Je pleure mon Qatar !

Businessnews.com.tn | publié le 09/06/2017 15:59
Par Ikhlas Latif,

 

Les pleureuses tunisiennes continuent à se lamenter sur le sort du Qatar, mis au ban et de plus en plus en difficulté. Les veuves éplorées n’en reviennent pas de ce revirement de situation qui ne sert aucunement leurs intérêts et qui fragilise d’autant plus leur position. Un vent de panique a soufflé cette semaine sur les inféodés tunisiens au régime qatari. De qui perdait un soutien politique et stratégique solide, de qui se voyait perdre son bailleur de fonds et les millions de dollars qui renflouaient ses caisses.  C’est le choc et les pauvres ne semblent pas s’en remettre, surtout que les événements semblent s’accélérer et se compliquer pour le minuscule Qatar.

 

Prudents et rusés comme ils sont, nos Frères ont préféré se la jouer stratèges. En fins tacticiens, ils ont accouché d’un communiqué officiel très langue de bois diplomatique, appelant au dialogue entre les protagonistes et encourageant une médiation pour le retour des relations.

La chute du Qatar et la disgrâce à l’échelle internationale de la Confrérie auront irrémédiablement une incidence directe sur nos islamistes. Il fallait donc se prémunir et protéger ses arrières afin de ne pas être pris au dépourvu. C’est dans ce contexte qu’un soudain rapprochement s’est opéré cette semaine entre Ennahdha et Nidaa. Un avant-goût d’une alliance qui assurerait justement les arrières du mouvement. Optimiser ses chances et consolider les meilleures relations possibles à l’échelle nationale, ce n’est pas bête.

Entre temps, l’armée d’admins islamistes fait campagne contre le bannissement du Qatar et déverse toute sa haine sur les détracteurs de ce pays, protecteur du terrorisme, qu’ils le veuillent ou non. Seul l’ancien secrétaire général d’Ennahdha, également ancien chef du gouvernement a appelé clairement à une prise de position forte, déplorant un complot tramé contre les révolutions des peuples arabes et leur premier soutien qu’est le Qatar.

 

Les plus virulents, toutefois, ont été les anciens CPR et actuels Harak, à leur tête l’ex-provisoire Moncef Marzouki. Un Marzouki qui, comme à son habitude, n’a pas pris en compte son statut particulier d’ancien président et de la retenue qui lui est due. Atterré, indigné, inconsolable face à la déchéance de ses grands amis les qataris, Marzouki ne cesse de crier haut et fort sa peine depuis une semaine.

Celui à qui l’ancien émir du Qatar apprenait fièrement à se tenir, n’a pas hésité à justifier la nature de ce régime dictatorial en ces termes qui resteront dans les annales de la flagornerie : «  le Qatar ne prétend pas être démocratique pour des raisons qui le concernent » (sic !). Déstabilisé et très affecté par ce qui se passe au Qatar, il en vient à oublier son supposé droit-de-l’hommisme. Il n’était pourtant pas spécialement affecté lorsqu’on avait imposé un embargo à l’Irak et que le pays avait été attaqué. Il affichait même son soutien à cette entreprise…

 

Dans la soirée de jeudi, l’Arabie saoudite et ses alliés ont publié une liste des personnes et des organismes terroristes soutenus par le Qatar. On y retrouve entre autres, l’Egyptien Youssef Qaradhawi et le Libyen Abdelhakim Belhaj. Tous deux entretiennent d’excellentes relations avec nos islamistes tunisiens, ils ont même eu droit à des visites en Tunisie avec les honneurs, alors que Qaradhawi recevait à son bureau, il y a moins de deux ans, le vice-président de l’ARP, Abdelfattah Mourou. Ce n’est pas ce dernier qui défendra le prédicateur, mais encore un Marzouki survolté et plus royaliste que le roi qui plaidera en faveur du « cheikh » à la solde du plan politique suspect du Qatar.

