Ils multiplient les erreurs, ils paniquent, ils s'enfoncent !

Businessnews.com.tn | publié le 02/12/2012 17:30
Par Nizar BAHLOUL

Du jamais vu ! Même l'appareil répressif de Ben Ali n'a pas osé utiliser de la chevrotine pour affronter les foules.
Ali Laârayedh, qui porte la totale responsabilité des bourdes de sa police, a réussi en quelques mois, à faire pire que Ben Ali. Il montre encore une fois qu'il n'est pas à sa place.
Qu'il ne soit pas l'homme de la situation, ça, on le sait depuis le 9 avril. Le monde entier le sait depuis le 14 septembre. Et, finalement, ce qui s'est passé cette semaine à Siliana n'en est qu'une preuve supplémentaire. Une preuve qui ne sert à rien, puisque le ministre de l’Intérieur semble de plus en plus dépassé.
Sa famille politique continue à le soutenir et à lui chercher les circonstances atténuantes. À lui trouver des boucs émissaires, quitte à tomber dans le ridicule le plus risible.
Il paraît que c'est Kamel Letaief qui serait derrière ce qui s'est passé à Siliana, selon Samia Abbou. Le secrétaire général du CPR, qui lui sert de mari, parle de 70 dinars donnés aux manifestants pour se faire crever les yeux par les éclats de chevrotine. Pardon, un seul œil, selon Samir Dilou. Et il paraît aussi que les pierres, avec lesquelles les manifestants ont frappé la police, étaient importées.

"Du jamais vu. En 25 ans de carrière, et Dieu sait si j'en ai vu des cas et des injustices, je n'ai jamais vu cela !" Ces propos sont ceux d'un juge qui a réagi, en aparté, à la non-libération de Sami Fehri, mercredi dernier. Le producteur, star de la télé, devait quitter la prison, sur la base d'une décision de la Cour de cassation annoncée vers 16 heures. Mais voilà qu'une autre décision tombe à 23 heures pour casser une décision de la Cour de cassation. À titre d'information, pour ôter le moindre doute aux lecteurs, je rappelle que la Cour de cassation est la plus haute juridiction du pays.
Ainsi, sous Noureddine Bhiri, ministre de la Justice, on a réussi l'exploit de casser, en quelques heures, tard dans la soirée de surcroit, la décision de la plus haute juridiction du pays ! En voilà un autre qui « mérite » bien sa place !
Cette ingérence, dénoncée avec courage par l'Association des magistrats tunisiens (AMT), met à nu Noureddine Bhiri qui ne cesse de jurer ses grands dieux qu'il ne s'est jamais ingéré dans le travail judiciaire. Il n'a de cesse de crier sur tous les toits qu'il n'a jamais appelé un magistrat pour lui ordonner quoi que ce soit. Allez trouver une explication à ces turpitudes ministérielles…
C'est peut-être Kamel Letaief qui les a appelés pour maintenir Sami Fehri en prison... Peut-être, qui sait ? Le fait est là, et je me base sur le communiqué de l'AMT, il y a bel et bien instrumentalisation de la justice dans l'affaire de Sami Fehri.
Sami Fehri n'est pas le seul à subir cette instrumentalisation. Abdelwahab Abdallah la subit également dans ce même dossier. Il est en prison depuis 21 mois, alors que la période maximale de détention est de 14 mois, selon la loi en vigueur en Tunisie. Un pays censé être respectueux des lois et qui vient de « signer » une convention avec l’Union européenne.
Il y a également Mohamed Ghariani, Abdelaziz Ben Dhia, Mongi Safra, et plusieurs autres qui ont dépassé la période légale de détention sans que leur procès ne se tienne.
S'il n'y avait pas une instrumentalisation de la justice, seraient-ils encore sous les barreaux ? Je me limite à la question, la réponse est connue de toute façon…

Avec ce manque de respect des lois, avec cette instrumentalisation de la justice et avec cette réaction de la police, parfois disproportionnée, parfois totalement absente, il est normal que certains se sentent impunis et au-dessus de tous. C’était le cas ce samedi 1er décembre, dans la nuit, pour ces milices qui ont attaqué le domicile « du méchant gourou » Kamel Letaief.
Le lobbyiste est dénigré quotidiennement, ces derniers jours, par les médias, les réseaux sociaux, les députés et les hommes politiques. Mais puisqu’il est « si dangereux », pourquoi ne l’arrête-t-on pas ? Pourquoi on ne lui sort pas ses dossiers et les preuves qui vont avec pour le mettre hors d’état de nuire ? Pourquoi a-t-on peur de lui ?
Partant du principe que tout citoyen est innocent jusqu’à preuve du contraire, Kamel Letaief devient, non seulement, blanc comme neige, mais le pouvoir a réussi le coup de magie de le positionner en sympathique victime.
La vérité est que le lobbyiste est un adversaire politique (redoutable si on en croit l’image que donne de lui la troïka) devant qui on oppose désormais des milices (composées d’anciens délinquants), des administrateurs Facebook (qui réagissent comme des robots) et quelques députés mal dans leur peau.

