Le nouveau désordre mondial !

Businessnews.com.tn | publié le 07/02/2017 10:54

 

Par Hédi Ben Abbès

 

Depuis 50 ans, le monde vit au rythme effréné de la mondialisation. Les défenseurs de cette doctrine nous ont vanté les mérites du libre-échange, de la levée des barrières douanières et de la libre circulation des biens et des personnes. On nous a imposé une marche forcée vers l’ultra-libéralisme avec, bien souvent, de fausses promesses de prospérité pour tous. Les pays dits en « voie de développement », émergents ou en transition, tout comme les pays industrialisés, tous étaient censés profiter de la manne des investissements et des délocalisations.

Cette approche néo-libérale devait également permettre de résorber la pauvreté, redéfinir le partage du travail et stimuler la croissance. Certains même nous ont prédit la « fin de l’histoire », comme Berzezinski et Fukuyama, lorsque tous les pays adeptes de cette doctrine auraient accompli leur conversion à ce modèle unique. Des mécanismes et des instruments multilatéraux (BM, FMI, OMC) ont été créés pour « inciter » les pays à se plier à cette règle d’un nouveau genre. A partir de la fin officielle de la Guerre froide en 1989, on a même redessiné la carte géopolitique du monde en fonction de l’adhésion des pays au néolibéralisme. Les accords régulant les échanges (GAAT, Union Européenne, BRICS, NEFTA, TPP, etc.) sont alors modelés sur la base des principes fondateurs de ce Nouvel Ordre Mondial. Cet ordre a ses Forum, ses Think Tank, ses puissants lobbies, tous sont censés propager « l’égalité » et la « liberté » sous toutes ses formes.

 

Depuis l’avènement de George Bush père et la proclamation du Nouvel Ordre Mondial en 1991, nous avons vécu au rythme des réformes nationales et internationales pour que ces principes, devenus dogmes, soient généralisés. Le Nouvel Ordre Mondial ainsi défini, il doit être, idéologiquement, politiquement et économiquement unipolaire, avec les Etats-Unis d’Amérique comme chef de fil. Face à lui, les mouvements de contestation altermondialistes dont les écologistes, les anarchistes, les gauchistes et les nationalistes de tous bords, n’ont pas réussi à dévier le train de cette réforme globalisante de sa trajectoire. Parallèlement, un travail de fond était mené suivant un rythme infernal par certain pour que règne l’uniformisation de ce modèle dans presque toutes les disciplines. La culture devait elle aussi être mondialisée, les biens de consommation, les habitudes alimentaires, voire, à certains égards, le mode de penser. Tout doit être remodelé selon le modèle dominant mis au service des multinationales et du grand capital. Ainsi, selon ce modèle, même la marchandisation de la vie devrait être totale.

Sur un autre plan, on sauve l’apparence des valeurs de « liberté » et d’« égalité » chères à ce modèle, tout en sachant d’avance que les règles de la compétition, et donc de la concurrence, sont faussées et inéquitables puisqu’elles ne profitent qu’à quelques-uns. L’ « égalité » tant vantée par le modèle s’est transformée en leurre car l’inégalité est à la base de toute compétition. C’est un peu comme si on demandait au faible et au puissant de concourir en partant de la même ligne sans se soucier de ce que les uns et les autres ont comme handicap de départ.

 

Cependant, des correctifs ont été inventés, comme les programmes de « mise à niveau » (la coopération technique, les programmes d’ajustement structurel, etc.) destinés à atténuer le déséquilibre flagrant entre les « concurrents » de peur que le système ne s’effondre. Tout a été fait pour gommer les différences, niveler toutes les structures et les institutions pour qu’elles soient au service de ce nouvel ordre. On a inventé de nouveaux concepts, exhumé Adam Smith et ses théories économiques avant de les détourner au profit d’un ordre encore plus inéquitable. C’est ainsi que les derniers bastions de résistance au nouvel ordre libéral, à savoir, la Russie et la Chine, se sont à leur tour convertis à l’économie de marché mondialisée. Au moment même où les chantres du Nouvel Ordre Mondial ont cru que leur domination allait être totale, les premiers effets « pervers » de cette théorie globalisante ont vu le jour et la prophétie de M. Joseph Stiglitz sur l’économie du développement s’est avérée vraie. Sa critique du « Consensus de Washington » et de la politique économique du FMI trouve aujourd’hui toute sa pertinence.

La théorie de la mondialisation a également produit des effets inattendus. Le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Japon, la Corée du Sud et l’ensemble des pays du sud-est asiatique ont su tirer profit de l’ouverture des marchés et des nouveaux termes des échanges. Leur croissance pendant la décennie 2000-2010 était à deux chiffres. Les délocalisations ont permis à ces pays de devenir les « workshops » du monde avec les effets pervers que l’on connait (exploitation des enfants, destruction de l’environnement, renforcement des inégalités, etc.). Les profits engrangés par les multinationales ont certes atteint des niveaux incomparables mais les inégalités sociales ont augmenté dans la même proportion. L’Ouroboros, l’antique serpent, a fini par se mordre la queue ! D’un monde unipolaire tant souhaité par le nouvel ordre mondial, émergent de nouvelles puissances économiques et un monde multipolaire commence à voir le jour.

 

Ironie de l’histoire, les mêmes instruments qui étaient au service de ce Nouvel Ordre Mondial, avec à leur tête, les réseaux de communication virtuelle, ont accéléré cette mutation vers un monde multipolaire. La révolution numérique a transformé les modèles économiques et sociétaux et fait déplacer le centre de gravité de l’économie mondiale toujours plus vers l’Est.

