Le ministère de l’Intérieur restera le Grand Méchant Loup

Businessnews.com.tn | publié le 10/10/2017 15:59
Par Synda Tajine,

Dans sa Une du 28 septembre, Business News consacrait un article à la stratégie de communication du ministère de l’Intérieur sous le titre « Le ministère de l’Intérieur ne veut plus être le Grand Méchant Loup ».

« Le ministère de l’Intérieur cherche, à travers la nette amélioration de sa stratégie de communication, à redorer son image », peut-on y lire en conclusion. S’il communique plus, le ministère de l’Intérieur ne communique sans doute pas mieux. Des arrestations en masse pour prouver que les forces de l’ordre font bien leur travail, mais aucun respect pour la vie privée des gens ou leurs droits les plus élémentaires en vertu de la règle absolue qui dit que « la sécurité passe avant la politesse ».

En effet, le problème est loin d’être un souci de communication, ce sont ses manières de faire qu’il n’arrive toujours pas à décrotter.

 

L’affaire du Franco-Algérien et de la Tunisienne arrêtés dans leur voiture et condamnés à de la prison ferme pour « atteinte aux mœurs » et « outrage à un fonctionnaire public », plus connue comme « l’affaire du baiser » en est un parfait exemple. Les avocats ont beau parler, détailler les faits, expliquer qu’il s’agit d’un énième dossier d’abus policiers et de justice conciliante, et non d’une simple affaire de mœurs, on ne veut rien entendre.

On ne le répétera jamais assez, la raison principale pour laquelle ces deux personnes sont en prison n’est pas parce qu’ils ont échangé un baiser (ou plus), mais parceque l’un d’eux a « osé » répondre à un policier et réclamer des droits à un membre des forces de l’ordre. Qu’on soit bien d’accord, face aux forces de l’ordre, vous n’avez que très peu de droits.

 

Le ministère de l’Intérieur sort ses meilleurs organes de propagande et donne une version des plus scabreuses. S’il ne peut pas toujours passer par certains médias pour faire le sale boulot, il trouve toujours le moyen de faire avaler ses couleuvres….à ceux qui veulent bien l’entendre.

Pour y arriver, on met la lumière sur ce qui dérange, sur ce qui touche plus profondément les masses et on détourne le débat sur le fond du problème pour les laisser « s’entretuer » pour des broutilles. La machine de propagande se concentre sur la femme.

On oublie l’homme, lui aussi, objet de l’affaire  et on décrit l’état et la position dans laquelle la femme était au moment de l’arrestation. « Elle ne portait pas de sous-vêtements » et les foules crient au scandale, touchées dans le plus profond d’elles-mêmes. Quoi de plus scandaleux ?

Plus de place donc à la raison ou au raisonnement. Stigmatiser la femme, en voilà une méthode gagnante !

Comme à chaque fois, comme dans les affaires de viol où on demande aux filles ce qu’elles portaient au moment de l’agression et à quelle heure elles étaient dehors et si elles avaient bu. De quoi nous rappeler l’histoire de la jeune Meriem qui a été abusée par des policiers. Avant d’obtenir, au final, gain de cause, la victime a été trainée sur le bûcher, stigmatisée et culpabilisée.

Tant qu’une femme est jugée, selon les normes de la société et les standards établis par une majorité patriarcale et traditionnelle, comme étant de « mœurs légères », on n’en parle plus. Elle a mérité ce qui lui arrive.

Dans les faits, les deux personnes n’ont été ni arrêtées, ni jugées sur la base de ce qu’ils faisaient dans la voiture, mais pour avoir ouvert la bouche, un peu trop fort, face à un policier qui se la jouait Dieu tout puissant ! Mais aux yeux des foules, ceci n’a que très peu d’intérêt.

