Le Qatar, l'émirat auquel Omar Béhi ne veut que du bien

Businessnews.com.tn | publié le 17/11/2017 19:59

Depuis le 5 juin dernier, le Qatar subit un embargo imposé par ses voisins-frères l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et le Bahreïn. Les frontières sont fermées et les camions de marchandises ne passent plus pour alimenter les centaines de grandes surfaces du pays et ses 2,5 millions d’habitants. Certains pays comme la Turquie et le Maroc ont mis en place en un temps record des couloirs aériens et mobilisé les cargos pour les livraisons nécessaires de marchandises.  La Tunisie est à la traîne et entend rattraper ce gros retard de six mois pour pénétrer ce pays où le pouvoir d’achat figure parmi les plus élevés au monde.


 

Les rayons des supermarchés de Doha sont pleins à craquer de marchandises venues de toutes parts. On ne dirait vraiment pas que le pays vit sous embargo tant les rayons sont fournis. Dans les centres commerciaux géants (mall), les plus grandes marques internationales d’Apple à Ralph Lauren en passant par Calvin Klein et Samsung sont présentes partout et ce ne sont pas les chalands friqués qui manquent. Ici, les salaires mensuels se comptent en dizaines de milliers de dollars pour les cadres. Un médecin ou un banquier ne touche pas moins que l’équivalent de 20.000-30.000 dinars tunisiens. Trois à cinq fois plus, voire davantage, pour les compétences élevées et rares. Face à l’embargo, le Qatar tient à rester debout et à ne pas faire subir à la population les conséquences de la crise politique aigüe. Pour le moment, il réussit la mission, puisqu’il tire les leçons nécessaires en augmentant drastiquement, dans un premier temps, la liste de ses fournisseurs pour ne plus dépendre de tel ou autre pays, et en cherchant, dans un deuxième temps, à avoir le maximum d’autonomie.

 

 

Forts conscients de cette réalité de terrain, du besoin ressenti des autorités et de la demande réelle des consommateurs, les autorités tunisiennes ont envoyé cette semaine une délégation de 130-140 hommes et femmes d’affaires, présidée par Omar Béhi, ministre du Commerce et Aziza Htira, présidente du Centre de promotion des exportations. Objectif : conquérir le marché qatari le plus vite possible, de la manière la plus efficiente, et dépasser les obstacles actuels.

 

 

Le ministre et la délégation qui l’accompagne ont rapidement constaté que les quelques marchandises tunisiennes présentes représentent des peanuts devant celles italiennes, turques, espagnoles et marocaines. On remarque également les prix élevés de la majorité des produits vendus, sauf que les marques tunisiennes ont des prix encore plus élevés que leurs concurrents, même les plus réputés à l’international. Un kilo de tomates italiennes pelées, par exemple, est vendu autour de l’équivalent de 8 dinars. Le litre d’huile d’olive la moins chère (espagnole) est proposé à l’équivalent de 18 dinars. Le kg de thon italien à l’huile d’olive en conserve est proposé à l’équivalent de 50 dinars.

 

 

Pour essayer de trouver une place, dans les rayons, les Tunisiens doivent batailler dur. Certaines marques sont présentes et ce sont les grands groupes qui s’y mettent, grâce à l’appui de leur expérience, de leurs carnets d’adresses et d’une solidité financière leur permettant les prises de risques. C’est le cas d’El Mazrâa avec ses poulets et ses œufs, de Délice avec son lait et ses fromages ou du Groupe Loukil qui représente plusieurs producteurs tunisiens. Sauf que nos prix sont élevés, un peu trop élevés. Ainsi, par exemple, nos grenadines sont proposées pour l’équivalent de 20 dinars le kilo. Le lait est à plus de 4 dinars la brique. Ce sont les Tunisiens du Qatar qui en souffrent le plus, car ils sont fort demandeurs des produits de leur pays, mais le rapport qualité/prix est fort désavantageux. « J’ai un réel besoin et une forte envie de consommer tunisien et je suis prêt à acheter plus cher le produit de mon pays, mais quand cela dépasse les 10-15%, je réfléchis à deux fois. Je peux céder une fois, craquer une deuxième fois, mais après il y a une logique économique qui dicte ses règles », témoigne Bilel Essaïed, haut cadre financier vivant à Doha depuis une douzaine d’années.

