Désormais, consommer des légumes devient un luxe !

Businessnews.com.tn | publié le 10/10/2017 19:59

« Pour sa santé, il faut manger au moins cinq et fruits et légumes par jour », recommandent souvent les nutritionnistes. Avec la hausse fulgurante des prix, constatée ces derniers jours dans les rayons frais et légumes, cette bonne habitude risque de devenir un peu compliquée pour une large frange de la population. Retour sur les causes de cette augmentation vertigineuse des prix de ces produits basiques…

 

Les prix des légumes ont fortement augmenté ces derniers jours. Il s’agit d’un constat général qui inquiète les consommateurs à la bourse faible et même moyenne. Surtout si l’on sait que les produits alimentaires frais font partie des 30% des dépenses du Tunisien, d’après le dernier baromètre politique et économique établi par Sigma Conseil.

Ainsi cette hausse des prix impacte directement le pouvoir d’achat du citoyen. Cette dégradation considérable du niveau de vie, entraîne, inéluctablement et logiquement, une sorte de frustration chez le Tunisien et contribue à l’ancrage d’un sentiment de lassitude et de manque de confiance en l’Etat et ses institutions.

 

La question qui se pose alors est de savoir quelles sont les causes de cette hausse des prix dont personne ne prévoyait l’ampleur, il y a à peine six ans ? Une interrogation tout à fait légitime, à laquelle le président directeur général de la société tunisienne des marchés de gros de Bir el Kassâa, Fathi Fadhli, a tenté d’y apporter quelques éléments de réponses.

Il est bon de préciser que l’augmentation des prix a, essentiellement, touché les pommes de terre et les tomates. Deux produits phares du panier ordinaire du consommateur. Ceci a été justifié, selon M. Fadhli, par la diminution des espaces de production, due principalement à la sécheresse et au manque d’eau au cours de cette dernière année.

 « Concernant les tomates, une grande partie de la production, se trouvant principalement à Kasserine, a été endommagée lors des dernières pluies accompagnées par de la grêle. Un phénomène préjudiciable et fort nuisible pour ce produit frais ! Pour ce qui est des pommes de terre, tout  le monde sait qu’elles sont conservées en stock. Et malgré cela, les autorités de tutelle envisagent l’importation d’une partie de notre consommation à partir de la Libye voisine, à des prix inférieurs aux nôtres », affirme en substance le même responsable.

 Cependant, outre les causes objectives il est, également, question de raisons subjectives, notamment, l’existence de circuits parallèles qui exportent ce produit d’une manière illicite. Ces activités entraînent, à n’en point douter, l’augmentation faramineuse des prix. « Il faut les intégrer dans le circuit légal et augmenter l’offre sur le marché » a-t-il proposé.

 

Pour sa part, le directeur général de l'Institut National de la Consommation (INC), Tarek Ben Jazia, a estimé que « les chiffres confirment une augmentation anormale des prix. Une augmentation étroitement liée à une accumulation et une association de plusieurs facteurs structurels et spécifiques à la période » a-t-il dit. Il ajoute que « les facteurs structurels sont liés à la production agricole qui ne couvre pas la demande. Aussi la consommation de légumes par personne a nettement augmenté alors que l’offre n’a pas suivi comme il se doit. Il y a lieu de souligner que depuis les années 2000, la consommation de légumes par personne est passée de 67Kg à 80Kg par an. De même que pour les fruits dans le sens où elle est passée de 50 à 70 Kg. En ces mêmes moments, et outre la rareté des eaux, les espaces dédiés à la production de légumes sont en diminution ».

Pour ce qui est du marché du gros, M. Ben Jazia a expliqué qu’il revient moins cher pour les producteurs de vendre directement leur produits à partir du lieu de production que de rajouter 2 ou 3% entre transport et accès au marché.