 

Les abus policiers continueront et la justice ne cessera pas de lui emboiter le pas et de les couvrir aussi longtemps que les notions de mœurs et de religion entacheront la majorité des dossiers. Le parlement peut voter les plus belles lois du pays. Des lois qui pourraient faire que la Tunisie n’aura plus rien à envier aux plus grandes démocraties du monde. Dans les faits, nombre d’entre elles ne seront pas appliquées.

Le citoyen normal ne s’aventurera pas à demander à se faire assister par un avocat s’il sait d’avance que son droit sera refusé. Aux oubliettes alors une loi fraîchement votée et qui a fait le bonheur (et le combat) de nombreux droits-de-l’hommistes soucieux de voir un changement enfin se réaliser en Tunisie.

 

Un simple contrôle d’identité qui finit au poste et fait couler autant d’encre, alors que la Tunisie a d’autres (plus gros) chats à fouetter. N’est-ce pas une perte de temps monumentale ?

 

En attendant, un ministre décède dans l’exercice de ses fonctions, pendant qu’il accomplit sa mission de ministre en cette période très difficile. « Il n’est pas facile d’être ministre aujourd’hui », voilà une phrase que m’a confiée l’un des anciens ministres des gouvernements Chahed et qui résonne plus vraie que jamais aujourd’hui. Paix à l’âme de feu Slim Chaker !

 

 

Le ministère de l’Intérieur restera le Grand Méchant Loup

Par Synda Tajine, publié le 10/10/2017 15:59

Dans sa Une du 28 septembre, Business News consacrait un article à la stratégie de communication du ministère de l’Intérieur sous le titre « Le ministère de l’Intérieur ne veut plus être le Grand Méchant Loup ».

« Le ministère de l’Intérieur cherche, à travers la nette amélioration de sa stratégie de communication, à redorer son image », peut-on y lire en conclusion. S’il communique plus, le ministère de l’Intérieur ne communique sans doute pas mieux. Des arrestations en masse pour prouver que les forces de l’ordre font bien leur travail, mais aucun respect pour la vie privée des gens ou leurs droits les plus élémentaires en vertu de la règle absolue qui dit que « la sécurité passe avant la politesse ».

En effet, le problème est loin d’être un souci de communication, ce sont ses manières de faire qu’il n’arrive toujours pas à décrotter.

 

L’affaire du Franco-Algérien et de la Tunisienne arrêtés dans leur voiture et condamnés à de la prison ferme pour « atteinte aux mœurs » et « outrage à un fonctionnaire public », plus connue comme « l’affaire du baiser » en est un parfait exemple. Les avocats ont beau parler, détailler les faits, expliquer qu’il s’agit d’un énième dossier d’abus policiers et de justice conciliante, et non d’une simple affaire de mœurs, on ne veut rien entendre.

On ne le répétera jamais assez, la raison principale pour laquelle ces deux personnes sont en prison n’est pas parce qu’ils ont échangé un baiser (ou plus), mais parceque l’un d’eux a « osé » répondre à un policier et réclamer des droits à un membre des forces de l’ordre. Qu’on soit bien d’accord, face aux forces de l’ordre, vous n’avez que très peu de droits.

 

Le ministère de l’Intérieur sort ses meilleurs organes de propagande et donne une version des plus scabreuses. S’il ne peut pas toujours passer par certains médias pour faire le sale boulot, il trouve toujours le moyen de faire avaler ses couleuvres….à ceux qui veulent bien l’entendre.

Pour y arriver, on met la lumière sur ce qui dérange, sur ce qui touche plus profondément les masses et on détourne le débat sur le fond du problème pour les laisser « s’entretuer » pour des broutilles. La machine de propagande se concentre sur la femme.

On oublie l’homme, lui aussi, objet de l’affaire  et on décrit l’état et la position dans laquelle la femme était au moment de l’arrestation. « Elle ne portait pas de sous-vêtements » et les foules crient au scandale, touchées dans le plus profond d’elles-mêmes. Quoi de plus scandaleux ?

Plus de place donc à la raison ou au raisonnement. Stigmatiser la femme, en voilà une méthode gagnante !