 

 

 

Comment expliquer ces prix élevés des produits tunisiens ? La réalité du marché fait ressortir qu’il est difficile de concurrencer les Turcs, les Italiens et les Espagnols et encore plus difficile les Asiatiques (Sri Lanka, Bangladesh, Inde…) sur le marché, à cause d’une série d’obstacles.

Le premier de ces obstacles est lié à une question de lobbys. Dans les grandes centrales d’achat et  chez les gros distributeurs, les responsables d’achat et de produit ont l’habitude de privilégier les produits de leur pays natal. Ce qu’il faut savoir c’est que le pays est peuplé dans son écrasante majorité (plus de 90%) par des étrangers. La population qatarie ne représente au Qatar qu’à peine 9%. Il est donc quelque part logique qu’un Srilankais privilégie d’abord un produit srilankais, surtout si ce dernier est proposé moins cher. Et en matière de baisse des coûts, ils sont imbattables. Des efforts sont fournis pour dépasser ce handicap, notamment depuis l’embargo, et certaines chaînes proposent de plus en plus de produits tunisiens. C’est le cas de Monoprix par exemple, mais également Carrefour. La visite de Omar Béhi et le forcing opéré par Slah Salhi, ambassadeur de Tunisie à Doha, bien engagé dans la diplomatie économique, vont beaucoup aider à le dépasser encore plus. Des contacts ont été noués avec de gros distributeurs qataris et ces derniers ont promis fermement de privilégier désormais le produit tunisien. L’engagement de la chambre de commerce qatarie dans ce sens est ferme et c’est le président  de la chambre lui-même, le cheikh Khalifa Ben Jassem Al Thani, qui est en train de faciliter la tâche entre les distributeurs locaux et les producteurs tunisiens.

 

 

Deuxième obstacle expliquant les prix élevés des marchandises tunisiennes, le fret aérien. Les exportations que nous proposons sont essentiellement composées de produits frais qui doivent être acheminés par air et non par mer. « Une compagnie aérienne privée locale, spécialisée dans le fret, propose ses services à 6,5 dinars le kilo pour le Tunis-Doha. Nous sommes obligés de répercuter ce coût sur le prix final supporté par le consommateur, nous ne pouvons pas agir autrement. Il faudrait donc trouver une solution urgente pour réduire le coût du transport aérien », nous indique un exportateur tunisien. Chez la concurrence, les Turcs ont mobilisé Turkish Airlines pour un couloir aérien spécial à des prix imbattables. Les Marocains, pareil, ont mobilisé la RAM pour exporter leurs marchandises en faisant de telle sorte que leurs prix soient concurrentiels.

La compagnie aérienne publique Qatar Airways a fait un effort avec les Tunisiens avec des prix réduits jusqu’à 2,5 – 3 dinars le kilo. Sauf que cela reste insuffisant, car à ce tarif nos prix demeurent toujours plus élevés.

 

 

 

Conscients de ce problème et bien sensibilisés par les exportateurs tunisiens, Omar Béhi et Aziza Htira ont eu des entretiens avec les officiels locaux, notamment le ministre qatari du Commerce. Des promesses ont été données et on va attendre la concrétisation. Le Cepex a décidé de mettre la main à la poche en subventionnant déjà à hauteur de 50% le coût du fret aérien et il est prêt à monter jusqu’à 70% pour booster l’exportation des marchandises tunisiennes. Ce type de subvention a un retour sur investissement certain au vu des recettes en devises générées par les exportations avec toutes les conséquences positives de la croissance générée par le surcroit de production de nos usines et la création d’emplois.

En dépit de l’effort consenti par le ministre du Commerce et la PDG du Cepex (qui sont dans leur rôle), il est impératif que l’on bouge à un niveau plus élevé à l’instar de nos concurrents directs.

 

 

Bon à noter, en plus des cargos, des réductions de prix et des subventions, ce sont les politiques qui mouillent la chemise chez eux. Ainsi, le Roi Mohammed VI était à Doha cette semaine pour booster l’économie de son pays, tout comme le président turc Recep Tayyip Erdogan. Leur objectif déclaré est d’aider le Qatar face à l’embargo en lui fournissant tous ses besoins.

