d'implémentation de politiques publiques, démocratie oblige, et des aléas sécuritaires.
L'Algérie est un pays d'avenir mais qui risque de ne pas le rester si la sclérose politique continue à brider une jeunesse en mutation, connectée et très nombreuse. C'est le pays qui a le plus grand potentiel économique des pays du Maghreb grâce à sa manne en hydrocarbures, essentiellement, malgré la baisse conjoncturelle du prix du baril. En outre, l'Algérie dispose d'un gisement immense de gaz de schiste, posant du coup un immense problème écologique. L'Algérie n'a pas impulsé d'une manière suffisante ses PME, son agriculture et son potentiel touristique. L'aversion aux investissements étrangers de son administration, séquelle historique de la colonisation, est un frein à l'ouverture de son économie et sa diversification rendue nécessaire pour les prochaines années. Il s'agit d'un grand pays, une puissance régionale, un bastion contre certaines velléités d'ordre géostratégique, un pays à immuniser au mieux.


Le Maroc, avec un pouvoir royal fort et un minimum démocratique, arrive à impulser son économie à travers une bonne image à l'étranger et l'engagement des grands travaux tels que le port de Tanger, le TGV, la centrale solaire, les investissements dans l'industrie du phosphate et l'ouverture sur l'Afrique par ses banques, sa compagnie aérienne et les télécommunications et ses investissements publiques et privés, malgré les risques d'instabilité que connaît l'Afrique subsaharienne. Le Maroc demeure dépendant des aléas météorologiques pour son agriculture qui représente encore près du tiers de son économie mais connaîtra à moyen terme une croissance forte et stable comparable à celle que la Tunisie a connue pendant la décennie 90 où elle a été le 1er pays émergent en matière de croissance, avec 5.5% de taux de croissance moyen sur 10 ans, grâce à un pouvoir dirigiste, avant de sombrer dans le népotisme et l'autocratie totale. Le risque pour le Maroc est la forte disparité sociale que connaît encore le pays avec des taux élevés d'analphabétisme, de pauvreté et un statut de la femme à améliorer. Une croissance forte c'est bien, un développement partagé s'avère plus durable et l'exemple tunisien à cet égard est édifiant.

 

Un destin commun exigé par une fatalité géographique ?


Pour l'ensemble des pays du Maghreb central, il est impératif que la croissance, si elle est au rendez-vous, profite à tous et se transforme en un réel développement, équilibré et durable, une croissance inclusive et positive pour l'ensemble des citoyens.
Un paramètre de taille qui conditionne l'avenir de la région mais ne contribue aucunement à l'intégration culturelle ni économique de cette entité géographique, il s'agit de la digitalisation des sociétés maghrébines et notamment des jeunes. Le contenu développé dans chaque pays est, en effet, plus empreint de proximité, il est d'une telle intimité qu'il ne concerne pas l'autre, l'habitant du pays voisin. Cette numérisation accrue des sociétés maghrébines va aussi changer en profondeur le type de management et même de leadership de ces pays dans les toutes petites années à venir, car la moyenne d'âge de ces trois pays est de près de 27 ans...

Avec ces mutations, ces exigences de démocratie et de développement qui profitent à tous, le Maghreb est perçu par les grandes entités géographiques actives du globe, qu'elles soient américaines, européennes ou asiatiques voire africaines, comme faisant un tout, une entité à part entière. Cela est perceptible à travers les stratégies des multinationales en termes d'investissement ou d'échanges commerciaux, ces forces économiques qui considèrent le Maghreb comme une sorte de pays fédéral finiront par créer, de facto, cette intégration tant convoitée, car les économies des pays du Maghreb s'ouvrent à la mondialisation. L'arrimage aux marchés globalisés finira probablement par accélérer le processus d'union ne serait-ce que sur le plan économique, le politique viendra... ou pas, ce n'est pas si important que ça pour la prospérité de notre région et de sa jeunesse. 