L’élection d’un nouveau président à la tête du pays le plus puissant au monde, chantre de la mondialisation, ainsi que les poussées de fièvre nationalistes un peu partout dans le monde -en Europe en particulier -semblent avoir sonné le glas du Nouvel Ordre Mondial et ouvert la porte au Nouveau Désordre Mondial. Le point d’orgue de ce changement radical a eu lieu à l’occasion du dernier Forum de Davos. En effet, alors que M. Trump s’engageait à tout verrouiller, les frontières comme l’économie, promeut le repli et la renationalisation de la production, le président chinois M. Xi Jinping prononçait quant à lui pour la première fois dans l’histoire de Davos, un discours d’ouverture diamétralement opposé, vantant les mérites de l’ouverture des frontières et l’application de la politique du libre-échange !Quelle ironie et quel changement ?

Le monde moderne est à présent face à un nœud gordien. En effet, doit-il poursuivre le modèle de la mondialisation derrière la nouvelle grande puissance économique qu’est devenue la Chine, ou doit-il s’engager sur la voie du démantèlement de tout un système et de toutes les institutions qui l’accompagnent ? Au vu des rapports de force politique entre les pays les plus puissants, et en tenant compte de l’émergence des nationalismes et du cortège de mesures protectionnistes qu’ils génèrent (contrôle aux frontières, barrières douanières, exclusions, retour des monnaies nationales, etc.), le monde va très certainement entrer dans une zone de turbulence économique et institutionnelle. Car lorsque l’on passe de manière brutale de la dérégulation systémique à la prise de contrôle de l’ensemble du système par l’Etat comme le laisse présager la nouvelle administration américaine, nous ne pouvons que constater que nous allons entrer dans une ère de désordre mondial dont personne ne peut prédire les conséquences à venir. Opérer une telle rupture avec la vision du rôle des Etats-Unis dans le monde tel qu’elle a été imaginée et mise en œuvre par Roosevelt (paix, prospérité et liberté pour tous) à la fin de la 2eme Guerre, risque d’engendrer l’isolement des Etats-Unis sur la scène internationale.

 

Avec un Moyen-Orient en complète recomposition ; une Europe soucieuse de préserver, voire de renforcer, son intégration politique, économique et sécuritaire ; une Russie qui élargie sa zone d’influence ; une Chine désormais première puissance économique convertie au libéralisme ; les Etats-Unis d’Amérique qui amorcent un certain repli et entament leur désengagement des accords multilatéraux, la décennie à venir risque d’être celle du déclin de l’empire américain et celui de l’installation de la Chine comme nouvelle puissance de référence contrôlant à la fois les capitaux et les flux commerciaux. En Asie, en Afrique, aux Amériques et progressivement, en Europe, la Chine a déjà mis la main sur des pans entiers de l’économie planétaire à la faveur du Nouvel Ordre Mondial.

En attendant de parachever cette tendance et de la généraliser, le monde va connaitre une décennie de désordre mondial avec tous les risques que cela implique. Qu’adviendra-t-il des valeurs néo-libérales défendues par le désormais agonisant Nouvel Ordre Mondial ? Que deviendra la démocratie si elle ne sert plus les intérêts économiques ? Quel sort sera donné aux valeurs de « liberté » et d’ « égalité », les deux piliers du nouvel ordre mondial ? Sur quelle base, par quel mécanisme et avec quels instruments politiques et institutionnels allons-nous garantir la paix sociale face aux inégalités grandissantes ?

Et si l’Union Européenne devient orpheline en perdant des alliés de poids, tels les Etats-Unis d’Amérique et le Royaume-Uni, sera-t-elle redécoupée et démantelée ? Avec les nouvelles alliances qui se dessinent, sommes-nous à la veille d’un nouvel Yalta ? Jusqu’où va aller la résurgence de toutes sortes de frontières ? Tant de questions restent en suspens, laissant entrevoir une première certitude : après leNew World Order, le monde est désormais engagé dans la voie de la New world Border !

 

Le nouveau désordre mondial !

publié le 07/02/2017 10:54

 

Par Hédi Ben Abbès

 

Depuis 50 ans, le monde vit au rythme effréné de la mondialisation. Les défenseurs de cette doctrine nous ont vanté les mérites du libre-échange, de la levée des barrières douanières et de la libre circulation des biens et des personnes. On nous a imposé une marche forcée vers l’ultra-libéralisme avec, bien souvent, de fausses promesses de prospérité pour tous. Les pays dits en « voie de développement », émergents ou en transition, tout comme les pays industrialisés, tous étaient censés profiter de la manne des investissements et des délocalisations.

Cette approche néo-libérale devait également permettre de résorber la pauvreté, redéfinir le partage du travail et stimuler la croissance. Certains même nous ont prédit la « fin de l’histoire », comme Berzezinski et Fukuyama, lorsque tous les pays adeptes de cette doctrine auraient accompli leur conversion à ce modèle unique. Des mécanismes et des instruments multilatéraux (BM, FMI, OMC) ont été créés pour « inciter » les pays à se plier à cette règle d’un nouveau genre. A partir de la fin officielle de la Guerre froide en 1989, on a même redessiné la carte géopolitique du monde en fonction de l’adhésion des pays au néolibéralisme. Les accords régulant les échanges (GAAT, Union Européenne, BRICS, NEFTA, TPP, etc.) sont alors modelés sur la base des principes fondateurs de ce Nouvel Ordre Mondial. Cet ordre a ses Forum, ses Think Tank, ses puissants lobbies, tous sont censés propager « l’égalité » et la « liberté » sous toutes ses formes.