 

On ne l’a pas dit, mais c’est fortement insinué à Doha, on n’en attend pas moins de la Tunisie et une visite de Béji Caïd Essebsi serait appréciée. Visite politiquement inimaginable quand on sait que les adversaires du Qatar s’appellent l’Arabie Saoudite et les Emirats, grands amis de BCE et qui ne verraient pas d’un bon œil un rapprochement de ce niveau. Autre point à notre défaveur, l’ancien président Moncef Marzouki ne cesse de dénigrer le régime actuel dans les milieux qataris, notamment médiatiques et particulièrement chez Al Jazeera. D’ailleurs, il était à Doha cette semaine et il a été aperçu avec de hauts dirigeants qataris dans un dîner privé. L’ancien président a dû changer de table précipitamment et sèchement pour éviter les oreilles indiscrètes de celle de la délégation tunisienne voisine autour de laquelle il y avait le ministre, l’ambassadeur et le représentant de Business News.

 

Face à cette réalité, il faudrait agir avec plus de subtilité et de tact. Des Tunisiens résidant au Qatar bien rapprochés des milieux de décision et des lobbys influents ont suggéré au ministre d’agir avec plus de subtilité. En invitant, par exemple, le Président de Qatar Airways en Tunisie et lui programmer une audience avec le chef du gouvernement. Il parait qu’il n’aurait pas été bien reçu au cours d’une récente visite dans notre pays. Il a été également suggéré de profiter de la présence des Tunisiens de Doha et faire constituer des lobbys influents auprès des cercles du pouvoir qatari pour contrecarrer la mauvaise image du pouvoir tunisien actuel donnée par Al Jazeera and co et leurs inféodés tunisiens. Certains, hélas, mélangent le combat politique et l’intérêt national et feignent d’ignorer que le dénigrement du pouvoir de leur pays à l’étranger nuit systématiquement aux intérêts de la Tunisie et de ses entreprises.

 

Nizar Bahloul, envoyé spécial à Doha



Le Qatar, l'émirat auquel Omar Béhi ne veut que du bien

publié le 17/11/2017 19:59

Depuis le 5 juin dernier, le Qatar subit un embargo imposé par ses voisins-frères l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et le Bahreïn. Les frontières sont fermées et les camions de marchandises ne passent plus pour alimenter les centaines de grandes surfaces du pays et ses 2,5 millions d’habitants. Certains pays comme la Turquie et le Maroc ont mis en place en un temps record des couloirs aériens et mobilisé les cargos pour les livraisons nécessaires de marchandises.  La Tunisie est à la traîne et entend rattraper ce gros retard de six mois pour pénétrer ce pays où le pouvoir d’achat figure parmi les plus élevés au monde.


 

Les rayons des supermarchés de Doha sont pleins à craquer de marchandises venues de toutes parts. On ne dirait vraiment pas que le pays vit sous embargo tant les rayons sont fournis. Dans les centres commerciaux géants (mall), les plus grandes marques internationales d’Apple à Ralph Lauren en passant par Calvin Klein et Samsung sont présentes partout et ce ne sont pas les chalands friqués qui manquent. Ici, les salaires mensuels se comptent en dizaines de milliers de dollars pour les cadres. Un médecin ou un banquier ne touche pas moins que l’équivalent de 20.000-30.000 dinars tunisiens. Trois à cinq fois plus, voire davantage, pour les compétences élevées et rares. Face à l’embargo, le Qatar tient à rester debout et à ne pas faire subir à la population les conséquences de la crise politique aigüe. Pour le moment, il réussit la mission, puisqu’il tire les leçons nécessaires en augmentant drastiquement, dans un premier temps, la liste de ses fournisseurs pour ne plus dépendre de tel ou autre pays, et en cherchant, dans un deuxième temps, à avoir le maximum d’autonomie.

 

 

Forts conscients de cette réalité de terrain, du besoin ressenti des autorités et de la demande réelle des consommateurs, les autorités tunisiennes ont envoyé cette semaine une délégation de 130-140 hommes et femmes d’affaires, présidée par Omar Béhi, ministre du Commerce et Aziza Htira, présidente du Centre de promotion des exportations. Objectif : conquérir le marché qatari le plus vite possible, de la manière la plus efficiente, et dépasser les obstacles actuels.