Comme à chaque fois, comme dans les affaires de viol où on demande aux filles ce qu’elles portaient au moment de l’agression et à quelle heure elles étaient dehors et si elles avaient bu. De quoi nous rappeler l’histoire de la jeune Meriem qui a été abusée par des policiers. Avant d’obtenir, au final, gain de cause, la victime a été trainée sur le bûcher, stigmatisée et culpabilisée.

Tant qu’une femme est jugée, selon les normes de la société et les standards établis par une majorité patriarcale et traditionnelle, comme étant de « mœurs légères », on n’en parle plus. Elle a mérité ce qui lui arrive.

Dans les faits, les deux personnes n’ont été ni arrêtées, ni jugées sur la base de ce qu’ils faisaient dans la voiture, mais pour avoir ouvert la bouche, un peu trop fort, face à un policier qui se la jouait Dieu tout puissant ! Mais aux yeux des foules, ceci n’a que très peu d’intérêt.

 

Les abus policiers continueront et la justice ne cessera pas de lui emboiter le pas et de les couvrir aussi longtemps que les notions de mœurs et de religion entacheront la majorité des dossiers. Le parlement peut voter les plus belles lois du pays. Des lois qui pourraient faire que la Tunisie n’aura plus rien à envier aux plus grandes démocraties du monde. Dans les faits, nombre d’entre elles ne seront pas appliquées.

Le citoyen normal ne s’aventurera pas à demander à se faire assister par un avocat s’il sait d’avance que son droit sera refusé. Aux oubliettes alors une loi fraîchement votée et qui a fait le bonheur (et le combat) de nombreux droits-de-l’hommistes soucieux de voir un changement enfin se réaliser en Tunisie.

 

Un simple contrôle d’identité qui finit au poste et fait couler autant d’encre, alors que la Tunisie a d’autres (plus gros) chats à fouetter. N’est-ce pas une perte de temps monumentale ?

 

En attendant, un ministre décède dans l’exercice de ses fonctions, pendant qu’il accomplit sa mission de ministre en cette période très difficile. « Il n’est pas facile d’être ministre aujourd’hui », voilà une phrase que m’a confiée l’un des anciens ministres des gouvernements Chahed et qui résonne plus vraie que jamais aujourd’hui. Paix à l’âme de feu Slim Chaker !

 

 

Commentaires (17) Commenter
Doter la police et la gendarmerie de CAMERA embarquée
HatemC
| 11-10-2017 15:00
La police du vice et de la vertu n'a pas de place en Tunisie ...

Un policier doit aussi respecter les citoyens et ne pas leur manquer de respect et les saluer ... c'est l'éthique même de la profession ...

On connait la propension des policiers Tunisiens à la violence ... l'uniforme ne leur donne pas tous les droits et il est maintenant nécessaire que la police se dote de CAMERA EMBARQUÉE pour filmer les arrestations ... ainsi la justice n'aura pas à trancher " parole contre parole " mais sur des faits ...

Les actes contraires à l'éthique, même qu'elles soient rares - je me mens à moi même ;o))- de la part des policiers, ils peuvent prendre diverses formes ...l'utilisation d'une force excessive ... une conduite répréhensible .... l'acceptation d'avantages sous forme d'argent, voire un acte criminel.
Une formation soulignant quels sont les comportements acceptables et inacceptables est importante pour éviter les pièges en matière d'éthique ... et généraliser le port de caméras ... HC
@Larry
Hanni2
| 11-10-2017 14:38
Une autre révolution? haha certainement pas! J'avais déjà un apriori super négatif sur les révolutions sans en avoir connu autrement que par le journal et les livres d'histoire, alors ce n'est certainement pas la nôtre, de "révolution", qui va me faire changer d'avis...à ce stade l'idéal serait une déculotée éléctorale comme celle qu'a connu notre siphoné du bulbe marzouki, mais non seulement cela n'a pas l'air d'en prendre le chemin, mais de plus je ne vois pas à l'heure actuelle qui pourrait bien relever le défi "Tunisie"...si cet homme ou femme providentiel(le) existe, il/elle est bien caché(e)...au passage merci à BCE qui a réhabilité la nakba tout en acceptant de prendre pour eux les coups de l'opinion publique dans ce qui restera l'une des plus grandes enfilades éléctorales de la courte vie démocratique tunisienne (même le 98% de Ben Ali était moins vulgaire)...parait-il que le peuple veut la nakba à nouveau...je ne peux m'élever contre le gout certain d'une frange de mes compatriotes pour le masochisme...