Chiffres clés :


Tunisie
Population 2016 11.4 millions
PIB 41.1 milliards de dollars
PPA (parité pouvoir d'achat) 11 358 dollars par an par habitant

Algérie
Population 2016 40.8 millions
PIB 153.8 milliards de dollars
PPA 14 802 dollars par an par habitant

Maroc
Population 2016 34.8 millions
PIB 104.4 milliards de dollars
PPA 8 122 dollars par an par habitant


 Hassen Zargouni

Un rêve qui vole en éclats ? Peut-être pas !

publié le 11/02/2017 10:43

Le rêve maghrébin est-il mort et enterré ? Ce doux rêve des générations qui ont lutté contre les forces coloniales est-il mort ? Ce rêve d'intégration maghrébine post indépendance, tant loué par les économistes, s'avère-t-il une chimère, une lubie, un songe d'une nuit d'été à Tunis, à Alger ou à Rabat ?

 

On a pourtant tant de choses en commun...

 

D'abord cette désignation de l'ensemble géographique constitué par la Tunisie, l'Algérie et le Maroc par le terme "Maghreb" est-elle pertinente ? Ce terme fait référence en effet à un "Machrek", par opposition, une désignation dont l'ancrage se situe dans un orient prolifique littérairement mais qui a, au final, peu de liens culturels, à la base, avec notre "Maghreb". Le terme "Afrique du nord" aurait été bien plus neutre probablement car il s'agit d'une réalité voire une fatalité géographique immuable.


Au-delà de ces considérations sémantiques ou lexicales, force est de constater que les trois pays du Maghreb central avaient plus de points en commun avant les indépendances que maintenant, berbères à l'origine, ayant subi des invasions qu'ils ont tous assimilées, ces mêmes invasions ont façonné leur destinée commune, phénicienne, juive, romaine, byzantine, arabe, subsaharienne, andalouse, ottomane (sauf pour le Maroc), française, espagnole, italienne...
Après les indépendances, malgré l'entretien institutionnel d'un rêve d'union, à l'école, à travers  certaines productions audiovisuelles communes (la fameuse série J'ha des années 70...), chaque pays a pris une trajectoire propre et s'en est fini du rêve d'un Maghreb uni. Celui-là n'existe de fait qu'à Paris tant les différences en Marocains, Algériens et Tunisiens en tant qu'immigrés, sont balayées par des conditions de vie communes et des amalgames communs.

 

 

Un conflit et un immense gâchis...

 

Le conflit du Sahara a achevé les plans d'une quelconque destinée commune, du moins sur le moyen terme. On trouve les séquelles de ce conflit jusqu'aux élites, cela a dépassé les masses algériennes ou marocaines, rendant le problème inextricable à court terme. L'un accuse l'autre de ne pas lui permettre d'accéder à l'océan Atlantique. L'autre l'accuse de vouloir l'enclaver et le couper de sa profondeur stratégique africaine par l'émergence d'une entité autonome voire indépendante sur son flanc sud. L'un l'accuse de velléités expansionnistes dues à une histoire impériales historiques. L'autre l'accuse de le priver des gisements d'énergie essentiels pour son développement... On ne s'en sort pas !

C'en est fini alors d'un rêve de complémentarité, c'en est fini d'un rêve de mise en commun du potentiel et des richesses de chacun des trois pays à l'instar de la CECA, acier et charbon, embryon de ce qui fonde aujourd'hui l'Europe unie. C'en est fini de ce rêve où le Maroc offrirait des produits agricoles et son phosphate à cet ensemble chimérique, et où l'Algérie offrirait son énergie, son gaz et son pétrole et où la Tunisie offrirait son savoir-faire éprouvé en matière d'industrie de transformation, notamment en agro-industrie. C'en est fini enfin d'un Maghreb central intégré et où les Tunisiens Algériens et Marocains se sentiraient tous chez eux dans les trois pays. La menace terroriste avec son lot de méfiances, de part et d'autre, a sifflé la fin de cette chimère qui berçait les pères fondateurs de ces trois pays à l'aube de leurs indépendances.

