Il faut détruire le Qatar

Businessnews.com.tn | publié le 09/06/2017 09:28

Par Mezri Haddad*

 

« Carthago delenda est », c’est la formule par laquelle Caton terminait inlassablement ses discours enflammées devant le Sénat romain. C’était à l’époque des guerres puniques qui se sont finalement achevées par la destruction totale de Carthage et le triomphe de la puissance hégémonique romaine et ce, malgré la résistance héroïque d’Hannibal. Trahi par les siens, loin de sa terre passionnément aimée et ardemment défendue, l’illustre général laissa pour testament : « Terre ingrate, tu n’auras jamais mes cendres ».

A l’inverse du lieu commun populaire, l’Histoire n’est jamais un éternel recommencement, mais certains événements qui la ponctuent peuvent parfois être d’une ressemblance troublante. Il en va ainsi de la destruction de la cité punique en 146 avant J.C comme de la défaite de Grenade en 1492. Il en va de même de la chute de l’Irak en 2003 comme de la destruction de la Libye et de la Syrie en 2011. Avec des dégâts nettement moindres mais des conséquences tout aussi funestes, la Tunisie, berceau du sinistrement célèbre « printemps arabe », a subi le même sort en janvier 2011 avec ce que j’avais appelé à l’époque la « révolte bouazizienne ».

 

Le Qatar, agent traitant de la destruction du monde arabe

Avec ces quatre derniers événements (Irak, Syrie, Libye, Tunisie), où il existe des différences de degrés mais pas de nature, l’émirat islamo-terroriste du Qatar a joué un rôle moteur que mes compatriotes n’ont pas vu, ou n’ont pas voulu croire à l’époque. Il y a ainsi des peuples qui s’estiment plus intelligents, plus civilisés, plus politisés et plus courageux que d’autres alors que dans les faits, ils sont l’absolu contraire de leurs chimères et suffisance ! Pis encore, certains peuples qu’on a galvanisé par la passion libertaire et non guère par la liberté tonique, pensent s’affranchir de l’autocratie en tombant dans la plus vil des servitudes.

Le minuscule et insignifiant Qatar n’aurait jamais pu déstabiliser la Tunisie, l’Egypte, la Libye et la Syrie –qui résiste encore aux hordes islamistes- sans la complicité active des Etats-Unis, sans la trahison des élites et surtout sans la félonie des hauts commandements militaires. Je l’avais dit dans mon ouvrage La face cachée de la révolution tunisienne (2011), et bien plus tôt dans mon livre prémonitoire Carthage ne sera pas détruite (2002), et nous le savons aujourd’hui avec certitude : l’Etat vassal du Qatar agissait sous les ordres de la première puissance mondiale, alors présidée par le néoconservateur George W.Bush puis par le frère musulman Barack Hussein Obama. Dans la stratégie américaine, en parfaite concordance avec les sacro-saints intérêts d’Israël, il fallait déstabiliser tous les Etats-nations issus de la décolonisation pour leur substituer des régimes islamistes sous le prétexte fallacieux de la mondialisation, de la démocratie et des droits de l’homme.

 

Lâché comme un vulgaire Etat voyou

C’est ce parapluie américain, dont le Qatar usait et abusait avec la ferveur bédouine, qui vient de subir un énorme trou. Donald Trump n’est pas Barack Hussein Obama. Autant celui-ci avait une attirance pour l’islamisme, certainement pour colmater les failles psychologiques ouvertes par le divorce puis la mort de son père musulman, autant l’actuel Président américain, chrétien décomplexé, est radicalement opposé à l’islamisme en général et à la secte des Frères musulmans en particulier. C’est pour dire que la décision de l’Arabie Saoudite, de l’Egypte, des Emirats arabes unis, du Bahreïn et du Yémen de rompre toute relation avec le Qatar n’est ni capricieuse ni surprenante, mais qu’elle était inexorable dès lors où est intervenu à la tête de l’exécutif américain un changement radical que certains souhaitaient et que beaucoup redoutaient, non sans raison ! Tout de suite après l’annonce de l’isolement du Qatar, Donald Trump a twitté que « cela sera peut-être le début de la fin de l’horreur du terrorisme ». En d’autres termes, la duplicité qatarie n’a que trop longtemps duré et les liens de causalité entre la vague terroriste depuis 2011 et les choix politiques du Qatar ne relevaient pas du fantasme mais de faits réels et parfaitement avérés.