Salutations,

Hannibal
Une réflexion sur le rôle de la femme en Tunisie
kameleon78
| 11-10-2017 14:38
Très bon article comme à l'accoutumée avec Synda Tajine, vous nous avez bien expliqué les liens qui existent entre la loi, la justice et la religion. En dépit de certains textes qui l'affirment le contraire, la femme reste dans l'inconscient collectif comme une mineure à vie, celle qui est tenue pour responsable de l'affront, de la "honte" familiale comme vous l'aviez rappelé avec l'affaire de la jeune Meriem violée par deux policiers laquelle le juge voulait la condamner aussi pour avoir aguiché les policiers violeurs et l'affaire qui nous concerne en ce moment celle du "baiser" où on a traité la jeune tunisienne de tous les noms jusqu'à la salir pour justifier son incarcération.

Dans cette société patriarcale, la femme est considérée comme un objet de convoitise et elle porte en elle tous les fantasmes de la société, séductrice, femme légère, aguicheuse en portant atteinte à la religion et aux bonnes moeurs qui choquerait les braves gens.

Cela m'amène à une réflexion sur le rôle de la femme dans une société baignée par la dictature de la religion surtout depuis le retour des islamistes au pouvoir, quel rôle doit-elle jouer? Est-elle protégée par la meilleure Constitution du monde? Beaucoup d'ambiguïté dans cette approche : "nous donnons tous les droits à la femme, on ne change pas le Statut Personnel mais on y met des "amendements virtuels", à savoir une ligne rouge à ne pas franchir".
En somme, une ligne rouge dictée par les "conservateurs intégristes" : "vous les femmes, vous êtes libres mais pas trop."
@Hannibal
Larry
| 11-10-2017 12:16
Une autre révolution ????
Pour virer les gens du Gourou et ses sbires dans les instances de l'Etat ; c'est tentant : NON !
Sinon intéressant comme réflexion...
"Un simple contrôle d'identité qui finit au poste et fait couler autant d'encre, alors que la Tunisie a d'autres (plus gros) chats à fouetter, n'est-ce pas une perte de temps monumentale ?"
Hanni2
| 11-10-2017 10:33
Il m'a fallu du temps pour le comprendre, bête que je suis, mais ce qui est décrit dans cette article semble bel et bien relever d'une stratégie volontaire des rapaces débarqués de la Lune en 2011 et qui président actuellement à la destinée de la Tunisie...

Un exemple: Comme beaucoup (il me semble), lors du débat égalité ou complémentarité homme-femme, je suis tombé dans le panneau la tête la première, commentant à tout va ce que je croyais être une pathologie congénitale des marchands de religion (obsession sur les femmes)...puis le temps à passé, au minimum trois mois, le débat est lui passé aux oubliettes du jour au lendemain...en réalité bel écran de fumée...car dans le même temps, la trika, et à leur tête les nakbaouistes de l'apocalypse, ont activement phagocyté TOUTES les adminsitrations d'importances, fais engager une armée d'incompétents (qui leur seront redevables à vie), payés à ne rien faire sur le dos du con-tribuable tunisien, vidés les caisses de l'état pour "dédommager" de soi-disant "militants", laisser faire les enfants du gourou, que ce soit ceux en guenilles'pardon en jogging dans les montagnes ou ceux en costumes trois pièces dans les salons et palais...mon Dieu que je me suis senti con, me faisant avoir comme un bleu et n'ayant pas encore compris que les marchands de religion se moquent du statut de la femme comme de leur première chaussette (qui doit être bien puante)...