 

Colonisés, ils étaient unis. Indépendants ils sont devenus désunis 


Le paradoxe est que dans leur lutte contre le colonisateur, ils ont su mutualiser leur force contre un ennemi commun, mais qu'à leur décolonisation, les trois pays se sont "nombrilisés" pensant s'en sortir seuls.   
La Tunisie en choisissant la voie de la démocratie ouverte, le chemin le plus difficile, mais aussi celui qui rend, en théorie, le plus de dignité aux citoyens, va peiner. Elle avancera lentement et sûrement car elle a en son sein les trois piliers de sa résilience : l'éducation de masse, la promotion de la femme et une classe moyenne qui résiste grâce au planning familial et à certaines politiques publiques ciblées telles les subventions des produits de base et un système de couverture sociale qui pèse sur les finances publiques. Ces actifs constituent des acquis à protéger d'une manière prioritaire. La Tunisie aura une croissance molle due aux difficultés d'implémentation de politiques publiques, démocratie oblige, et des aléas sécuritaires.
L'Algérie est un pays d'avenir mais qui risque de ne pas le rester si la sclérose politique continue à brider une jeunesse en mutation, connectée et très nombreuse. C'est le pays qui a le plus grand potentiel économique des pays du Maghreb grâce à sa manne en hydrocarbures, essentiellement, malgré la baisse conjoncturelle du prix du baril. En outre, l'Algérie dispose d'un gisement immense de gaz de schiste, posant du coup un immense problème écologique. L'Algérie n'a pas impulsé d'une manière suffisante ses PME, son agriculture et son potentiel touristique. L'aversion aux investissements étrangers de son administration, séquelle historique de la colonisation, est un frein à l'ouverture de son économie et sa diversification rendue nécessaire pour les prochaines années. Il s'agit d'un grand pays, une puissance régionale, un bastion contre certaines velléités d'ordre géostratégique, un pays à immuniser au mieux.


Le Maroc, avec un pouvoir royal fort et un minimum démocratique, arrive à impulser son économie à travers une bonne image à l'étranger et l'engagement des grands travaux tels que le port de Tanger, le TGV, la centrale solaire, les investissements dans l'industrie du phosphate et l'ouverture sur l'Afrique par ses banques, sa compagnie aérienne et les télécommunications et ses investissements publiques et privés, malgré les risques d'instabilité que connaît l'Afrique subsaharienne. Le Maroc demeure dépendant des aléas météorologiques pour son agriculture qui représente encore près du tiers de son économie mais connaîtra à moyen terme une croissance forte et stable comparable à celle que la Tunisie a connue pendant la décennie 90 où elle a été le 1er pays émergent en matière de croissance, avec 5.5% de taux de croissance moyen sur 10 ans, grâce à un pouvoir dirigiste, avant de sombrer dans le népotisme et l'autocratie totale. Le risque pour le Maroc est la forte disparité sociale que connaît encore le pays avec des taux élevés d'analphabétisme, de pauvreté et un statut de la femme à améliorer. Une croissance forte c'est bien, un développement partagé s'avère plus durable et l'exemple tunisien à cet égard est édifiant.

 

Un destin commun exigé par une fatalité géographique ?


Pour l'ensemble des pays du Maghreb central, il est impératif que la croissance, si elle est au rendez-vous, profite à tous et se transforme en un réel développement, équilibré et durable, une croissance inclusive et positive pour l'ensemble des citoyens.
Un paramètre de taille qui conditionne l'avenir de la région mais ne contribue aucunement à l'intégration culturelle ni économique de cette entité géographique, il s'agit de la digitalisation des sociétés maghrébines et notamment des jeunes. Le contenu développé dans chaque pays est, en effet, plus empreint de proximité, il est d'une telle intimité qu'il ne concerne pas l'autre, l'habitant du pays voisin. Cette numérisation accrue des sociétés maghrébines va aussi changer en profondeur le type de management et même de leadership de ces pays dans les toutes petites années à venir, car la moyenne d'âge de ces trois pays est de près de 27 ans...

Avec ces mutations, ces exigences de démocratie et de développement qui profitent à tous, le Maghreb est perçu par les grandes entités géographiques actives du globe, qu'elles soient américaines, européennes ou asiatiques voire africaines, comme faisant un tout, une entité à part entière. Cela est perceptible à travers les stratégies des multinationales en termes d'investissement ou d'échanges commerciaux, ces forces économiques qui considèrent le Maghreb comme une sorte de pays fédéral finiront par créer, de facto, cette intégration tant convoitée, car les économies des pays du Maghreb s'ouvrent à la mondialisation. L'arrimage aux marchés globalisés finira probablement par accélérer le processus d'union ne serait-ce que sur le plan économique, le politique viendra... ou pas, ce n'est pas si important que ça pour la prospérité de notre région et de sa jeunesse. 



