Radhia Nasraoui, une épouse dévouée !

Businessnews.com.tn | publié le 13/07/2017 19:59

A l’annonce de la grève de la faim de Radhia Nasraoui pour dénoncer la tentative d’ « élimination » de son époux et porte-parole du Front populaire, Hamma Hammami, beaucoup ont d’abord pensé à une intox. Mais l’épouse dévouée a réellement décidé de s’infliger cette souffrance pour contester ce qu’elle estime être une injustice vitale. Pour la militante des droits de l’Homme, l’Etat tunisien est vindicatif et cherche à faire payer Hamma Hammami ses positions vis-à-vis du pouvoir en place. Retour sur une polémique politico-sécuritaire.

 

Pour Radhia Nasraoui, l’avocate, militante des droits de l’Homme et présidente de l’Organisation de lutte contre la torture, la grève de la faim est une pratique presque traditionnelle. Elle n’en est pas à son coup d’essai. La première fois, c’était en 2002, sous le régime de Zine El Abidine Ben Ali. La résistante avait entamé une grève de la faim pour protester contre l'emprisonnement arbitraire de Hamma Hammami en raison de son appartenance au parti communiste des ouvriers, un parti qui était interdit en Tunisie. La seconde fois, en 2003, Radhia Nasraoui avait protesté en se privant de nourriture pour dénoncer le harcèlement professionnel et familial dont elle faisait l'objet et aussi pour réclamer que justice lui soit rendue après que la police lui ai cassé le nez lors d’une manifestation. Aujourd’hui, Radhia Nasraoui, a remis le couvert pour dénoncer une probable non-assistance à personne en danger affirmant que la protection rapprochée assurée à son époux par le ministère de l’Intérieur serait poreuse.

 

« La garde rapprochée de Hamma Hammami est ponctuelle et lacunaire. Pour aller chez le coiffeur ou faire des courses, il doit les prévenir longtemps à l’avance » avait-elle déclaré lors de l’annonce de sa grève ouverte, mardi 11 juillet 2017. L’explication qu’elle a donnée est que l’Etat tunisien, vindicatif, se venge de Hamma Hammami qui avait prôné la tenue d’élections législatives et présidentielles anticipées. « Le pouvoir en place n’est pas démocrate et ne supporte pas les avis divergents » avait-elle martelé laissant penser que l’Etat est un adolescent difficile qui boude Hamma Hammami pour ses propos clairvoyants sur le futur de la Tunisie et de son processus démocratique. Le leader du Front populaire, Zouhair Hamdi, qui a réagi tardivement, est lui aussi monté au créneau faisant valoir qu’en réalité les autorités tunisiennes sont laxistes et qu’elles sont dans l’incapacité d’assurer une protection sans faille du leader de l‘opposition tunisienne. Selon lui, ces défaillances entraveraient également l’activité politique de Hamma Hammami.

 

Par ailleurs, dans l’esprit de l’illustre couple de l’opposition tunisienne, la justice est incapable. En effet, les multiples assassinats politiques qui ont été commis sur les leaders de l’opposition et martyrs de la Tunisie tels que Chokri Belaïd, Mohamed Brahmi et Lotfi Nagdh ont prouvé que la justice tunisienne n’a pas la capacité de trancher dans les affaires de meurtre et surtout d’assassinats politiques. L’épouse de Hamma Hammami redouterait-elle ce périlleux traitement ?

 

Durant 5 ans, Hamma Hammami a bénéficié de la protection de la garde présidentielle qui lui offrait le privilège d’être conduit par des chauffeurs dans des voitures blindées aux vitres fumées dans tous ses déplacements. Il était escorté par des policiers en moto qui lui fluidifiait la circulation. La présidence a mis fin à cette protection en la faisant passer aux mains du ministère de l’Intérieur non pour le punir mais parce que les risques qu’encourt Hamma Hammami sont actuellement considérés comme étant minimes. Les informations qui sont parvenues aux autorités sécuritaires indiquent que désormais Hamma Hammami n’a plus besoin de la protection pompeuse de la garde présidentielle. La sécurité que le ministère de l’Intérieur lui a prodiguée serait suffisante mais celui-ci l’a rejetée. Désormais, il n’aura donc plus de voitures mises à sa disposition et devra prendre en charge lui-même ses déplacements. Il demeure protégé par l’Etat tunisien mais plus discrètement.