 

Depuis l’avènement de George Bush père et la proclamation du Nouvel Ordre Mondial en 1991, nous avons vécu au rythme des réformes nationales et internationales pour que ces principes, devenus dogmes, soient généralisés. Le Nouvel Ordre Mondial ainsi défini, il doit être, idéologiquement, politiquement et économiquement unipolaire, avec les Etats-Unis d’Amérique comme chef de fil. Face à lui, les mouvements de contestation altermondialistes dont les écologistes, les anarchistes, les gauchistes et les nationalistes de tous bords, n’ont pas réussi à dévier le train de cette réforme globalisante de sa trajectoire. Parallèlement, un travail de fond était mené suivant un rythme infernal par certain pour que règne l’uniformisation de ce modèle dans presque toutes les disciplines. La culture devait elle aussi être mondialisée, les biens de consommation, les habitudes alimentaires, voire, à certains égards, le mode de penser. Tout doit être remodelé selon le modèle dominant mis au service des multinationales et du grand capital. Ainsi, selon ce modèle, même la marchandisation de la vie devrait être totale.

Sur un autre plan, on sauve l’apparence des valeurs de « liberté » et d’« égalité » chères à ce modèle, tout en sachant d’avance que les règles de la compétition, et donc de la concurrence, sont faussées et inéquitables puisqu’elles ne profitent qu’à quelques-uns. L’ « égalité » tant vantée par le modèle s’est transformée en leurre car l’inégalité est à la base de toute compétition. C’est un peu comme si on demandait au faible et au puissant de concourir en partant de la même ligne sans se soucier de ce que les uns et les autres ont comme handicap de départ.

 

Cependant, des correctifs ont été inventés, comme les programmes de « mise à niveau » (la coopération technique, les programmes d’ajustement structurel, etc.) destinés à atténuer le déséquilibre flagrant entre les « concurrents » de peur que le système ne s’effondre. Tout a été fait pour gommer les différences, niveler toutes les structures et les institutions pour qu’elles soient au service de ce nouvel ordre. On a inventé de nouveaux concepts, exhumé Adam Smith et ses théories économiques avant de les détourner au profit d’un ordre encore plus inéquitable. C’est ainsi que les derniers bastions de résistance au nouvel ordre libéral, à savoir, la Russie et la Chine, se sont à leur tour convertis à l’économie de marché mondialisée. Au moment même où les chantres du Nouvel Ordre Mondial ont cru que leur domination allait être totale, les premiers effets « pervers » de cette théorie globalisante ont vu le jour et la prophétie de M. Joseph Stiglitz sur l’économie du développement s’est avérée vraie. Sa critique du « Consensus de Washington » et de la politique économique du FMI trouve aujourd’hui toute sa pertinence.

La théorie de la mondialisation a également produit des effets inattendus. Le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Japon, la Corée du Sud et l’ensemble des pays du sud-est asiatique ont su tirer profit de l’ouverture des marchés et des nouveaux termes des échanges. Leur croissance pendant la décennie 2000-2010 était à deux chiffres. Les délocalisations ont permis à ces pays de devenir les « workshops » du monde avec les effets pervers que l’on connait (exploitation des enfants, destruction de l’environnement, renforcement des inégalités, etc.). Les profits engrangés par les multinationales ont certes atteint des niveaux incomparables mais les inégalités sociales ont augmenté dans la même proportion. L’Ouroboros, l’antique serpent, a fini par se mordre la queue ! D’un monde unipolaire tant souhaité par le nouvel ordre mondial, émergent de nouvelles puissances économiques et un monde multipolaire commence à voir le jour.

 

Ironie de l’histoire, les mêmes instruments qui étaient au service de ce Nouvel Ordre Mondial, avec à leur tête, les réseaux de communication virtuelle, ont accéléré cette mutation vers un monde multipolaire. La révolution numérique a transformé les modèles économiques et sociétaux et fait déplacer le centre de gravité de l’économie mondiale toujours plus vers l’Est.

L’élection d’un nouveau président à la tête du pays le plus puissant au monde, chantre de la mondialisation, ainsi que les poussées de fièvre nationalistes un peu partout dans le monde -en Europe en particulier -semblent avoir sonné le glas du Nouvel Ordre Mondial et ouvert la porte au Nouveau Désordre Mondial. Le point d’orgue de ce changement radical a eu lieu à l’occasion du dernier Forum de Davos. En effet, alors que M. Trump s’engageait à tout verrouiller, les frontières comme l’économie, promeut le repli et la renationalisation de la production, le président chinois M. Xi Jinping prononçait quant à lui pour la première fois dans l’histoire de Davos, un discours d’ouverture diamétralement opposé, vantant les mérites de l’ouverture des frontières et l’application de la politique du libre-échange !Quelle ironie et quel changement ?

Le monde moderne est à présent face à un nœud gordien. En effet, doit-il poursuivre le modèle de la mondialisation derrière la nouvelle grande puissance économique qu’est devenue la Chine, ou doit-il s’engager sur la voie du démantèlement de tout un système et de toutes les institutions qui l’accompagnent ? Au vu des rapports de force politique entre les pays les plus puissants, et en tenant compte de l’émergence des nationalismes et du cortège de mesures protectionnistes qu’ils génèrent (contrôle aux frontières, barrières douanières, exclusions, retour des monnaies nationales, etc.), le monde va très certainement entrer dans une zone de turbulence économique et institutionnelle. Car lorsque l’on passe de manière brutale de la dérégulation systémique à la prise de contrôle de l’ensemble du système par l’Etat comme le laisse présager la nouvelle administration américaine, nous ne pouvons que constater que nous allons entrer dans une ère de désordre mondial dont personne ne peut prédire les conséquences à venir. Opérer une telle rupture avec la vision du rôle des Etats-Unis dans le monde tel qu’elle a été imaginée et mise en œuvre par Roosevelt (paix, prospérité et liberté pour tous) à la fin de la 2eme Guerre, risque d’engendrer l’isolement des Etats-Unis sur la scène internationale.