Chiffres clés :


Tunisie
Population 2016 11.4 millions
PIB 41.1 milliards de dollars
PPA (parité pouvoir d'achat) 11 358 dollars par an par habitant

Algérie
Population 2016 40.8 millions
PIB 153.8 milliards de dollars
PPA 14 802 dollars par an par habitant

Maroc
Population 2016 34.8 millions
PIB 104.4 milliards de dollars
PPA 8 122 dollars par an par habitant


 Hassen Zargouni

Hassen Zargouni
Commentaires (22) Commenter
Le divorce entre l'UMA et l'économique
dcbf
| 13-02-2017 15:52
Seul le califat dont rêvaient nos islamistes radicaux pourrait sortir les pays de l'Union du Maghreb Arabe (UMA) de cette impasse et de ce désaccord.Alors, pourquoi rater cette occasion qui vient de se présenter à nous Tunisiens après 2011 pour profiter des richesses pétrolières de nos frères algériens et Lybiens. En visitant les 4 pays du Maghreb, on voit bien qu'une grande proportion de la population de ces pays montrent une certaine sympathie pour la fraternité religieuse (un slogan vide de tout sens).Le Maroc a échappé au fléau des islamistes radicaux grâce à un roi qui domine bien les islamistes de son pays (le parti islamique ne se réclame pas comme le défenseur de la religion) et qui se protège bien contre les islamistes radicaux des autres pays du Maghreb et du Machrek. La libye est pleine d'islamistes radicaux mais le vent est en train de jouer contre eux et conseillés par leurs frères musulmans tunisiens et algériens (ils voient que le mouvement Daach est entrain de mourir sur le terrain)ils vont se caser pour prendre une grande part du butin de leur révolution comme l'ont fait les islamistes radicaux en Tunisie.Tous ces islamistes dans les 5 pays sont entrain de sacrifier leurs au-delà (le paradis)pour les plaisirs et les principes de la vie sur terre. Je vais citer trois exemples de coopération hypocrites entre les 5 pays de l'UMA.Le premier est celui d'une nappe d'eau profonde qui est partagée sur le territoire de la Tunisie, la Lybie et l'Algérie. Cette nappe d'eau n'est pas renouvelable et afin qu'elle dure le plus longtemps possible, un quota d'exploitation de cette nappe a été affectée à chacun des trois pays. Mais ces trois pays sont actuellement en train d'exploiter cette nappe d'eau d'une façon anarchique sans aucune concertation entre eux. On constate concrètement que chacun est en train de pomper le maximum d'eau de cette nappe sans respecter le quota. Cette nappe va disparaître plus rapidement que prévue.Le deuxième exemple est celui des puits de pétrole de la région de la Borma à la frontière tuniso-algérienne dont le gisement est partagé sur le territoire tunisien et algérien. Chacun des pays a essayé de tirer le maximum de ce gisement sans concertation avec son voisin. Le troisième exemple est celui du gisement pétrolier qui se trouvent dans le territoire maritime situé entre la Tunisie et la Lybie et que la court de la Haye a donné à la Lybie. Chaque gouvernement travaille pour le gain à court terme pour son pays (la nécessité de perdurer au gouvernement de son pays l'exige). Lorsque l'UMA a été créé par un homme convaincu comme Bourguiba, c'est dans l'objectif de constituer un marché commun économique qui pèse dans les relations entre nos pays et les pays développés (créer une industrie indépendante et autonome maghrébine,profiter de l'économie d'échelle dans les contrats commerciaux avec les pays développés,constituer des