 

Pourquoi Radhia Nasraoui a-t-elle aujourd’hui fait le choix de cette méthode de protestation ? Sacrifier son corps pour autrui est-ce un moyen privilégié de contestation ? Ebranlera-t-elle le pouvoir en place de cette façon ? Rien n’est moins sûr, d’autant plus qu’elle aurait pu s’adresser au pouvoir législatif pour revendiquer le droit à la vie de son époux. C’est d’ailleurs ce que lui avait proposé le député d’Ennahdha, Abdellatif Mekki, qui avait indiqué que la commission de la Sécurité et de la Défense à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) est compétente pour traiter de ce dossier. Dans une surenchère propre aux adhérents d’Ennahdha, il avait ajouté que du temps de la Troïka, Hamma Hammami bénéficiait d’une protection complète…. Le leader de la faction dissidente de Nidaa Tounes, Lazhar Akermi s’est également exprimé sur ce sujet ce jeudi 13 juillet 2017 sur les ondes de Cap Fm. Il a évoqué la folie des grandeurs de certains dirigeants politiques tunisiens qui pour gonfler leur égo se déplacent en grandes pompes à coups de gardes du corps et convois de voitures aux vitres fumées…Des insinuations qui ne sont pas sans rappeler la récente polémique qui a concerné le leader d’Ennahdha et ses gardes du corps en colère après avoir été licenciés.

 

Il est par ailleurs bon de rappeler le tintamarre qu’avait créé l’ex-président provisoire de la République, Moncef Marzouki, qui avait bénéficié, après la cessation de ses fonctions, des mêmes mesures et précautions de sécurité accordées à un président de la République en exercice. Un an après, cette protection avait été prise en charge par le ministère de l’Intérieur et Moncef Marzouki ne l’entendait pas de cette oreille.

 

Hamma Hammami est aujourd’hui isolé. Les critiques fusent à son encontre. On lui reproche ses positions réactionnaires, son refus de participer au gouvernement d’union nationale, son refus de signer l’accord de Carthage, son scepticisme vis-à-vis de la lutte menée contre la corruption et sa critique intense de la coalition au pouvoir.

 

Il est vrai que le célèbre couple politique, Radhia Nasraoui- Hamma Hammami, est fusionnel et uni plus que jamais. Lui qui a vécu la clandestinité, les parloirs de prison et les injustices à répétition a su créer une forme de synergie. C’est probablement à partir de ce postulat qu’il faut comprendre la grève de la faim par ricochet de Radhia Nasraoui.

 

 

Khawla Hamed

 

Radhia Nasraoui, une épouse dévouée !

publié le 13/07/2017 19:59

A l’annonce de la grève de la faim de Radhia Nasraoui pour dénoncer la tentative d’ « élimination » de son époux et porte-parole du Front populaire, Hamma Hammami, beaucoup ont d’abord pensé à une intox. Mais l’épouse dévouée a réellement décidé de s’infliger cette souffrance pour contester ce qu’elle estime être une injustice vitale. Pour la militante des droits de l’Homme, l’Etat tunisien est vindicatif et cherche à faire payer Hamma Hammami ses positions vis-à-vis du pouvoir en place. Retour sur une polémique politico-sécuritaire.

 

Pour Radhia Nasraoui, l’avocate, militante des droits de l’Homme et présidente de l’Organisation de lutte contre la torture, la grève de la faim est une pratique presque traditionnelle. Elle n’en est pas à son coup d’essai. La première fois, c’était en 2002, sous le régime de Zine El Abidine Ben Ali. La résistante avait entamé une grève de la faim pour protester contre l'emprisonnement arbitraire de Hamma Hammami en raison de son appartenance au parti communiste des ouvriers, un parti qui était interdit en Tunisie. La seconde fois, en 2003, Radhia Nasraoui avait protesté en se privant de nourriture pour dénoncer le harcèlement professionnel et familial dont elle faisait l'objet et aussi pour réclamer que justice lui soit rendue après que la police lui ai cassé le nez lors d’une manifestation. Aujourd’hui, Radhia Nasraoui, a remis le couvert pour dénoncer une probable non-assistance à personne en danger affirmant que la protection rapprochée assurée à son époux par le ministère de l’Intérieur serait poreuse.