Qu’ils soient de simples citoyens en colère, qu’ils s’appellent Kamel Letaief, Sami Fehri ou Abdelwahab Abdallah, le pouvoir s’oppose, d’une drôle de manière, à ses adversaires. Les gouvernants ont le pouvoir et ils ont peur ! Et cette peur les pousse à multiplier les erreurs, les unes après les autres. Ils sont en train de s’enfoncer et leur façon de réagir, rien que pour les événements cités ci-dessus, est une preuve qu’ils paniquent totalement !
Ce pouvoir n’a-t-il pas une autre solution pour s’opposer à ses adversaires et à ceux qui le dérangent ? Une manière démocratique et légale par exemple ?
Le ministère de l'Intérieur s'enfonce dans l'illégalité, le ministère de la Justice s'enfonce dans l'illégalité, le chef du gouvernement s'enfonce dans la médiocrité, le ministre des Affaires étrangères s'enfonce dans son inculture. Il s'agit là des ministères de souveraineté et, par eux, vient le salut du pays. Ah oui, j'oubliais, il y a aussi le président de la République. Mais celui-ci est concentré sur ses calculs politiques électoralistes moyen-termistes et ses piques contre ses "amis" du gouvernement. Et puis, de toute façon, il vaut mieux qu'il ne s'occupe pas du pays, sinon la situation risquerait d'empirer davantage.
Que la troïka s’enfonce, on pourrait (à la limite) s’en moquer. Le problème est que le pays s’enfonce avec elle. Et on se doit, tous, de sauver ce pays.
Pour cela, l’opposition a un rôle à jouer et elle est loin, très loin, de jouer ce rôle. Pour limiter la casse, et en attendant que l’opposition se mette debout, il faudrait que les différents appareils du pouvoir cessent d’appliquer aveuglément les ordres illégaux des ministres incompétents. Il ne s’agit pas d’un appel à la désobéissance, il s’agit d’un appel à désobéir aux ordres illégaux ou teintés, à la va-vite, d’une légalité de façade.
Si la situation empire et la Tunisie s’enfonce, nos gouvernants retourneront (ou iront) à l’étranger.
Mais les magistrats, les forces de l’ordre, l’armée ou les médias complices resteront, eux, ici dans le pays et auront à rendre des comptes et à gérer la crise d’après. Un air de déjà vu ? Exactement ! Qu’ils ne se rendent pas complices alors !

N.B : Pensée à Sami Fehri, Nabil Chettaoui, les Salafistes et beaucoup d’autres, sous les verrous depuis des mois, en attente de leurs procès...

Ils multiplient les erreurs, ils paniquent, ils s'enfoncent !

publié le 02/12/2012 17:30
Par Nizar BAHLOUL

Du jamais vu ! Même l'appareil répressif de Ben Ali n'a pas osé utiliser de la chevrotine pour affronter les foules.
Ali Laârayedh, qui porte la totale responsabilité des bourdes de sa police, a réussi en quelques mois, à faire pire que Ben Ali. Il montre encore une fois qu'il n'est pas à sa place.
Qu'il ne soit pas l'homme de la situation, ça, on le sait depuis le 9 avril. Le monde entier le sait depuis le 14 septembre. Et, finalement, ce qui s'est passé cette semaine à Siliana n'en est qu'une preuve supplémentaire. Une preuve qui ne sert à rien, puisque le ministre de l’Intérieur semble de plus en plus dépassé.
Sa famille politique continue à le soutenir et à lui chercher les circonstances atténuantes. À lui trouver des boucs émissaires, quitte à tomber dans le ridicule le plus risible.
Il paraît que c'est Kamel Letaief qui serait derrière ce qui s'est passé à Siliana, selon Samia Abbou. Le secrétaire général du CPR, qui lui sert de mari, parle de 70 dinars donnés aux manifestants pour se faire crever les yeux par les éclats de chevrotine. Pardon, un seul œil, selon Samir Dilou. Et il paraît aussi que les pierres, avec lesquelles les manifestants ont frappé la police, étaient importées.

