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La grande maison se vide, inexorablement…

La grande maison se vide, inexorablement…

Personne ne croit en la tenue d’un congrès électif transparent et juste au sein de Nidaa Tounes début mars 2019. Une salve de démissions du bloc parlementaire de Nidaa Tounes vient confirmer ce que les principaux observateurs auguraient déjà depuis un certain temps. Les efforts sincères et désintéressés de Boujemâa Remili pour tenter de parvenir à ce congrès et à faire en sorte qu’il donne un leadership légitime à Nidaa vont probablement aboutir à un échec.

 

Beaucoup de choses ont été dites à propos de Nidaa Tounes et de ce fameux congrès, à tel point que certains leaders du parti n’hésitent pas à taxer les médias de partialité puisque, selon eux, ceux-ci ne critiquent jamais Ennahdha. Mais il existe un aspect qui mérite d’être creusé au vu de la situation actuelle de ce parti. Il est nécessaire de s’arrêter sur le vide politique des leaders de ce parti. On pourrait presque parler d’analphabétisme politique. Je parle ici de la politique en tant que philosophie, en tant que science, en tant que mode d’administration des affaires publiques tel que les grecs l’avaient conçue. Je ne parle pas de politique politicienne qui concerne les jeux d’influence et d’alliance, les micmacs et les petits arrangements. Les leaders de Nidaa Tounes ne sont pas du tout en manque de ces agissements.

 

Il y avait un certain nombre de personnes dans le Nidaa Tounes de 2014 qui apportaient cette caution politique nécessaire dont principalement Béji Caïd Essebsi. Après sa victoire à l’élection présidentielle, ce dernier a décapité son parti en emmenant avec lui ceux qui, justement, peuvent se prévaloir d’avoir un bagage politique important, à l’instar d’un Mohsen Marzouk par exemple.

Depuis cette date, le parti Nidaa Tounes a été abandonné aux magouilles et aux traitrises, à la guerre de positionnement qui permettraient de tirer le maximum de profit possible du fait d’être proche du pouvoir. Rappelons les fuites des réunions internes de Nidaa Tounes et la colère des dirigeants contre un Youssef Chahed « qui refuse de les servir », ou encore l’épisode concernant Sofiène Toubel et sa conversation fuitée avec un autre élu de Nidaa qui voulait que son fils soit bombardé délégué. C’est pour cela que Nidaa Tounes est devenu un parti de magouilleurs, de lobbyistes et d’escrocs dans certains cas. C’est d’ailleurs le constat très juste qu’avait dressé un jour Slim Riahi avant de devenir aujourd’hui le secrétaire général de ce même Nidaa après la fusion avec l’UPL.

 

En parlant justement de vide politique, Slim Riahi et son parti (UPL) ont vacillé, depuis la fondation de cette formation, entre le modernisme acharné et la défense de la Chariâa. Des positions dictées par la conjoncture immédiate et qui ne sont, en aucun cas, basées sur des convictions profondes ou sur une doctrine politique déterminée. Même chose pour Nidaa Tounes malgré le fait qu’il ait gagné des élections. D’ailleurs, on se demande toujours si c’est Nidaa qui a gagné ou si c’est Ennahdha qui a perdu. Les dirigeants de Nidaa Tounes ne savent que répéter cette vieille rengaine de l’héritage bourguibien réformiste et des racines destouriennes du parti. C’est bien beau mais ce n’est pas un projet politique crédible en 2019. Leur ignorance de la chose politique dans le sens noble du terme les empêche de pouvoir alimenter cet héritage par un projet, par une démarche politique. Ils se contentent de répéter les mêmes mots d’ordre mais avec un marketing légèrement différent d’élection en élection. Conscient des limites de leurs démarches, ils ne supportent pas que l’on vienne leur disputer cet héritage bourguibien qui parle à une certaine partie de l’électorat. Une raison supplémentaire de détester Youssef Chahed et son nouveau projet politique.

 

Nidaa Tounes a beaucoup de mal à se réinventer car il s’agit d’un parti qui fomente mais ne réfléchit pas. Il s’agit d’un parti tacticien mais en aucun cas stratège. Il s’agit d’un parti qui possède de gros bras mais qui n’a pas de matière grise. Le seul point commun qui existe entre tous ceux qui composent Nidaa Tounes s’appelle Béji Caïd Essebsi, et il n’en existe aucun autre.     