 

« La garde rapprochée de Hamma Hammami est ponctuelle et lacunaire. Pour aller chez le coiffeur ou faire des courses, il doit les prévenir longtemps à l’avance » avait-elle déclaré lors de l’annonce de sa grève ouverte, mardi 11 juillet 2017. L’explication qu’elle a donnée est que l’Etat tunisien, vindicatif, se venge de Hamma Hammami qui avait prôné la tenue d’élections législatives et présidentielles anticipées. « Le pouvoir en place n’est pas démocrate et ne supporte pas les avis divergents » avait-elle martelé laissant penser que l’Etat est un adolescent difficile qui boude Hamma Hammami pour ses propos clairvoyants sur le futur de la Tunisie et de son processus démocratique. Le leader du Front populaire, Zouhair Hamdi, qui a réagi tardivement, est lui aussi monté au créneau faisant valoir qu’en réalité les autorités tunisiennes sont laxistes et qu’elles sont dans l’incapacité d’assurer une protection sans faille du leader de l‘opposition tunisienne. Selon lui, ces défaillances entraveraient également l’activité politique de Hamma Hammami.

 

Par ailleurs, dans l’esprit de l’illustre couple de l’opposition tunisienne, la justice est incapable. En effet, les multiples assassinats politiques qui ont été commis sur les leaders de l’opposition et martyrs de la Tunisie tels que Chokri Belaïd, Mohamed Brahmi et Lotfi Nagdh ont prouvé que la justice tunisienne n’a pas la capacité de trancher dans les affaires de meurtre et surtout d’assassinats politiques. L’épouse de Hamma Hammami redouterait-elle ce périlleux traitement ?

 

Durant 5 ans, Hamma Hammami a bénéficié de la protection de la garde présidentielle qui lui offrait le privilège d’être conduit par des chauffeurs dans des voitures blindées aux vitres fumées dans tous ses déplacements. Il était escorté par des policiers en moto qui lui fluidifiait la circulation. La présidence a mis fin à cette protection en la faisant passer aux mains du ministère de l’Intérieur non pour le punir mais parce que les risques qu’encourt Hamma Hammami sont actuellement considérés comme étant minimes. Les informations qui sont parvenues aux autorités sécuritaires indiquent que désormais Hamma Hammami n’a plus besoin de la protection pompeuse de la garde présidentielle. La sécurité que le ministère de l’Intérieur lui a prodiguée serait suffisante mais celui-ci l’a rejetée. Désormais, il n’aura donc plus de voitures mises à sa disposition et devra prendre en charge lui-même ses déplacements. Il demeure protégé par l’Etat tunisien mais plus discrètement.

 

Pourquoi Radhia Nasraoui a-t-elle aujourd’hui fait le choix de cette méthode de protestation ? Sacrifier son corps pour autrui est-ce un moyen privilégié de contestation ? Ebranlera-t-elle le pouvoir en place de cette façon ? Rien n’est moins sûr, d’autant plus qu’elle aurait pu s’adresser au pouvoir législatif pour revendiquer le droit à la vie de son époux. C’est d’ailleurs ce que lui avait proposé le député d’Ennahdha, Abdellatif Mekki, qui avait indiqué que la commission de la Sécurité et de la Défense à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) est compétente pour traiter de ce dossier. Dans une surenchère propre aux adhérents d’Ennahdha, il avait ajouté que du temps de la Troïka, Hamma Hammami bénéficiait d’une protection complète…. Le leader de la faction dissidente de Nidaa Tounes, Lazhar Akermi s’est également exprimé sur ce sujet ce jeudi 13 juillet 2017 sur les ondes de Cap Fm. Il a évoqué la folie des grandeurs de certains dirigeants politiques tunisiens qui pour gonfler leur égo se déplacent en grandes pompes à coups de gardes du corps et convois de voitures aux vitres fumées…Des insinuations qui ne sont pas sans rappeler la récente polémique qui a concerné le leader d’Ennahdha et ses gardes du corps en colère après avoir été licenciés.

 

Il est par ailleurs bon de rappeler le tintamarre qu’avait créé l’ex-président provisoire de la République, Moncef Marzouki, qui avait bénéficié, après la cessation de ses fonctions, des mêmes mesures et précautions de sécurité accordées à un président de la République en exercice. Un an après, cette protection avait été prise en charge par le ministère de l’Intérieur et Moncef Marzouki ne l’entendait pas de cette oreille.

 

Hamma Hammami est aujourd’hui isolé. Les critiques fusent à son encontre. On lui reproche ses positions réactionnaires, son refus de participer au gouvernement d’union nationale, son refus de signer l’accord de Carthage, son scepticisme vis-à-vis de la lutte menée contre la corruption et sa critique intense de la coalition au pouvoir.

 

Il est vrai que le célèbre couple politique, Radhia Nasraoui- Hamma Hammami, est fusionnel et uni plus que jamais. Lui qui a vécu la clandestinité, les parloirs de prison et les injustices à répétition a su créer une forme de synergie. C’est probablement à partir de ce postulat qu’il faut comprendre la grève de la faim par ricochet de Radhia Nasraoui.

