Petrofac off !

Businessnews.com.tn | publié le 14/02/2017 19:59

 

Petrofac Tunisie est à l’arrêt depuis deux mois. Deux mois durant lesquels rien n’a été fait ou presque ! Certes, la ministre de l’Energie, Héla Cheïkhrouhou, a tenu un point de presse à l’issue de sa rencontre avec le directeur de l'exploitation au sein de la division IES (Integrated Energy Services) de Petrofac, Rob Jewkes, venu spécialement pour exprimer le mécontentement de la société mère, mais sans les intéressés et pour ne rien dire. Tout est dans l’approximation : aucune date n’a été fixée pour la reprise des activités, aucune garantie, rien ! Retour sur une affaire gênante pour le gouvernement, surtout après Tunisia 2020 et toutes les promesses faites aux investisseurs.

 

Deux mois jour pour jour après la signature officielle du PV d’arrêt de production par les deux partenaires Petrofac et l’ETAP, Rob Jewkes débarque lundi 13 février 2017 en Tunisie, avec au programme des rencontres avec quatre ministres, successivement, le ministre des Affaires sociales Mohamed Trabelsi, le ministre du Développement, de l'Investissement et de la Coopération internationale, Fadhel Abdelkefi, la ministre des Finances, Lamia Zribi et la ministre des Energies et des Mines Hella Cheïkhrouhou. A l’issue de cette rencontre cruciale, la presse nationale, conviée à un point de presse en présence des responsables de Petrofac, a été surprise par l’absence de ces derniers. En réponse aux protestations des journalistes, Mme Cheïkhrouhou a expliqué que la politique de la société les empêche de faire des déclarations aux médias. Le hic, c’est que M. Jewkes n’est pas un simple employé mais un haut responsable mandaté par la société. En outre, des sources informées nous ont confié que si le responsable a refusé d’intervenir devant les médias, c’est que le ministère n’a pas pris la peine de lui demander son avis ou son autorisation, alors même qu’il n’a pas encore discuté avec la ministre pour lui faire parvenir le message du Board.

 

 

Il faut dire que cette visite n’est en aucun cas une visite de courtoisie. Si M. Jewkes est là aujourd’hui, c’est pour formuler un ensemble de demandes de la société britannique, c’est ce qu’ont confié des sources proches du dossier à Business News.

Tout d’abord, Petrofac exige la reprise immédiate de son activité : chaque jour d’arrêt cause un manque à gagner de l’ordre de 200.000 dollars, dont 75% reviennent à l’Etat tunisien, explique notre source.

La société pétrolière estime les pertes sur cette année (janvier 2016-janvier 2017) à 50 millions de dollars, dont les 24 millions de dollars qui lui reviennent, avant la déduction des impôts et taxes. Elle réclame au gouvernement son dédommagement à travers une reconnaissance de pertes dans les bilans futurs de la société à soustraire des impôts et redevances à payer.

Autre point, et pour pallier définitivement à ces blocages, la société propose la création d’une mini-centrale électrique à Kerkennah qui mettrait fin définitivement au transport de condensat avec tous ces aléas, nous confie-t-elle. Ceci dit, pour la mise en place d’un tel projet, il faudra 18 mois à partir de l’accord du gouvernement. Entre temps, Petrofac exige qu’on n’arrête plus ni ses camions, ni ses activités.