"Du jamais vu. En 25 ans de carrière, et Dieu sait si j'en ai vu des cas et des injustices, je n'ai jamais vu cela !" Ces propos sont ceux d'un juge qui a réagi, en aparté, à la non-libération de Sami Fehri, mercredi dernier. Le producteur, star de la télé, devait quitter la prison, sur la base d'une décision de la Cour de cassation annoncée vers 16 heures. Mais voilà qu'une autre décision tombe à 23 heures pour casser une décision de la Cour de cassation. À titre d'information, pour ôter le moindre doute aux lecteurs, je rappelle que la Cour de cassation est la plus haute juridiction du pays.
Ainsi, sous Noureddine Bhiri, ministre de la Justice, on a réussi l'exploit de casser, en quelques heures, tard dans la soirée de surcroit, la décision de la plus haute juridiction du pays ! En voilà un autre qui « mérite » bien sa place !
Cette ingérence, dénoncée avec courage par l'Association des magistrats tunisiens (AMT), met à nu Noureddine Bhiri qui ne cesse de jurer ses grands dieux qu'il ne s'est jamais ingéré dans le travail judiciaire. Il n'a de cesse de crier sur tous les toits qu'il n'a jamais appelé un magistrat pour lui ordonner quoi que ce soit. Allez trouver une explication à ces turpitudes ministérielles…
C'est peut-être Kamel Letaief qui les a appelés pour maintenir Sami Fehri en prison... Peut-être, qui sait ? Le fait est là, et je me base sur le communiqué de l'AMT, il y a bel et bien instrumentalisation de la justice dans l'affaire de Sami Fehri.
Sami Fehri n'est pas le seul à subir cette instrumentalisation. Abdelwahab Abdallah la subit également dans ce même dossier. Il est en prison depuis 21 mois, alors que la période maximale de détention est de 14 mois, selon la loi en vigueur en Tunisie. Un pays censé être respectueux des lois et qui vient de « signer » une convention avec l’Union européenne.
Il y a également Mohamed Ghariani, Abdelaziz Ben Dhia, Mongi Safra, et plusieurs autres qui ont dépassé la période légale de détention sans que leur procès ne se tienne.
S'il n'y avait pas une instrumentalisation de la justice, seraient-ils encore sous les barreaux ? Je me limite à la question, la réponse est connue de toute façon…

Avec ce manque de respect des lois, avec cette instrumentalisation de la justice et avec cette réaction de la police, parfois disproportionnée, parfois totalement absente, il est normal que certains se sentent impunis et au-dessus de tous. C’était le cas ce samedi 1er décembre, dans la nuit, pour ces milices qui ont attaqué le domicile « du méchant gourou » Kamel Letaief.
Le lobbyiste est dénigré quotidiennement, ces derniers jours, par les médias, les réseaux sociaux, les députés et les hommes politiques. Mais puisqu’il est « si dangereux », pourquoi ne l’arrête-t-on pas ? Pourquoi on ne lui sort pas ses dossiers et les preuves qui vont avec pour le mettre hors d’état de nuire ? Pourquoi a-t-on peur de lui ?
Partant du principe que tout citoyen est innocent jusqu’à preuve du contraire, Kamel Letaief devient, non seulement, blanc comme neige, mais le pouvoir a réussi le coup de magie de le positionner en sympathique victime.
La vérité est que le lobbyiste est un adversaire politique (redoutable si on en croit l’image que donne de lui la troïka) devant qui on oppose désormais des milices (composées d’anciens délinquants), des administrateurs Facebook (qui réagissent comme des robots) et quelques députés mal dans leur peau.

Qu’ils soient de simples citoyens en colère, qu’ils s’appellent Kamel Letaief, Sami Fehri ou Abdelwahab Abdallah, le pouvoir s’oppose, d’une drôle de manière, à ses adversaires. Les gouvernants ont le pouvoir et ils ont peur ! Et cette peur les pousse à multiplier les erreurs, les unes après les autres. Ils sont en train de s’enfoncer et leur façon de réagir, rien que pour les événements cités ci-dessus, est une preuve qu’ils paniquent totalement !
Ce pouvoir n’a-t-il pas une autre solution pour s’opposer à ses adversaires et à ceux qui le dérangent ? Une manière démocratique et légale par exemple ?
Le ministère de l'Intérieur s'enfonce dans l'illégalité, le ministère de la Justice s'enfonce dans l'illégalité, le chef du gouvernement s'enfonce dans la médiocrité, le ministre des Affaires étrangères s'enfonce dans son inculture. Il s'agit là des ministères de souveraineté et, par eux, vient le salut du pays. Ah oui, j'oubliais, il y a aussi le président de la République. Mais celui-ci est concentré sur ses calculs politiques électoralistes moyen-termistes et ses piques contre ses "amis" du gouvernement. Et puis, de toute façon, il vaut mieux qu'il ne s'occupe pas du pays, sinon la situation risquerait d'empirer davantage.
Que la troïka s’enfonce, on pourrait (à la limite) s’en moquer. Le problème est que le pays s’enfonce avec elle. Et on se doit, tous, de sauver ce pays.
Pour cela, l’opposition a un rôle à jouer et elle est loin, très loin, de jouer ce rôle. Pour limiter la casse, et en attendant que l’opposition se mette debout, il faudrait que les différents appareils du pouvoir cessent d’appliquer aveuglément les ordres illégaux des ministres incompétents. Il ne s’agit pas d’un appel à la désobéissance, il s’agit d’un appel à désobéir aux ordres illégaux ou teintés, à la va-vite, d’une légalité de façade.
Si la situation empire et la Tunisie s’enfonce, nos gouvernants retourneront (ou iront) à l’étranger.
Mais les magistrats, les forces de l’ordre, l’armée ou les médias complices resteront, eux, ici dans le pays et auront à rendre des comptes et à gérer la crise d’après. Un air de déjà vu ? Exactement ! Qu’ils ne se rendent pas complices alors !

N.B : Pensée à Sami Fehri, Nabil Chettaoui, les Salafistes et beaucoup d’autres, sous les verrous depuis des mois, en attente de leurs procès...
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