 

 

Le ministre et la délégation qui l’accompagne ont rapidement constaté que les quelques marchandises tunisiennes présentes représentent des peanuts devant celles italiennes, turques, espagnoles et marocaines. On remarque également les prix élevés de la majorité des produits vendus, sauf que les marques tunisiennes ont des prix encore plus élevés que leurs concurrents, même les plus réputés à l’international. Un kilo de tomates italiennes pelées, par exemple, est vendu autour de l’équivalent de 8 dinars. Le litre d’huile d’olive la moins chère (espagnole) est proposé à l’équivalent de 18 dinars. Le kg de thon italien à l’huile d’olive en conserve est proposé à l’équivalent de 50 dinars.

 

 

Pour essayer de trouver une place, dans les rayons, les Tunisiens doivent batailler dur. Certaines marques sont présentes et ce sont les grands groupes qui s’y mettent, grâce à l’appui de leur expérience, de leurs carnets d’adresses et d’une solidité financière leur permettant les prises de risques. C’est le cas d’El Mazrâa avec ses poulets et ses œufs, de Délice avec son lait et ses fromages ou du Groupe Loukil qui représente plusieurs producteurs tunisiens. Sauf que nos prix sont élevés, un peu trop élevés. Ainsi, par exemple, nos grenadines sont proposées pour l’équivalent de 20 dinars le kilo. Le lait est à plus de 4 dinars la brique. Ce sont les Tunisiens du Qatar qui en souffrent le plus, car ils sont fort demandeurs des produits de leur pays, mais le rapport qualité/prix est fort désavantageux. « J’ai un réel besoin et une forte envie de consommer tunisien et je suis prêt à acheter plus cher le produit de mon pays, mais quand cela dépasse les 10-15%, je réfléchis à deux fois. Je peux céder une fois, craquer une deuxième fois, mais après il y a une logique économique qui dicte ses règles », témoigne Bilel Essaïed, haut cadre financier vivant à Doha depuis une douzaine d’années.

 

 

 

Comment expliquer ces prix élevés des produits tunisiens ? La réalité du marché fait ressortir qu’il est difficile de concurrencer les Turcs, les Italiens et les Espagnols et encore plus difficile les Asiatiques (Sri Lanka, Bangladesh, Inde…) sur le marché, à cause d’une série d’obstacles.

Le premier de ces obstacles est lié à une question de lobbys. Dans les grandes centrales d’achat et  chez les gros distributeurs, les responsables d’achat et de produit ont l’habitude de privilégier les produits de leur pays natal. Ce qu’il faut savoir c’est que le pays est peuplé dans son écrasante majorité (plus de 90%) par des étrangers. La population qatarie ne représente au Qatar qu’à peine 9%. Il est donc quelque part logique qu’un Srilankais privilégie d’abord un produit srilankais, surtout si ce dernier est proposé moins cher. Et en matière de baisse des coûts, ils sont imbattables. Des efforts sont fournis pour dépasser ce handicap, notamment depuis l’embargo, et certaines chaînes proposent de plus en plus de produits tunisiens. C’est le cas de Monoprix par exemple, mais également Carrefour. La visite de Omar Béhi et le forcing opéré par Slah Salhi, ambassadeur de Tunisie à Doha, bien engagé dans la diplomatie économique, vont beaucoup aider à le dépasser encore plus. Des contacts ont été noués avec de gros distributeurs qataris et ces derniers ont promis fermement de privilégier désormais le produit tunisien. L’engagement de la chambre de commerce qatarie dans ce sens est ferme et c’est le président  de la chambre lui-même, le cheikh Khalifa Ben Jassem Al Thani, qui est en train de faciliter la tâche entre les distributeurs locaux et les producteurs tunisiens.