 

Avec un Moyen-Orient en complète recomposition ; une Europe soucieuse de préserver, voire de renforcer, son intégration politique, économique et sécuritaire ; une Russie qui élargie sa zone d’influence ; une Chine désormais première puissance économique convertie au libéralisme ; les Etats-Unis d’Amérique qui amorcent un certain repli et entament leur désengagement des accords multilatéraux, la décennie à venir risque d’être celle du déclin de l’empire américain et celui de l’installation de la Chine comme nouvelle puissance de référence contrôlant à la fois les capitaux et les flux commerciaux. En Asie, en Afrique, aux Amériques et progressivement, en Europe, la Chine a déjà mis la main sur des pans entiers de l’économie planétaire à la faveur du Nouvel Ordre Mondial.

En attendant de parachever cette tendance et de la généraliser, le monde va connaitre une décennie de désordre mondial avec tous les risques que cela implique. Qu’adviendra-t-il des valeurs néo-libérales défendues par le désormais agonisant Nouvel Ordre Mondial ? Que deviendra la démocratie si elle ne sert plus les intérêts économiques ? Quel sort sera donné aux valeurs de « liberté » et d’ « égalité », les deux piliers du nouvel ordre mondial ? Sur quelle base, par quel mécanisme et avec quels instruments politiques et institutionnels allons-nous garantir la paix sociale face aux inégalités grandissantes ?

Et si l’Union Européenne devient orpheline en perdant des alliés de poids, tels les Etats-Unis d’Amérique et le Royaume-Uni, sera-t-elle redécoupée et démantelée ? Avec les nouvelles alliances qui se dessinent, sommes-nous à la veille d’un nouvel Yalta ? Jusqu’où va aller la résurgence de toutes sortes de frontières ? Tant de questions restent en suspens, laissant entrevoir une première certitude : après leNew World Order, le monde est désormais engagé dans la voie de la New world Border !

 

Hédi Ben Abbes
Commentaires (12) Commenter
A mon commentaire 'L'avantage comparatif et la culture de la Tomate!" je voudrais rajouter que
Dr. Jamel Tazarki
| 10-02-2017 08:59
les Hollandais produisent 460 tonnes de tomates par hectare alors que la Tunisie ne dépasse pas les 20 tonnes par hectare!

Jamel Tazarki

Pour vous relaxer, Je vous propose ce film:
https://www.youtube.com/watch?v=Zc2Z3EEk3fc
reponse
salah bensalem
| 08-02-2017 14:55
2017 c est le demarrage d un nouveau cycle et son objetif c est de remettre de l ordre dans le monde sur cette belle planete pour diminuer la pauvrete et pourtant c est clair pour les personnes qui lisent entre les lignes sauf pour les personnes qui ont un probleme de vue .
Énième crise cyclique ou derniers souffles du capitalisme ?
Tunisienne
| 08-02-2017 09:29


L'idéal-type du capitalisme est un package, un tout indissociable fait de suprématie des vertus de la raison, du jugement, de la légitimité de rechercher son propre intérêt, de la capacité d'en décider et du rayonnement supposé de ces démarches individuelles (et individualistes) sur le bien-être collectif, de détachement/ émancipation des dogmes, de liberté d'entreprise (et de liberté tout court)... Cet idéal-type est indissociable de l'entrée dans la modernité et c'est un modèle global de société dont on ne questionne pas vraiment la légitimité, peut-être parce que c'est justement un tout et que l'imaginaire collectif a tendance à croire que si on en enlève une partie, ce sont les autres parties du système qui vont s'effondrer. Le capitalisme est donc resté le père incontesté de tous les «ismes» en s'imposant au monde comme allant de soi.


Mais on peut faire le constat que le capitalisme est en train de s'auto-cannibaliser, de bouffer ses principales composantes (dont la ou les libertés) à force d'être devenu sauvage, féroce et insatiable. Par conséquent, on n'est plus dans les schémas «raisonnables» et «acceptables» du capitalisme qui s'étrangle cycliquement et qui répond par des poussées expansionnistes pour se régénérer.


La liberté est aujourd'hui une notion toute relative. Nous sommes tous tracés, filés, suivis (par des cartes, des téléphones, des ordinateurs, des comptes, des mots de passe...), bombardés par toutes sortes de marketings et de prescriptions de modes de vie et de consommation visant à l'uniformisation de la pensée et des façons de voir et de vivre le monde (mode, infos, voyages, produits et opinions Mainstream !). Y a-t-il meilleur moyen de nous garder à l''il ?!


Le déplacement du capitalisme vers l'Est marque-t-il l'avènement d'un capitalisme à visage plus humain ? On est en droit d'en douter quand on observe les nouvelles formes aliénantes de taylorisme qui se développent sans états d'âme dans différents secteurs dans ce même Est. Il s'agirait plutôt d'un décalage de temporalités entre ceux (de l'Est) qui découvrent «naïvement» le visage attrayant du capitalisme et ceux (de l'Ouest) qui déchantent pour avoir déjà amèrement expérimenté les impostures du capitalisme.