Autre nouvelle, Imed Dérouiche a été promu en tant que Country Manager de Petrofac dans la région du Maghreb. L’Anglais Roy Armisho, le remplacera à la tête de la société, à partir du mois de mars 2017. Il se murmure que cette décision a été prise conformément au souhait de la ministre…

 

Pour sa part, Héla Cheïkhrouhou a rassemblé les médias pour exposer les « formidables » avancées du gouvernement sur ce dossier. Elle a évoqué les préparatifs pour la reprise des activités au puits de Chargui, avec l’appui de plusieurs ministères. Le gouverneur de Sfax, Slim Tissaoui, a, quant à lui, mis en relief les accomplissements du gouvernement concernant les engagements pris par le gouvernement en septembre dernier, pour regagner la confiance des habitants de Kerkennah. Ainsi, les travaux du port de Sidi Youssef ont commencé, la société environnementale sera créée au plus tard dans un mois, il y a des avancées pour la station de dessalement d'eau de mer, renforcement de la flotte de transport public avec un nouveau bac la semaine dernière et enfin la régularisation de la situation de la première tranche des signataires de l’accord avec le gouvernement.

 

Mme Cheïkhrouhou et M. Tissaoui ont souligné l’importance de la société civile dans le respect des engagements pour ne plus entraver l’activité de Petrofac. Ils comptent tous les deux sur le patriotisme des parties prenantes car pendant que Petrofac est à l’arrêt, la Tunisie est obligée de combler son manque par l’importation du gaz algérien, sachant que la société fournit 10% des besoins de la Tunisie en gaz naturel. En plus, cet arrêt coûte plusieurs dizaines de millions de dollars aux caisses de l’Etat.

 

En réponse aux revendications de la société, Mme Cheïkhrouhou et M. Tissaoui ont indiqué que la reprise est prévue dans un ou deux jours. Le gouverneur a affirmé aussi que toute entrave à la loi sera contrée par la loi, en tout cas c’est ce qui a été décidé au cours des négociations avec la société civile. Là aussi, aucune garantie que ces accords soient respectés, comme ce fût le cas d’ailleurs pour les anciens accords de septembre qui n’ont pas été tenus. La nouveauté, c’est que dorénavant les camions de condensat seront escortés, une décision qui a trop tardé et qui coûte à la Tunisie plus de 35 millions de dollars !

 

Pour rappeler les faits, malgré les promesses du gouvernement Chahed, Petrofac a dû de nouveau se mettre à l’arrêt, le 13 décembre 2016. Depuis la reprise de l'activité en septembre 2016, les camions ont été empêchés de quitter l'île à 14 reprises. Des pêcheurs, des sans-emploi, des signataires de l’accord, des individus réclamant des faveurs, se sont succédé chacun avec des revendications personnelles. Le ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi, avait même admis que les derniers blocages étaient dus à une seule personne épaulée par sa famille, qui a comme revendication personnelle la création de son propre projet ou d’une huilerie !

Face à ses blocages répétés et l’impossibilité de poursuivre ses activités, la société a décidé d’arrêter son activité, le temps que le gouvernement Chahed tienne ses promesses ou qu’elle parte définitivement du pays.

 

La reprise des activités de Petrofac serait un signal fort que le gouvernement enverrait aux investisseurs étrangers et tunisiens qu’il a interpelé lors du Tunisia 2020 pour venir investir en Tunisie. Avec cette reprise, le gouvernement rassurera les bailleurs de fonds et leur prouvera que le climat en Tunisie s’est amélioré et que la loi sera dorénavant appliquée, redorant de ce fait l’image entachée de la Tunisie, qui réussit sa transition démocratique mais qui échoue lamentablement dans celle économique.

 

Imen Nouira

Petrofac off !

publié le 14/02/2017 19:59

 

Petrofac Tunisie est à l’arrêt depuis deux mois. Deux mois durant lesquels rien n’a été fait ou presque ! Certes, la ministre de l’Energie, Héla Cheïkhrouhou, a tenu un point de presse à l’issue de sa rencontre avec le directeur de l'exploitation au sein de la division IES (Integrated Energy Services) de Petrofac, Rob Jewkes, venu spécialement pour exprimer le mécontentement de la société mère, mais sans les intéressés et pour ne rien dire. Tout est dans l’approximation : aucune date n’a été fixée pour la reprise des activités, aucune garantie, rien ! Retour sur une affaire gênante pour le gouvernement, surtout après Tunisia 2020 et toutes les promesses faites aux investisseurs.