 

 

Deuxième obstacle expliquant les prix élevés des marchandises tunisiennes, le fret aérien. Les exportations que nous proposons sont essentiellement composées de produits frais qui doivent être acheminés par air et non par mer. « Une compagnie aérienne privée locale, spécialisée dans le fret, propose ses services à 6,5 dinars le kilo pour le Tunis-Doha. Nous sommes obligés de répercuter ce coût sur le prix final supporté par le consommateur, nous ne pouvons pas agir autrement. Il faudrait donc trouver une solution urgente pour réduire le coût du transport aérien », nous indique un exportateur tunisien. Chez la concurrence, les Turcs ont mobilisé Turkish Airlines pour un couloir aérien spécial à des prix imbattables. Les Marocains, pareil, ont mobilisé la RAM pour exporter leurs marchandises en faisant de telle sorte que leurs prix soient concurrentiels.

La compagnie aérienne publique Qatar Airways a fait un effort avec les Tunisiens avec des prix réduits jusqu’à 2,5 – 3 dinars le kilo. Sauf que cela reste insuffisant, car à ce tarif nos prix demeurent toujours plus élevés.

 

 

 

Conscients de ce problème et bien sensibilisés par les exportateurs tunisiens, Omar Béhi et Aziza Htira ont eu des entretiens avec les officiels locaux, notamment le ministre qatari du Commerce. Des promesses ont été données et on va attendre la concrétisation. Le Cepex a décidé de mettre la main à la poche en subventionnant déjà à hauteur de 50% le coût du fret aérien et il est prêt à monter jusqu’à 70% pour booster l’exportation des marchandises tunisiennes. Ce type de subvention a un retour sur investissement certain au vu des recettes en devises générées par les exportations avec toutes les conséquences positives de la croissance générée par le surcroit de production de nos usines et la création d’emplois.

En dépit de l’effort consenti par le ministre du Commerce et la PDG du Cepex (qui sont dans leur rôle), il est impératif que l’on bouge à un niveau plus élevé à l’instar de nos concurrents directs.

 

 

Bon à noter, en plus des cargos, des réductions de prix et des subventions, ce sont les politiques qui mouillent la chemise chez eux. Ainsi, le Roi Mohammed VI était à Doha cette semaine pour booster l’économie de son pays, tout comme le président turc Recep Tayyip Erdogan. Leur objectif déclaré est d’aider le Qatar face à l’embargo en lui fournissant tous ses besoins.

 

On ne l’a pas dit, mais c’est fortement insinué à Doha, on n’en attend pas moins de la Tunisie et une visite de Béji Caïd Essebsi serait appréciée. Visite politiquement inimaginable quand on sait que les adversaires du Qatar s’appellent l’Arabie Saoudite et les Emirats, grands amis de BCE et qui ne verraient pas d’un bon œil un rapprochement de ce niveau. Autre point à notre défaveur, l’ancien président Moncef Marzouki ne cesse de dénigrer le régime actuel dans les milieux qataris, notamment médiatiques et particulièrement chez Al Jazeera. D’ailleurs, il était à Doha cette semaine et il a été aperçu avec de hauts dirigeants qataris dans un dîner privé. L’ancien président a dû changer de table précipitamment et sèchement pour éviter les oreilles indiscrètes de celle de la délégation tunisienne voisine autour de laquelle il y avait le ministre, l’ambassadeur et le représentant de Business News.

 

Face à cette réalité, il faudrait agir avec plus de subtilité et de tact. Des Tunisiens résidant au Qatar bien rapprochés des milieux de décision et des lobbys influents ont suggéré au ministre d’agir avec plus de subtilité. En invitant, par exemple, le Président de Qatar Airways en Tunisie et lui programmer une audience avec le chef du gouvernement. Il parait qu’il n’aurait pas été bien reçu au cours d’une récente visite dans notre pays. Il a été également suggéré de profiter de la présence des Tunisiens de Doha et faire constituer des lobbys influents auprès des cercles du pouvoir qatari pour contrecarrer la mauvaise image du pouvoir tunisien actuel donnée par Al Jazeera and co et leurs inféodés tunisiens. Certains, hélas, mélangent le combat politique et l’intérêt national et feignent d’ignorer que le dénigrement du pouvoir de leur pays à l’étranger nuit systématiquement aux intérêts de la Tunisie et de ses entreprises.