 

La situation étant ce qu'elle est, les observateurs estiment que les autorités concernées sont appelées à intervenir énergiquement pour réguler le marché et sanctionner sévèrement les spéculateurs qui ont pris l’habitude de profiter des malheurs de leurs concitoyens pour s’enrichir illicitement

En intervenant par des importations contrôlées et par une maîtrise des circuits de distribution, l’Etat est en mesure d’obtenir des résultats satisfaisants au grand bonheur des honnêtes gens et des « pauvres » consommateurs, devenus les éternelles victimes des prédateurs du marché où la loi de la jungle est difficile à endiguer.

 

 

 

Désormais, consommer des légumes devient un luxe !

publié le 10/10/2017 19:59

« Pour sa santé, il faut manger au moins cinq et fruits et légumes par jour », recommandent souvent les nutritionnistes. Avec la hausse fulgurante des prix, constatée ces derniers jours dans les rayons frais et légumes, cette bonne habitude risque de devenir un peu compliquée pour une large frange de la population. Retour sur les causes de cette augmentation vertigineuse des prix de ces produits basiques…

 

Les prix des légumes ont fortement augmenté ces derniers jours. Il s’agit d’un constat général qui inquiète les consommateurs à la bourse faible et même moyenne. Surtout si l’on sait que les produits alimentaires frais font partie des 30% des dépenses du Tunisien, d’après le dernier baromètre politique et économique établi par Sigma Conseil.

Ainsi cette hausse des prix impacte directement le pouvoir d’achat du citoyen. Cette dégradation considérable du niveau de vie, entraîne, inéluctablement et logiquement, une sorte de frustration chez le Tunisien et contribue à l’ancrage d’un sentiment de lassitude et de manque de confiance en l’Etat et ses institutions.

 

La question qui se pose alors est de savoir quelles sont les causes de cette hausse des prix dont personne ne prévoyait l’ampleur, il y a à peine six ans ? Une interrogation tout à fait légitime, à laquelle le président directeur général de la société tunisienne des marchés de gros de Bir el Kassâa, Fathi Fadhli, a tenté d’y apporter quelques éléments de réponses.

Il est bon de préciser que l’augmentation des prix a, essentiellement, touché les pommes de terre et les tomates. Deux produits phares du panier ordinaire du consommateur. Ceci a été justifié, selon M. Fadhli, par la diminution des espaces de production, due principalement à la sécheresse et au manque d’eau au cours de cette dernière année.

 « Concernant les tomates, une grande partie de la production, se trouvant principalement à Kasserine, a été endommagée lors des dernières pluies accompagnées par de la grêle. Un phénomène préjudiciable et fort nuisible pour ce produit frais ! Pour ce qui est des pommes de terre, tout  le monde sait qu’elles sont conservées en stock. Et malgré cela, les autorités de tutelle envisagent l’importation d’une partie de notre consommation à partir de la Libye voisine, à des prix inférieurs aux nôtres », affirme en substance le même responsable.

 Cependant, outre les causes objectives il est, également, question de raisons subjectives, notamment, l’existence de circuits parallèles qui exportent ce produit d’une manière illicite. Ces activités entraînent, à n’en point douter, l’augmentation faramineuse des prix. « Il faut les intégrer dans le circuit légal et augmenter l’offre sur le marché » a-t-il proposé.

 

Pour sa part, le directeur général de l'Institut National de la Consommation (INC), Tarek Ben Jazia, a estimé que « les chiffres confirment une augmentation anormale des prix. Une augmentation étroitement liée à une accumulation et une association de plusieurs facteurs structurels et spécifiques à la période » a-t-il dit. Il ajoute que « les facteurs structurels sont liés à la production agricole qui ne couvre pas la demande. Aussi la consommation de légumes par personne a nettement augmenté alors que l’offre n’a pas suivi comme il se doit. Il y a lieu de souligner que depuis les années 2000, la consommation de légumes par personne est passée de 67Kg à 80Kg par an. De même que pour les fruits dans le sens où elle est passée de 50 à 70 Kg. En ces mêmes moments, et outre la rareté des eaux, les espaces dédiés à la production de légumes sont en diminution ».

Pour ce qui est du marché du gros, M. Ben Jazia a expliqué qu’il revient moins cher pour les producteurs de vendre directement leur produits à partir du lieu de production que de rajouter 2 ou 3% entre transport et accès au marché.