Premiers surpris par la décision des cinq pays arabes et davantage encore par l’acquiescement américain : les oligarques islamo-terroristes de Doha. C’est que l’entité qatarie se croyait invulnérable en raison de son volume gazier et de la plus grande base aérienne américaine qu’elle héberge depuis 1996. Siège du commandement militaire américain chargé du Moyen-Orient, Al-Udeid abrite 10.000 soldats américains. C’est à partir de cette base que George W.Bush a mené sa croisade contre l’Irak, et c’est le feu croisé de celle-ci et de la désinformation d’Al-Jazeera qui a conduit à la chute de Bagdad en 2003.

 

Le jeu diabolique de l’Iran

C’est principalement à la République dite islamique d’Iran que l’invasion et le démembrement de l’Irak avait profité. Et c’est à partir de 2003 qu’un pacte entre l’entité qatarie et la puissance régionale iranienne a été scellé. Par ailleurs, l’ogre et le nain ont en commun un immense champ gazier dans les eaux du Golfe, appelé North Dome côté Qatar, dénommé South Pars par l'Iran. Ils ont aussi en  commun une vision théocratique de l’islam qu’ils s’emploient à propager partout dans le monde. Les uns au nom d’idéaux révolutionnaires et d’une vision universaliste du chiisme, les autres au nom d’un wahhabisme atavique mixé à la doctrine subversive des Frères musulmans.                         

Comment une république issue d’une révolution islamique et théoriquement opposée à l’impérialisme américain peut-elle s’entendre avec un régime des plus réactionnaires et des plus inféodés au  « grand Satan », comme l’appelait Khomeiny ? En réalité, il ne s’agit pas d’entente stratégique mais d’intérêts communs et conjoncturels. Dans cette logique pragmatique et cynique, l’Iran peut transférer à Doha toutes ses transactions financières et bancaires, pour contourner l’embargo que l’Occident lui imposait alors, et en même temps soutenir la Syrie contre le pays qui a fait le plus de mal à Damas, à savoir le Qatar. Selon la même logique, les Mollahs n’hésitent pas à soutenir discrètement mais massivement la secte des Frères musulmans tunisiens, Ennahdha, sans tenir compte du fait que c’est Rached Ghannouchi et ses thuriféraires qui ont endoctriné, mobilisé et expédié vers la Syrie des hordes de mercenaires tunisiens qui ont commis les crimes les plus abominables dans ce grand pays et qui combattent sur le terrain syrien des soldats iraniens ! Beaucoup ignorent que les relations entre le régime iranien et la secte ghannouchiste sont historiques et structurelles.    

Si le « printemps arabe » avait un seul mérite, ce serait d’avoir fait tomber tous les masques. Avec la crise majeure provoquée par  la rupture des relations entre les cinq pays cités et l’entité qatarie, d’autres masques vont tomber. Si cette crise ne trouve pas d’issue diplomatique et si elle atteint son paroxysme, il ne faut pas s’étonner de voir le Qatar basculer totalement dans le giron iranien.   

 

Et la suzeraineté tunisienne dans tout cela ?

Au pays de la « révolution du jasmin », le Bey règne mais ne gouverne pas, le guide suprême, Rached Ghannouchi, gouverne mais ne règne pas, les mafias se gavent et  ne se rassasient pas, les mercenaires des services étrangers manœuvrent et ne se montrent pas, les terroristes se réorganisent et ne s’exposent pas, les « élites » politiques palabrent et n’agissent pas, le peuple agonise mais ne se révolte pas. Pas plus que les cybers-collabos, Freedom House, l’Open Society, Otpor et Al-Jazeera ne sont plus au rendez-vous révolutionnaire !

A l’image du régime aseptisé et dénationalisé qu’il incarne, le gouvernement actuel n’a pris aucune position dans la crise qui oppose les cinq pays cités à l’entité qatarie. Raison affichée, la neutralité de la Tunisie et sa non-ingérence dans les affaires d’autrui ! Mais dans les faits, le premier pays fournisseur de « main d’œuvre » djihadiste ne peut pas rompre ses relations diplomatiques avec le premier pays partenaire et financier du terrorisme islamiste international. Par contre, en rompant ses relations diplomatiques avec la Syrie –une initiative du tandem Ghannouchi et son vassal Marzouki- la Tunisie a été à l’avant-garde des pays ennemis à cette illustre nation qui a héroïquement résisté à la plus grande invasion islamo-fasciste jamais connue dans l’histoire. Depuis l’apothéose de Béji Caïd Essebsi, héritier sans héritage du neutralisme bourguibien, ses relations n’ont jamais été rétablies, et pour cause !      