Libéralisme, ultralibéralisme, déréglementation, mondialisation, globalisation, «village mondial»..., tous ces termes constituent des démarches de régénération et de (re)légitimation d'une idéologie socioéconomique vacillante et qui montrait de plus en plus ses limites en termes de répartition équitable des richesses et même de création de réelles richesses.

Le système a tenu et s'est maintenu tant qu'il continuait à tenir la route (ou la poudre aux yeux) de la «richesse des Nations». Mais il montre actuellement de façon flagrante qu'il n'est plus soutenable. En témoignent les crises socioéconomiques de plus en plus aiguës, les replis et la quête de différentes formes de protectionnisme (les regroupements économiques régionaux, le Brexit, l'attrait pour des formes et expressions renouvelées de nationalismes...).



Ce que vous appelez désordre n'en est pas vraiment un. C'est une contestation de l'ordre mondial dominant et l'émergence encore balbutiante de tentatives d'établir un ordre plus humain, égalitaire, (vraiment) émancipateur et moins féroce.



@Forza
Dr. Jamel Tazarki
| 08-02-2017 07:55
Je ne crois pas que Mr. Trump est pour le protectionnisme, il encourage seulement les entrepreneurs américains à rapatrier leurs capitaux, leurs productions et leurs bénéfices et ceci est très légitime!

Essayons de situer la Tunisie dans cette nouvelle politique socio-économique américaine et je vous propose de lire ce qu'a dit notre Ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle, Mr. Imed Hammemi: 'Il y a aussi des programmes qui faciliteront l'investissement en Afrique subsaharienne".

Voir le lien suivant:
http://www.businessnews.com.tn/imed-hammemi--nous-travaillons-actuellement-sur-des-programmes-avec-les-pays-scandinaves,520,70096,3


Ainsi, les Américains encouragent leurs entreprises à rapatrier leurs productions et leurs capitaux alors que notre gouvernement encourage nos milliardaires et notre oligarchie à exporter nos capitaux en Afrique subsaharienne et rêve que ces derniers vont un jour rapatrier leurs bénéfices :))))! Il faut être naïf afin de croire que notre oligarchie et nos milliardaires vont rapatrier leurs bénéfices s'ils en font en Afrique subsaharienne.


Notre oligarchie et nos milliardaires vont profiter de l'argent du contribuable et de l'exportation de nos capitaux en toute légalité et avec la complicité de notre gouvernement afin de s'installer en Afrique Subsaharienne, mais ils ne vont jamais rapatrier Les bénéfices s'ils en font!

Il n'y a plus de nécessité pour la Tunisie d'investir ailleurs qu'en Tunisie et ceci n'est pas en contradiction avec la Mondialisation!



Tirer le Meilleur Parti De La Mondialisation:

Non, il faut investir et créer de l'emploi en Tunisie et exporter nos produits partout où on est compétitif!

Depuis 2011 nos politiciens, nos banquiers et en particulier nos hommes d'affaires entrepreneurs (à qui appartient malheureusement notre système bancaire) nous parlent en permanence de la conquête économique de l'Afrique subsaharienne. Oui, certains de nos hommes d'affaires qui ne cherchent qu'à exporter leurs capitaux sont pour cette conquête.

Je résume, qu'est ce qui a permis la mondialisation des échanges?
1) l'abaissement du coût des transports et notamment le transport maritime et aérien. Le coût de transport maritime et aérien a diminué de 75% en comparaison aux années 50. Certains porte-conteneurs ont des capacités de transport jusqu'à 15000 conteneurs. La valeur de la marchandise transportée par un porte-conteneur peut atteindre les 1,3 milliards de dollars en moyenne.
2) l'accroissement de la puissance de calcul et l'apparition d'Internet ont réduit énormément les coûts du traitement et de la transmission de l'information, ce qui a facilité en conséquence les transactions et les échanges internationaux.
3) La baisse pour les communications internationales, le prix d'une communication de trois minutes entre New York et Londres est tombé de 80$ en 1950 à 0.10$ en 2015.
4) des services longtemps considérés comme étant de nature locale sont désormais fournis par-delà les frontières via internet.


Conclusion: si on voulait faire sortir la Tunisie de la crise socio-économique, il faudrait investir et créer de l'emploi plutôt en Tunisie, il faudrait profiter de la Mondialisation des échanges et exporter notre surplus partout en Afrique et ailleurs dans le monde. ==> Pour cela Il faut améliorer le niveau d'équipement et le rendement de nos ports et de nos aéroports. Sans une très bonne logistique de la Tunisie, il n'y aura jamais de développement socio-économique en notre pays. ==> Il est complètement absurde pour le moment d'exporter nos capitaux vers l'Afrique subsaharienne ou ailleurs, il faut plutôt produire et créer de l'emploi en Tunisie et exporter notre production locale là où nous sommes plus compétitifs (étant donné que le coût de transport maritime et aérien est négligeable)

J'insiste que certains de nos politiciens et de nos hommes d'affaires de l'après révolution de Jasmin n'ont rien compris à la mondialisation!