 

Deux mois jour pour jour après la signature officielle du PV d’arrêt de production par les deux partenaires Petrofac et l’ETAP, Rob Jewkes débarque lundi 13 février 2017 en Tunisie, avec au programme des rencontres avec quatre ministres, successivement, le ministre des Affaires sociales Mohamed Trabelsi, le ministre du Développement, de l'Investissement et de la Coopération internationale, Fadhel Abdelkefi, la ministre des Finances, Lamia Zribi et la ministre des Energies et des Mines Hella Cheïkhrouhou. A l’issue de cette rencontre cruciale, la presse nationale, conviée à un point de presse en présence des responsables de Petrofac, a été surprise par l’absence de ces derniers. En réponse aux protestations des journalistes, Mme Cheïkhrouhou a expliqué que la politique de la société les empêche de faire des déclarations aux médias. Le hic, c’est que M. Jewkes n’est pas un simple employé mais un haut responsable mandaté par la société. En outre, des sources informées nous ont confié que si le responsable a refusé d’intervenir devant les médias, c’est que le ministère n’a pas pris la peine de lui demander son avis ou son autorisation, alors même qu’il n’a pas encore discuté avec la ministre pour lui faire parvenir le message du Board.

 

 

Il faut dire que cette visite n’est en aucun cas une visite de courtoisie. Si M. Jewkes est là aujourd’hui, c’est pour formuler un ensemble de demandes de la société britannique, c’est ce qu’ont confié des sources proches du dossier à Business News.

Tout d’abord, Petrofac exige la reprise immédiate de son activité : chaque jour d’arrêt cause un manque à gagner de l’ordre de 200.000 dollars, dont 75% reviennent à l’Etat tunisien, explique notre source.

La société pétrolière estime les pertes sur cette année (janvier 2016-janvier 2017) à 50 millions de dollars, dont les 24 millions de dollars qui lui reviennent, avant la déduction des impôts et taxes. Elle réclame au gouvernement son dédommagement à travers une reconnaissance de pertes dans les bilans futurs de la société à soustraire des impôts et redevances à payer.

Autre point, et pour pallier définitivement à ces blocages, la société propose la création d’une mini-centrale électrique à Kerkennah qui mettrait fin définitivement au transport de condensat avec tous ces aléas, nous confie-t-elle. Ceci dit, pour la mise en place d’un tel projet, il faudra 18 mois à partir de l’accord du gouvernement. Entre temps, Petrofac exige qu’on n’arrête plus ni ses camions, ni ses activités.

Autre nouvelle, Imed Dérouiche a été promu en tant que Country Manager de Petrofac dans la région du Maghreb. L’Anglais Roy Armisho, le remplacera à la tête de la société, à partir du mois de mars 2017. Il se murmure que cette décision a été prise conformément au souhait de la ministre…

 

Pour sa part, Héla Cheïkhrouhou a rassemblé les médias pour exposer les « formidables » avancées du gouvernement sur ce dossier. Elle a évoqué les préparatifs pour la reprise des activités au puits de Chargui, avec l’appui de plusieurs ministères. Le gouverneur de Sfax, Slim Tissaoui, a, quant à lui, mis en relief les accomplissements du gouvernement concernant les engagements pris par le gouvernement en septembre dernier, pour regagner la confiance des habitants de Kerkennah. Ainsi, les travaux du port de Sidi Youssef ont commencé, la société environnementale sera créée au plus tard dans un mois, il y a des avancées pour la station de dessalement d'eau de mer, renforcement de la flotte de transport public avec un nouveau bac la semaine dernière et enfin la régularisation de la situation de la première tranche des signataires de l’accord avec le gouvernement.