Il n’est en outre pas question de montrer la moindre désobligeance ou désobéissance à l’égard de l’émirat bédouin qui a « libéré » de son indépendance et de sa modernité la République bourguibienne. On ne trahit pas nos « associés dans la révolution », pour emprunter cette expression au mercenaire du Qatar…et à l’agent de la Grande Bretagne, Rached Ghannouchi.

Pourtant, cette décision des cinq pas à l’égard du Qatar procède d’un constat irréfragable et en lien notamment avec ce qui se passe en Libye, comme l’a si bien compris le rédempteur de l’Egypte, Abdel-Fattah Al-Sissi. La Libye, pays à la destruction duquel nous avions, nous autres Tunisiens, activement contribué, est essentielle dans l’équilibre régional et plus encore dans la sécurité intérieure de la Tunisie.

Mais au pays de la « révolution » bouazizienne et de l’élite politique charriée par la brouette, nul ne semble s’inquiéter de la sécurité tunisienne, pas plus d’ailleurs que du changement majeur de la stratégie américaine à l’égard de l’islamisme en général et des Frères musulmans en particulier, dont la crise opposant les cinq pays arabes à l’entité qatarie n’en est que le premier jalon.

 

* Philosophe, ancien Ambassadeur et Président du Centre international de Géopolitique et de prospective analytique (CIGPA).                                                

* Les opinions publiées dans la rubrique « Tribune » ne reflètent pas forcément l’opinion ou la ligne de la rédaction de Business News

 

Il faut détruire le Qatar

publié le 09/06/2017 09:28

Par Mezri Haddad*

 

« Carthago delenda est », c’est la formule par laquelle Caton terminait inlassablement ses discours enflammées devant le Sénat romain. C’était à l’époque des guerres puniques qui se sont finalement achevées par la destruction totale de Carthage et le triomphe de la puissance hégémonique romaine et ce, malgré la résistance héroïque d’Hannibal. Trahi par les siens, loin de sa terre passionnément aimée et ardemment défendue, l’illustre général laissa pour testament : « Terre ingrate, tu n’auras jamais mes cendres ».

A l’inverse du lieu commun populaire, l’Histoire n’est jamais un éternel recommencement, mais certains événements qui la ponctuent peuvent parfois être d’une ressemblance troublante. Il en va ainsi de la destruction de la cité punique en 146 avant J.C comme de la défaite de Grenade en 1492. Il en va de même de la chute de l’Irak en 2003 comme de la destruction de la Libye et de la Syrie en 2011. Avec des dégâts nettement moindres mais des conséquences tout aussi funestes, la Tunisie, berceau du sinistrement célèbre « printemps arabe », a subi le même sort en janvier 2011 avec ce que j’avais appelé à l’époque la « révolte bouazizienne ».

 

Le Qatar, agent traitant de la destruction du monde arabe

Avec ces quatre derniers événements (Irak, Syrie, Libye, Tunisie), où il existe des différences de degrés mais pas de nature, l’émirat islamo-terroriste du Qatar a joué un rôle moteur que mes compatriotes n’ont pas vu, ou n’ont pas voulu croire à l’époque. Il y a ainsi des peuples qui s’estiment plus intelligents, plus civilisés, plus politisés et plus courageux que d’autres alors que dans les faits, ils sont l’absolu contraire de leurs chimères et suffisance ! Pis encore, certains peuples qu’on a galvanisé par la passion libertaire et non guère par la liberté tonique, pensent s’affranchir de l’autocratie en tombant dans la plus vil des servitudes.

