Gouvernement Chahed II : Place à la transition économique

Businessnews.com.tn | publié le 11/09/2017 19:59

 

Le feuilleton du remaniement ministériel touche à sa fin. Le dernier épisode se tient aujourd’hui à l’hémicycle de l’Assemblée des représentants du peuple, pour le vote de confiance des députés. Programme gouvernemental annoncé par Youssef Chahed, interventions interminables des élus, retour sur une plénière protocolaire…

Un an après avoir obtenu la confiance des députés, le chef du gouvernement d’union nationale, Youssef Chahed se présente devant l’Assemblée des représentants du peuple avec sa nouvelle équipe. Une équipe formée à l’issue d’un remaniement partiel annoncé depuis le mercredi 6 septembre 2017. Bien que le sort du vote de confiance soit déjà scellé, et qu’aucune obligation juridique n’impose ce passage, la tradition a voulu que tous les membres de la nouvelle équipe soient soumis, individuellement, au vote des députés.

Ceci dit, la séance plénière tenue a été l’occasion pour le chef du gouvernement de donner un aperçu détaillé de son programme pour l’étape à venir. L’exposé a porté, principalement, sur le volet économique, où Youssef Chahed a présenté la vision future de son gouvernement.

C’est en rappelant la difficulté de la situation actuelle et la conjoncture économique que Youssef Chahed a exposé certains indicateurs positifs enregistrés depuis le début de l’année en cours, qui restent selon lui insuffisants. L’objectif étant de parvenir à réaliser quatre points essentiels, à savoir la  maîtrise du taux d’inflation, et la réduction du déficit budgétaire à 3% vers l’an 2020 ainsi que la stabilisation du taux d’endettement qui ne doit pas aller au-delà des 70% en 2020.

Il est, également, question de maîtriser la masse salariale de façon à ne pas dépasser les 12,5% tout en veillant à faire augmenter le taux de croissance pour atteindre les 5% à l’horizon de 2020. Même s’il estime que ces objectifs fixés feront l’objet de nombreuses critiques par les observateurs, le chef du gouvernement fait remarquer que cela reste du domaine du possible et que c’est tout à fait réalisable, si on s’astreint à respecter scrupuleusement la feuille de route établie, sans oublier qu’il faut consentir un nombre de sacrifices nécessaires à leur concrétisation.

 

Il n’en demeure pas moins que l’annonce la plus remarquable du chef du gouvernement reste celle de la création du titre 3 dans le budget de l’Etat. « Depuis l’indépendance, la Tunisie s’est basée sur la consolidation du développement à travers l’investissement public financé par le budget de l’Etat, connu par « le titre 2 ». Aujourd’hui, ceci n’est plus suffisant, il faut une approche plus large permettant de fournir des investissements plus importants durant les trois prochaines années. On parle souvent du « passif de l’Etat », or la Tunisie est puissante et possède un actif mal exploité », a-t-il indiqué.

Et d’ajouter que « dans le cadre de notre nouvelle vision du modèle de développement, nous mettrons des moyens au profit de la création de la richesse et des postes d’emploi tout en préservant les droits des générations futures ».

M. Chahed a indiqué, par ailleurs, que le gouvernement est parvenu à identifier des investissements d’une valeur globale de 5200 MDT qui peuvent être réalisés durant les trois prochaines années, sous forme de projets de partenariat entre le secteur public et privé (PPP). Ceci permettra, sans aucun doute de marquer des points de croissance supplémentaires, susceptibles de renforcer les indicateurs positifs enregistrés depuis le début de l’année en cours.

 

Comme à l’accoutumé, la séance plénière s’est poursuivie par l’intervention d’une centaine de députés. Des interventions virulentes pour certaines et flatteuses pour d’autres. Aucune surprise enregistrée à ce niveau, puisque les jeux étaient considérés, par les observateurs, comme étant déjà faits, et les accords ont été effectués depuis l’annonce du remaniement.