Très Cordialement
Jamel

Voilà une très belle chanson arabe:
https://www.youtube.com/watch?v=Tf6w5PL6wAs&index=8&list=RD77xBgxvi4bk


C'est dans l'intensité, la régularité et le renouvellement du débat socio-politique que se forge le gouvernement du peuple. La bonne santé de notre jeune démocratie tunisienne se mesure à ses contre-pouvoirs. Voilà pourquoi l'indépendance des médias, de la justice, l'activité syndicale et la qualité du débat parlementaire concernent tous les Tunisiens.
Et la Tunisie dans tout ça?
Forza
| 07-02-2017 20:03
Je pense qu'il y'a un consensus parmi les professeurs et les écoles de l'économie de marché que le libre échange présente des avantages pour pratiquement tous les participants. Le problème de beaucoup de pays sous-développés n'est pas le libre exchange mais plutôt la marginalisation et le faite qu'ils sont coupés du reste du monde et leurs économies sont isolées. Ces aspects on peut même les constater au sein d'un seul pays, les grandes villes de la côte en Tunisie qui participe plus dans l'économie formelle et « informelle » ont un niveau de vie plus supérieur que les régions de l'intérieur non intégré dans les flux économiques. Le libre échange a permis de faire sortir des centaines de millions d'humains de la famine et de la pauvreté, le grand saut en avant de la Chine, l'inde et la Corée du Sud n'étaient pas possibles sans le libre échange.
Les institutions internationales comme le FMI sont maintenant aussi plus conscients qu'un développement plus exclusif est nécessaire et dans leur propre intérêt.
Pour la Tunisie et en l'absence d'un marché commun maghrébin, nous n'avons pas d'autre chance de se développer que d'intégrer les différents marchés surtout l'Europe et l'Afrique. Le libre échange est une condition pour le progrès de la Tunisie. Il n'est pas dans notre intérêt d'applaudir la politique protectionniste de Trump.
Enfin la Tunisie doit se dépêcher à négocier avec la Grande Bretagne un traité de libre échange après le Brexit.
Ce que je pense!
Dr. Jamel Tazarki
| 07-02-2017 18:42
J'avoue que j'ai eu un très grand choc quand j'ai lu dans l'article ci-dessus que "L'égalité tant vantée par le modèle s'est transformée en leurre car l'inégalité est à la base de toute compétition. C'est un peu comme si on demandait au faible et au puissant de concourir en partant de la même ligne sans se soucier de ce que les uns et les autres ont comme handicap de départ." ===> Très Cher Mr. Ben Abbès, il ne s'agit pas d'égalité mais plutôt le système et les règles de jeux devraient être fair (juste)'


Par contre @Rafik de Jendouba a bien résumé le sens de la mondialisation par ces quelques lignes: "basé sur le principe des avantages comparatifs le néolibéralisme sous couvert de mondialisation est censé être générateur de richesses pour tous , chaque pays excelle dans le domaine qu'il maitrise et fait bénéficier l'humanité de sa maitrise c'est la notion de l'avantage comparatif développée au XIX ème siècle"


Je vais essayer de situer la Tunisie dans ce que Mr. Ben Abbès appelle désordre mondial:

L'avion Airbus n'est pas un avion à 100% européen. En effet, Il se compose de plus de 30000 pièces qui peuvent être fabriquées de façon autonome les unes des autres et partout dans tous les pays du monde. Ces composants sont graduellement réunis en sous-ensembles qui sont associés lors de l'assemblage final à Toulouse, en France.

Les éléments de la brosse à dents électrique de la firme allemande Braun sont fabriqués dans tous les coins du monde où les prix de production sont minimaux: Manille (l'électronique); Japon (cellules d'énergie); Chine (bobines de cuivre); Malaisie (platine); USA (boîtier en plastique) et Allemagne (assemblage)'

Ainsi, la décomposition d'un produit permet la fabrication des différentes pièces dans des pays différents en fonction de leurs avantages comparatifs. La production est décomposée internationalement d'où le nom de "décomposition internationale du processus productif". Ce que l'on appelle en allemand: "Internationale Arbeitsteilung".

La théorie associée à l'avantage comparatif explique que, dans un contexte de libre-échange, chaque pays, s'il se spécialise dans la production pour laquelle il a la productivité la plus forte, comparativement à ses partenaires, il accroîtra sa richesse nationale. Cette production est celle pour laquelle il possède un avantage comparatif.

Le problème de la Tunisie et des Tunisiens c'est que si on voulait produire des machines, on voudrait les produire à 100% par nous-même et en Tunisie.

La libéralisation des échanges à l'échelle internationale ne peut fonctionner en Tunisie que si nos "hommes d'affaires" appliquent le principe associée à l'avantage comparatif. Nous avons intérêt à nous spécialiser dans la production pour laquelle nous possédons un avantage absolu, c'est-à-dire pour laquelle nous sommes plus compétitif que nos partenaires commerciaux, et à utiliser le surplus de notre production pour l'échanger contre les biens qu'on a renoncés à produire par nous-même.

Nous avons un avantage comparatif à nous engager, entre autres, dans le domaine du modélisme radiocommandé (Model RC), comme les hélicoptères, les avions, les voitures, les bateaux, les trains et les drones radiocommandés. Il s'agit d'un travail manuel qui fait beaucoup de plaisir. J'avoue que j'ai abandonné, pendant deux ans, mon travail très bien payé de mathématicien afin d'aller travailler dans une firme de modélisme radiocommandé et ceci rien que pour la passion que j'avais et que j'ai encore pour le modélisme.
Oui, nous avons un avantage comparatif à nous engager dans le domaine du modélisme, si on accepte d'importer les radiocommandes ou les télécommandes (ensemble composé de l'émetteur, du récepteur, du servos, etc.). Il est absurde de nous engager dans la fabrication des télécommandes, si on veut se spécialiser dans le modélisme. Et je vous assure que le pas entre les modèles des avions réduits radiocommandés et les petits avions de ligne n'est que minimal, en effet le principe est le même mais dans des dimensions différentes.