 

 

Khawla Hamed

 

Commentaires (29) Commenter
je suis outrée
maryam mnaouar
| 15-07-2017 23:37
cet article me rappelle la propagande d'avant révolution: des monsonges corroborés par des anonymes travaillant pour le pouvoir. cette histoire de voiture blindée et cortèges dont il aurait béneficié 5 ans est totalement fausse. je l'atteste formrllement, ce fut le cas 3 semaines uniquement lors drs elections et à la demande expresse du ministete de l'interieur qui a annoncé a hamma un assassinat immnent.
merci de corriger et de citer vos sources
L'argent du contribuable ne doit pas servir les partis privés!
medeve
| 14-07-2017 19:16
L'Etat doit protéger uniquement les hauts responsables en activité avec l'argent du contribuable. Les partis politiques doivent compter sur eux-mêmes pour assure la protection de leurs leaders. L'Etat n'est pas la vache laitière qui nourrit ceux qui lui mettent les bâtons dans les roues.
CAPRICE DES .... " DEUX " !
TAW TCHOUFOU
| 14-07-2017 18:21
Les droits de l'homme ( lequel ? ) sont devenu un fond de commerce en Tunisie !
Déclarer , comme le fait Mme Nasraoui , que " le gouvernement actuel n'est pas démocrate " , c'est prendre les gens pour des idiots et des naïfs !
Mais comme d'habitude , cette " grève " et ces " déclarations à l'emporte-pièce " , sont surtout destinés à ses clients habituelles , c-t-d les médias occidentaux et à leur tête " Le Monde " and co. , qui à ne point en douter , reprendront comme " paroles d'évangile " et sans filtre aucun , toutes les âneries débitées par cette commerçante !
De quoi s'agit-il au juste ?
Mme Nasraoui exige une protection rapprochée pour son mari .L'état refuse . Elle fait donc " grève " !
( j'exige et si je ne suis pas satisfaite , c'est la grève ! )
Comme pour une petite fille gâtée , cela s'appelle faire un " caprice " !
Tous les partis qui se respecte accordent une protection à leur leader , mais ... sur les fonds du parti et non sur le dos du contribuable !
Cette affaire est donc stérile , et ne fait que servir le buzz pour parler de gens qui n'ont rien fait et qui n'ont toujours rien à faire !
Miskina Tounes.... miskina !
@Ali : je sais que Hamma est votre gourou mais quand même
el mancho
| 14-07-2017 16:51
Tu parles de la politique en Chine qui est celle du parti unique, moi je te parle de l'économie qui est libérale là-bas, loin des standards de Hamma qui se trouvent en Corée du Nord ou chez le dictateur Maduro.

Pour ce qui est du Khobzisme, j'aurais donc dû devenir Nahdhaoui ( 7acha el m7all ) pour pouvoir manger du pain et ne pas être arrêté.

Allez, profitez encore un peu plus de votre merdolution Brou Etienne.
@el manchou
ali
| 14-07-2017 16:14
En Chine n'existe qu'un seul parti,et il est toujours aux commandes,c'est le Parti communiste chinois.....
@el manchou
ali
| 14-07-2017 16:11
Khobziste est celui qui,de peur d'être arrêté,préfère manger son pain et se taire et qui,une fois la liberté d'opinion établie grâce à ceux qui avait milité pour,se permet de critiquer ceux là même qui lui avait permis de le faire.
@Chdoula
SAMIA
| 14-07-2017 15:21
Bonjour
Malheureusement, elle ne pourra plus lui sauter le cou.. plus de force à cause de la grève de fain qu'elle a entamé !hhhhh
@Ali et fatima jou w m'chou
el manchou
| 14-07-2017 14:48
La Chine n'est plus communiste, sa77a ennoum.
Hamma vit dans l'opulence financé par on ne sait quel miracle.
Il n'a jamais bossé de sa vie, c'est un fait, monsieur ne veut pas se salir les mains.
@ali : thèse, antithèse, foutaise
el manchou
| 14-07-2017 14:47
Ali, si je comprends bien Hamma est un militant professionnel ?

On ne lui a rien demandé, Bourguiba était bien et Zaba aussi, si j'étais Khobziste je serais devenu nahdhaoui ( 7acha lem7all ).

on dirait son esclave
houda
| 14-07-2017 14:27
soufrir a sa place elle ne peut etre que sous hypnose de nos jours des choses pareils rentrent dans le cadre du ridicule
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