Mais encore, parmi les entités citées dans cette liste se trouve l’association Qatar Charity, une organisation active dans différents pays, dont la Tunisie via sa filiale Tunisia Charity. Qui était le président de cette succursale : Abdelmonem Daïmi, frère du député Harak Imed Daïmi. Les sources de financement et l’opacité des activités de Tunisia Charity ont été épinglées sans qu’il n’y ait de suite… Accusée à l’époque de soutenir le terrorisme par des syndicats sécuritaires tunisiens, l’étau se resserre aujourd’hui.

 

Les répercussions de la crise qatarie se font déjà ressentir en Tunisie. Des têtes vont tomber et la peur au ventre, le camp des amis du Qatar tente tant bien que mal de tirer son épingle du jeu. Les accusations portées par l’armée libyenne concernant un colonel qatari qui aurait financé le terrorisme depuis la Tunisie aggravent la situation. Les pleureuses n’ont pas fini de pleurer.

Je pleure mon Qatar !

Par Ikhlas Latif, publié le 09/06/2017 15:59

 

Les pleureuses tunisiennes continuent à se lamenter sur le sort du Qatar, mis au ban et de plus en plus en difficulté. Les veuves éplorées n’en reviennent pas de ce revirement de situation qui ne sert aucunement leurs intérêts et qui fragilise d’autant plus leur position. Un vent de panique a soufflé cette semaine sur les inféodés tunisiens au régime qatari. De qui perdait un soutien politique et stratégique solide, de qui se voyait perdre son bailleur de fonds et les millions de dollars qui renflouaient ses caisses.  C’est le choc et les pauvres ne semblent pas s’en remettre, surtout que les événements semblent s’accélérer et se compliquer pour le minuscule Qatar.

 

Prudents et rusés comme ils sont, nos Frères ont préféré se la jouer stratèges. En fins tacticiens, ils ont accouché d’un communiqué officiel très langue de bois diplomatique, appelant au dialogue entre les protagonistes et encourageant une médiation pour le retour des relations.

La chute du Qatar et la disgrâce à l’échelle internationale de la Confrérie auront irrémédiablement une incidence directe sur nos islamistes. Il fallait donc se prémunir et protéger ses arrières afin de ne pas être pris au dépourvu. C’est dans ce contexte qu’un soudain rapprochement s’est opéré cette semaine entre Ennahdha et Nidaa. Un avant-goût d’une alliance qui assurerait justement les arrières du mouvement. Optimiser ses chances et consolider les meilleures relations possibles à l’échelle nationale, ce n’est pas bête.

Entre temps, l’armée d’admins islamistes fait campagne contre le bannissement du Qatar et déverse toute sa haine sur les détracteurs de ce pays, protecteur du terrorisme, qu’ils le veuillent ou non. Seul l’ancien secrétaire général d’Ennahdha, également ancien chef du gouvernement a appelé clairement à une prise de position forte, déplorant un complot tramé contre les révolutions des peuples arabes et leur premier soutien qu’est le Qatar.

 

Les plus virulents, toutefois, ont été les anciens CPR et actuels Harak, à leur tête l’ex-provisoire Moncef Marzouki. Un Marzouki qui, comme à son habitude, n’a pas pris en compte son statut particulier d’ancien président et de la retenue qui lui est due. Atterré, indigné, inconsolable face à la déchéance de ses grands amis les qataris, Marzouki ne cesse de crier haut et fort sa peine depuis une semaine.

