Le livre noir de Marzouki : nul, mesquin et improductif

Businessnews.com.tn | publié le 01/12/2013 20:48
Par Sofiene Ben Hamida


Par la publication du livre noir sur la presse sous l’ancien régime, le président provisoire Moncef Marzouki confirme, une fois encore, qu’il est incapable d’avoir l’ossature d’un président de la République.
Au lieu de se concentrer sur les perspectives de sorties de la crise politique qui bloque le pays, il n’a pas trouvé mieux pour gaspiller son temps et l’argent du contribuable que de faire un travail d’archiviste maladroit et incompétent tant ce livre est mal pensé et affreusement réalisé.

Sur un plan strictement méthodologique, l’index des personnes citées comme étant impliquées dans le système médiatique de l’ancien régime est un index fourre-tout qui associe les journalistes aux avocats, aux hommes d’affaires et aux chefs des entreprises médiatiques sans aucun souci de distinction.
Cet amalgame est voulu car Marzouki et ses collabos sont à mille lieues de rechercher la vérité. Au contraire, ils se murent dans une logique de règlement de comptes, portés par une haine incommensurable des médias et des journalistes tunisiens qui n’ont fait que leur devoir, en alertant l’opinion sur les comportements d’une présidence impotente et sans prérogatives.

La publication des archives de la présidence n’est pas un problème en soi, les Tunisiens ont besoin de connaître ce qui s’est passé durant un pan important de leur histoire. La publication des archives de l’Etat est donc une revendication populaire et une exigence de notre révolution. Elle répond à un besoin de transparence. Malheureusement pour Marzouki et ses sbires, leur ouvrage de couleur met une couche supplémentaire d’opacité. Il aurait fallu que la présidence de la République, si elle était réellement soucieuse de la vérité et de la transparence, remette les documents dont elle dispose aux magistrats, au ministère de la Justice transitionnelle, aux structures de la profession ou encore, comme l’a suggéré l’ancien conseiller en communication de Marzouki, à une commission indépendante ad hoc.
Au lieu de cela, ces documents ont été confiés à des personnes peu crédibles, sectaires et manipulatrices de l’entourage du président provisoire. Le livre en entier porte les stigmates de ces carences méthodologiques et éthiques et c’est pour cela qu’il est nul, mesquin et improductif.

Ce que les collabos de Marzouki oublient ou feignent d’oublier, c’est que chaque régime politique s’accorde les services d’une frange d’intellectuels qui acceptent de vendre leurs âmes au diable pour certains ou qui sont embobinés par un discours politique qui répond à leurs attentes sans que ce discours ne soit réellement valide dans les faits, pour d’autres. On les appelle aujourd’hui les Azlem. Même si le président est provisoire, ses collabos risquent de devenir les Azlem de demain, un qualificatif qui les pourchassera d’une manière définitive et indélébile.

Par ce pamphlet donc, le président provisoire cherche à assouvir sa haine contre des médias qui rechignent à lui accorder un crédit lamentablement dilapidé, une aura incertaine et une compétence improbable. Il engage aussi une campagne électorale prématurée dans un esprit populiste caractéristique aux frais des contribuables. Aux naïfs et à ceux qui sont mal informés, il veut faire croire encore qu’il reste le champion de la transparence, mais les casseroles que lui et son parti trainent désormais risquent de faire trop de bruit et rendent ce livre noir un simple coup dans l’eau.

Les seules dividendes que la présidence pourrait tirer de ce pamphlet est le message double en direction d’Ennahdha. D’une part, ce livre crée un nouvel écran de fumée qui dévie l’intérêt du blocage politique dans le pays, blocage dont la Troïka, et Ennahdha plus précisément, est largement responsable. C’est un service que rend donc le président provisoire au grand frère musulman. Service intéressé, mais service quand même.

D’autre part, ce livre envoie un message clair aux alliés de la présidence qui annonce qu’elle détient des archives, pas seulement concernant les médias, et qu’elle est capable de les publier. En clair, une mise en garde contre toute tentative d’accord politique sur le dos du président provisoire et de son parti.

