Déficit budgétaire: l’ambitieux pari du gouvernement

Businessnews.com.tn | publié le 13/07/2017 15:59
Par Houcine Ben Achour,

Oui, cela ne fait aucun doute, l’Etat vit largement au-dessus de ses moyens. Les déficits budgétaires qu’il accumule depuis des décennies n’en sont que la preuve la plus évidente. Mais, il n’y a pas que l’Etat qui vit au-dessus de ses moyens. Tous les agents économiques de ce pays vivent au-dessus de leurs moyens. Cela se constate aisément à la lecture des données de comptabilité nationale que publie annuellement l’Institut national de la statistique (INS). En 2015, Le revenu national disponible par habitant (RND/hab) était de 6.670 dinars tandis que la consommation finale par habitant affichait un montant bien supérieur à 6.898 dinars. Une première depuis 2011. Ainsi, ce n’est pas seulement l’Etat qui devrait être cloué au pilori. Cela ne devrait nullement l’exonérer de montrer l’exemple et de réduire son train de vie. Bien au contraire. Particulièrement en période de vache maigre.

 

C’est ce que compte entreprendre le gouvernement Chahed durant ces prochaines années. Pas plus tard que ces derniers jours, le chef du gouvernement a indiqué que l’objectif serait de ramener le déficit budgétaire sous la barre des 3% du PIB à l’horizon de 2020. S’il faut saluer, ici, l’ambition du gouvernement. Il s’agit aussi de ne pas se dérober du principe de réalité. Car, réaliser une telle performance est loin d’être une sinécure. Elle nécessitera un effort sans précédent d’imagination.

En 2016, le déficit budgétaire a dépassé les 6% du PIB (5,5 milliards de dinars) contre une prévision initiale de 3,9% révisée à 5,7% (5,2 milliards de dinars) par la loi de finances complémentaire élaborée par le gouvernement Chahed. Pour 2017, la loi de finances escompte un déficit budgétaire de 5,4% du PIB. Arrivera-t-on à réduire de presque la moitié un tel taux, d’ici deux ans?

 

Il faudrait d’abord espérer que la croissance économique reprenne le trend qui était le sien avant 2011, permettant ainsi d’accroître sensiblement les ressources propres du budget. Cependant, cela ne suffira pas pour autant à réduire le déficit budgétaire 3% du PIB. En effet, si tout serait égal par ailleurs, le gouvernement devra opérer des économies de dépenses qui devraient atteindre environ 2 milliards de dinars en année pleine en 2020.

Grignoter sur le budget des rémunérations ? C’est possible en réduisant les effectifs de la fonction publique et non plus se suffire de stopper les recrutements nets. Réduire drastiquement le budget de fonctionnement ? C’est aussi possible pour peu qu’on engage une réelle opération de chasse au gaspi. Malheureusement, celle-ci ne pourra pas donner de substantiels résultats sur le court terme. Ne reste alors qu’à s’attaquer au budget d’intervention publique, c’est-à-dire les programmes d’aide de toute sorte (Programme d’aide aux familles nécessiteuses, Aide médicale gratuite, aides pour les fêtes, aides à l’occasion de la rentrée scolaire, …) ainsi qu’au budget de la subvention et surtout de la subvention à l’énergie. Atteindre 3% de déficit budgétaire reviendrait à opérer des coupes claires sur ces programmes et cette subvention. Cela supposera, entre autre, des réajustements successifs du prix public de l’énergie. Cela supposera, aussi, la radiation de plusieurs centaines, sinon milliers, de familles bénéficiant, jusque là, des programmes d’aides précités. Et tout cela devrait être engagé dès l’année prochaine. Le projet de budget de l’Etat pour l’exercice 2018 devrait refléter cette démarche.

 

Il faudra bien de l’audace et du courage au gouvernement pour faire passer de telles pilules. Poursuivant, imperturbable, son petit bonhomme de chemin en dépit de la contestation de plus en plus ouverte au sein même de son propre camp, Youssef Chahed résistera-t-il plus en osant affronter en même temps la contestation sociale ? Le pari est difficile et tout pronostic serait hasardeux.