Celui à qui l’ancien émir du Qatar apprenait fièrement à se tenir, n’a pas hésité à justifier la nature de ce régime dictatorial en ces termes qui resteront dans les annales de la flagornerie : «  le Qatar ne prétend pas être démocratique pour des raisons qui le concernent » (sic !). Déstabilisé et très affecté par ce qui se passe au Qatar, il en vient à oublier son supposé droit-de-l’hommisme. Il n’était pourtant pas spécialement affecté lorsqu’on avait imposé un embargo à l’Irak et que le pays avait été attaqué. Il affichait même son soutien à cette entreprise…

 

Dans la soirée de jeudi, l’Arabie saoudite et ses alliés ont publié une liste des personnes et des organismes terroristes soutenus par le Qatar. On y retrouve entre autres, l’Egyptien Youssef Qaradhawi et le Libyen Abdelhakim Belhaj. Tous deux entretiennent d’excellentes relations avec nos islamistes tunisiens, ils ont même eu droit à des visites en Tunisie avec les honneurs, alors que Qaradhawi recevait à son bureau, il y a moins de deux ans, le vice-président de l’ARP, Abdelfattah Mourou. Ce n’est pas ce dernier qui défendra le prédicateur, mais encore un Marzouki survolté et plus royaliste que le roi qui plaidera en faveur du « cheikh » à la solde du plan politique suspect du Qatar.

Mais encore, parmi les entités citées dans cette liste se trouve l’association Qatar Charity, une organisation active dans différents pays, dont la Tunisie via sa filiale Tunisia Charity. Qui était le président de cette succursale : Abdelmonem Daïmi, frère du député Harak Imed Daïmi. Les sources de financement et l’opacité des activités de Tunisia Charity ont été épinglées sans qu’il n’y ait de suite… Accusée à l’époque de soutenir le terrorisme par des syndicats sécuritaires tunisiens, l’étau se resserre aujourd’hui.

 

Les répercussions de la crise qatarie se font déjà ressentir en Tunisie. Des têtes vont tomber et la peur au ventre, le camp des amis du Qatar tente tant bien que mal de tirer son épingle du jeu. Les accusations portées par l’armée libyenne concernant un colonel qatari qui aurait financé le terrorisme depuis la Tunisie aggravent la situation. Les pleureuses n’ont pas fini de pleurer.