Encore des exemples: nous avons un avantage comparatif à utiliser l'énergie solaire que fossile, et vous savez pourquoi! Nous avons un avantage comparatif à développer l'aquaculture sur toute la côte méditerranéenne. Nous avons un avantage comparatif à développer l'hydro-culture, etc.

Jamel Tazarki
La Chine a un avantage comparatif pour la fabrication des cellules photovoltaïque!
Dr. Jamel Tazarki
| 07-02-2017 18:34
La Chine a un avantage comparatif pour la fabrication des cellules photovoltaïque:
Sombre période pour les producteurs européens et en particulier allemands d'énergie solaire. Le fabricant allemand Q-Cells, qui était l'un des principaux fabricants au monde de cellules solaires, a fait état d'une très grande perte durant les dernières années. Coté à la Bourse de Francfort, l'action Q-Cells ne coûte aujourd'hui que quelques centimes (alors qu'elle valait 10,93 euros en fin de 2009 et 100,00 euros en décembre 2007):

La chute des prix des cellules photovoltaïque, à cause de la concurrence accrue des fabricants chinois, n'a laissé aucune chance aux fabricants allemands et européens. La concurrence asiatique a porté un coup fatal à un secteur allemand qui a perdu plus que 14000 emplois en deux ans. Aujourd'hui, 80% du marché des modules sont issus de la fabrication asiatique. On n'a jamais vu un marché disparaître de cette façon-là en Allemagne.

Siemens, a décidé de tourner la page du solaire et d'arrêter ses activités dans ce secteur en crise, soumis à une concurrence asiatique féroce. Cette décision est un sérieux revers pour le gouvernement allemand qui misait depuis plusieurs années sur le développement de l'énergie solaire thermique et photovoltaïque.

Même une entreprise orientée sur le long terme comme Bosch ne peut pas indéfiniment subventionner un secteur comme le photovoltaïque.

Et voilà que certains de nos dirigeants nous parlent de la fabrication des cellules photovoltaïque en Tunisie, ce qui est du non-sens!


Moi, je propose même de renoncer à la culture des tomates en Tunisie, de l'importer des Pays-Bas et de cultiver plutôt des pommes de terre qui ne sont pas du tout gourment en eau et qui supportent beaucoup mieux la chaleur et peuvent rester même plusieurs jours sans eau. Oui, la théorie associée à l'avantage comparatif nous dicte de renoncer à la culture des tomates en Tunisie!

Les Allemands ont eu le courage de renoncer à la production des cellules photovoltaïques pour les raisons que j'ai citées ci-dessus et la Tunisie a intérêt à renoncer à la culture des tomates et même des fraises!

Jamel Tazarki
L'avantage comparatif et la culture de la Tomate!
Dr. Jamel Tazarki
| 07-02-2017 18:32
Oui, la théorie associée à l'avantage comparatif nous dicte de renoncer à la culture des tomates en Tunisie!

On ne peut plus se permettre de gaspiller la moindre goutte d'eau. La gestion de cette ressource est aussi l'un des enjeux du renouveau démocratique. Nous devons prendre des mesures rapides et efficaces, si nous voulons éviter de graves pénuries d'eau. L'heure est grave mais les problèmes ne sont pas insolubles. Il faut mettre une série de mesures de nature technique en oeuvre qui permettront une utilisation rationnelle des ressources hydrauliques.

Je reprends l'exemple de la tomate en tant que produit agricole que l'on cultive encore avec des méthodes non rentables. Nos paysans arrosent quotidiennement et pendant des heures leurs champs de tomates. Et ceci, n'est pas du tout rentable.

Il faut admettre aujourd'hui que la Tunisie ne peut plus se permettre une culture des tomates avec les méthodes des années 60 car nous avons épuisé une grande partie de nos réserves souterraines d'eau. Il nous est impossible de gaspiller des millions de mètres cubes d'eau afin de satisfaire la grande soif de nos champs de tomates. Il faut comprendre enfin que nos nappes souterraines se sont dégradées (durant une période de 50 ans) en raison des activités agricoles avec des méthodes classiques nécessitant une surexploitation des eaux souterraines. Nous avons entre temps une invasion d'eau salée des nappes souterraines.

Puis le soleil et la chaleur excessive ne sont malheureusement pas les amis de la tomate. Si les températures sont trop élevées, cela favorise la croissance sans laisser aux fleurs le temps de pousser, ce qui rend difficile la pollinisation de la plante.

Une solution consiste à planter les tomates dans une partie ou le soleil tape uniquement le matin et en fin de soirée et avec de l'ombre durant la période ou le soleil est trop puissant. J'ai grandi dans un champ de tomate à Tazarka et mon père me disait souvent qu'il nous fallait renoncer à la culture des tomates vu les grandes quantités d'eau indispensables pour sa culture. Un jour j'ai eu l'idée inédite de placer des toiles d'ombrage sur nos plantes de tomate afin de limiter l'effet de la chaleur et du soleil et minimiser ainsi le temps d'arrosage.

La culture des tomates en Tunisie ne laisse que deux options: la première consiste dans la mise en place des méthodes de l'hydro-culture, la deuxième consiste à renoncer à la culture de la tomate et de l'importer de l'Europe. En effet, cela coûterait beaucoup moins cher à la Tunisie.