Le livre noir de Marzouki : nul, mesquin et improductif

publié le 01/12/2013 20:48
Par Sofiene Ben Hamida


Par la publication du livre noir sur la presse sous l’ancien régime, le président provisoire Moncef Marzouki confirme, une fois encore, qu’il est incapable d’avoir l’ossature d’un président de la République.
Au lieu de se concentrer sur les perspectives de sorties de la crise politique qui bloque le pays, il n’a pas trouvé mieux pour gaspiller son temps et l’argent du contribuable que de faire un travail d’archiviste maladroit et incompétent tant ce livre est mal pensé et affreusement réalisé.

Sur un plan strictement méthodologique, l’index des personnes citées comme étant impliquées dans le système médiatique de l’ancien régime est un index fourre-tout qui associe les journalistes aux avocats, aux hommes d’affaires et aux chefs des entreprises médiatiques sans aucun souci de distinction.
Cet amalgame est voulu car Marzouki et ses collabos sont à mille lieues de rechercher la vérité. Au contraire, ils se murent dans une logique de règlement de comptes, portés par une haine incommensurable des médias et des journalistes tunisiens qui n’ont fait que leur devoir, en alertant l’opinion sur les comportements d’une présidence impotente et sans prérogatives.

La publication des archives de la présidence n’est pas un problème en soi, les Tunisiens ont besoin de connaître ce qui s’est passé durant un pan important de leur histoire. La publication des archives de l’Etat est donc une revendication populaire et une exigence de notre révolution. Elle répond à un besoin de transparence. Malheureusement pour Marzouki et ses sbires, leur ouvrage de couleur met une couche supplémentaire d’opacité. Il aurait fallu que la présidence de la République, si elle était réellement soucieuse de la vérité et de la transparence, remette les documents dont elle dispose aux magistrats, au ministère de la Justice transitionnelle, aux structures de la profession ou encore, comme l’a suggéré l’ancien conseiller en communication de Marzouki, à une commission indépendante ad hoc.
Au lieu de cela, ces documents ont été confiés à des personnes peu crédibles, sectaires et manipulatrices de l’entourage du président provisoire. Le livre en entier porte les stigmates de ces carences méthodologiques et éthiques et c’est pour cela qu’il est nul, mesquin et improductif.

Ce que les collabos de Marzouki oublient ou feignent d’oublier, c’est que chaque régime politique s’accorde les services d’une frange d’intellectuels qui acceptent de vendre leurs âmes au diable pour certains ou qui sont embobinés par un discours politique qui répond à leurs attentes sans que ce discours ne soit réellement valide dans les faits, pour d’autres. On les appelle aujourd’hui les Azlem. Même si le président est provisoire, ses collabos risquent de devenir les Azlem de demain, un qualificatif qui les pourchassera d’une manière définitive et indélébile.

Par ce pamphlet donc, le président provisoire cherche à assouvir sa haine contre des médias qui rechignent à lui accorder un crédit lamentablement dilapidé, une aura incertaine et une compétence improbable. Il engage aussi une campagne électorale prématurée dans un esprit populiste caractéristique aux frais des contribuables. Aux naïfs et à ceux qui sont mal informés, il veut faire croire encore qu’il reste le champion de la transparence, mais les casseroles que lui et son parti trainent désormais risquent de faire trop de bruit et rendent ce livre noir un simple coup dans l’eau.

Les seules dividendes que la présidence pourrait tirer de ce pamphlet est le message double en direction d’Ennahdha. D’une part, ce livre crée un nouvel écran de fumée qui dévie l’intérêt du blocage politique dans le pays, blocage dont la Troïka, et Ennahdha plus précisément, est largement responsable. C’est un service que rend donc le président provisoire au grand frère musulman. Service intéressé, mais service quand même.

D’autre part, ce livre envoie un message clair aux alliés de la présidence qui annonce qu’elle détient des archives, pas seulement concernant les médias, et qu’elle est capable de les publier. En clair, une mise en garde contre toute tentative d’accord politique sur le dos du président provisoire et de son parti.


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