 

La situation étant ce qu'elle est, les observateurs estiment que les autorités concernées sont appelées à intervenir énergiquement pour réguler le marché et sanctionner sévèrement les spéculateurs qui ont pris l’habitude de profiter des malheurs de leurs concitoyens pour s’enrichir illicitement

En intervenant par des importations contrôlées et par une maîtrise des circuits de distribution, l’Etat est en mesure d’obtenir des résultats satisfaisants au grand bonheur des honnêtes gens et des « pauvres » consommateurs, devenus les éternelles victimes des prédateurs du marché où la loi de la jungle est difficile à endiguer.

 

 

 

Sarra HLAOUI
Commentaires (41) Commenter
Jamel...
Gg
| 16-10-2017 19:48
Une pomme est bonne quand il y a un douda dedans.
C'est vrai, n'est ce pas?
Bonne soirée!
@ Jamel
Gg
| 16-10-2017 10:10
"Le manque d'eau se laisse résoudre par l'introduction des cultures hydroponiques et aquaponiques ==> Il est temps de généraliser la production et la vente des engrais liquides made in Tunisia à des prix dérisoires..."

Et vous vous retrouvez avec des engrais, des pesticides, des insecticides et des fongicides partout! On en creve, le docteur que vous êtes le sait bien.
Par contre, on peut initier à l'arrosage par goutte à goutte, au paillage etc... qui permettent d'économiser jusqu'à 80% d'eau (qui s'evaporent).
On peut produire bio, ou au moins "raisonné". De plus en plus de producteurs européens abandonnent l'agriculture forcée font vous parlez, qui en plus produit des fruits et légumes sans goût.
Évitez les erreurs que les autres ont commises!
@Dr. Jamel TAZARKI
zohra
| 13-10-2017 13:15
Bonjour Cher Jamel,

Merci beaucoup pour ce conseil utile, mais j'ai gardé une veille habitude étant fille d'agriculteur, je ne consomme que les fruits et les légumes de saisons. Les saisons étant faussés, les gens sont perdus mais pas moi hamdoullah. Je ne mange que ce je trouve ou ce que je peux acheter avec mon porte monnaie. Si je ne peux pas acheter des tomates je ne vais pas faire une maladie.

Amitiés
Très Chère Zohra,
Dr. Jamel TAZARKI
| 13-10-2017 12:43
un lien afin de faire une Confiture de tomates:

https://www.youtube.com/watch?v=ZIWYpzq_ac0

J'utilise la même méthode/recette afin de conserver les tomates. A la place du sucre je prends plutôt une cuillère de vinaigre et une pincée de sel. Sur 3Kg de tomates, je rajoute 1 Kg de piments frais rouges. Il faut faire vraiment bouillir le tout comme c'est décrit/montré sur la vidéo.

Je conserve les tomates quand elles sont à 0.5 euro et j'utilise mes conserves l'hiver quand elles sont à 3 euros. Ça prend du temps mais ça fait aussi plaisir de bricoler ses propres conserves!
@Dr Jamel
Zohra
| 12-10-2017 22:08
Bonsoir,

Merci beaucoup pour votre réponse et votre gentillesse, mais un reste est un point de vue mathématique et non pas économique. Mais j'accepte.

Par contre, je reste sur ma position, pour dire que nos problèmes de la hausse des prix sa cause première est l'inflation.


Excellente soirée

Très Chère Zohra,
Dr. Jamel TAZARKI
| 12-10-2017 21:07
D'un point de vue mathématique, il y a un équilibre entre l'offre et la demande en Tunisie et cet équilibre est indispensable pour le bon fonctionnement de notre vie socio-économique! Oui, d'un point de vue mathématique tout va bien en Tunisie, si on ne fausse pas cet équilibre par des interventions absurdes comme celle de la vente directe entre agriculteur/paysan et le consommateur!