sociétés plus solide pour conquérir des marchés internationaux et régionaux ). Le quatrième exemple est celui des sociétés de pêche tuniso-Lybienne et Tuniso-Mauritanienne qui ont fait faillite. Les pays développés nous ont aidé indirectement à faire échouer notre marché commun en jouant sur l'incompétence et la courte vue des dirigeants de nos pays. L'avenir de l'UMA n'est pas dans l'entente entre les gens qui gouvernent les 5 pays mais dans le développement des relations entre les hommes d'affaires de ces pays pour constituer des entreprises privés ou PPP multinationales.Et cet objectif peut être atteint à court terme si l'UMA se transforme d'une institution politique, gouvernementale et publique en une institution des Unions des entreprises maghrébines.
@ Pan
Gg
| 12-02-2017 19:39
Merci pour votre commentaire, notamment ses précisions historiques.
Je croyais que le mot "barbare" était en fait une écriture quasi phonétique retournée de Berbère, le "a" se prononçant souvent "è" dans les langues arabes.
Ceci pour dire qu'il n'y a de connotation négative que dans les souvenirs laissés par les redoutés guerriers bèrbères dans la conscience historique de ceux qui se sont jadis frottés à eux!
Et tout à fait d'accord avec votre conclusion. Le numérique a terriblement rétréci la planète, et l'avenir appartient à l'intelligence.
La philosophie de la misère
Pan
| 12-02-2017 14:56
En lisant cette tribune, je me suis dit : « Pan, nos intellos vivent encore au Moyen Âge ». Avant de revenir à cette analyse, et qui est d'une légèreté incroyable, il y a des remarques à faire. Beaucoup d'aberrations dans cette tribune.
1- « berbères à l'origine, ayant subi des invasions qu'ils ont tous assimilées, ces mêmes invasions ont façonné leur destinée commune, phénicienne, juive, romaine, byzantine, arabe, subsaharienne, andalouse, ottomane (sauf pour le Maroc), française, espagnole, italienne... ». Tout d'abord cher Monsieur on ne parle plus de berbères mais des Amazighs. Berbère vient de barbare, et les habitants du Nord Afrique ne sont pas des barbares. Les juifs n'ont pas envahie l'Afrique du nord, dois-je vous rappeler qu'il y a des Amazigh juifs. Les andalous n'ont jamais envahie l'Afrique du Nord, ils ont été chassé de chez eux, leur pays est l'Espagne et même installé ils ne pensaient qu'à retourner chez eux.
2- « Colonisés, ils étaient unis. Indépendants ils sont devenus désunis ». cher Monsieur qui vous a raconté cette blague. Les habitants du Nord Afrique n'ont jamais été unis depuis la préhistoire et sous l'occupation ils étaient désunis plus que jamais.
En tout cas, je vous conseille de lire notre Ibn Khaldoun avant d'écrire de telles aberrations.
Laissant de côté ces remarques. Cher Monsieur, vous usez une analyse d'un rêveur d'antan, vous avez écrit une fable pour des enfants. Sûrement vous êtes conscient de la révolution numérique, le monde est un village, et pour prendre une place dans ce village, il ne y a plus de place à l'identité, à la langue et à la religion et même à la géographie. Les peuples que vous appelez les maghrébins doivent entrer dans ce village non pas par les biais des slogans ou des rêves mais par des applications. Le seul moyen est l'intelligence. Je vous conseille de revenir à ce que Bourguiba disait dans ces discours, al Mada al Shakhma, la matière grise cher Monsieur.
@Jellouli de Fez
zohra
| 12-02-2017 14:06
Bonjour,