Depuis on a pu constater la vitesse avec laquelle ils peuvent changer de peau, on a même vu le chantre de notre identité retrouvée porter une cravate, et surtout j'ai enfin compris que pour satisfaire leur soif de pouvoir, en dépit de leur incapacité congénitale à gouverner, et ainsi continuer à vivre comme des parasites en exploitant l'âne tunisien jusqu'à plus soif, dût ce dernier s'écrouler de fatigue et ne plus jamais se relever, les criquets frérots-wahabite sont prêts à absolument TOUTES les compromissions...et même devenir athée si c'est là le prix à payer pour continuer à s'engraisser sur le dos du peuple tunisien...et dans le cas où on se mettrait en tête de contrarier leur plans, à l'image des parents suicidaires qui entrainent avec eux leurs enfants leurs folies, ils n'hésiteront pas une seconde à "suicider" le payer tout entier avec eux, on en a déjà des exemples multiples...suffit de constater notre dégringolade dans tous les classement significatifs quant à la bonne santé d'un pays...

Faut le dire, les nakbaouis (enfin les leaders) ont réussi un coup de maitre en nous imposant leur agenda religieux et les problématiques identitaires, alors qu'avant le jour maudit de leur retour, on était parfaitement à l'aise avec notre identité...c'est la thématique qui paralyse tout'c'est la thématique de diversion par excellence que l'on ressortira à chaque fois qu'ils voudront détourner le regard du troupeau de allouch que nous sommes...et comme les gens semblent actuellement (mais pas qu'en Tunisie) tous affligés de ce que j'appelle l'hystérie identitariste, il est fort à parier que les marchands de religion et d'identité ont encore de beaux jours devant eux...malheureusement!

Alors l'éducation, la dignité et l'emploi pour tous, c'est bien beau mais cela ne sera ni pour notre génération ni pour celles qui arrivent (les pauvres)....peut-être après une autre révolution!