Les partis Nidaa Tounes, Ennahdha, Afek, Machroû Tounes sont acquis à la cause du nouveau gouvernement et ils voteront pour le gouvernement tandis que le Front populaire et Attayar démocratique ne le feront pas. Et ils l’ont déjà crié haut et fort.

 

Toutefois, plusieurs députés ont relevé la problématique qui se pose à la suite de la désignation du député de Nidaa Tounes, élu de la circonscription d’Allemagne, Hatem Ferjani, au sein de la nouvelle équipe, puisque son remplacement nécessitera la tenue d’élections législatives partielles. Une tâche fastidieuse et coûteuse qui aurait pu être évitée, sans parler des bruits qui courent à propos de son remplacement par le directeur exécutif de Nidaa Tounes, Hafedh Caïd Essebsi.

D’autres députés de l’opposition, dont notamment Samia Abbou et Ammar Amroussia, ont critiqué la présence de figures de l’ancien régime dans la nouvelle composition de l’équipe gouvernementale, soulignant qu’ils ne pourront jamais consolider la politique de lutte contre la corruption puisqu’ils sont issus d’un système corrompu à la base.

 

En tout état de cause, le gouvernement de Chahed II devrait passer sans trop de difficultés. Et qu’il soit un gouvernement de guerre ou un gouvernement de la dernière chance, la nouvelle équipe aura du pain sur la planche. Les défis qui s’annoncent sont d’une grande complexité et l’enjeu est de taille vu la délicatesse de la période à venir où il est indispensable de réussir la transition économique.

 

 

 

Sarra HLAOUI

Gouvernement Chahed II : Place à la transition économique

publié le 11/09/2017 19:59

 

Le feuilleton du remaniement ministériel touche à sa fin. Le dernier épisode se tient aujourd’hui à l’hémicycle de l’Assemblée des représentants du peuple, pour le vote de confiance des députés. Programme gouvernemental annoncé par Youssef Chahed, interventions interminables des élus, retour sur une plénière protocolaire…

Un an après avoir obtenu la confiance des députés, le chef du gouvernement d’union nationale, Youssef Chahed se présente devant l’Assemblée des représentants du peuple avec sa nouvelle équipe. Une équipe formée à l’issue d’un remaniement partiel annoncé depuis le mercredi 6 septembre 2017. Bien que le sort du vote de confiance soit déjà scellé, et qu’aucune obligation juridique n’impose ce passage, la tradition a voulu que tous les membres de la nouvelle équipe soient soumis, individuellement, au vote des députés.

Ceci dit, la séance plénière tenue a été l’occasion pour le chef du gouvernement de donner un aperçu détaillé de son programme pour l’étape à venir. L’exposé a porté, principalement, sur le volet économique, où Youssef Chahed a présenté la vision future de son gouvernement.

C’est en rappelant la difficulté de la situation actuelle et la conjoncture économique que Youssef Chahed a exposé certains indicateurs positifs enregistrés depuis le début de l’année en cours, qui restent selon lui insuffisants. L’objectif étant de parvenir à réaliser quatre points essentiels, à savoir la  maîtrise du taux d’inflation, et la réduction du déficit budgétaire à 3% vers l’an 2020 ainsi que la stabilisation du taux d’endettement qui ne doit pas aller au-delà des 70% en 2020.

Il est, également, question de maîtriser la masse salariale de façon à ne pas dépasser les 12,5% tout en veillant à faire augmenter le taux de croissance pour atteindre les 5% à l’horizon de 2020. Même s’il estime que ces objectifs fixés feront l’objet de nombreuses critiques par les observateurs, le chef du gouvernement fait remarquer que cela reste du domaine du possible et que c’est tout à fait réalisable, si on s’astreint à respecter scrupuleusement la feuille de route établie, sans oublier qu’il faut consentir un nombre de sacrifices nécessaires à leur concrétisation.