C'est vrai au niveau social, le Maroc il a beaucoup à faire, le statut de femme, le droit de l'enfance (les enfants de la rue est vrai catastrophe humaine), la classe moyenne inexistante

Mais au niveau économique, il est entrain de prendre des longueurs d'avance par rapport à la Tunisie en tout cas.


Bon dimanche

@ Jellouli de Fez
Gg
| 12-02-2017 14:01
Quelle charge contre le Maroc!
Savez vous comment on vit aujourd'hui dans la Tunisie profonde?
Depuis des années, je paye les hospitalisations de ma famille, leur eau, leur électricité, leur gaz, leur nourriture, leurs médicaments...
Avez vous vu, sur la côte, le nombre de jeune femmes prêtes à passer des nuits avec des étrangers de passage pour 200 ou 300 dinars?
Vous critiquez le Maroc, mais regardez la Tunisie!
Ces dernières années, le Maroc a su capter les plus grosses implantations industrielles du Maghreb, ce pays se tourne résolument vers les énergies modernes, ce pays avance, avance... Oh, ce n'est pas homogène. Mais comparez avec la Tunisie, avant de critiquer!
Bien amicalement,
Gg
http://coeurmaroc.com/les-dossiers/les-enfants-dans-la-rue/
Jellouli de Fez
| 12-02-2017 13:23
Voila la source de ce que je viens de commenter.
Pour nous Tunisiens le Maroc ne peut etre une reference ni un exemple.
Jellouli de Fez
| 12-02-2017 13:20
L image du Maroc comporte un nuage pour dissimuler les veritables tares de ce royaume
qui a interet a se moderniser et comme le dit le prince Moulay Hicham opter pour une monarchie parlementaire ou la transparence
democratique devienne sa principale regle de gouvernance.Il n est plus acceptable aujourd hui de laisser des regions agricoles fertiles du rif exclusivement reservees a la culture prohibee du canabis
et noyer les voisins du Maroc avec ces produits dangeureux pour la santee.Il n est plus acceptable de maintenir une frange importante des Marocains dans l analphabetisme qui depasse les 30% de la population.Il n est plus acceptable selon les statistiques officilles de maintenir 65 % de la population sous le seuils de la pauvrete.Il n est plus acceptable de laisser plus de 14000 enfants livres a la rue et a la consommation des drogues et aux abus sexuels......Oui la Monarchie parlementaire est aujourd hui plus que jamais une necessite plus qu un choix.
Bon article...
Gg
| 12-02-2017 12:50
Car de fait, l'unité géographique et les origines communes, ainsi que la culture commune méditerranéenne, imposent l'idée d'un Maghreb uni. Et quelle puissance économique ce serait, tant il est vrai que les trois pays sont complémentaires!
Mais encore une fois, la religion freine et casse tout.
Le Maroc est (admirablement) dirigé par un roi censé être descendant du prophète. Ce roi a donc toute légitimité pour décider et choisir la place qu'il accorde aux islamistes. Ce faisant, il mène le Maroc dans la modernité, avec succès...
L'Algérie a vécu une guerre civile contre les islamistes, et ne doit d'exister qu'à son pouvoir -il faut bien le dire - militaire.
Et la Tunisie est travaillée par les velléités de califat, sans que l'on sache si le pays va tomber dans l'obscurantisme rétrograde ou retrouver son chemin vers la modernité.
Réglez ces problèmes de religion, et tout sera réglé!
@Rationnel
l oeil du diable
| 12-02-2017 12:16
La veritable reponse vous la trouverez dans cette cette excellente interview du prince Moulay Hicham,cousin eleve avec le roi actuel
du Maroc :
https://www.youtube.com/watch?v=ARSx8pe8iXo
@rzouga vous avez parfaitement raison
l oeil du diable
| 12-02-2017 12:03
Le grand probleme au Maghreb est et a ete toujours le royaume feodal Marocain.Deja dans le debut des annees 60,le roi du Maroc a ordonne de coloniser la Mauritanie de Moktar Ould Dada et c est surtout Bourguiba qui reveille la conscience internationale et a pri la defense de l autodetermination et de l independance du peuple Mauritanien.Aujourd hui la Mauritanie est un Etat libre et independant,ce qui n a pas empeche le royaume feodal totalitaire du Maroc d occuper la majeure partie des territoires de la republique arabe Sahraoui depuis plus de 40 ans contre le droit universel du peuple Sahraoui a l autodetermination.
L Algerie et la Tunisie ne failliront jamais a leur principe moral et fondamental,herite de leur histoire commune,qu est le droit universel des peuples colonises a l autodetermination.
L Union Africaine a reconnu ce droit a la Republique Sahraoui qui est membre fondatrice de l UA,le Maroc vient de reintegrer l UA.Ceci dit l auteur de l article passe au dessus d une branche importante de l economie du Maroc qui donne des insomnies aux familles Algeriennes et Tunisiennes,a savoir la culture libre du canabis au Maroc,700.000 tonnes de canabis sont produites chaque annee dans le Rif Marocain,6 a 8 milliards de dollards de revenus annuels des produits lies au canabis dont une grande partie traverse illegalement les frontieres,en Tunisie sa forme traitee appelee Zatla et demeure une ressource pour les trafiquants et les terroristes.
Les exoiles Marocains dont des dizaines de journalistes sont unanimes que le royaume doit enfin se reformer et opter pour une Monarchie parlementaire moderne,il n y a pas d autre solution pour moderniser le royaume et developper le pays surtout le developpement social afin de mettre fin de nous exporter le canabis Zatla ou les charlatants sorciers d un autre age comme celui de Ben Arous Boumhel.
Je pense que l Algerie et la Tunisie sont en train de realiser le premier ensemble complementaire sincere et realiste d une entente economique et sociale parce que les deux peuples sont si proches l un de l autre,malgre les obstacles que tentent certain de dresser sur leur chemin.
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