Commentaires (19) Commenter
je pleure mon Bourguiba
vieux tunisien
| 15-06-2017 08:13
je regrette le temps de Bourrguiba où la Tunisie n'était pas sous influence wahabite. on était fier de notre patrie de sa culture et de ses traditions.
Dans les années 70, pendant la Tunisie ouvrait des écoles et donnait les droits aux femmes, les arabes pays du golfe vivaient dans l'ignorance comme au moyen age.
Mais depuis, ils se sont enrichis grace au pétrole, et ils ont déployé leur propagande intégriste et wahabite sur des centaines de chaines de télévision qui ont empoisonné les tunisiens.
quant on passait dans les boutiques et les maisons il y avait la musique de SALIHA ou ALI RIAHI et autres feuilletons télévisés authentique.
Aujourd'hui nos télés sont branchées sur ces chaines religieuses qui diffusent de la propagande obscurantiste 24/24.
C'est un retour en arrière car le peuple tunisien n'est plus fier de sa culture et il a adopté la culture des freres musulmans et des wahabites et a abandonné sa spécificité culturelle inculquée par Bourguiba.
La nouvelle génération de tunisiens éduqués par les émissions religieuses télévisés grace a la parabole doivent se resaisir et l'école et les mosqués doivent être nettoyés de ce cancer qui nous menacent dans notre identité de tunisiens tolérants et ouverts sur le monde.
@Ikhlas Latif
Correcteur
| 13-06-2017 23:30
Chère Ikhlas Latif,permettez-moi de vous féliciter pour cette magnifique chronique!
Croyez-moi!Je me régale,à chaque fois,par la forme et le fond.Par votre pertinence et impertinence(symbole de courage)!J'adore le style de votre écriture et les tournures de vos phrases!
Je persiste et signe que la belle Ikhlas est une talentueuse-journaliste!
Je demande à notre ami Nizar de nous la préserver!
ps:pour les mauvaises langues,je dirais que je ferais les mêmes compliments,s'il s'agissait d'un garçon!
Pour tout vous dire,mon coeur est pris et on me l'a brisé!
Courage chère Ikhlas.Je sais vous irez loin!
Cordialement
je pleure pour les pauvres gens qui sont mort
prince
| 11-06-2017 20:31
je pleure pour nos soldat qu'ils sont égorgeait dans la montagne pendant le ramadan je pleure nos gendarmes de la république qu'ils sont mort a cause des soutiens de Qatar aux jihadistes ,la Tunisie est libre et démocratique ont n'a pas besoin des mollahs qui nous commandent vive la république et vive la Tunisie
naviguons vers l'ouest
fazizo
| 11-06-2017 10:18
Avec toute cette turbulanxe moyen-orientale il ne faut pas oublier que nous sommes en démocratie trêve de campagne anti islamiste à la Robespierre la Tunisie le fleuron démocratique du monde arabe doit laisser le peuple jugé et surtout appellera au calme pour poursuivre la lutte contre la corruption.
rira bien qui rira le dernier
momo
| 10-06-2017 21:49
en 2012 le qatar menacait l algerie votre tour viendra declarait un ministre qatari lors d'une reunion de la ligue arabe a doha
C'est le moment...
Gg
| 10-06-2017 19:31
L'heure est venue pour la Tunisie de se regrouper autour de son islam, la Zeitouna. Son originalité et sa grandeur humaniste.
Enfin, moi ce que je dis...
Lune de miel
bec bec
| 10-06-2017 12:54
Et pendant ce temps la colombe bleue pond ses 'ufs en haut du palmier
il semble que la corruption au sein des deux grands partis en tunisie depasse de tres loin celle qui existait sous ben ali
houda
| 10-06-2017 12:51
la seule chance qui reste pour la tunisie de cette gouffre de corruption c est la loyautè de chahed, son courage et sa determination a vrai dire je n ai plus confiance en personne meme pas au president que nous avons elu pou qu il nous debarasse des islamistes quoi n a trouve mieus que de s unir avec eux pour sauvegarder son propre interet et celui de son poulain qauand a l ARP comment peut on avoir confiance apres les dernieres revelations notre seul salut est youssef chahed qui doit tirer le carton rouuge a l encontre de tout le monde
Un petit canard nommé "catard"
A4
| 10-06-2017 10:18
LE PETIT "CATARD"
Ecrit par A4 - Tunis, le 10 Juin 2017

Le petit "catard" a mal
Se retrouve seul dans son coin
Il souffre comme pas normal
A coup de cris en coin-coin

Il est triste et furieux
Ne peut plus marcher tout droit
Il semble, comme c'est curieux
Perdu, en plein désarroi

Il peut à peine barboter
Ouvrir et fermer son bec
S'agiter et gigoter
Dans une mare qui est à sec

Il boite de la patte gauche
Traîne par terre son gros derrière
Le spectacle est bien moche
Vaines sont toutes ses prières

Il est blessé, bat de l'aile
Et regarde de travers
Ceux qui lui faisaient du zèle
Le gâtaient de proses et vers

Il aimait les cajoler
Leur donner des oeufs en or
Les voir tous crier olé !
Vous êtes le roi, le plus fort !

Il avait l'esprit ouvert
Et gavait tous les rongeurs
Tous les fous et les pervers
Assassins et égorgeurs

Ce jour, il se mord les plumes
Et apprend à ses dépens
Entre marteau et enclume
Que malheur est aux perdants
Il n'en demeure pas moins
Tadhamen
| 10-06-2017 00:38
que l'Arabie Saoudite qui accuse le Qatar, c'est carrément comme si le cyanure nous mettait en garde contre les effets létaux de l'arsenic.

Derrière cet écran de fumée, les plus perspicaces verront surtout le vent de panique qui souffle sur l'Arabie et ses alliés inavoués au fur et à mesure que l'Iran revient en force dans le jeu régional.

Il est surtout urgent pour la Tunisie de se garder de choisir entre la peste et le choléra, au risque sinon de sombrer avec le navire moyen-oriental qui prend l'eau d'un peu partout et qui n'a finalement jamais gîté plus dangereusement.
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