 

Déficit budgétaire: l’ambitieux pari du gouvernement

Par Houcine Ben Achour, publié le 13/07/2017 15:59

Oui, cela ne fait aucun doute, l’Etat vit largement au-dessus de ses moyens. Les déficits budgétaires qu’il accumule depuis des décennies n’en sont que la preuve la plus évidente. Mais, il n’y a pas que l’Etat qui vit au-dessus de ses moyens. Tous les agents économiques de ce pays vivent au-dessus de leurs moyens. Cela se constate aisément à la lecture des données de comptabilité nationale que publie annuellement l’Institut national de la statistique (INS). En 2015, Le revenu national disponible par habitant (RND/hab) était de 6.670 dinars tandis que la consommation finale par habitant affichait un montant bien supérieur à 6.898 dinars. Une première depuis 2011. Ainsi, ce n’est pas seulement l’Etat qui devrait être cloué au pilori. Cela ne devrait nullement l’exonérer de montrer l’exemple et de réduire son train de vie. Bien au contraire. Particulièrement en période de vache maigre.

 

C’est ce que compte entreprendre le gouvernement Chahed durant ces prochaines années. Pas plus tard que ces derniers jours, le chef du gouvernement a indiqué que l’objectif serait de ramener le déficit budgétaire sous la barre des 3% du PIB à l’horizon de 2020. S’il faut saluer, ici, l’ambition du gouvernement. Il s’agit aussi de ne pas se dérober du principe de réalité. Car, réaliser une telle performance est loin d’être une sinécure. Elle nécessitera un effort sans précédent d’imagination.

En 2016, le déficit budgétaire a dépassé les 6% du PIB (5,5 milliards de dinars) contre une prévision initiale de 3,9% révisée à 5,7% (5,2 milliards de dinars) par la loi de finances complémentaire élaborée par le gouvernement Chahed. Pour 2017, la loi de finances escompte un déficit budgétaire de 5,4% du PIB. Arrivera-t-on à réduire de presque la moitié un tel taux, d’ici deux ans?

 

Il faudrait d’abord espérer que la croissance économique reprenne le trend qui était le sien avant 2011, permettant ainsi d’accroître sensiblement les ressources propres du budget. Cependant, cela ne suffira pas pour autant à réduire le déficit budgétaire 3% du PIB. En effet, si tout serait égal par ailleurs, le gouvernement devra opérer des économies de dépenses qui devraient atteindre environ 2 milliards de dinars en année pleine en 2020.

Grignoter sur le budget des rémunérations ? C’est possible en réduisant les effectifs de la fonction publique et non plus se suffire de stopper les recrutements nets. Réduire drastiquement le budget de fonctionnement ? C’est aussi possible pour peu qu’on engage une réelle opération de chasse au gaspi. Malheureusement, celle-ci ne pourra pas donner de substantiels résultats sur le court terme. Ne reste alors qu’à s’attaquer au budget d’intervention publique, c’est-à-dire les programmes d’aide de toute sorte (Programme d’aide aux familles nécessiteuses, Aide médicale gratuite, aides pour les fêtes, aides à l’occasion de la rentrée scolaire, …) ainsi qu’au budget de la subvention et surtout de la subvention à l’énergie. Atteindre 3% de déficit budgétaire reviendrait à opérer des coupes claires sur ces programmes et cette subvention. Cela supposera, entre autre, des réajustements successifs du prix public de l’énergie. Cela supposera, aussi, la radiation de plusieurs centaines, sinon milliers, de familles bénéficiant, jusque là, des programmes d’aides précités. Et tout cela devrait être engagé dès l’année prochaine. Le projet de budget de l’Etat pour l’exercice 2018 devrait refléter cette démarche.

 

Il faudra bien de l’audace et du courage au gouvernement pour faire passer de telles pilules. Poursuivant, imperturbable, son petit bonhomme de chemin en dépit de la contestation de plus en plus ouverte au sein même de son propre camp, Youssef Chahed résistera-t-il plus en osant affronter en même temps la contestation sociale ? Le pari est difficile et tout pronostic serait hasardeux.