Hannibal
chakchouka
stanislas
| 11-10-2017 09:24
Une conclusion de 3 lignes modifie, voire dévie la trajectoire de l'article.Mais que vient faire le décès d'un ministre dans cette affaire de baiser?Miss Tajine est,comme d'habitude en pleine Chakchouka!
Quand l'amour devient un enjeu de société
CONQUERANT
| 11-10-2017 06:38
Comme une antienne, l'outrage et l'atteinte aux bonnes m'urs s'invitent au quotidien des Tunisiens à travers un baiser échangé furtivement. Une rengaine bien connue pour susciter l'ire des fous de dieu. L'histoire du baiser de minuit prend les allures d'un "démon de minuit". L'élan affectif devient anathème, meurtrier même, le baiser qui tue. Ce faisant, il aura fait plus de mal à la Tunisie que n'importe quel autre fait divers. Voilà un pays qui, il n'y a pas si longtemps, donnait des gages sur sa modernité, sur son ouverture, sur sa tolérance et sur ses libertés civiques très avancées, codifiées et désormais à l'abri de toute velléité arbitraire quand on songe au 14 septembre 2017. Une date à graver dans le marbre puisque la circulaire interdisant le mariage d'une musulmane avec un non-musulman a été, tout bonnement, jetée aux orties, abrogée, rendue caduque. "Là où il y a une volonté il y a un chemin" flottait dans l'air comme un espoir couronnant positivement un cycle entamé en 1956 avec le code du statut personnel. Moins d'un mois après, le rêve devient cauchemar; marche-arrière toutes. Au détour d'une virée nocturne quelques Tartuffes zélés, traquent l'intrus, ils le découvrent effeuillant la marguerite : un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ???? Toujours est-il qu'ils crient au scandale en brandissant la récurrente thématique des bonnes m'urs bafouées, blessées et martyrisées. La célérité de la sanction fait écho au zèle déployé: de la prison ferme pour les deux tourtereaux. L'amour n'est plus dans le pré, il est emmuré, il est hors-la-loi. Comment ne pas y voir un recul, un acte anachronique, débile voire hystérique. Or, l'étiologie de l'hystérie suppose un potentiel affaibli, nul, une tendance à voir le mal partout dont la femme est l'instrument légendaire, l'expression tantôt euphémisée tantôt hyperbolisée. Ce n'est pas nouveau me diriez-vous, la généalogie du bouc-émissaire chez les infatigables chasseurs de pureté est vieille comme le monde, elle remonte à la faute première, au péché originel. Le destin de ce sexe est d'obéir aux hommes dans le silence et la soumission.
Les descendantes d'Ève, tentatrices, séductrices peuvent, certes, espérer le salut mais, seulement, dans, par et pour la maternité.
Voilà le terrible constat. Qu'importe ! Il faut sortir du déni de réalité qui calfeutre les consciences endormies. Parce que le danger est BIEN IDENTIFIÉ il est là et bien prégnant. Il faut l'endiguer et le contenir. La situation devient INTENABLE devant ce qui ressemble à une démission. L'islamisme totalitaire, à travers ses sbires, s'invite comme de coutume pour régenter la vie de tout un chacun, dire le licite et l'illicite jusqu'au plus intime. Il désire être comme tout le monde en exigeant du monde qu'il l'imite, d'où cette énergie à vouloir plier la totalité de l'humanité à la règle de ses propres déterminismes. L'islamisme se nourrit de nos éternelles tergiversations et nous déclare une guerre sans merci en prétendant défendre des valeurs ; les siennes bien entendu, une logique de haine et de compensation dans laquelle l'hystérique se retrouve terrassé et pris à son propre piège pendant que nous on se noie dans des querelles byzantines et linguistiques pour savoir si cela relève de l'islam ou de l'islamisme. C'est la même racine, c'est le même prédicat. Ils désignent une même et unique réalité ; elle est sombre et meurtrière. La logique du révolté, écrit Camus, est /.../ de s'efforcer au langage clair pour ne pas épaissir le mensonge universel". "Mal nommer les choses c'est ajouter aux malheurs du monde" renchérit plus loin l'auteur éponyme.
BCE a fait de même qd il a expulsé le prince marocain
Jilani
| 10-10-2017 21:28
On dit que les gouvernés héritent du caractère de leurs gouvernants. Benali était un voyou et les Tunisiens l'ont suivi et BCE est un renard et le Tunisiens font de même.
Oh ya Hatem...je suis choquée !
SAMIA
| 10-10-2017 21:17
Loin du sujet de nos policiers promotion 2012,et qui ne tolèrent pas les bisous..
Je t'invite à voir ça
https://youtu.be/Q-nouk2z70I
C'est devenu comme ça l'Europe ??
À vomir...je ne visiterai jamais.. jamais!
Bonne soirée
aucun article sur les harragas morts et disparus, ils ne sont pas des tunisiens?
Forza
| 10-10-2017 20:45
Je ne trouve aucun article sur l'affaire des harragas morts et disparus dans les eaux maltaises selon les medias étrangers suite a un accident avec la marine tunisienne. On compte 8 morts et plusieurs disparus et aucun article. L'émigration clandestine atteigne de nouveau les niveaux de 2011 juste après la révolution. Les medias italiens et allemands en parlent déjà. Voici un vrai problème et phénomène à discuter.
Selon d'autres sites, les villes et village des 8 decedees:
Ben Guirdane
Guebilli
Douz
Soug Lahad
Soug Lahad
Sbitla
Jendouba
Ghar Dimaou

Voilà la Tunisie de 60 ans d'indépendance et lorsqu'on parle de l'injustice entre les régions, on est attaqué de tout part. La liste des villes et des villages des décédés montre bien les régions marginalisées sans investissement ni développement et les gouvernements continuent sur leur lancée.
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