Le minuscule et insignifiant Qatar n’aurait jamais pu déstabiliser la Tunisie, l’Egypte, la Libye et la Syrie –qui résiste encore aux hordes islamistes- sans la complicité active des Etats-Unis, sans la trahison des élites et surtout sans la félonie des hauts commandements militaires. Je l’avais dit dans mon ouvrage La face cachée de la révolution tunisienne (2011), et bien plus tôt dans mon livre prémonitoire Carthage ne sera pas détruite (2002), et nous le savons aujourd’hui avec certitude : l’Etat vassal du Qatar agissait sous les ordres de la première puissance mondiale, alors présidée par le néoconservateur George W.Bush puis par le frère musulman Barack Hussein Obama. Dans la stratégie américaine, en parfaite concordance avec les sacro-saints intérêts d’Israël, il fallait déstabiliser tous les Etats-nations issus de la décolonisation pour leur substituer des régimes islamistes sous le prétexte fallacieux de la mondialisation, de la démocratie et des droits de l’homme.

 

Lâché comme un vulgaire Etat voyou

C’est ce parapluie américain, dont le Qatar usait et abusait avec la ferveur bédouine, qui vient de subir un énorme trou. Donald Trump n’est pas Barack Hussein Obama. Autant celui-ci avait une attirance pour l’islamisme, certainement pour colmater les failles psychologiques ouvertes par le divorce puis la mort de son père musulman, autant l’actuel Président américain, chrétien décomplexé, est radicalement opposé à l’islamisme en général et à la secte des Frères musulmans en particulier. C’est pour dire que la décision de l’Arabie Saoudite, de l’Egypte, des Emirats arabes unis, du Bahreïn et du Yémen de rompre toute relation avec le Qatar n’est ni capricieuse ni surprenante, mais qu’elle était inexorable dès lors où est intervenu à la tête de l’exécutif américain un changement radical que certains souhaitaient et que beaucoup redoutaient, non sans raison ! Tout de suite après l’annonce de l’isolement du Qatar, Donald Trump a twitté que « cela sera peut-être le début de la fin de l’horreur du terrorisme ». En d’autres termes, la duplicité qatarie n’a que trop longtemps duré et les liens de causalité entre la vague terroriste depuis 2011 et les choix politiques du Qatar ne relevaient pas du fantasme mais de faits réels et parfaitement avérés.

Premiers surpris par la décision des cinq pays arabes et davantage encore par l’acquiescement américain : les oligarques islamo-terroristes de Doha. C’est que l’entité qatarie se croyait invulnérable en raison de son volume gazier et de la plus grande base aérienne américaine qu’elle héberge depuis 1996. Siège du commandement militaire américain chargé du Moyen-Orient, Al-Udeid abrite 10.000 soldats américains. C’est à partir de cette base que George W.Bush a mené sa croisade contre l’Irak, et c’est le feu croisé de celle-ci et de la désinformation d’Al-Jazeera qui a conduit à la chute de Bagdad en 2003.

 

Le jeu diabolique de l’Iran

C’est principalement à la République dite islamique d’Iran que l’invasion et le démembrement de l’Irak avait profité. Et c’est à partir de 2003 qu’un pacte entre l’entité qatarie et la puissance régionale iranienne a été scellé. Par ailleurs, l’ogre et le nain ont en commun un immense champ gazier dans les eaux du Golfe, appelé North Dome côté Qatar, dénommé South Pars par l'Iran. Ils ont aussi en  commun une vision théocratique de l’islam qu’ils s’emploient à propager partout dans le monde. Les uns au nom d’idéaux révolutionnaires et d’une vision universaliste du chiisme, les autres au nom d’un wahhabisme atavique mixé à la doctrine subversive des Frères musulmans.                         

Comment une république issue d’une révolution islamique et théoriquement opposée à l’impérialisme américain peut-elle s’entendre avec un régime des plus réactionnaires et des plus inféodés au  « grand Satan », comme l’appelait Khomeiny ? En réalité, il ne s’agit pas d’entente stratégique mais d’intérêts communs et conjoncturels. Dans cette logique pragmatique et cynique, l’Iran peut transférer à Doha toutes ses transactions financières et bancaires, pour contourner l’embargo que l’Occident lui imposait alors, et en même temps soutenir la Syrie contre le pays qui a fait le plus de mal à Damas, à savoir le Qatar. Selon la même logique, les Mollahs n’hésitent pas à soutenir discrètement mais massivement la secte des Frères musulmans tunisiens, Ennahdha, sans tenir compte du fait que c’est Rached Ghannouchi et ses thuriféraires qui ont endoctriné, mobilisé et expédié vers la Syrie des hordes de mercenaires tunisiens qui ont commis les crimes les plus abominables dans ce grand pays et qui combattent sur le terrain syrien des soldats iraniens ! Beaucoup ignorent que les relations entre le régime iranien et la secte ghannouchiste sont historiques et structurelles.    