 

Il n’en demeure pas moins que l’annonce la plus remarquable du chef du gouvernement reste celle de la création du titre 3 dans le budget de l’Etat. « Depuis l’indépendance, la Tunisie s’est basée sur la consolidation du développement à travers l’investissement public financé par le budget de l’Etat, connu par « le titre 2 ». Aujourd’hui, ceci n’est plus suffisant, il faut une approche plus large permettant de fournir des investissements plus importants durant les trois prochaines années. On parle souvent du « passif de l’Etat », or la Tunisie est puissante et possède un actif mal exploité », a-t-il indiqué.

Et d’ajouter que « dans le cadre de notre nouvelle vision du modèle de développement, nous mettrons des moyens au profit de la création de la richesse et des postes d’emploi tout en préservant les droits des générations futures ».

M. Chahed a indiqué, par ailleurs, que le gouvernement est parvenu à identifier des investissements d’une valeur globale de 5200 MDT qui peuvent être réalisés durant les trois prochaines années, sous forme de projets de partenariat entre le secteur public et privé (PPP). Ceci permettra, sans aucun doute de marquer des points de croissance supplémentaires, susceptibles de renforcer les indicateurs positifs enregistrés depuis le début de l’année en cours.

 

Comme à l’accoutumé, la séance plénière s’est poursuivie par l’intervention d’une centaine de députés. Des interventions virulentes pour certaines et flatteuses pour d’autres. Aucune surprise enregistrée à ce niveau, puisque les jeux étaient considérés, par les observateurs, comme étant déjà faits, et les accords ont été effectués depuis l’annonce du remaniement.

Les partis Nidaa Tounes, Ennahdha, Afek, Machroû Tounes sont acquis à la cause du nouveau gouvernement et ils voteront pour le gouvernement tandis que le Front populaire et Attayar démocratique ne le feront pas. Et ils l’ont déjà crié haut et fort.

 

Toutefois, plusieurs députés ont relevé la problématique qui se pose à la suite de la désignation du député de Nidaa Tounes, élu de la circonscription d’Allemagne, Hatem Ferjani, au sein de la nouvelle équipe, puisque son remplacement nécessitera la tenue d’élections législatives partielles. Une tâche fastidieuse et coûteuse qui aurait pu être évitée, sans parler des bruits qui courent à propos de son remplacement par le directeur exécutif de Nidaa Tounes, Hafedh Caïd Essebsi.

D’autres députés de l’opposition, dont notamment Samia Abbou et Ammar Amroussia, ont critiqué la présence de figures de l’ancien régime dans la nouvelle composition de l’équipe gouvernementale, soulignant qu’ils ne pourront jamais consolider la politique de lutte contre la corruption puisqu’ils sont issus d’un système corrompu à la base.

 

En tout état de cause, le gouvernement de Chahed II devrait passer sans trop de difficultés. Et qu’il soit un gouvernement de guerre ou un gouvernement de la dernière chance, la nouvelle équipe aura du pain sur la planche. Les défis qui s’annoncent sont d’une grande complexité et l’enjeu est de taille vu la délicatesse de la période à venir où il est indispensable de réussir la transition économique.

 

 

 

Sarra HLAOUI

Commentaires (3) Commenter
Les Nouveaux trabelsi...sont pire ...
veritas
| 12-09-2017 15:37
https://africanmanager.com/17_tunisie-intissar-kheriji-cree-lojlt-que-fait-la-reste-de-la-dynastie-ghannouchi-et-qui-sont-ils/
Alarma !
El Chapo
| 12-09-2017 13:01
Réussir la transition économique en terminant par vendre les dits 'passifs de l'état' en application des recommandations du FMI: c'est comme si un huissier notaire venait à vendre aux enchères publiques et au plus offrant le 'passif' d'un insolvable débiteur , voilà ce qu'est en résumé le fumeux PPP tant maquillé sous les couverts d'une nouvelle stratégie de développement et d'un nouveau Titre 3 du budget de l'état
Erreur : il s'agit de Saida Lounissi et non de Sarra Rjeb
takilas
| 12-09-2017 08:22
L'une nomination caricaturale de nahdha qui restera gravée dans la liste des agissements de banditisme et de sous développement de la *** de nahdha.
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