Jamel Tazarki
la mondialisation: heureuse ou malheureuse
RAFIK DE JENDOUBA
| 07-02-2017 14:39
vous avez fait preuve de réalisme et de pertinence dans votre vision du monde tel qu'il est
ma réflexion porte sur la réalité de l'histoire des relations humaines et les déconvenues des hommes politiques dont les erreurs ont souvent scellé le destin de l'humanité
Depuis les temps anciens la notion de mondialisation dans son concept primaire consiste à pratiquer des échanges de biens entre les nations , les peuples , les tribus etc' de ce fait la mondialisation est inhérente aux conditions géoéconomiques des peuples . Les échanges sous forme de troc (marchandises contre une autre )pratiqués bien avant la naissance de la monnaie( instrument de mesure et d'évaluation des biens).
intégrée à la culture économique et sociale des hommes , la mondialisation des échanges , est censée favoriser les relations humaines , préserver la vie , la prospérité et la paix des peuples , les intérêts des uns se trouvent être intimement liés à ceux des autres .
Mais les besoins des hommes ont évolué et les appétits de l'appropriation des biens ont amené les plus forts à la domination et l'usurpation des biens des plus faibles , les guerres et l'envahissement se sont alors succédés et l'histoire humaine est devenue une fureur de destruction des civilisations.
Les penseurs du monde moderne ont conduit l'humanité à se pencher sur ses avatars , voulant rompre avec les calamités des guerres et de la colonisation , à la recherche d'un système pouvant générer la paix et la prospérité pour tous ils ont métamorphosé la pensée politique et amené les décideurs à adhérer à ce qu'on appelle aujourd'hui la mondialisation
Le nouveau concept de la mondialisation d'il ya environ une vingtaine d'année est né dans la ferveur de la décomposition de l'empire russe (l'ex URSS) et la faillite du communisme en tant que système économique , le capitalisme triomphant chantre de la liberté et de l'économie du marché s'est engouffré dans ce vide idéologique pour imposer ce qu'on a appelé la mondialisation basée sur une autre idéologie : le néolibéralisme
En quoi consiste t-il?,
basé sur le principe des avantages comparatifs le néolibéralisme sous couvert de mondialisation est censé être générateur de richesses pour tous , chaque pays excelle dans le domaine qu'il maitrise et fait bénéficier l'humanité de sa maitrise c'est la notion de l'avantage comparatif développée au XIX ème siècle par l'économiste écossais DAVID ICARDO et la main invisible d' ADAM SMITH économiste anglais dans son livre « Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations" publié en 1776 selon laquelle il existe un processus naturel par lequel la recherche par chacun de son intérêt personnel concourt à l'intérêt général c'est la fameuse idée du laissez faire laissez passez dont il est le précurseur
Aujourd'hui la mondialisation est devenue multidimensionnelle, elle revêt plusieurs aspects :
-la politique ayant pour socle la démocratie et la liberté,
-l'économie dont le corollaire est la liberté des échanges , libre de circulation des capitaux et des hommes ainsi que la délocalisation des entreprises
-,L'information basée sur la liberté de d'expression et la liberté de la presse sans entraves - - le respect des cultures humaines dans leur diversité qui s'exprime à travers la liberté de conscience
Dans son apparence l'idée est séduisante , il faut dire que les institutions qui gouvernent le monde depuis la seconde guerre mondiale sont déjà en place (FMI , BANQUE MONDIALE , LE DOLLAR US MONNAIE D'ECHANGE DES TRANSACTIONS INTERNATIONALES ,UNE AMERIQUE DOMINANTE STABLE , INNOVANTE OU LA LIBERTE DE CONSCIENCE EST UN EXEMPLE ) tous ces ingrédients sont réunis pour accélérer ce phénomène et le rendre opérant pour une planète devenue une villégiature
Après l'expérimentation de la réalité des faits et évènements ne peut on pas se demander si la mondialisation est elle heureuse ou malheureuse ? telle est la question sempiternelle qui déchire aujourd'hui de nouveau les pensées et jette le trouble dans les esprits de tout un chacun. elle est aujourd'hui au c'ur des débats économiques et sociétaux ,des altermondialistes qui dénoncent ses méfaits responsables de l'appauvrissement des peuples à ceux qui chantent les louanges de ses bienfaits pour l'humanité , elle suscite des débats houleux et contradictoires
Je vous livrerai dans une prochaine réflexion les contradictions qui sévissent aujourd'hui entre les intellectuels. ALAIN MINC un essayiste qui chantait les louanges de la mondialisation dans son livre « La Mondialisation heureuse » et celui de THOMAS GUENOLE politologue «La Mondialisation malheureuse», ce qui met à nu la réalité d'une mondialisation génératrice de crises à répétition même si au forum de DAVOS on continue à palabrer autour d'une idée qui semble reléguée à l'histoire par la nouvelle approche de DONALD TRUMP

Les effet de la mondialisation
l oeil du diable
| 07-02-2017 14:06
Voici un article tres interressant a lire aussi.
http://www.investigaction.net/mondialisation-quel-espoir-pour-le-developpement-12/
Votre commentaire
(*) champs obligatoires
Conditions d'utilisation
Les commentaires sont envoyés par les lecteurs de Business News et ne reflètent pas l'opinion de la rédaction.
La publication des commentaires se fait 7j/7 entre 8h et 22h. Les commentaires postés après 22h sont publiés le lendemain.
Aucun commentaire jugé contraire aux lois tunisiennes ou contraire aux règles de modération de Business News ne sera publié.
Business News se réserve le droit de retirer tout commentaire après publication, sans aviser le rédacteur dudit commentaire

» Cliquer ici pour lire les conditions d'utilisation et les règles de mod�ration