Si le « printemps arabe » avait un seul mérite, ce serait d’avoir fait tomber tous les masques. Avec la crise majeure provoquée par  la rupture des relations entre les cinq pays cités et l’entité qatarie, d’autres masques vont tomber. Si cette crise ne trouve pas d’issue diplomatique et si elle atteint son paroxysme, il ne faut pas s’étonner de voir le Qatar basculer totalement dans le giron iranien.   

 

Et la suzeraineté tunisienne dans tout cela ?

Au pays de la « révolution du jasmin », le Bey règne mais ne gouverne pas, le guide suprême, Rached Ghannouchi, gouverne mais ne règne pas, les mafias se gavent et  ne se rassasient pas, les mercenaires des services étrangers manœuvrent et ne se montrent pas, les terroristes se réorganisent et ne s’exposent pas, les « élites » politiques palabrent et n’agissent pas, le peuple agonise mais ne se révolte pas. Pas plus que les cybers-collabos, Freedom House, l’Open Society, Otpor et Al-Jazeera ne sont plus au rendez-vous révolutionnaire !

A l’image du régime aseptisé et dénationalisé qu’il incarne, le gouvernement actuel n’a pris aucune position dans la crise qui oppose les cinq pays cités à l’entité qatarie. Raison affichée, la neutralité de la Tunisie et sa non-ingérence dans les affaires d’autrui ! Mais dans les faits, le premier pays fournisseur de « main d’œuvre » djihadiste ne peut pas rompre ses relations diplomatiques avec le premier pays partenaire et financier du terrorisme islamiste international. Par contre, en rompant ses relations diplomatiques avec la Syrie –une initiative du tandem Ghannouchi et son vassal Marzouki- la Tunisie a été à l’avant-garde des pays ennemis à cette illustre nation qui a héroïquement résisté à la plus grande invasion islamo-fasciste jamais connue dans l’histoire. Depuis l’apothéose de Béji Caïd Essebsi, héritier sans héritage du neutralisme bourguibien, ses relations n’ont jamais été rétablies, et pour cause !      

Il n’est en outre pas question de montrer la moindre désobligeance ou désobéissance à l’égard de l’émirat bédouin qui a « libéré » de son indépendance et de sa modernité la République bourguibienne. On ne trahit pas nos « associés dans la révolution », pour emprunter cette expression au mercenaire du Qatar…et à l’agent de la Grande Bretagne, Rached Ghannouchi.

Pourtant, cette décision des cinq pas à l’égard du Qatar procède d’un constat irréfragable et en lien notamment avec ce qui se passe en Libye, comme l’a si bien compris le rédempteur de l’Egypte, Abdel-Fattah Al-Sissi. La Libye, pays à la destruction duquel nous avions, nous autres Tunisiens, activement contribué, est essentielle dans l’équilibre régional et plus encore dans la sécurité intérieure de la Tunisie.

Mais au pays de la « révolution » bouazizienne et de l’élite politique charriée par la brouette, nul ne semble s’inquiéter de la sécurité tunisienne, pas plus d’ailleurs que du changement majeur de la stratégie américaine à l’égard de l’islamisme en général et des Frères musulmans en particulier, dont la crise opposant les cinq pays arabes à l’entité qatarie n’en est que le premier jalon.

 

* Philosophe, ancien Ambassadeur et Président du Centre international de Géopolitique et de prospective analytique (CIGPA).                                                

* Les opinions publiées dans la rubrique « Tribune » ne reflètent pas forcément l’opinion ou la ligne de la rédaction de Business News

 