 

Commentaires (4) Commenter
Réduire le déficit?Pas de secret!!!
Le Déçu
| 16-07-2017 07:38
Il faut dégraisser le mammouth administratif qui constitue un frein essentiel au développement du pays aau lieu de le booster
-instituer un audit continu et sérieux du rendement de chaque departement et de chacun de ses services
-instituer l'evaluation de chaque service par ses propres usagers et accorder la pre de de rendement en fonction du degré de satisfaction
-recruter at l'avenir par contrat et avec des objectifs à atteindre
-supprimer le fecrutement à vie pour les cadres
-supprimerles promotions par anciennete et ne garder que par concours
-Assainir les sociétés etatiques et les vendre
-Récupérer au plus vite lrs produits financiers des biens confisqui et ne pas les laisser dépérit comme c' est le cas des biens confisqués en 2011!!les responsables de cet doivent impérativement rendre compyte à la justice
-Reviser le systeme de compensation et pratiquer la vérité des prix
-Accorder aux familles necessiteuses une indemnité financière mensuelle qui leur permette de vivre correctement
-reviser la grille des salaires vers la baisse pour une période limitée pour réduire l'inflation,d' autres pays l'ont fait pour sortir le pays d'ine mauvaise passe comme l'Allemagne ou la Grèce
-demander aux tres hauts salaires
de faire un geste pour le pays ',je pense aux présidents retraités et à l'actuel loge ,nourri et blanchi.et chauffe
-reviser l'age de la retraite et assainir les caisses sociales
- reduire mes subventiond aux associations y compris celles accordées aux syndicats , car il ya beaucoup d' inutiles
-Toutes ces réformes sont indispensables et urgentes .Couplées a la lutte co.tre la corruption et à la contrebande , elles permettront au gouvernement réellement patriote qui les entreprendra d' inscrire son passage en or at la tête t ce pays agonisant peuplé d' inconscients , d'egoistes et de pseudo politiciens mercantiles dans leur majorité.Malheureusement!!!




Reduire le déficit?Pas de secret!!!
Le Déçu
| 16-07-2017 06:42
Il faut dégraisser le mammouth administratif inefficace et qui constitue un frein plutôt qu'un accélérateur de développement et cela dans tous les secteurs
-Assainir toutes les sociétés etatiques et les vendre
-récupérer dans les meilleurs délais le produit financier de toutesles confiscations de biens et de de tous les arriérés fiscaux constatés
-cantonner les subventions aux classes demunies en instituant une subvention financière mensuelle qui leur sera versée par viret et revisable annuellement
-revoir l'age de la retraite
-reviser les subventions accordées aux associations ,y compris les syndicats fut il professionels
-reduire pur une periode déterminée la grille des salaires pour friner l'inflation:des peuples responsables l'ont fait 'pour aider à sortir leur pays d' une mauvaise passe à l' instar de l-Allemagne et de la Grèce....
--solliciter les hauts salaires tels que ceux des anciens presidents et de l'actuel à renoncer pur une partie de leur traitement et certains avantages adjuvants








e
Chimère
Taciturne
| 14-07-2017 00:56
L'abondance est un signe de richesse. J'ai recueilli plusieurs témoignages édifiants auprès de visiteurs étrangers qui considèrent que la Tunisie est un pays développé. À en juger par le parc des voitures, par nos étals dans les marchés, par le taux de fréquentation des restaurants, par nos cérémonies de mariage, voir funéraire, etc.... bien que ce soit caractéristique des grandes villes. Mais ceci interpelle plus qu'un visiteur qui n'arrive pas à expliquer le génie tunisien. Il est vrai qu'on cultive l'art du paradoxe. Tous les indicateurs sont au rouge, un pays quasiment en faillite et de l'autre côté l'administration et les citoyens vivent au dessus de leur moyen voir dans l'opulence. Cette situation inédite recèle les germes de sa propre destruction. C'est un pays qui va à sa perte. Malheureusement, Youssef Echahed est arrivé avec beaucoup de retard. Le citoyen est habitué à un état providence, il n'est pas prêt à faire des sacrifices, en plus une organisation syndicale et des partis qui pratiquent la politique de la terre brûlée.
Réduire le déficit budgétaire par l'augmentation de l'efficience ...
DHEJ
| 13-07-2017 16:42
Ah un casse-tête tunisien pour bien "canaliser" les ressources du budget à l'amont pour de bonnes lachures à l'aval!


Pour me demander du rôle de notre ambassade en Chine ou aux USA pour atteindre l'objectif recherché!
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