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Le dernier mot de Béji Caïd Essebsi

Le dernier mot de Béji Caïd Essebsi

La scène politique nationale a vécu, ce lundi 14 mai 2018, au rythme des tractations de l’Accord de Carthage dans sa deuxième version. Cela dit, les jeux ne sont pas encore faits, puisqu’une autre réunion est prévue vers la fin de cette semaine. Pour l’instant, il semble que le président de la République aurait dit son dernier mot. Retour les derniers développements d’un dossier, pour le moins, épineux.

 

L’Accord de Carthage, dans sa deuxième version, a échappé au feu des projecteurs de l’actualité depuis les préparatifs des élections municipales. Tout le dossier a été mis en veilleuse durant cette période avant qu’il ne soit remis sur la table dès la proclamation des résultats préliminaires.

C’est aujourd’hui que les signataires de l’Accord de Carthage se sont réunis sous l’égide du président de la République, Béji Caïd Essebsi, pour fixer les priorités de la prochaine période et sceller le sort du gouvernement actuel. Un gouvernement qui continue d’être l’objet de critiques depuis quelques mois de la part de certaines composantes de l’Accord de Carthage, notamment la centrale syndicale.

Faut-il encore rappeler que le secrétaire général de la centrale syndicale, Noureddine Taboubi, était le principal soutien du gouvernement d’union nationale, et plus particulièrement, de Youssef Chahed. Sauf que la détérioration de la situation économique et sociale a conduit les deux hommes à un bras de fer et une guerre déclarée et assumée. Ainsi, l’UGTT a fait de la mise à l’écart de Youssef Chahed, une de ses principales revendications estimant qu’il ne peut poursuivre ses missions à la tête du gouvernement et qu’il est indispensable d’injecter du sang neuf pour sortir le pays de la crise actuelle.

 

Cette position de l’UGTT a fragilisé la situation du gouvernement d’union nationale et à sa tête, Youssef Chahed, laissant planer le doute sur son sort ainsi que celui de son équipe. Le président de la République semble avoir tranché sur la question à travers son discours prononcé lors de la réunion des signataires de l’Accord de Carthage. « Le remaniement ministériel n’est pas à l’ordre du jour ! », lance-t-il clairement. Ainsi, par cette pique, le président vient démentir toutes les rumeurs qui ont circulé concernant un éventuel remaniement et fait taire tous ceux qui ont appelé au départ du chef du gouvernement, Youssef Chahed.

 « Certains points peuvent ne pas plaire à tous, et notamment à l’UGTT ou à l’Utica. Néanmoins, la porte du dialogue et de la mise à jour reste ouverte. Ce n’est pas le moment aujourd’hui de parler de remaniement, faut-il encore qu’on se mettre d’accord sur la politique à adopter et si un terrain consensuel est trouvé. Les moyens à mettre en œuvre pour engager cette politique seront discutés en temps opportun » a souligné le chef de l’Etat.

 

Pour sa part, le président du parti islamiste, Rached Ghannouchi, est revenu sur cette réunion affirmant que les signataires se sont accordés sur une série de propositions portant sur un programme de sauvetage national. « Ces propositions seront soumises à des commissions qui les examineront de près dès demain et fourniront leurs résultats vers la fin de cette semaine. Nous insistons sur la nécessité de sortir le pays de la crise actuelle. Nous sommes pour un programme de sauvetage. Nous ne nous attachons à personne et nous n’avons rien contre quiconque », assure Rached Ghannouchi.

Le chef du parti islamiste a estimé, par ailleurs, que le plus important demeure la mise en application des programmes établis indépendamment, des personnes qui les exécuteront, à l’instar de l’activation du partenariat entre le secteur public et privé. Rached Ghannouchi ne s’est pas prononcé sur l’éventualité d’un remaniement ministériel, affirmant qu’il faut faire primer le consensus.

 

Encore une fois, la position réservée de chef d’Ennahdha reste en harmonie avec celle du président de la République, qui lui, n’a pas mâché ses mots annonçant que le remaniement ministériel ne figure pas parmi les priorités de la réunion de Carthage. Les deux Cheikhs s’accordent, en effet, sur la nécessité de mettre en application un plan de sauvetage pour sortir le pays de la crise dans laquelle il se trouve.

 

Cependant, force est de constater que la position claire du chef de l’Etat en faveur du chef du gouvernement a pris plusieurs parties au dépourvu, et que tous les acteurs de la scène nationale ont préféré prendre un certain recul et un temps de réflexion avant de se prononcer sur l’issu de cette réunion tant attendue. Les prochains jours seront, donc, importants dans la détermination de la position de chacun.

 

Sarra HLAOUI

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Commentaires (6)

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hannibal
| 15-05-2018 20:09
le dernier mot d un président grabataire. il nous fait le coup tous les six mois en faisant semblant de prendre de nouvelles mesures qui seront bien entendu pas appliquer .
monsieur le président faite la seule chose qui peut sauver la tunisie: ne vous représentez pas!!!!

Ahmed
| 15-05-2018 16:53
Un acte lache de BCE.

DHEJ
| 15-05-2018 10:55
Un dinar qui continue sa baignade tranquillement et surement devant l'incompétence des responsables politiques des deux partis.


Des partis sans hommes et sans programme!

Alors je me demande si le vieux à touché "ardhal al omr"?

le berbère
| 15-05-2018 10:13
il est certain que la majorité du peuple tunisien ignore complètement le complot perpétré par la machine capitaliste contre elle .les islamo-sionistes ,leur gourou sont installés confortablement en Tunisie après un accord avec l'oncle Sam afin de faire disparaître de leur vocabulaire des mots tel que socialisme communisme syndicalisme ,solidarité et ses dérivés .le BCE a eu la présidence après un accord avec les diables tout en acceptant les ikhwans et partager le pilotage du pays; la Palestine et ses martyrs vont disparaître sur ordre de l'oncle Sam : la preuve :qui a protesté hier l'incrustation de l'ambassade des yankees ?
BCE ET SON GOUROU DEUX DIABLES VONT SUCER LE SANG DE TOUT CE QUI BOUGE EN TUNISIE .LE PAUVRE MOUWATEM VA PASSER UN AGREABLE RAMADAN ,JE L'ESPERE

Khneji
| 15-05-2018 06:30
Pas de remaniement et Chahed ne partira pas ...Pour une fois je me trouve d acccord avec BCS ....L UGTT doit se taire maintenant.

Jilani
| 14-05-2018 21:28
BCE est la cause de la situation catastrophique du pays avec ses calculs de renard du siècle d'avant. Il s'est débarrassé des compétences et s'est entouré d'une *** de conseillers et détruit son parti. Il n'a pas compris que la politique n'est plus des magouilles mais des compétences qu'on met la ou il faut avec des objectifs et programme. La politique qu'il est entrain de mener avec ses acolytes ne fait qu'apprauvir les Tunisiens avec une inflation bientôt à 2 chiffres. Mais lui il s'en fout, l'essentiel sa famille et son aristocratie de merde.

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