Mezri Haddad
Commentaires (72) Commenter
L'analyse de trop
JihedfromPhilly
| 21-06-2017 00:28
J'ai commence a lire et a aimer jusqu'a l'analyse psycologique du frere Hussein Obama.A moins que l'auteur en plus d'etre historian et philosophe, possede un diplome en psychology, il peut s'aventurer a ce genre d'analyse...J'ai arrete la lecture de l'article. Monsieur Haddad, vous n'etes pas psy et vous n'avez aucune credibility
Allusions futiles
Raouf
| 20-06-2017 16:07
Mezri Haddad ce misérable oublié ne fait t-il pas allusions dans son minable article à l'origine de l'ancien président américain en rappelant son nom "Hussein Obama"
Que reste t-il à part dire que Obama fait partie des frères musulmans et que le 14 janvier est leur 'uvre.
Mais qu'est-ce que c'est fou et irresponsable
shame Quatar
Nagui
| 18-06-2017 14:05
En ce qui concerne le Quatar c'est un édito qui se respecte
Honorable
Habib
| 18-06-2017 00:37
Tout ce que je peux dire c'est que ce Grand Monsieur est Honorable par ses positions des Patriote inné et par son ecriture pleine de sens et de réalisme, je partage pour ne pas être égoiste
Analyse magistrale
Mondher Kahlaoui
| 16-06-2017 00:27
Plutôt que de d'apprendre et de s'instruire des analyses de ce grand penseur, certains ghannouchistes et marzoukistes se focalisent sur la personnalité de Mezri Haddad qui a peut-être tous les défauts du monde mais qui possède trois qualités très rares chez les tunisiens. Premièrement son patriotisme inégalable. Deuxièmement sa culture encyclopédique.Troisièmement sa faculté d'anticiper les événements avant qu'ils ne se produisent.
sans titre
zola
| 15-06-2017 10:10
monsieur baise main de marine le pen te voilà.
@Forza, @Chikhraoui
Léon
| 14-06-2017 09:54
@Forza.
Tu crois que Mezri passe la brosse à reluire à l'Arabie Saoudite? Non mais je rêve. Comme toujours, vous jugez sans connaitre. Alors je t'invite à nouveau à visionner le philosophe dans la vidéo ci-dessous où il parle ouvertement de l'Arabie Wahhabite Saoudienne dans une conférence assez récente (pas plus de six mois).
https://www.youtube.com/watch?v=7kB5uaAMDEs
D'autre part, si tu veux que je t'envoie l'un de tes anciens post, fraichement révolutionnaire, je te l'envoie. Tu verras à quel point tu as changé. Peut-être que c'est dû à six années de plus qui donnent plus sagesse. Tes premiers posts étaient d'une allégresse révolutionnaire comme la plupart des instruits tunisiens qui ont aujourd'hui énormément relativisé leur position, tellement la catastrophe est grande qu'il est grand temps de s'en laver les mains.
Mais bref, la 3ichra de six années entre nous fait qu'en tous les cas tes anciennes positions ne peuvent que m'attendrir mais surtout m'apprennent que j'ai vu juste dès le départ.

@Chikhaoui. Tu vois mon grand; il ne sert à rien que je te rende tes insultes. Tout ce que je peux te dire et tout ce que j'ai envie de te dire, c'est tout ce qui peut te faire mal.
À savoir que le ramassis de merdolutionnaires et ses prétendus opposants incultes, mais fortement diplômés par le Miracle Bourguibo-Benalien, ne sont pas arrivés à faire un iota de la réussite de Ben Ali, celui que vous avez l'outrecuidance de qualifier de Bac-3, malgré la manne d'argent qui coule à flot, remettant les clés de la souveraineté nationale au FMI et à la BM et autres obédiences saluées par les traitres.
Je ne veux surtout pas me placer en tant qu'intellectuel (même si tu seras surpris si tu savais de quelle place Mondiale Universitaire je suis l'enseignant-chercheur titulaire), de peur de ressembler aux intellos merdolutionnaires qui ont craché sur le système qui les a fait, comme le font toujours les valets haineux en quête de pouvoir.
Je préfère me présenter comme un soldat de la Tunisie, comme un protecteur de la Tunisie contre la Horde.
Mezri est l'un des rares dont je peut être fier. Et c'est un honneur pour moi que certains pensent que je suis Mezri et parfois JW. Çà peut ne pas te plaire. Mais là aussi, j'affirme que Mezri avait raison en parlant de Horde.
La preuve se fait par l'absurde: Quoi d'autre qu'une horde peut détruire le pays aujourd'hui détruit.
La Horde. Je lui reproche d'avoir oublié d'y ajouter, La "Horde Instruite", La "Horde inellectueuse" (et non intellectuelle), La "Horde Tortueuse et hypocrite". Je vois en toi un digne représentant de ces gens-là.