Si l'offre dépasse la demande, les prix rentrent dans une phase de dévaluation. Par contre lorsque des pénuries se font jour, les prix augmentent, obligeant les consommateurs à diminuer leur consommation de biens et incitent de nouveaux producteurs d'investir afin d'augmenter leur aptitude de production, jusqu'au prochain cycle.

Le manque d'eau se laisse résoudre par l'introduction des cultures hydroponiques et aquaponiques ==> Il est temps de généraliser la production et la vente des engrais liquides made in Tunisia à des prix dérisoires et d'organiser des émissions de télévision afin d'initier les Tunisiens aux cultures hydroponiques et aquaponiques!

La question est comment assurer l'autosuffisance et la stabilité des prix dans un temps record. Pour cela, il suffit de transformer notre agriculture traditionnelle, en la dotant d'équipements et de techniques d'avant-garde. Le mode de production agricole caractérisé par les systèmes d'irrigation classique et de labour traditionnel n'est plus suffisant afin de nourrir 12 Millions de Tunisien. Afin de développer une agriculture moderne, il est important de la transformer et la doter des techniques modernes de l'hydro-culture. ==> nous allons vers une catastrophe si on ne trouve pas de solutions pour nourrir actuellement 12 millions de Tunisiens et d'ici 2045 même 40 millions de Tunisien! Certains de nos politiciens sont irresponsables et n'ont jamais pu penser assez loin!

Très Cordialement

Jamel
C'est pas vrai
Jupiter
| 12-10-2017 19:45
Une bière ca coûte 6 dinars et plus et les bars sont pleins le pizzas ca coûte 10 dinars et les restaurants sont pleins la chicha ca coûte 5 dinars et plus et les cafés sont pleins et tu me parle des légumes l'argent ne manque pas dans ce pays
@Dr. Jamel Tazarki
Zohra
| 11-10-2017 22:20
Vous m'avez pas répondu à ma question.
Les tomates que ça augmente c'est normal ce n'est plus la saison.

La situation en Tunisie en générale :

Quand on parle de 'vie chère', on veut dire que les prix des produits ou des services sont élevés.

Et quand on parle de hausse du coût de la vie, on veut dire que les prix haussent encore.

Mais si l'on entend le mot 'inflation', tout de suite la pensée se porte, non plus sur les prix, mais sur la masse d'argent. Et l'on se fait dire qu'il y a trop d'argent en circulation ' même si tout le monde se plaint d'en manquer. Pourtant, dans ce cas encore, ce sont les prix élevés qui causent le mécontentement. Ce sont les prix qui sont enflés, bien plus que le porte-monnaie.

Disons donc que 'vie chère, coût de la vie, inflation', tout cela se réfère en réalité aux prix. Plus spécifiquement au niveau des prix par rapport au pouvoir d'achat.

Prix, pouvoir d'achat, argent ' il faudrait ajouter 'taxes' ' sont des termes liés à l'aspect financier du système économique, ............



http://www.versdemain.org/articles/credit-social/item/le-cout-de-la-vie-le-juste-prix


C'est très complexe un économiste peut faire une analyse de la situation.


Bonne soirée

@Zohra && @Gg
Dr. Jamel Tazarki
| 11-10-2017 21:52
Très Chère Zohra,Très Cher Gg,
aujourd'hui j'étais faire mes courses et j'étais très surpris que le prix des tomates a quadruplé, en Allemagne! Les courgettes coûtaient 0.5 euro il y a une semaine, coûtent aujourd'hui 3.20 euros! Par contre le prix des patates, des 'ufs, du riz et des aliments de base sont restés au même niveau.

Oui, l'état tunisien est dans l'obligation de garantir l'abondance des aliments de base sur le marché tunisien et ceci à un très bas prix. Par contre, j'insiste que la tomate n'est pas un aliment de base. Certaines familles allemandes achètent au maximum 2 Kg de tomates par an afin d'en faire une confiture de tomate.

On en parlera demain encore Plus!

Très Cordialement

Jamel
@correction
Zohra
| 11-10-2017 21:04
Mes courses dans ma poche et non pas mes poches

Désolée
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