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Commentaires (4)

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Apprenti
| 14-01-2019 14:11
Essebsi qui a reussicite le Rcd sous forme de Nida est le maitre de la magouille tacticienne et non un stratege, pourquoi voudriez que sa machine qui s autodetruit systematiquement soit differente de son createur?

HatemC
| 09-01-2019 20:38
Qui sont donc ces partis laïcs et modernistes et vous voulez qu'ils cohabitent dans une seule formation ? Mais vous voulez qu'ils s'étripent ?
Jamais les zarabes ne s'uniront '?' ils sont trop cons et trop égoïstes et égocentriques '?' Moi je '?' un peuple sans repères '?' il n'est ni zarabe ni berbère '?' il est perdu ...il ne sait pas qui il est '?'
Un peuple encore arriéré et peu instruit '?' la démocratie n'est pas sa substance '?' il est TRIBAL '?' il ne peut agir qu'au sein d'une tribu '?' il n'est pas encore assez émancipé '?'
Ma chère Tounsia Two vous gesticulez sans plus '?' La tribu des Ikhwans a pris le pouvoir c'en est fini '?'. ne regardez pas vos oreilles mais plus loin '?'

Les Ikhwans '?' la tribu islamiste du frère Gahnnouchi est aux commandes '?' savez vous pourquoi

Le mamlouk BCE leur a permis cela '?' il avait la possibilité de les éliminer en 2014 '?' et faire renaitre la Tunisie Bourguibienne '?' un sénile qui nous a enfoncé pour de longues décennies sous le joug des Ikhwans '?' pauvre rêveuse '?' HC

tounsia2
| 09-01-2019 18:28
Les spécialistes d'opinions ont compris et ne cessent de répéter depuis quelques temps que le parti Nida est la seule formation politique capable de remporter les prochaines élections de 2019 à la seule condition que le parti fasse son congrès électif comme vient de le déclarer Boujemâa Rmili pour pouvoir instaurer de nouvelles règles de gestion et de partage de responsabilités au sein du parti ce qui conduira automatiquement à l'exclusion "démocratique" de certaines personnes nuisibles à la réputation du parti et de ce fait redonnera de nouveau confiance aux électeurs de Nida.

Les faits sont têtus et les dernières élections municipales ont clairement montré que Nida est la seule formation politique structurée et qui possède une puissante machine électorale capable de battre les islamistes. Par ailleurs, dans sa chronique du 8 Janvier 2019, Mongi Khadraoui chroniqueur de BN (en langue Arabe) a fait le parallèle entre la prochaine formation de Youssef Chahed et le "Badil" de Mahdi Jomâa pour montrer que Y chached n'aura aucune chance de percer et sera jeté aux oubliettes dès qu'il quittera son poste actuel de chef de gouvernement, et j'ajouterai que le bilan politique (antisociale) désastreux de Y Chahed et son alliance contre nature avec les islamistes incitent plutôt à la méfiance ce qui se traduira en toute logique par un vote sanction lors des prochaines élections de 2019 comme cela a été le cas en 2014 pour les partis CPR et Takatol qui ont cessé d'exister pour ces mêmes raisons !

La solution la plus raisonnable et la plus efficace pour gagner les prochaines élections serait que les partis laïcs et modernistes se réunissent dans une seule formation politique : Nida Tounes, moyennant la tenue préalable du congrès du parti pour lui redonner sa crédibilité comme l'a bien expliqué Boujmâa Rmili dans sa dernière déclaration. On peut donc dire que jusqu'à ce jour, tout n'est pas encore perdu et que l'espoir est permis . . .

A4
| 09-01-2019 17:01
LA GRANDE MAISON
Ecrit par A4 - Tunis, le 15 Septembre 2018

La grande maison se vide
Il n'y a même plus de couchettes
Il ne reste que le caïd
Et un farfelu "chouquette"

Elle se vide, tout part en miettes
Plus de chaises, plus de bureaux
Il n'y a plus qu'une girouette
Avec la boule à zéro

La grande maison est ruine
On n'entend plus de discours
Il y a un "fiston" qui couine
Seul dans un coin de la cour

Elle s'enfonce, elle s'affaisse
Fissurée de bas en haut
Plus aucun sous dans la caisse
Point d'idées, point d'idéaux

La grande maison est close
Ferme ses portes même aux siens
On n'y entend plus des proses
Que des aboiements de chiens

Elle est vide et déserte
Les anciens sont tous partis
Voir si l'herbe est plus verte
Loin des chardons et orties

La grande maison se vide
Et il n'y aura pour la fête
Qu'un fou tenancier morbide
Et quelques viles marionnettes

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