 

Nizar Bahloul, envoyé spécial à Doha



Commentaires (27) Commenter
Un peu de jugeotte please !
A machoires decrochees
| 19-11-2017 13:46
En l'occurence,je defend MrBahloul.Dans la conjoncture actuelle,c'est dire l'embargo contre le Qatar,la destination commerciale vers ce pays, quoi que l'on puisse penser(tout au fond de notre coeur) et lucidement, devient une opportunite.Une opportunite primordiale compte tenu des besoins urgents de notre economie.Le travail qu'accomplit notre ambassadeur et celui de Mr Bahloul,en sa qualite de journaliste,relevent plutot du patriotisme.Decidement il devient lassant de lire certains commentaires qui prouvent que leurs auteurs n'ont rien compris a cette affaire, pourtant si evidente.
Mr Bahlouol combien avez vous empoché?
Zico
| 19-11-2017 10:50
Le Quatar est un pays de taille micoscopique situé par hazard sur un gros gisment de gaz naturel. Ce pays est le premier financier du terrorisme islamique mondial. Il a gravement nuit a notre souveraineté et notre securité nationale. Mr Bahloul est de toute evidence devenu lobbyiste professionnel pour cet emira. Combien a t il empoché?
moi,le detail qui m'intrigue
slalom
| 19-11-2017 07:51
dans cet article, c'est l'attitude de mm.m. marzouki vis à vis de la délégation tunisienne, c'est d'une bassesse inimaginable
Et vive le publireportage sur le Qatar !
why
| 19-11-2017 04:01
Désolé, mais autant j'aime BN, autant là, on tombe sur un publireportage promotionnel du Qatar!
Qu'il y ait un problème avec nos produits et nos exportations, oui. Mais le marché Qatari est anecdotique. Si on se concentre sur d'autres marchés, ce sera plus facile. Et ça évitera de donner raison à ces anciens bédouis qui veulent apprendre les rudiments de la civilisation à un peuple avec 3000 ans d'histoire...
La politique de subvention, d'export, la logistique, voilà plutôt les problèmes les plus importants. Je ne crois pas que Tunisair ait un service de frêt aérien; ou s'il existe, je ne pense pas qu'il soit efficace. Si on veut conquérir certains marchés, il faudrait commencer par regarder de ce côté-ci.
Nauses et vomissements
Khneji
| 18-11-2017 22:54
J ai l envie de vomir et j ai des sensations de vomissements en lisant certains commentaires.
Le probleme de la logistique reste complet
Hannibal
| 18-11-2017 17:53
Le tourisme est malade de la logistique
les exportations sont malades de la logistique
les residents Tunisiens a l etranger sont malades de la logistique
et les Tunisiens trouvent le moyen de detruire une compagnie aerienne privee
(Syphax airlines)...sans commentaire.
A propos de Beji Caied Essebsi,l infeode president a la Saoudie et aux Emirats,n a t il pas refuse de recevoir le futur President Francais Emmanuel Macron lors de son passage a Tunis soit disant pour ne pas froisser Francois Mitterant.... pardon Francois Hollande,
a 93ans malgre tous les sondages,il a commi l erreur et pas la seule.
Boycottons le Qatar, sponsor officiel de la révolution Bouazizienne
el manchou
| 18-11-2017 17:30
Il faut couper les relations diplomatiques avec l'entité Qataraélienne qui a détruit notre pays via Al Jazeera, Bouazizi et Ennahdha.
Des photos parlantes..
St Just
| 18-11-2017 17:12
Rien qu'à regarder ces photos pour se rendre compte que la Tunisie, de même que le monde arabe, n'est toujours pas rentrée dans l'ère industrielle et encore moins l'ère technologique..... Triste réalité d'un monde hors temps.
Mais bon l'argent n'a pas d'odeur hélas
Zohra
| 18-11-2017 17:07
Si on était décisionnaire même crevé de faim on y mettrait jamais les pieds dans ce pays qui a participé à la destruction des pays arabes

LE QATAR VEUT QUE DETERUIRE LA TUNISIE
OPERATOR CONTROL
| 18-11-2017 16:12
NS DEMANDONS LA REPTURE DES RELATIONS DIPLOMATIQUE ET ECONEOMIQUE AVEC LE QATAR ET TOUS LES SAUVAGES ARABES

@ ADMIN DE BN -soiyez tunisien soiyez FIDEL
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