Léon, Min Joundi Tounis Al Awfiya;
Résistant Souverainiste, Disciple spirituel de Mon Col Ferchichi, Héros de la GUERRE de Bizerte (car c'est une vraie guerre).

VERSET 1112 de la SOURATE des ABEILLES.
Chacun doit balayer devant sa porte
mjr
| 13-06-2017 21:23
Feu Anouar al Sadate a intitulé ses mémoires « A la recherche d'une identité » et c'est bien le problème des Arabes. Après le découpage de l'empire ottoman il y a eu le développement de mouvements nationalistes puis des tentatives d'unification des pays arabes (combattues par les monarchies du Golfe). L'échec de ce panarabisme a amené le panislamisme actuel avec la prédominance du religieux et la manipulation de l'antagonisme sunnisme-chiisme à des fins politiques.
Derrière les événements actuels se profile une bataille entre les monarchies sunnites de la région dans leur conception de l'islam. L'Arabie Saoudite source du wahhabisme avec ses velléités de leadership , craint de voir l'idéologie des Frères musulmans se répandre dans tous les pays musulmans. Mais le régime saoudiens s'est surestimé, il perd la guerre indirecte en Syrie et directe au Yémen, son leadership à l'OPEP est menacé et l'antagonisme avec l'Iran est au plus fort. En Tunisie nous devons rester neutres et nous tenir à la déclaration du Président Bourguiba le 22 janvier 1959. «Nous devons élever le niveau de vie de ce peuple et lutter contre le chômage, la misère et le retard économique. Nous devons y parvenir coûte que coûte' C'est une question de vie ou de mort pour le régime. S'il ne réussit pas dans ce domaine, c'est son existence même qui sera en jeu».
Malheureusement le parti unique destourien et son filleul le rcd n'ont pas pu mettre en action ces recommandations bien au contraire la politique économique était à caractère régionaliste avec peu de projets permettant des changements profonds dans la société et qui auraient bénéficié à toutes les couches sociales.
Il est indéniable que la majorité des hauts cadres du pays ont travaillé avec abnégation et courage et dans l'intérêt du pays et ont résisté aux pressions tout le long de leur carrière ,mais il s'est formé aussi depuis l'indépendance une classe de hauts cadres et d'hommes d'affaires proches des milieux politiques du parti unique qui ont laissé faire ,qui ont permis le développement d'un système de copinage ou qui ont été les complices des dérives que l'on connait. Le plus grave reste le fait que le système n'a pas permis l'émergence d'une classe politique capable de réussir la transition. Après 60 ans le résultat est là : un peuple avec un niveau de conscience politique inexistant et une classe politique médiocre adepte de la politique politicienne ce qui au final a abouti à l'institutionnalisation de l'islam politique dans le paysage.
@Léon
Sadok CHIKHAOUI
| 13-06-2017 14:18
"Tout ce qui est excessif est insignifiant" disait Talleyrand et je n'aurais certainement pas réagi à votre insignifiance, ni à vos invectives, si votre idolâtrie de Mezri Haddad n'était pas révélatrice de la médiocrité de la pensée ambiante, pour qui Mezri Haddad fait figure de penseur. D'ailleurs je vous soupçonne d'être vous même M.H.
Et contrairement à vous qui invectivez sans connaitre, je connais le personnage : un faux mercenaire et un vrai charlatan, avec pour seul titre de gloire une carrière d'assistant à Paris Jussieu, dont il a été vite éjecté (il a incriminé feu Khmayes Chammari) et quelques pamphlets à la gloire de Ben Ali pour où il trainé dans la boue ses anciens collègues de l'opposition. On peut à ce titre lui reconnaitre la reconnaissance du ventre, mais parions que s'il n'était pas allé trop lui dans l'apalat-ventrisme miséreux en traitant notamment le peuple tunisien de horde sauvage, il se serait découvert aujourd'hui une âme de démocrate et il aurait été ministre de Marzouki. IL a raté le coche : eternal looser
Toutes ses prévisions sont justes
Henda Ben Yedder
| 11-06-2017 09:07
Qu'on l'aime ou pas Mezri Haddad est le seul tunisien et même dans l'ensemble du monde arabe à avoir tout compris dès janvier 2011. Toutes ses prévisions sur la Tunisie, sur la Libye sur la Syrie et récemment sur le Qatar se sont confirmés. Il nous reste au moins une raison de nous sentir fiers de notre appartenance tunisienne.
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