 

Mme Cheïkhrouhou et M. Tissaoui ont souligné l’importance de la société civile dans le respect des engagements pour ne plus entraver l’activité de Petrofac. Ils comptent tous les deux sur le patriotisme des parties prenantes car pendant que Petrofac est à l’arrêt, la Tunisie est obligée de combler son manque par l’importation du gaz algérien, sachant que la société fournit 10% des besoins de la Tunisie en gaz naturel. En plus, cet arrêt coûte plusieurs dizaines de millions de dollars aux caisses de l’Etat.

 

En réponse aux revendications de la société, Mme Cheïkhrouhou et M. Tissaoui ont indiqué que la reprise est prévue dans un ou deux jours. Le gouverneur a affirmé aussi que toute entrave à la loi sera contrée par la loi, en tout cas c’est ce qui a été décidé au cours des négociations avec la société civile. Là aussi, aucune garantie que ces accords soient respectés, comme ce fût le cas d’ailleurs pour les anciens accords de septembre qui n’ont pas été tenus. La nouveauté, c’est que dorénavant les camions de condensat seront escortés, une décision qui a trop tardé et qui coûte à la Tunisie plus de 35 millions de dollars !

 

Pour rappeler les faits, malgré les promesses du gouvernement Chahed, Petrofac a dû de nouveau se mettre à l’arrêt, le 13 décembre 2016. Depuis la reprise de l'activité en septembre 2016, les camions ont été empêchés de quitter l'île à 14 reprises. Des pêcheurs, des sans-emploi, des signataires de l’accord, des individus réclamant des faveurs, se sont succédé chacun avec des revendications personnelles. Le ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi, avait même admis que les derniers blocages étaient dus à une seule personne épaulée par sa famille, qui a comme revendication personnelle la création de son propre projet ou d’une huilerie !

Face à ses blocages répétés et l’impossibilité de poursuivre ses activités, la société a décidé d’arrêter son activité, le temps que le gouvernement Chahed tienne ses promesses ou qu’elle parte définitivement du pays.

 

La reprise des activités de Petrofac serait un signal fort que le gouvernement enverrait aux investisseurs étrangers et tunisiens qu’il a interpelé lors du Tunisia 2020 pour venir investir en Tunisie. Avec cette reprise, le gouvernement rassurera les bailleurs de fonds et leur prouvera que le climat en Tunisie s’est amélioré et que la loi sera dorénavant appliquée, redorant de ce fait l’image entachée de la Tunisie, qui réussit sa transition démocratique mais qui échoue lamentablement dans celle économique.

 

Imen Nouira

Commentaires (5) Commenter
De PETROFAC à PETROCAF!
DHEJ
| 15-02-2017 16:01
Les mains occultes de la corruption!
encore, des paroles, toujours des paroles... paroles, paroles, paroles... chantait dalida
1/3i
| 15-02-2017 09:52
les dirigeants de petrofac doivent des des masochistes.

***

C'est un feuilleton vieux comme le départ du tartour.
Et l'envoyé spécial Anglais n'a pas claqué la porte et repris son avion ?

POURQUOI ?

Alors qu'il est contredit publiquement par les officiels Tunisien, baladé comme un idiot.

Quels sont en définitive les intérets de l'entreprise mère Anglaise ?
S'ils continuent à accepter de négocier, c'est qu'ils y ont un intérêt !
Un pays en faillite qui ose encore relever la tête
veritas
| 15-02-2017 07:57
http://m.tunisie-secret.com/Comment-le-richissime-Qatar-continue-a-razzier-la-pauvre-Tunisie_a1709.html

il était une fois un pays qui s'appelait la tunisie.
Incompetence
Travailleur
| 15-02-2017 06:11
C'est tout simplement le résultat de l'incompétence de nos ministres et dirigeants. La gymnastique de nego ne fonctionne pas nous devons passer outre....
C'est leur outil de travail
HatemC
| 14-02-2017 20:06
Ils ont tout en main pour négocier et se remettre au travail ...

Poutine @ trouvé la solution ..

https://www.youtube.com/watch?v=zIEjXFmKq9E
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