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Chroniques

L’IACE au secours des programmes économiques des partis

L’IACE au secours des programmes économiques des partis

 

Ce n’est qu’un début. Cependant, il préfigure d’une campagne électorale où tous les coups seront permis. La publication par les bureaux d’étude Sigma Conseil et Emrhod d’un sondage d’opinion sur les prochaines élections présidentielle et législatives pour mettre le feu aux poudres de la polémique. Certains partis s’en sont donnés à cœur joie pour fustiger les résultats, très différenciés il est vrai, des deux sondages. Mettant en doute le travail de ces deux bureaux d’étude. Réactions primaires, alors qu’on pouvait ou plutôt en état d’attendre de ces partis un peu plus de rigueur et de profondeur dans la lecture des résultats de ces sondages. Malheureusement, ils ont fait le choix de critiquer la forme – l’aspect technique du sondage – et non pas le fond. Ils n’y ont pas vu ou plutôt ne veulent pas voir ce qui pourtant semble sauter aux yeux : l’extrême volatilité de l’électorat ou de l’opinion publique en général. Qu’il suffit d’un rien pour que le tunisien change d’avis, du tout au tout. Or, c’est ce constat que révèlent les sondages de Sigma et de Emrhod. Rien de plus. Partant, n’était-il pas plus judicieux pour ces partis de chercher à dégager les raisons de ce curieux et, par certains côté compréhensible, papillonnage de l’électorat tunisien, tout comme ils n’ont pas tenté de saisir les tenants du phénomène du tourisme parlementaire de plusieurs de nos députés, se suffisant au mieux à le condamner, au pire à vouloir l’interdire. Ils n’y ont pas vu que tous souffrent de l’absence d’une vision claire et d’un projet et un programme cohérents d’avenir à présenter aux tunisiens. Et quand bien même ils en seraient porteur, leur programme s’apparente à de la pâte à modeler, malléable au gré des circonstances et du contexte politique ou sociale du moment.

En invitant, sur la base d’un calendrier précis de réunions  les principaux partis et mouvances politiques à venir exposer leur grille de lecteur sur une dizaine de problématiques économiques et esquisser leur démarche programmatique pour les résoudre, l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) a pris une louable initiative dans la mesure où celle-ci pourrait les inciter à élaborer leur programme économique d’avenir, dans le cadre des prochaines joutes électorales, de manière plus clair et plus précis, plus cohérent aussi. En tout cas, loin des à-peu-près et des slogans à l’emporte-pièce. Mercredi dernier, les Nidaa, Tahya Tounes, Ennahdha, Ettakatol, Afek, Joumhouri, Moubadara, Qadiroun, Courant démocratique… étaient là pour fournir leur éclairage sur « les contraintes pesant sur la loi de finances 2020 et les promesses électorales ». Wajdi Hassen, Directeur exécutif de l’IACE, précisera préalablement le propos : les marges du prochain exercice budgétaire étant pratiquement inexistantes, quelles seront les approches des partis en lice pour dégager les ressources nécessaires à la réalisation de leurs promesses électorales ?

Certes, les solutions techniques existent. Si l’activité du bassin minier reprend son cours normal, que l’exploration et l’exploitation  pétrolière et gazière se refait une santé, cela permettrait de conforter les ressources non fiscales du budget tout en allégeant la charge de la subvention à l’énergie, par exemple. Il est également possible de renforcer le budget d’investissement par une densification des projets en partenariat public-privé quand bien même les capacités d’absorption peuvent paraître fragiles. La restructuration des entreprises publiques est une autre solution qui limiterait les engagements de dépenses de l’Etat à allouer pour d’autres dépenses d’investissement en faveur du secteur de la santé ou de l’éducation.

Cependant, ce premier rendez-vous laisse sur sa faim. Car, les solutions techniques n’ont pas laissé place à l’essentiel, à savoir la mise en perspective de solutions stratégiques qu’exige un mandat ou une législature. Il faudrait espérer que cela soit le cas pour les prochaines rencontres, tous les mercredis jusqu’au 17 juillet 2019, sur des sujets aussi sensibles que le financement de l’économie ou le déficit des Caisses sociales ou bien la maîtrise de l’inflation et le pouvoir d’achat ou encore la détérioration du taux de change.

Mais au fait, l’IACE chercherait-elle par cette initiative à aiguiller ou aiguillonner les partis sur leur programme ?         

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Commentaires (2)

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DHEJ
| 10-05-2019 16:24
Par la PORTANCE chère à Maurice HAURIOU mais ignorée par les deux groupes

On gouverne par la LEGIDYNAMIQUE comme l'exige la constitution et un état dit civil!


Un programme porteur oui mais transformable en droit par le pouvoir législatif!

manixsv
| 09-05-2019 16:44
Mon cap est de me faire élire

Et sachez que je dirais tout ce que vous voudrez entendre pour y arriver!

Vive la République , vive la Tunisie ... et vive la P..politique

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